MUSIQUE CONTEMPORAINE

NICOLAS PEYRAC

Difficile de démarrer une carrière sur les chapeaux de roue ! Après quelques tubes dans les années 70, Nicolas Peyrac a eu du mal à poursuivre sereinement un parcours nuageux tant au plan professionnel que personnel. Pourtant, Peyrac est un auteur-compositeur qui a marqué sa génération et certains de ses titres sont des classiques de la chanson française.


De son vrai nom Jean-Jacques Tazartez, Nicolas Peyrac naît le 6 octobre 1949 à Rennes. Avec ses frères, il est élevé en Bretagne par une famille de médecins. Quand ses parents divorcent au début des années 60, Nicolas s'envole pour New York avec sa mère. Il y réside environ une année avant de revenir vivre avec son père en Bretagne. Déjà très épris de chanson, il a commencé très tôt à écouter les grands classiques du patrimoine, de Léo Ferré à Jacques Brel. Il apprend seul la guitare et écrit quelques textes et poèmes comme tout adolescent un peu tourmenté. De plus, il découvre la musique anglo-saxonne qui enrichit son inspiration et sa culture musicale. Jeune homme, il semble de plus en plus évident que sa fibre artistique est fort sensible. Mais il cède cependant aux pressions familiales qui le mènent tout droit à la faculté de médecine. Il démarre donc des études parallèlement à ses premiers pas dans le milieu musical. Et ce n'est pas le musicien qui émerge en premier, mais le photographe. Autant doué pour l'art visuel (il pratique aussi la peinture) que pour la musique, il est l'auteur de pochettes de disques, entre autres pour Gilbert Bécaud

En 1971, il part vivre quelques temps avec sa mère, physiologiste en Afrique. Il continue ses études mais ses contacts dans le métier lui permettent de rencontrer en 72 Patrick Legrand, frère de Michel, et éditeur de musique. Nicolas lui présente quelques textes et a le plaisir quelques mois plus tard d'en entendre un chanté par Marie Laforêt. Le succès de ce 45 tours lui vaut un contrat immédiat avec Pathé-Marconi. Cette fois, c'est comme interprète que Nicolas démarre enfin dans la chanson. Mais ses deux premiers 45 tours sont des échecs. Sa maison de disques hésite à le garder quand, en 75, il sort "So far away from L.A.". Pathé-Marconi oublie alors toutes ses velléités de renvoi. En effet, ce titre rencontre une réussite publique et critique immédiate et par la même occasion, Peyrac devient une vedette du jour au lendemain.

Il abandonne ses études de médecine pourtant proches de leur terme (il est en 6ème année). Son succès lui prend tout son temps d'autant plus que le 45 tours suivant, "Et mon père" se transforme aussi vite en tube. Pour ce titre, la Sacem (Société des Auteurs Compositeurs) lui décerne l'Oscar de la chanson française en 75. En quelques mois, Nicolas Peyrac intègre le cercle des chanteurs les plus doués de sa génération. La réussite discographique entraîne une intense et immédiate activité scénique. En 76, Nicolas Peyrac passe au Théâtre de la Ville à Paris et tourne en première partie de Serge Lama. Mais son succès le mène jusqu'au Japon, destination presque obligée pour un artiste français qui réussit. Déjà auteur de deux albums, il en sort un troisième en 76 "Quand pleure la petite fille", puis un quatrième en 77, "Et la fête est finie". Quant à la scène, il ne la quitte guère. En 77, il tourne avec Marie-Paule Belle, et prend la route en vedette tout l'été. Mais en décembre, il monte trois semaines sur la prestigieuse scène de l'Olympia en première partie de Dalida mais il faudra attendre 79 avant qu'il n'y soit présenté en tête d'affiche. 77 est aussi l'année de deux nouveaux succès : "Je pars" et "le Vin me soûle".

Après la naissance de sa fille Amanda en 77, il perd sa mère en 1978. C'est à elle qu'il dédie son album "J't'aimais, j'ai pas changé". Ce décès marque un passage à vide pour l'artiste qui part alors quelques temps en Californie. C'est à cette occasion qu'il fait la connaissance du chanteur et auteur Will Jennings avec qui il travaillera plusieurs fois dans les années 80. Tournées, albums, l'activité artistique de Nicolas Peyrac continue de plus belle au début des années 80. Mais le succès ne suit pas forcément le même rythme. Le temps des tubes semble déjà être du passé. Il continue de tourner avec une escale parisienne à Bobino en 1981. Tous les ans, ses concerts le mènent aux antipodes : le Pacifique sud en 82, la Corée en 83, l'Afrique (Gabon, Burundi) en 84, Océan indien et Canada en 85. Il sort de la même façon quatre albums entre 80 et 85 : "Fait beau chez toi" (80), "Elle sortait d'un drôle de café" (82), "Flash back" (83, co-écrit à Los Angeles avec Will Jennings) et "Neuvième" en 84.

En dépit d'un emploi du temps fort rempli, Nicolas Peyrac ne se sent pas très bien dans son métier et dans sa vie personnelle. Ses textes sont chantés par les plus grands : "Je n'oublierai jamais" par Johnny Hallyday en 82 et "Les Eaux du Mékong" par Placido Domingo en 85. Mais sa propre carrière perd du terrain sur l'actualité musicale et sur l'intérêt du public. Il se replie alors sur lui-même. Il en profite pour cultiver ses autres passions. Dès 86, en vacances chez son ami Michel Berger, il démarre l'écriture d'un roman. Puis, il réalise un documentaire pour la télévision sur les sportifs de haut niveau. La fin des années 80 est vraiment difficile. Rupture sentimentale, difficultés professionnelles, Nicolas perd pied et sombre dans une dépression longue et douloureuse. Un album sort en 89, "J't'aimais trop, j't'aimais tellement", très empreint de ses problèmes les plus personnels ("J'l'aime quand elle s'en va", "Et tous ces matins sans elle"). On n'entend plus guère parler de Nicolas Peyrac pendant quelques années. De façon contradictoire, c'est le décès soudain de Michel Berger qui marque un tournant dans cette période difficile.

Profondément bouleversé par cette disparition qui survient en août 92, Nicolas réagit par une forte envie de se reprendre en main. Il se remet à écrire, voyage un temps à Cuba, et produit un nouvel album "Tempête sur Ouessant". Dès 90, il avait commencé à travailler sur ces nouveaux titres mais sans pouvoir en venir à bout. Entouré de musiciens et amis français (Sébastien Santa Maria, Philippe Chauveau) et américains (Bruce Gaitsch), cet album marque un retour de Nicolas sur le devant de la scène. Mais tout n'est pas si simple et il lui faut encore du temps pour se remettre sur pieds. En 93, aidé par son père, le chanteur décide d'émigrer au Québec. Il s'installe donc à Montréal où il retrouve un nouveau souffle et une nouvelle motivation. C'est là qu'il termine et publie son roman en 94 sous le titre "Qu'importe le boulevard où tu m'attends". Puis, chez son père en Bretagne, il écrit une grande partie d'un nouveau disque, "J'avance", qui voit le jour en 95.

Nicolas a une nouvelle compagne, Pascale, et reprend au Québec une intense activité scénique. On le voit lors des grands festivals (Festival d'Eté de Québec, Francofolies de Montréal) ou lors de tournées à travers la province. C'est un grand retour sur une scène parisienne et même française que Nicolas Peyrac effectue en 1996. En mai, il s'installe pour quelques jours au Casino de Paris entouré de 7 musiciens et d'une formation de 13 cordes. L'événement sort sous un album, "Puzzle", qui paraît l'année suivante. Neuf mois après le Casino, il retrouve aussi Bobino du 16 janvier au 1er février 97. Deux ans après "J'avance", des divergences artistiques éclatent entre le chanteur et sa maison de disques Une musique qui refuse de produire son album. Meurtri mais combatif, Nicolas retourne quand même aux studios du Bras d'or à Boulogne. Accompagné de ses plus proches fidèles, en travaillant sur de nouvelles chansons, ils décident de reprendre entièrement "Autrement", disque pourtant presque terminé. Malheureusement, Une musique persiste et signe : le CD ne sortira pas...du moins pas chez eux. Presque seul, sans contrat, un album fini en poche, le chanteur se résigne à publier "Autrement" sur un label indépendant. Petite structure oblige, malgré un succès critique indéniable, cet opus passe inaperçu aux yeux du public.

Nicolas Peyrac n'en perd pas sa plume pour autant. Pendant trois ans, très inspiré, il écrit texte sur texte et enregistre maquette sur maquette. En 2002, grâce à un ami, il rencontre Pierre Illias qui devient son manager. Celui-ci se révèle plus qu'efficace. En février de la même année, il signe un contrat pour quatre albums avec la major BMG. Il retourne alors en studio et une année plus tard, en mars 2003, arrive "Seulement l'amour", un disque simple, respirant la sérénité d'un auteur épanoui. L'interprète du tube "So far away" continue sa tournée en France. L'année 2005 voit la parution d'une compilation retraçant sa carrière, "Toujours une route", agrémenté de l'inédit "Ne me parlez pas de couleurs", une ode contre l'intolérance. "Vice versa", le 16e album studio du chanteur paraît en mai 2006, venant couronner trente ans de carrière. Avec des titres comme "Laisser glisser" sur le racisme, ou "Et je t'aimais déjà" dédié à sa fille Sarah, adoptée deux ans auparavant avec sa compagne, ce nouvel opus est accueilli chaleureusement par la critique. La même année Nicolas Peyrac publie son deuxième roman "J’ai su dès le premier jour que je la tuerais".

Après le décès de son père en 2006, le chanteur s'installe à nouveau en France et retrouve la Bretagne de son enfance et la maison familiale. Inspiré par ce retour aux sources, il enregistre en solitaire l'album "Case départ", qui paraît discrètement en 2009 et qui marque ses retrouvailles avec la guitare acoustique. Quelques mois plus tard, il publie son troisième roman, "Elsa". Puis l'année 2010 est consacrée à l'écriture de chansons, un travail d'inspiration récompensé en 2011 par la parution d'un double-album, cette fois signé chez Sony. Intitulé "Du Golden Gate à Monterey", le coffret comporte des nouveautés ainsi qu'un florilège d'anciennes compositions, toutes enregistrées en studio dans les conditions du live. Un documentaire tourné par Michel Jankielewicz accompagne l'album. Une tournée s'ensuit, avec un passage à l'Européen à Paris, le 30 janvier 2012.

Trois ans plus tard, Nicolas Peyrac se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs avec une double actualité. Longtemps réticent à l'idée d'un album de reprise de ses succès en duo, le chanteur se plie finalement à l'exercice en 2013. "Et nous voilà !" reprend quelques tubes et des perles oubliées, interprétées avec des artistes de tous horizons, de Bénabar à Carmen Maria Vega, en passant par Sanseverino ou Michaël Furnon (Mickey 3D). Au même moment, Nicolas livre ses mémoires dans le livre "So Far Away, Un certain 21 mars" paru aux éditions de L’Archipel. L'envie de se raconter s'est déclenchée un an auparavant lorsqu'il a appris qu'il était atteint d'une forme légère de leucémie. Le livre prend la forme d'un carnet de route, dans lequel il raconte son parcours et ses souvenirs. Il poursuit ses "Acoustiques improvisées" et se produit régulièrement sur les scènes françaises tout au long des années qui suivent alors que son lieu de résidence se situe en Bretagne. Seul en scène, dans cette formule qui lui sied au mieux selon ses dires, il égrène les chansons de presque 50 ans de carrière. En 2019, il participe en tant que chanteur, mais aussi compositeur, au projet "Les Siphonnés du bonheur", "un conte musical avec chanteurs adoucissants", aux côtés, entre autres, de Cali. (rfi musique)


Pierre Perret

auteur-compositeur-interprète


Pierre Perret est né en 1934 à Castelsarrasin dans le Tarn-et-Garonne. Après avoir suivi un enseignement au Conservatoire de Toulouse et obtenu un premier Prix au saxophone, Pierre Perret se lance dans la chanson en se produisant dans des cabarets parisiens, d’abord en accompagnant à la guitare puis en proposant ses propres textes. Il se fait remarquer et sort son premier disque en 1957 chez Barclay.

Il faut attendre 1966, pour que Pierre Perret connaisse un vrai succès populaire avec sa chanson "Les Jolies Colonies de vacances", puis en 1971, il chante "La Cage aux oiseaux" et en 1975, il est consacré avec "Le Zizi". Il écrit également des chansons sur des sujets de société comme le racisme avec "Lily" en 1977, le viol avec "Mon p'tit loup", ou encore la guerre du Golfe de 1992 avec "La Petite Kurde". En 1998, il écrit "La Bête est revenue" en réponse à la montée du Front National. Plus récemment, Pierre Perret a rendu hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo avec "Humour, Liberté". En réaction au confinement du printemps 2020, il a composé et mis en ligne avec succès "Les Confinis", chanson qui critique avec humour la gestion de l'épidémie par la classe politique. (France Culture)

Pierre PERRET est né le 9 juillet 1934 à Castelsarrasin. Il est auteur-compositeur-interprète, résidant dans la commune de Nangis en Seine-et-Marne. Ses parents Maurice et Claudia tiennent un café, le Café du Pont (un film sera par ailleurs réalisé sur son histoire par Manuel POIRIER en 2009, peu convaincant selon l'intéressé), dans lequel il passera une grande partie de son enfance, apprenant par là même de nombreux argots et langages de métiers.

C'est à 14 ans que Pierre PERRET intègre le Conservatoire de musique de Toulouse et s’inscrit parallèlement au Conservatoire d’art dramatique. Il obtiendra à 19 ans un premier prix de saxophone, et commencera à jouer dans des bals et des fêtes familiales avec son premier orchestre de quatre musiciens.

De 1953 à 1956, Pierre PERRET est à l'armée. Il visite régulièrement l’écrivain Paul LÉAUTAUD jusqu’à la mort de celui-ci en 1956. Pierre PERRET fait également la connaissance de Georges Brassens qui l’encourage à écrire et composer, et fréquente de plus en plus le milieu de la chanson parisienne. En 1956, il accompagne à la guitare la jeune chanteuse Françoise MARIN dans le cabaret La Colombe. Il y dévoilera ses premières chansons. Michel VALETTE le patron des lieux lui propose alors de l'engager pour chanter, mais Pierre PERRET refuse dans un premier temps, trop timide. Finalement, c'est avec succès qu'il y fera ses débuts de chansonnier.


L'année suivante, alors qu'il habite avec Françoise MARIN, il est remarqué un soir par Boris VIAN, Jacques CANETTI et surtout Emile HEBEY, qui deviendra son agent. Présenté par ce dernier à Eddie BARCLAY, Pierre PERRET signe son premier contrat et enregistre "Moi j'attends Adèle", son premier 45 tours.

En 1958,
Pierre PERRET continue la tournée des cabarets parisiens et sillonne les routes de France et d’Afrique en première partie du groupe américain THE PLATTERS. C’est dans les bureaux de sa maison de disques, qu’il fera la connaissance de Simone MAZALTARIM qui deviendra son épouse et qu’il rebaptisera, des années plus tard, Rébecca.

En 1963, Pierre PERRET connaît son premier succès avec la chanson "Le Tord Boyaux". Il quitte Barclay pour Vogue, et Lucien MORISSE devient son nouvel agent artistique.

En 1966, la chanson "Les jolies colonies de vacances" est un grand tube populaire.
Pierre PERRET se produit pour la première fois à l'Olympia en novembre, enchaînant avec le succès de "Tonton Cristobal" l'année suivante.

Dès 1969,
Pierre PERRET décide de s’autoproduire en fondant les éditions Adèle. Puis il fait ses premiers pas au cinéma dans "Les étoiles de midi", suivi des "Patates".

Son plus gros succès sera "Le zizi", en 1975 (quatre ans après celui de "La cage aux oiseaux"). Puis viendront "Lily" en 1977, devenu un classique des chansons anti-racistes, ou "Mon p'tit loup" deux années plus tard. Pierre PERRET écrira également sur la famine ("Riz pilé"), l’écologie ("Vert de colère"), la guerre ("La petite Kurde"), le tabac ("Mourir du tabac"), l’avortement ("Elle attend son petit"), la vie des travailleurs ("Ma nouvelle adresse") ou la remontée du fascisme ("La bête est revenue").


Auteur jouant sur les mots et la musicalité de la langue française, Pierre PERRET ne dénigre pas pour autant l’argot, qu'il emploie à dessein dans de nombreux textes (il a notamment réécrit les fables de La Fontaine). L'interprète dans un style apparemment naïf, voire enfantin, avec candeur et humanisme pose nombre de questions pertinentes qu'il déclame avec un sourire malicieux.

En 2007, Pierre PERRET dévoile "Le plaisir des Dieux", un disque de chansons paillardes. Il interprète, et parfois réécrit, certaines de ces chansons, comme l’avait fait Georges Brassens.

En 2010 sortira son opus "La femme grillagée" qui là encore fera parler de lui par ses textes engagés sur le port du voile. "Je l'ai commencé bien avant que ce soit un sujet d'actualité et de polémique. Ça me semblait déjà tellement aberrant qu'à notre époque, on puisse accepter que des femmes fassent l'objet d'un tel avilissement, que je ne pouvais qu'écrire une chanson sur le sujet. Le risque aussi est qu'elle puisse être récupérée de toutes parts, notamment par le Front National comme un pamphlet anti-islam, ce qui n'est pas le cas. La banalisation des pensées d'extrême droite, de l'usage de la croix gammée et de l'histoire d'Hitler, me fout vraiment la trouille. J'avais déjà écrit "La bête est revenue" sur ce sujet il y a quelques années. Marine Le Pen est beaucoup moins extrémiste et plus fédératrice que son père. Elle n'en a pas les outrances ce qui est assez rassurant pour son électorat, qui finit par trouver qu'elle est assez raisonnable, et qu'on fond tout le monde pense un peu ce qu'elle dit. C'est donc beaucoup plus dangereux !" déclare alors Pierre PERRET au magazine "Platine".

Pierre PERRET évoque également au sein de ce disque, les thèmes des femmes battues ("Femmes battues") "On ne fait jamais rien contre le mec qui cogne. On l'avertit et on le somme de se calmer, c'est tout ! Après il ressort les mains dans les poches. Tant qu'il n'aura pas tuer quelqu'un, il ne sera pas puni. C'est la réalité, je n'invente rien", du sexe ("Le cul"), des enfants défavorisés dans les pays en guerre souffrant de famine ("Les enfants de là-bas"), de l'inconstance en amour ("Un jour ça va"), du plaisir féminin ("Clémentine"), ou des internautes frustrés derrière leur écran ("La mère des cons"). "Je vois de telles raclures de bidet dans les commentaires anonymes d'internautes sur tel ou tel sujet... Dans l'absolu, c'est pour moi la pire expression de la bassesse humaine. Comme je l'ai écrit, ils échangent entre eux la diarrhée de leur cerveau : je le pense fermement. Si la race des cons n'est jamais éteinte, c'est que la mère des cons est toujours enceinte. Le paradoxe c'est que le con croit que c'est les autres qui le sont. Si les enfants de pays occidentaux se penchaient sur le film qui se déroule en face, ils mesureraient déjà la chance qu'ils ont d'être vivants et en bonne santé, avec des parents qui les aiment. Au lieu de ne rien foutre à l'école ou de passer des heures devant leur écrans, ils réfléchiraient peut être un peu plus" poursuit-il.

Chanteur populaire et auteur reconnu, Pierre PERRET s'illustrera toute sa carrière par un répertoire hétéroclite composé tour à tour de chansons enfantines, comiques, grivoises, légères ou engagées, qui naviguent entre humour et tendresse. En marge de la chanson, il a publié de nombreux ouvrages sur la langue française, mais aussi plusieurs sur la gastronomie, son autre grande passion. (Melody TV)



Rencontre avec Marina Abramovic, l'interprète grandiose de la Callas à l'Opéra de Paris


Plus qu’aucun autre artiste, Marina Abramović a voué sa vie à l’art de la performance. À partir des années 70, cette pionnière née dans l’ex-Yougoslavie communiste a repoussé les limites de son corps et de son esprit lors de ses actions dangereuses ou extrêmement intenses. Inspirée par une autre immense héroïne, la diva Maria Callas, elle présentait début septembre, à l’Opéra de Paris, son tout premier opéra, fusionnant sa propre expérience au vécu extraordinaire de la chanteuse et menant une réflexion sur l’intrication étroite de la vie et la mort.

Propos recueillis par Delphine Roche - 13 SEPTEMBRE 2021 - NUMÉRO

Numéro : Marina, vous êtes souvent décrite comme la “marraine” [“godmother”] de l’art de la performance, et... Marina Abramovi: ... Je vous en supplie, n’utilisez pas ce mot. Je ne l’ai mentionné qu’une fois et je ne cesse de le regretter depuis. Je suis juste une pionnière de l’art de la performance. Quand les gens utilisent un mot comportant le nom de Dieu, je déteste cela. 

Vous vous êtes donc fait connaître, très tôt, à travers vos performances, mais vous vous êtes tournée plusieurs fois vers le théâtre. Avant cet opéra que vous présentez aujourd’hui, vous aviez cocréé, avec Bob Wilson, The Life of Marina Abramovic, ou encore une version du Boléro de Ravel, avec Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet et Riccardo Tisci. Quelle est votre relation au théâtre en tant que médium ?
Au début de ma carrière, je détestais le théâtre. Je trouvais que c’était trop artificiel : les gens assis dans le noir, et toutes ces répétitions vouées à créer quelque chose qui n’est pas vraiment vous. À l’époque, j’étais en train de me positionner en tant qu’artiste de performance, et, pour cela, naturellement, je devais officiellement détester tout le reste. Mais quand les années ont passé et que j’ai enfin été reconnue, j’ai pu me tourner vers d’autres médiums, et parmi eux, le théâtre m’a vraiment plu. J’ai porté à la scène six autobiographies, pas seulement la version que j’ai créée avec Bob Wilson. Avant lui, cinq autres metteurs en scène ont adapté ma biographie. Mais la version de Bob Wilson était, bien sûr, plus proche d’un opéra moderne. C’est fabuleux de mettre en scène, pour la première fois, mon propre opéra, 7 Deaths of Maria Callas, et d’y participer en tant qu’actrice. 

Quelle est la connexion entre vous et la Callas ? 

Cela a à voir avec mon enfance. À l’âge de 14 ans, je me trouvais dans la cuisine de ma grand-mère quand j’ai entendu la voix de la Callas à la radio. Je ne savais pas du tout qui elle était, mais j’ai commencé à pleurer. J’ai eu une réaction émotionnelle immédiate à sa voix. Puis le présentateur de radio a expliqué qu’il s’agissait d’une aria tirée d’un opéra interprété par la Callas. J’ai ensuite voulu savoir qui était cette femme. À l’époque, elle était au sommet de sa carrière, elle avait cette histoire d’amour avec Aristote Onassis, sa vie était pleine de glamour [l’armateur grec quittera Maria Callas pour épouser Jackie Kennedy, veuve du président américain, la laissant brisée de douleur]. Je ne l’ai jamais vue sur scène, mais je suis restée fascinée par elle. J’ai commencé des recherches sur sa vie, qui a été absolument tragique. Je me suis intéressée aux personnes qui l’ont entourée, sa femme de chambre, sa mère, ses amoureux. Elle était un mélange unique de vulnérabilité et de force, et il y avait de nombreuses similitudes entre nos vies. Elle a eu une mère très difficile à vivre, et c’est aussi mon cas. Elle est morte d’amour [après le décès d’Aristote Onassis en 1975, Maria Callas s’est coupée du monde, et est morte en 1977], et je suis presque morte d’amour. J’ai perdu l’appétit, je me suis vraiment effondrée. C’est mon travail qui m’a sauvée, contrairement à Maria Callas. J’avais donc envie de lui rendre hommage. 

Montaigne a dit que “philosopher, c’est apprendre à mourir”. Quel est votre rapport à la mort ?
J’y pense chaque jour. Il y a un proverbe soufi qui dit que la vie est un rêve et que mourir, c’est se réveiller. Il est important de penser à la mort pour pouvoir profiter de la vie à chaque moment. 

Mais peut-on vraiment apprendre à mourir ? Est-ce que vos performances les plus extrêmes d’un point de vue physique vous ont enseigné à mourir ?
Dans mon Manifesto, si je me souviens bien, je disais ceci : “Je veux mourir en pleine conscience, sans peur et sans regret. Je veux pouvoir accepter pleinement ce moment quand je le sentirai arriver.” Et c’est quelque chose qu’on apprend à faire tout au long de sa vie. 

Dans les opéras, la mort est très présente sous ses formes les plus violentes, le meurtre et le suicide. Comment avez-vous traité ces thèmes dans votre œuvre ? 

J’ai choisi sept morts violentes : par strangulation, en sautant dans le vide, brûlée vive, mourir d’un infarctus, de folie, d’irradiation... ce sont celles que Maria Callas a connues sur scène, à travers les rôles qu’elle a interprétés. À la fin, sa huitième mort arrive. Puis le spectateur entend sa voix à travers un gramophone, la célèbre aria Casta Diva [dans la Norma de Bellini], et le public est donc confronté à son fantôme : cette voix qui ne mourra jamais. Selon ce qu’on laisse derrière soi, la mort peut être absolue ou non. 

Est-ce pour laisser un héritage que vous avez créé votre Marina AbramoviInstitute ?
C’est très important de laisser un héritage. Pour ma part, j’ai fait émerger l’art de la performance dans le mainstream, en continuant à le pratiquer sans cesse, depuis cinquante ans, alors que d’autres artistes de mon époque ont rapidement abandonné ce médium. J’ai ensuite introduit la “reperformance”, le fait qu’on puisse performer à nouveau des pièces historiques pour leur donner une nouvelle vie. Puis j’ai inventé la méthode Abramovic, qui enseigne aux jeunes performeurs comment se connecter à eux-mêmes. Elle comporte notamment un procédé qui s’appelle “cleaning the house” [nettoyer la maison] pour apprendre la concentration et la volonté. Car l’art de la performance nécessite des efforts physiques importants. Puis j’ai introduit les performances de longue durée, qui peuvent se dérouler pendant huit heures, tous les jours, trois mois d’affilée, de façon à faire du musée une force de vie. Et à travers mon institut, effectivement, je m’assure que l’art de la performance ne meure jamais. 

Vous êtes aujourd’hui une véritable figure de culte, certains de vos fans vous considèrent comme une guide spirituelle ou une chamane. Comment percevez-vous cette sorte d’idolâtrie ?
Je ne me qualifierai jamais de chamane ou de guide spirituelle. Joseph Beuys se considérait comme un chaman et je ne ferai pas de commentaires à ce sujet, mais je pense que c’est tout de même incroyablement arrogant de s’attribuer un tel statut. Je suis une artiste, et mon travail développe une grande puissance émotionnelle. Un ami new- yorkais critique d’art me disait : “Je déteste ton travail parce que tu me fais pleurer.” Car les critiques aiment comprendre les choses de façon rationnelle, à travers leur intellect, or c’est impossible pour mes performances. Elles peuvent toucher l'homme de la rue aussi bien que le président des États- Unis, car leur réception est d’abord émotionnelle. Ensuite viennent le concept et éventuellement le message. L’émotion naît du fait que dans mon travail je donne 150 % de moi, et pas seulement 100 %, ce que tout un chacun peut très bien faire. C’est là que se crée la magie. 

Vous avez grandi dans l’Est communiste, vous êtes aujourd’hui une artiste célèbre en Occident, vous vous rendez en Inde chaque année pour méditer et vous détoxifier, et vous avez vécu avec une tribu aborigène. Que retirez-vous de ces différentes cultures ? 

Je suis née en ex-Yougoslavie. La culture des Balkans, je ne pourrai jamais la perdre, elle fait partie de moi. Ensuite, j’ai voulu que le vaste monde devienne mon studio, car je ne comprends pas comment un artiste peut aller chaque jour dans son studio, c’est comme un banquier qui va au travail tous les matins. Je suis une nomade moderne, et toutes mes idées viennent de la vie elle-même. J’ai fait plusieurs fois le tour du monde, et je me suis inspirée de différentes cultures : de l’Asie, mais aussi, par exemple, des chamans brésiliens. Les gens appartenant à ces cultures ont une relation très forte à leur corps et à leur esprit, que les Occidentaux n’ont plus du tout. Nous nous reposons sur les technologies, plutôt que sur nos intuitions. 

Était-il crucial, dans votre opéra, d’interpréter Maria Callas vous-même ?
Je mélange l’histoire de Maria Callas avec la mienne, et c’était très important. Quand je suis sur scène, à la fin, je regarde des photos d’Aristote Onassis ou d’autres souvenirs de la Callas. Mais en réalité, c’est ma propre enfance que je contemple, et mon mariage qui s’est brisé. Maria Callas a eu une vie très difficile, mais je pense que c’est nécessaire, pour avoir quelque chose à dire. Il est très facile de baisser les bras, mais ma devise est : si vous me dites non, c’est là que tout commence. 

Votre ami de longue date, Riccardo Tisci, a conçu les costumes de votre opéra. Est-il votre alter ego ?
Quand j’ai rencontré Riccardo, j’ai tout de suite vu qu’il était un vrai artiste, un original, pas un suiveur. J’ai eu la chance de participer à un de ses défilés mémorables, à New York, et j’ai compris que la mode est un domaine beaucoup plus stressant que l’art. J’aime vraiment Riccardo, et j’admire la façon dont il a rebondi de Givenchy à Burberry. Sur mon opéra, je lui ai laissé une liberté créative absolue. Il a eu l’idée de créer sept costumes de domestique, car la dernière personne qui se trouvait avec Maria Callas était sa femme de chambre Bruna, à qui elle a légué sa fortune. Il y a aussi cette scène où
Willem Dafoe est en robe dorée, alors que je porte un costume masculin – Riccardo est familier de ces jeux sur le genre. Je suis aussi très heureuse d’avoir collaboré avec Nabil Elderkin, un excellent réalisateur de clips musicaux. Je voulais que les films incorporés dans mon opéra ressemblent à des clips. Ils sont aussi bien présents dans le fond qu’au premier plan, je voulais créer des tableaux continus avec ces images filmiques et les décors. Je dois aussi absolument mentionner Marko Nikodijevic, qui a composé la musique, créant les transitions entre les sept arias tragiques chantées à son époque par Maria Callas. Et aussi Petter Skavlan, qui a écrit le livret avec moi. Les opéras durent généralement quatre heures, et ils sont très ennuyeux. Le mien dure une heure trente-six. Je voulais toucher aussi les nouvelles générations, qui suivent beaucoup mon travail, ce qui me rend toujours très fière. 

7 Deaths of Maria Callas, opéra mis en scène par Marina Abramovi


Comment Aretha Franklin est-elle devenue un symbole féministe ?  

Alors que Respect, le biopic musical retraçant la vie d'Aretha Franklin, est sorti en salle le 8 septembre, Numéro revient sur ce qui a fait de la chanteuse soul iconique un symbole féministe. 

Par Anna Venet - 10 SEPTEMBRE 2021 - NUMERO

Avec plus de soixante quinze millions de vinyles vendus, Aretha Franklin est la détentrice du record de ventes mondiales sur ce support. Si elle est majoritairement connue du grand public pour ses refrains entêtants et sa voix incroyable, celle que l’on surnomme aujourd’hui la reine de la soul est bien plus que ça. Tout au long de sa vie, la chanteuse originaire de Détroit (Etats-Unis) s’est également engagée pour de nombreuses causes, à l’instar du mouvement pour les droits civiques des Afro-américains (aux côtés de Martin Luther King) mais aussi de la lutte pour l’émancipation des femmes et l'engagement contre la domination masculine. C'est d’ailleurs le fil rouge du biopic musical retraçant la vie d'Aretha Franklin, réalisé par la Sud- africaine Liesl Tommy (Mrs Fletcher), sorti en salle le 8 septembre dernier. Intitulé Respect, le long-métrage raconte le parcours de l’artiste, de son enfance passée dans la chorale de l’église de son père à sa célébrité internationale, en passant par les démons qui l’ont hanté tout au long de sa vie. Pour incarner cette femme si singulière, c’est l’actrice et chanteuse R’n’B Jennifer Hudson qui a été choisie, il y a des années déjà, par Aretha Franklin elle-même. Comme cette dernière, l’artiste de trente-neuf ans a aussi fait ses premiers pas dans la musique en chantant du gospel dans l’église de son quartier, avant de connaître le succès. Dans le biopic, l’actrice interprète à la perfection la chanteuse soul iconique, reprenant même ses classiques de sa propre voix. Des chansons qui ont fait vibrer toute une génération et même au-delà, mais qui ont aussi porté de nombreuses causes. 


Si Aretha Franklin est aujourd’hui considérée comme un modèle qui a représenté non seulement le combat pour les droits des Afro-américains mais aussi pour l'égalité hommes-femmes, son enfance y est pour quelque chose. Respect, le biopic de Liesl Tommy, aborde notamment les nombreux démons de la chanteuse, ainsi que les traumatismes qui la suivront toute sa vie. Alors qu'elle n'a que six ans, la petite fille fait face à un premier déchirement : le divorce de ses parents. Elle vit donc majoritairement avec son père, pasteur baptiste, et reçoit une éducation stricte orientée vers la religion et le gospel. Quatre ans plus tard, la petite Aretha est confronté à un second traumatisme, sûrement celui qui la hantera jusqu’à sa mort : le décès de sa mère, pianiste et chanteuse de gospel, qu’elle voyait comme un véritable modèle de réussite. Malgré le chagrin, la jeune Aretha doit quand même participer aux tournées de la chorale de son père à travers les Etats-Unis, jusqu’à en devenir la soliste, à seulement onze ans. L’année d’après, alors qu’elle est dans sa chambre lors d’une fête organisée à la maison, le pire arrive. Un homme présent à la soirée, proche de sa famille, entre dans sa chambre et la viole. De cette agression résulte une première grossesse pour Aretha, alors qu’elle a tout juste douze ans. Avant même d'être adolescente, elle a déjà vécu un traumatisme qui la perturbera toute sa vie... mais aussi ce qui fera d’elle la chanteuse culte que l'on connaît aujourd'hui. 

Après avoir enregistré son premier disque à quatorze ans, elle enchaîne les albums sans véritablement connaître le succès, sous la houlette de son père autoritaire. Au même moment, Aretha rencontre Ted White, son premier amour avec qui elle se mariera. C’est cette relation, qui s’avère très vite toxique, conjuguée par de multiples abus sexuels et violences domestiques, qui poussera la jeune femme à s’émanciper de l’emprise masculine. En 1967, Aretha Franklin change de label, arrête de suivre ce que lui ordonne son père, et réalise alors son premier grand tube : I Never Loved A Man (The Way That I Love You). Dans ce titre, elle parle de son couple et de son amour pour son mari, tout en dénonçant ses actes. Alors que le morceau se classe rapidement en numéro un du classement rythm'n'blues, c’est le début d’une longue série de succès pour la chanteuse, qui canalise désormais sa douleur dans ses chansons et les utilise comme passerelle pour faire passer des messages. Si Chain of Fools, I Say a Little Prayer, Do Right Man, Do Right Woman ou encore Think sont tous devenus des hymnes féministes, c’est véritablement le titre Respect qui en est l’emblème. Dans le biopic, une scène raconte la création du morceau dont le nom du film est tiré : en pleine nuit, Aretha réveille ses deux sœurs pour réarranger le classique d’Otis Redding en y ajoutant le célèbre riff “re-re-re” et en y infusant son style soul légendaire. La chanteuse appelle, dans le titre, à l’égalité entre hommes et femmes et Respect devient la référence pour celles qui désirent s’émanciper du patriarcat. Plus tard, Aretha Franklin sera même la première femme à faire son entrée au Rock 'n' Roll Hall of Fame (plus connu comme le panthéon américain du rock), et sera aussi la première femme noire à faire la une du Time

Respect (2021) de Liesl Tommy, actuellement en salle. 


IVAN REBROFF

Hans Rolf Rippert dit Ivan Rebroff est un chanteur allemand né le 31 juillet 1931 à Berlin-Spandau et mort le 27 février 2008 à Francfort-sur-le-Main . D'origine russe selon ses dires , il a mené une carrière internationale basée sur un répertoire très varié : chansons traditionnelles russes, mais aussi chants religieux classiques ou orthodoxes, chants de Noël, variété française ou allemande, opéra, opérettes, chansons folkloriques de nombreux pays et de multiples airs connus. 

Il disposait d’un registre vocal remarquablement étendu (plus de quatre octaves), ce qui le fit entrer dans le Livre Guinness des records . Il chantait aussi bien en allemand qu'en russe, en français, en anglais, en afrikaans, en italien et en hébreu (il parlait d'ailleurs couramment les quatre premières de ces langues ainsi que le grec). 

Ivan Rebroff explique son passage à la « musique légère » par un « accident » : jouant le rôle de Jupiter dans Orphée aux Enfers à l’opéra de Munich, il se rompt malencontreusement le tendon d'Achille sur scène. Obligé d’interrompre les représentations, il se consacre à l’enregistrement de son premier disque, incluant les chansons russes Plaine, ma plaine et La Légende des douze brigands. Cette seconde chanson passe à la radio Europe 1 et le standard téléphonique est submergé d’appels d’auditeurs voulant connaître le nom du chanteur. Arrivé à Paris à la suite de cela, il se voit offrir en 1968 le rôle du laitier Tevje dans la comédie musicale Un violon sur le toit, où il interprétait entre autres Ah ! Si j’étais riche. Les représentations débutent en novembre 1969 au théâtre Marigny avec pour partenaire principale Maria Murano qui interprète Golde, sa femme. Il y en aura 653 à Paris, et, avec les tournées, 1476 au total selon son imprésario. Ce rôle apporte à Ivan Rebroff la célébrité, tant en France qu’en Allemagne, et est le point de départ de sa carrière internationale.


Ivan Rebroff est particulièrement célèbre auprès du grand public, pour son interprétation de chansons folkloriques russes. Sa reprise, en russe, de la chanson popularisée par Mary Hopkin Those Were the Days (à l’origine, une chanson russe), sous le titre Le Temps des fleurs, reprise également en français par Dalida, tient plusieurs semaines à la première place du hit-parade français en décembre 1968. 

Au cours de sa carrière, il obtient 49 disques d'or décernés dans des pays des cinq continents et notamment dans presque tous les pays européens ainsi qu'un disque de platine pour dix millions de disques vendus depuis 1975.

Rebroff disait de lui qu’il était « international » (sa patrie c’était la Terre) et qu’avec son répertoire il essayait de faire la connexion entre l’Est et l’Ouest. L'ancien chancelier d'Allemagne fédérale, Helmut Schmidt lui remet d'ailleurs en 1985 la croix de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne en remerciement de sa contribution au rapprochement des peuples. Début 1989, il est l'un des premiers artistes d’Europe de l'Ouest à se produire en public en ex-URSS sur invitation de Mikhaïl Gorbatchev. 

Du début de sa carrière jusqu'à l'an 2000, il a donné plus de 7 200 concerts en soliste devant plus de 5,8 millions de spectateurs, dont une période de deux ans, sept jours sur sept, sur les scènes françaises. 

En pleine forme à 70 ans passés, il entame début 2004 une tournée en Australie et Nouvelle-Zélande chantant dans douze concerts en quatorze jours. Il continue jusqu'à sa mort à se produire régulièrement à travers l'Europe, principalement dans des églises, et à être invité fréquemment dans des émissions télévisuelles allemandes. Ivan Rebroff affirmait en effet son profond attachement à la foi chrétienne. 

Il était domicilié dans l'île grecque de Skópelos dont il était « citoyen d'honneur » depuis 1991 et où il possédait une villa dans laquelle il allait se reposer entre les tournées. Mais il possédait aussi plusieurs résidences en Allemagne, dont l'une notamment près de Francfort, ainsi que des pieds-à-terre dans différents pays (en Provence, dans les régions de Saint-Pétersbourg ou de Lisbonne). L'artiste était connu pour son amour des animaux : sa maison d'édition Lisa portait le nom de la petite chienne qu'il avait recueillie sur une plage grecque. 


Ivan Rebroff avait prévu d'effectuer une tournée de décembre 2007 à juillet 2008 mais le chanteur est hospitalisé d'urgence à Vienne où il venait de donner un récital le 9 décembre 2007 à l'Église votive. Il meurt d'un arrêt cardiaque dans une clinique de Francfort (Allemagne) le 27 février 2008 à l'âge de 76 ans. 

Selon sa dernière volonté, il est incinéré et ses cendres sont dispersées en mer Égée, non loin de l'île de Skopelos. 

Quelques jours après sa mort, Horst Rippert, le pilote de la Luftwaffe ayant déclaré en mars 2008 avoir abattu l'avion d'Antoine de Saint-Exupéry, a affirmé dans la presse allemande qu'il était son seul frère, espérant hériter. (Wikipédia)


Alain Bashung

L'une des personnalités majeures du rock français, Alain Bashung (né Baschung) voit le jour à Paris, 1er décembre 1947 et décède d'un cancer du poumon le 14 mars 2009. Après des débuts longs et difficiles au milieu des années 1960 et une carrière de musicien de séances au cours de la décennie suivante, il enregistre son premier album Roman-Photos (1977), avec la collaboration du parolier Boris Bergman. Extrait de l'enregistrement suivant Roulette Russe (1979), le titre surréaliste « Gaby, oh ! Gaby » lui apporte son premier tube et ouvre une décennie fructueuse durant laquelle il s'impose comme l'une des voix les plus originales du rock français. Le succès de « Vertige de l'amour »(1980, extrait de Pizza) précède une collaboration suicidaire avec Serge Gainsbourg pour l'album Play Blessures (1982), écrit en commun. Après le style électronique de Figure Imposée (1983) et de « S.O.S. Amor » l'année suivante, il renoue avec Boris Bergman sur Passé le Rio Grande (1985) et son hit « L'Arrivée du Tour ». En 1989, l'album Novice voit l'apparition de Jean Fauque, qui devient son second parolier attitré sur Osez Josephine (avec le morceau-titre et « Madame Rêve », 1991), Chatterton (« Ma petite entreprise », 1994), puis Fantaisie Militaire (« La Nuit je mens », 1998) et L'Imprudence (2001), albums ambitieux aux arrangements sophistiqués. En 2002, Alain Bashung et son épouse Chloé Mons enregistrent Le Cantique des cantiques, suivi de La Ballade de Calimity Jane (2006), avec Rodolphe Burger. Sorti en 2008, l'album Bleu Pétrole réunit d'autres auteurs comme Gérard Manset, Raphaël, Gaétan Roussel, Arman Méliès et Joseph D'Anvers. Affaibli par la maladie, l'artiste entame une ultime tournée avant la cérémonie des Victoires de la musique de 2009 où il reçoit trois récompenses, portant son total au record de onze trophées. Il décède peu après, à l'âge de 61 ans. L'album en public Dimanches à l'Élysée paraît de façon posthume en 2009, suivi deux ans plus tard par son interprétation de l'album L'Homme à Tête de Chou de Serge Gainsbourg, destinée à un spectacle. En 2018 apparaît un nouvel enregistrement, En Amont, rassemblant des chansons enregistrées entre 2002 et 2008.



Claude Alain Baschung (avec un « c ») est né le 1er décembre 1947 à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, dans le XIVème arrondissement. Un père absent et une mère bretonne ouvrière chez Renault qui ne parvient guère à finir les mois, et l'enfant Baschung est envoyé dans la ferme de sa grand-mère adoptive à Wingersheim, en Alsace, où il chante dans la chorale de l'église, apprend l'harmonica, et fait la découverte du rock 'n' roll à la radio : Elvis Presley, Little Richard, et Gene Vincent qu'il ira voir sur scène, tout comme Édith Piaf. Adolescent, il retrouve la capitale, hébergé chez une tante pendant des études commerciales (BTS de comptabilité).


Baschung tâte aussi de la guitare, et se joint bientôt à son premier groupe, les Dunces (les « cancres »), tendance country-folk, en 1965. Quand l'été arrive, la formation part vers les plages de Royan pour y jouer dans les bars et assister aux concerts des vedettes de passage dans les bases américaines. Un autre choc survient, celui du plaisir des mots joués par Boby Lapointe. C'est décidé, Baschung veut faire de la musique son métier.


Installé à Paris dans le quartier de Pigalle, le guitariste fait des rencontres : le folk-rocker Noël Deschamps avec qui il compose « Lola Hey », Claude Channes (le futur Challe des compilations Buddah Bar) pour qui il crée « Il est grand temps de faire... Boom ! » et Pussycat (« Moi je préfère ma poupée »). Repéré par un directeur artistique du label Philips, Baschung saisit l'opportunité d'enregistrer sous son nom un premier disque 45-tours E.P. dominé par la chanson « Pourquoi rêvez-vous des États-Unis ? » (7 octobre 1966) dans une veine anti-impérialiste : début cocasse quand on sait l'attirance du chanteur pour le Nouveau continent.


En juin 1967, il fait l'ouverture du premier festival pop français au Palais des Sports, avec à l'affiche les Troggs, Pretty Things, V.I.P.'s, et le power trio Cream. Jusqu'en 1973, Bashung (qui perd son « c » en 1968) se fait la main sur une flotille de 45-tours qui n'ont d'autre intérêt que la plume qui les signe, soit Pierre Delanoë, Boris Bergman (« La Paille aux cheveux », 1970) ou l'arrangeur Jean-Claude Vannier. Hippie, il adapte Cat Stevens (« Du feu dans les veines », 1971) ou crooner, interprète le tube à la mode « What's New Pussycat ? » (Tom Jones), ou s'essaie à l'italien (« Ho gli occhi chiusi »). Rien de bien passionnant, la coupe est pleine. Fini la variété, place à La Révolution Française ! Une double dose d'opéra rock dans lequel il joue Robespierre au Palais des Sports et chante trois chansons.



Plus rock 'n' roll, Bashung s'acoquine avec un Dick Rivers sur le retour, à la recherche d'un compositeur sachant produire ses albums : Rock 'N' Roll Machine, Rockin' Along et Rock And Roll Star (1972-74). Plus confidentiel, il enregistre sous pseudonyme David Bergen (« Je ne croirais plus jamais à l'amour », 1975) et avec le groupe Monkey Business (« Delta Queen » et « Tears Make Memories », 1976-77).


Contrairement à une idée répandue de traversée du désert, Alain Bashung s'active depuis bientôt dix ans sans connaître le moindre succès. Il est temps de changer d'air, et de contacter celui qui un jour lui écrivit un titre parmi d'autres, le Slave Boris Bergman. Auteur à succès pour les chanteuses yé-yé (Eva), confirmées (Dalida, Juliette Gréco) et le groupe psychédélique Aphrodite's Child (le hit « Rain and Tears », c'est lui), Bergman vient de réaliser le superbe album de Christophe, Le Samouraï (1976). Il se joint pour six chansons du premier album tant attendu par Alain Bashung, Romans Photos (1977), qui fait un flop malgré « C'est la faute à Dylan ».


Mais le chanteur déjà commence à se démarquer du pré carré rock et de la chanson. Sur scène, il lui arrive d'improviser un nouveau titre « Bijou bijou » pendant vingt minutes avant le passage de Little Bob Story. Il lui faut attendre deux ans pour sortir l'album suivant, le sombre Roulette Russe (1979, avec « Toujours sur la ligne blanche »). Le vrai déclic survient peu après avec un 45-tours inédit au texte surréaliste, « Gaby, oh ! Gaby » (n°1), qui se vend à près de deux millions d'exemplaires et obtient le prix Charles Trenet et celui de la SACEM. Le tandem Bashung-Bergman est alors tenu en exemple d'un possible renouvellement du texte dans la chanson rock, après Gainsbourg et Higelin.


Deux ans plus tard, c'est au tour de Pizza de livrer un nouveau tube, « Vertige de l'amour », qui se voit couronné des même récompenses. Au printemps 81, Bashung tourne sur scène (un Olympia le 3 juin) et sur plateau sous la direction de l'auteur et cinéaste espagnol Fernando Arrabal qui lui confie un rôle de Jésus-Christ punk dans Le Cimetière des voitures.



En 1982, à sa demande, Bashung rencontre Serge Gainsbourg, le maître aîné capable de l'accompagner dans ses derniers retranchements. Le résultat débouche sur Play Blessures, un album désespéré et jusqu'au-boutiste qui est encensé par la critique rock (qui lui a décerné l'an passé le Bus d'Acier), mais ne connaît aucun succès (en single, « C'est comment qu'on freine ? »). Figure Imposée, qui sort l'année suivante, a tout autant de mal à imposer la loufoquerie de « What's In A Bird ? » et sa composante électronique. Le succès revient avec le 45-tours isolé « S.O.S. Amor » en 1984.


La même année, Bashung est à l'affiche de Nestor Burma, détective, aux côtés de Michel Serrault et Jane Birkin, et tourne dans Le Quatrième pouvoir de Serge Leroy, dont il compose la musique. L'activité musicale reprend son chemin avec le titre « Touche pas à mon pote » (1985), chanté au bénéfice de l'association S.O.S. Racisme qui l'invite également dans le grand « concert des potes » du 15 juin, place de la Concorde à Paris. Son premier album live Live Tour '85 (en version simple puis double) évoque une tournée chaotique. Alain Bashung retrouve Boris Bergman en 1986 pour un album-clé, Passé le Rio Grande, inspiré par le mythe du rock 'n' roll (« Helvète Underground », « Douane Eddy »). Ce disque qui l'établit comme une personnalité majeure du rock français signale également son retour au sommet des ventes avec « L'Arrivée du tour », et lui vaut la Victoire de la musique du « Meilleur album de l'année ». Sa musique s'exporte au Canada ou en Egypte où Bashung se produit au détour d'une tournée en outremer. Il apparaît au cinéma dans le film Le Beauf, dont il crée la musique.


Les deux années suivantes sont consacrées à l'écriture du nouvel album Novice (1989) avec ses complices Boris Bergman et Jean Fauque, un ami qui obtient ses galons d'auteur. Malgré les singles « Pyromanes » et « Bombez ! », le disque se révèle trop novateur pour atteindre un succès massif, mais est approuvé par un public suffisamment nombreux et fidèle. En 1990, Bashung jouent dans les téléfilms Les Lendemains qui tuent (avec sa musique) et Jusqu'à ce que le jour se lève, ainsi que dans le long-métrage Rien que des mensonges, puis participe au concert organisé par SOS Racisme à Vincennes.



Le huitième album, Osez Joséphine (octobre 1991), est celui de tous les succès. Toujours truffé de textes à tiroirs signés Jean Fauque, il recèle une production ample qui s'adapte comme un gant au chant sinueux de l'interprète de « Volutes », « Madame rêve » et « Osez Josephine ». Bashung hérite de deux Victoires de la musique sur cinq nominations. A la fin de l'année 1992 sort un coffret rétrospectif de 9 CD, tandis que l'acteur est sollicité tour à tour dans L'Ombre du doute et Ma soeur chinoise.


En 1994, l'association avec Jean Fauque se poursuit avec l'album Chatterton, un album en demi-teinte aux invités prestigieux, les guitaristes Link Wray, Sonny Landreth, Marc Ribot et le trompettiste Stéphane Belmondo, qui contient le classique « Ma petite entreprise » et l'élégant « J'passe pour une caravane ». Une série de concerts parisiens à l'Olympia, au Zénith et au Bataclan, documentée dans le CD Confessions Publiques (1995), lui apporte les faveurs d'un public varié entre rock et chanson.


Bashung se fait plus rare, peaufinant les structures et les harmonies, soignant la sonorité de ses disques et étudiant avec minutie les textes de son auteur Jean Fauque, afin d'obtenir à chaque fois une œuvre puissante et cohérente. C'est le cas de l'envoûtante Fantaisie Militaire (janvier 1998), qui représente un grand pas en avant pour la chanson. Au-delà de la réception critique (acclamation) et publique (modérée) de son temps, l'album de « La nuit je mens » et « Sommes nous » garde son mystère et se détache de la production ambiante. Composé avec Rodolphe Burger (Kat Onoma), Jean-Marc Lederman (Front 242) et Les Valentins, il est couronné par la profession avec trois Victoires de la musique (catégories album, artiste et clip de Jacques Audiard). La même institution lui décernera par la suite le trophée du « Meilleur album des vingt dernières années ».


Le 2 juin 1999, Bashung et Burger sont sur scène dans le spectacle Samuel Hall, et participe l'année suivante à l'album Organique de Zend Avesta (Arnaud Rebotini). En 2000 sort également la compilation Climax avec un deuxième CD de titres rares ou inédits. Le 30 juin 2001, Bashung épouse l'artiste Chloé Mons, avec qui il composera Le Cantique des Cantiques (2002).


Pour L'Imprudence, paru en octobre 2002, Bashung s'entoure des fidèles Jean Fauque et Marc Ribot, auxquels s'ajoutent le chanteur Miossec, le guitariste brésilien Arto Lindsay, le duo électronique suisse Mobile In Motion et de nouveaux musiciens. L'album particulièrement complexe et austère remplace la dérision et l'humour des débuts par une atmosphère sombre et des textes plus personnels. A l'automne 2003, Bashung reprend la route pour la première fois depuis huit ans. La Tournée des Grands Espaces traverse tous les pays francophones, de la Belgique au Printemps de Bourges et de la Suisse au Canada, donnant lieu au double CD et DVD live du même nom.



À Paris, la Cité de la Musique l'invite pour une « Carte blanche » d'une semaine, du 23 au 30 juin, à établir sa propre programmation musicale constituée des chanteurs Christophe, Dominique A, Rodolphe Burger, Bonnie Prince Billy et des guitaristes Link Wray, Arto Lindsay et Sonny Landreth. Bashung est à nouveau à l'honneur les 13 et 14 avril 2007 pour l'ouverture de la nouvelle salle Pleyel, ouverte à la chanson.


Au mois de mars 2008, Alain Bashung sort Bleu Pétrole, un album qui rassemble de nouveaux collaborateurs, notamment Gérard Manset, co-signataire de trois titres dont « Vénus » et « Comme un Lego », et duquel est repris le classique « Il voyage en solitaire ». Autre personnalité importante du disque, le compositeur et producteur de Louise Attaque Gaétan Roussel, influe sur l'atmosphère country-rock de certains titres (« Résidents de la République »), et sur d'autres officient les jeunes compositeurs Arman Méliès et Joseph d'Anvers, ainsi que le producteur Mark Plati. Une tournée est lancée le même mois, dévoilant le nouveau visage d'un Bashung au crane rasé, atteint d'insuffisance respiratoire.


Malgré l'annulation de certaines dates pour raison de santé, la tournée est un grand succès. En février 2009, il est à nouveau honoré par trois Victoires de la musique dans les catégories meilleur interprète masculin, album de chanson et concert ou tournée. Son total personnel de onze trophées constitue un record pour celui que l'on nomme comme « le dernier des géants ». Le cancer du poumon qui le rongeait depuis plusieurs mois le terrasse le 14 mars 2009, à l'âge de 61 ans. Avec lui disparaît l'un des artistes majeurs du rock et de la chanson francophone.


En novembre 2009 sort l'album en public posthume Dimanches à L'Élysée. Au même moment, le chorégraphe Jean-Claude Gallotta met en scène à la MC2 de Grenoble le spectacle tiré de l'album L'Homme à Tête de Chou de Serge Gainsbourg, que devait interpréter Alain Bashung au milieu des danseurs. Dernier enregistrement du chanteur, l'album voit finalement le jour en novembre 2011. Un nouvel enregistrement, En Amont, paraît en novembre 2018 et rassemble onze chansons enregistrées entre 2002 et 2008, produites par Édith Fambuena et Chloé Mons.


Devenu un artiste majeur de la chanson et du rock français, Alain Bashung n'a cessé de se renouveler et de repousser les limites du genre en dix années de galère et trente de succès. A l'instar d'un Gainsbourg, il a démontré la compatibilité de textes audacieux et intelligents avec la réussite commerciale, sans jamais renoncer à sa grande qualité, nommée exigence. (Universal Music)



Initials S.G.

Il y a trente ans disparaissait Serge Gainsbourg. Inépuisable, sa musique demeure d’une ahurissante modernité


Un langage moderne mélangé à une finesse à l’ancienne. C’est ainsi, mardi dernier sur France Inter, que Charlotte Gainsbourg évoquait la musique de son père. Ce 2 mars, cela faisait trente ans que Serge avait été retrouvé mort, un mois avant son 63e anniversaire, au 5 bis, rue de Verneuil. Dans cet hôtel particulier devenu un mausolée pour sa famille et qui s’apprête à devenir un musée.


En ces temps de cancel culture, d’effacement de ce qui dérange, car c’est plus simple que de contextualiser, mais quel leurre, beaucoup se demandent comment serait aujourd’hui accueilli Gainsbourg, ce poète érotomane doublé d’un provocateur alcoolique. Franchement, est-ce important? Gainsbourg est mort il y a trois décennies, reste son œuvre, immense, inépuisable, sublime. Il faut écouter encore et encore ses 17 albums studio, s’immerger totalement dans ces chefs-d’œuvre absolus que sont Histoire de Melody Nelson et L’Homme à tête de chou, pour mesurer son génie mélodique. Personne n’a et n’aura jamais ce talent d’embrasser la musique dans sa totalité, de partir de la chanson et de sa formation classique pour frayer avec la pop, le rock, le jazz, le blues, le funk, le disco et le reggae… (Stéphane Gobbo, Le Temps, 5 mars 2021)



Lucien Ginsburg, dit Serge Gainsbourg, né le 2 avril 1928 à Paris et mort le 2 mars 1991 dans la même ville, est un auteur-compositeur-interprète français, également artiste peintre et scénariste, puis metteur en scène, écrivain, acteur et enfin cinéaste.

Apparu tardivement sur scène, au temps de la « chanson rive gauche » de la fin des années 1950, Serge Gainsbourg (1928-1991) a rattrapé le temps et devancé son époque à coups de refrains éternels, éclairs de poésie et provocations diverses qui ont fait de ce fils d'immigrés russes l'une des figures tutélaires de la vie artistique française. Le verbe cynique, l'élégance dandy, la poésie majeure et les coups de cafard de « Gainsbarre », noyé dans l'alcool et la cigarette, ont façonné la légende d'un auteur, compositeur et interprète dont l’œuvre et l'influence n'ont cessé de grandir après sa mort. Chanson, jazz, rythmes latins ou africains, rock yéyé ou psychédélique, reggae, funk, rap et musiques de films sont passés sous le filtre de sa plume moderne, qui a laissé de multiples classiques dont « Le Poinçonneur des Lilas » (1958), « La Javanaise » (1962), « Comic Strip » (1967), « Requiem pour un con » (1968), « Je t'aime moi non plus » (1969) et « Aux armes et caetera » (1979). Auteur d'albums ambitieux tels Histoire de Melody Nelson (1971) et L'Homme à Tête de Chou (1976), cet orfèvre de la mélodie a usé de son surplus de créativité - et de son pouvoir de séduction - pour des interprètes majoritairement féminines : Michèle Arnaud, Juliette Gréco, France GallPoupée de cire, poupée de son » et « Les Sucettes »), Brigitte BardotHarley Davidson »), Anna Karina, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, mais aussi Claude François, Serge Reggiani l'ont chanté, sans oublier les albums pour ses compagnes Jane Birkin et Bambou, ainsi que pour sa fille Charlotte Gainsbourg. En trois décennies d'activité, l'homme en jeans et Repetto à la barbe de trois jours a élevé la chanson en art et nourri sa postérité de mots et de musiques intemporels. 

Issu d'une famille d'émigrés juifs Russes installés à Paris en 1921, Lucien Ginsburg est élevé dans la religion des arts, en particulier la musique classique que son père, pianiste de music-hall, joue pendant des heures à la maison. Après la guerre, passée sous le signe de l'exil de la peur de ceux marqués par l'étoile jaune (la « yellow star » comme il l'appellera), il veut devenir peintre mais, par nécessité alimentaire et impulsion paternelle, se retrouve dans les cabarets comme guitariste-pianiste. 


En 1954, c'est le début des saisons d'été Chez Flavio au Touquet et des nuits au Milord l'Arsouille à Paris. Lucien Ginsburg dépose ses premiers titres à la SACEM à partir de 1957, ils le seront sous le nom de Serge Gainsbourg et commenceront à être interprétés par sa patronne Michèle Arnaud. 1958, le patron du Milord, Françis Claude, lui fait ses premiers pas sur scène. Repéré par le label Philips, il entre en studio et commence sa fructueuse association avec Alain Goraguer, déjà arrangeur de Boris Vian. C'est le premier succès avec « Le Poinçonneur des Lilas ». Il entre vraiment dans la profession, part en tournée avec Jacques Brel et, supporté par Boris Vian, rencontre Juliette Gréco. Débute une collaboration qui durera tout au long de cette période « rive gauche » dont le point d'orgue sera « La Javanaise » à l'automne 1962. 

Albums, tournées, se succèdent. Sur scène, son hyper-sensibilité morgue et son physique particulier provoquent souvent des réactions de rejet. En coulisse toutefois, il est déjà un explorateur assidu du continent féminin et en tirera ses meilleurs textes. Mais son style, littéraire, sombre et très appliqué, commence à dater, l'heure n'est plus aux cabarets. Gainsbourg donne dans l'avant-garde et le jazz sur l'album Confidentiel (1963), puis dans les rythmes exotiques sur Gainsbourg Percussions (1964). Le changement est là...mais le succès non. Celui-ci, quasiment prémédité, va venir de sa collaboration avec la chanteuse France Gall et « Poupée de cire, poupée de son » qui remporte le Concours de l'Eurovision en 1965. La projection que Gainsbourg fait de ses textes à double-sens sur l'image enfantine de France Gall crée le décalage, le sommet étant atteint avec « Les Sucettes » en 1966. 


Argent, nouveaux interprètes, nouvelle période, certainement la plus mature, intense et créative. C'est la pop et les comics, les Beatles dominent la planète et à la télé Serge multiplie ses apparitions, notamment dans le Sacha Show de Distel. Avec Michel Colombier, son nouvel arrangeur, Serge Gainsbourg va parfaitement être dans la pulsation de l'époque et chercher le son de la pop anglaise au cœur du Swinging London. On notera entre autres « Comic Strip » (1967) mixé par Georgio Gomelski, la B.O. du film Le Pacha, véritable beat samplé avant l'heure (1968), « Elisa » (1969). En 1968, un événement va bouleverser et transcender sa production : sa brève mais intense histoire d'amour avec Brigitte Bardot, star mondiale à l'époque. C'est la sortie de « Bonnie and Clyde », l'enregistrement de « Je t'aime moi non plus » juste avant leur rupture. (titre dont B.B. bloque la sortie par peur pour sa carrière) et enfin l'hommage baudelaurien et baroque de « Initials B.B. ». 

Suit sur le tournage de Slogan, l'autre rencontre : l'Anglaise Jane Birkin, très jeune mère déjà séparée de son premier mari John Barry, et dont Gainsbourg devient le Pygmalion. La sortie ré-enregistrée avec elle de « Je t'aime moi non plus » va faire à la fois un scandale et un tube mondial. En 1971 sort l'album avant-gardiste Histoire de Melody Nelson, fruit de sa collaboration avec Jean-Claude Vannier. Chef-d’œuvre baroque, symbolique, concentrant la pop la plus aboutie et les orchestrations classiques. Jusqu'à L'Homme à Tête de Chou en 1976, et à l'exception de Vu de l'Extérieur (1973), Gainsbourg explorera cette veine du concept-album, notamment avec règlement de compte provocateur avec ses années de guerre sur Rock Around the Bunker, album encore injustement évité aujourd'hui. Il enchaîne ensuite une série très alimentaire de tubes de l'été, de « L'ami caouette » (1975) à « Sea Sex and Sun » (1978). 


À nouveau en décalage avec l'air du temps (entre temps les punks ont débarqués), il réapparaît sur scène lors d'une collaboration avec le groupe Bijou, puis trouve une nouvelle veine qui va le faire à nouveau, et même plus que jamais auparavant, entrer en résonance avec son époque : le reggae. Il enregistre avec Robbie Shakespeare et Sly Dunbar à Kingston les albums Aux Armes et caetera (1979) puis Mauvaises Nouvelles des Étoiles (1981). Le succès est énorme, doublé de polémiques liées à sa reprise de l’hymne national « La Marseillaise », devenu « Aux armes et caetera ». 

Mais en 1980, Gainsbourg-Birkin c'est fini, et ces albums introduisent un nouveau personnage : Gainsbarre (« Ecce homo »), personnage auto-destructeur et vulgaire. Gainsbourg a trouvé son ultime carapace, sa sensibilité à fleur de peau sera dorénavant cachée sous les provocations médiatiques. Pour ses deux derniers albums, Love on the Beat (1984) et You're Under Arrest (1987), « Gainsbarre » saura encore bien utiliser les pointures funk, rock et rap du moment, mais la redite n'est pas loin. On se souviendra davantage de l'extraordinaire engouement de la jeunesse pour ses concerts, qui, du coup, pouvaient retrouver des sommets d'émotion, tant cet accueil le touchait. 

Serge Gainsbourg meurt le 2 mars 1991 d'un arrêt cardiaque à l'âge de 62 ans, « tué par Gainsbarre pour se venger de l'avoir créé » (Charles Trenet). Les collaborations réussies de son vivant sont innombrables. Les années 1990 verront son influence grandir encore, notamment dans le monde anglo-saxon. Son génie pour l'évocation d'émotions fugaces, sous-tendues par une maîtrise étonnante dans l'utilisation du meilleur des musiques populaires, font de lui un des phares de la chanson française du XXème siècle. 


Début 2010, le film Gainsbourg (Vie héroïque) réalisé par le dessinateur Joann Sfar met l'artiste à l'honneur sur grand écran. L'acteur principal qui a la lourde tâche d'incarner le héros, Eric Elmosnino, est entouré de Laetitia Casta (Brigitte Bardot), Lucy Gordon (Jane Birkin), Anna Mouglalis (Juliette Gréco) et Philippe Katerine (Boris Vian). Le film remporte trois trophées, dont celui du meilleur acteur, lors de la cérémonie des Césars le 25 février 2011. Au même moment, le vingtième anniversaire de la disparition de l'homme à tête de chou (et à la barbe de trois jours) est célébré en grandes pompes avec la découverte de la version originale de « Comme un boomerang » (1975) et la parution d'une troisième Intégrale en 20 CD et 284 titres dont 14 inédits. (Universal Music)


TONTON DAVID


Ray David Grammont, dit Tonton David, est un chanteur français de reggae et de ragga/dancehall, né le 12 octobre 1967 à La Réunion et mort le 16 février 2021 à Nancy. Il est principalement connu pour des tubes comme Sûr et certain ou Chacun sa route. 

Très tôt après sa naissance, ses parents émigrent pour de brefs séjours en Gambie, puis au Sénégal avant d'arriver dans le 15e arrondissement de Paris et la banlieue nord. Son père est le musicien Ray Grammont. À 14 ans, il quitte sa famille et galère quelque temps avant de découvrir le raggamuffin lors d'un voyage en Angleterre en 1987. Il s'installe ensuite à Champigny-sur-Marne avec sa femme et ses deux enfants, puis à Metz.

Il prend le micro pour la première fois fin janvier 1989 dans le bar Mistral Gagnant de Saint-Étienne, au cours d'un concert du Massilia Sound System. Il participe à la fin des années 1980 au Sound System High Fight International qui regroupait à l'époque d'autres artistes comme Nuttea. Il contribue alors au développement du reggae et devient un des pionniers du dancehall français grâce à son titre Peuples du monde, présent sur la compilation Rapattitude produite par Virgin en 1990, qui se vend à 100 000 exemplaires. Ce tube est notamment parodié par Les Inconnus

Sa chanson Sûr et certain, sortie sur l'album Allez leur dire, est un gros succès avec 350 000 exemplaires vendus, et lui vaut une nomination aux Victoires de la musique. Suivent d'autres grands succès tels que son Chacun sa route (chanson thème du film Un Indien dans la ville où il collabore pour l'album avec Manu Katché et Geoffrey Oryema). L'album Récidiviste connaît aussi un certain succès notamment grâce aux singles Pour tout le monde pareil et son duo avec Cheb Mami Fugitif. Tonton David participe au Printemps de Bourges en avril 1996 pour les vingt ans du festival. 

À la sortie de son album Viens, il entame une tournée en France au printemps 2000.
En 2002, son ancienne maison de disques Virgin sort un album best of.
En 2005, il collabore avec Demon One et Dry sur leur album La Vie de Rêve sur le titre Gagne. Victime d'un accident vasculaire cérébral en gare de Metz le 14 février 2021, il est transféré à l'hôpital de Nancy, où il meurt le 16 février 2021. Ses obsèques ont lieu le 25 février à Valenton (Val-de-Marne), suivies de l'inhumation dans l'intimité  de la famille et des proches à Champigny-sur-Marne. (Wikipédia)

THE MOODY BLUES

Comme pour un groupe des années 60 tel que Procol Harum et une poignée d'autres, les Moody Blues ne sont reconnus que pour une seule chanson à succès, occultant ainsi non seulement leur carrière discographique entière, mais tout un pan de l'histoire de la rock music dans la mémoire collective. Le tube mondial « Nights In White Satin » est en effet un « slow » ultra célèbre qui a ému la planète début 1968. Après des débuts dans la mouvance encombrée du rhythm 'n' blues de la pop anglaise, les musiciens aujourd'hui sexagénaires ont rapidement évolué vers des pièces ambitieuses, très élaborées, posant ainsi les bases du rock progressif avant l'heure (dénommé art rock à l'époque). Gros vendeur d'albums en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis jusque dans les années 80 (Days Of Future Passed en 1968, Every Good Boy Deserves Favour en 71, Seventh Sojourn en 72, ou Long Distance Voyager en 1981), le groupe est l'une des plus anciennes formations de la première vague britannique des années 60 toujours en activité, malgré quelques changements de personnel au cours de sa carrière. 


Presque tous originaires de Birmingham en Angleterre, la première version des « Moody Blues (nom emprunté à un thème de Duke Ellington et à celui de la bière locale Mitchell & Butler) en mai 1964 est composée pour les plus anciens de vétérans de la scène de la ville : Denny Laine (chant & guitare), Graham Edge (batterie), Ray Thomas (harmonica, Oûte, saxophone & chant), Clint Warwick (basse & chant) et leur aîné Mike Pinder (chant & claviers). Leur premier manager est Tony Secunda, une figure du rock britannique qui deviendra célèbre en ruinant les Move et en propulsant Marc Bolan au sommet, qui leur obtient un contrat avec Decca, déjà fort des Rolling Stones. Le premier 45 tours « Steal Your Heart » en août est un échec trois mois plus tard, mais leur reprise immédiate du titre américain de Bessie Banks produit par Lieber & Stoller, « Go Now ! », une ballade musclée, est n°1 en Grande- Bretagne en moins d'un mois, en décembre, considérablement aidé par l'un des tous premiers films vidéo promotionnels jamais réalisés. Cette rapide notoriété entraîne la sortie du premier album en juillet 1965, baptisé Go Now ! aux Etats-Unis, mais ignoré. Le groupe hésite entre reprises de blues, ballade pop et soul, et les compositions Laine/Pinder ne sont pas à la hauteur. Leur reprise enragée du bluesman Sonny Boy Williamson « Bye Bye Bird » est un petit hit radio en France en décembre, tandis que leur essai frénétique sur le « I'll Go Crazy » de James Brown de 1960 entraîne une réédition de la version originale aux Etats-Unis. Rod Clarke remplace Warwick en juillet 1966 (lequel est décédé le 15 mai 2004), et « Boulevard de la Madeleine » moitié en français moitié en anglais, qui célèbre les arpenteuses du trottoir de l'époque de cette artère parisienne, passe inaperçu et n'est incluse dans aucun album original. Après ce nouvel échec, l'orchestre se sépare brièvement en octobre puis est entièrement remanié un mois plus tard, autour du trio fondateur Pinder, Thomas et Edge : John Lodge remplace Clarke et le talentueux et plus jeune Justin Hayward, Denny Laine, parti lui plus ou moins en solo et qui co-fondera Wings avec Paul McCartney en 1971. Les trois 45 tours suivants en 1967 sont encore des échecs, les finances sont débitrices et il est temps d'abandonner leur formule stérile et trop concurrentielle. 


Des nuits de satin blanc 

Mike Pinder utilise le mellotron alors inconnu dans le rock (instrument dérivé de l'orgue Hammond, qu'il a contribué à assembler, et que les Beatles n'useront qu'en 1967), et il est décidé de donner plus d'importance aux contributions de Ray Thomas. Tandis que leur maison de disques, voulant promouvoir les 33 tours stéréo « haute fidélité » (toutes les productions de cette époque étaient encore monophoniques, les mixages stéréo plutôt « artisanaux » étant proposés en deuxième option) les « oblige » à élaborer une œuvre de rock symphonique basée sur La Symphonie du Nouveau Monde du compositeur classique tchèque Antonin Dvorak, leur enjoignant le producteur « maison » Tony Clarke, qui deviendra d'ailleurs presque un membre du groupe à part entière. Days Of Future Passed enregistré avec le London Festival Orchestra paraît en novembre 1967 et est considéré comme le premier album de rock symphonique de l'histoire. Il dépeint la journée d'un homme dans la société civilisée du XXème siècle, est un joli succès commercial, surtout aux Etats-Unis, et contient la fameuse ballade « Nights In White Satin » devenue un classique, et qui fait la fortune de son créateur Justin Hayward, bien servi par ses « I love you, yes I love you » répétés à l'infini et la partie de flûte de Ray Thomas. « Nights In White Satin » est même n°2 en France en mars 1968, coincé entre Sheila et Otis Redding... La formule est trouvée et fonctionne, faite d'arrangements pop et classique, de mélodies simples, de duos claviers + flûte et d'une production raffinée, très sophistiquée même pour l'époque, où l'écho et la réverbération dominent. 

Inspiré par George Harrison, Ray Thomas introduit le sitar dans sa palette, Graham Edge se concentre sur les textes, dont les poèmes sont lus par Mike Pinder au début de quelques albums, ou récités à l'intérieur. Deux « concept albums » se succèdent rapidement, dont leur premier n°1 en Grande-Bretagne, On The Treshold Of A Dream, en mai 1969, où Mike Pinder opte pour une version modernisée du mellotron, le chamberlin, ancêtre du synthesizer, qu'il utilise le 30 août au deuxième festival de l'île de Wight. A l'occasion de la sortie du cinquième album à la Xn de l'année To Our Children's Children inspiré par la « conquête » de la lune, les « Moodies » créent leur propre label, Treshold Records ; ses morceaux sont inaugurés lors du concert du 12 décembre 1969 au Royal Albert Hall. Le succès du plus sommaire « Question » (relatif à la guerre au Vietnam avec son refrain : « pourquoi n'avons-nous jamais de réponse quand on frappe à la porte, avec nos millions de questions sur la haine, la mort et la guerre ? » est suivi de l'album A Question of Balance, tout aussi dépouillé lui aussi, afin de simplifier leurs prestations scéniques, comme lors de leur apparition au festival de l'île de Wight encore le 30 août, en 1970, où ils interprètent évidemment « Nights In White Satin » (cf. le documentaire Message to Love paru en 1997). Extrait de cet album encore n°1 en Grande-Bretagne, « Melancholy Man » est un tube seulement en France, où le 45 tours est n°5 en avril 1971, trois mois avant Every Good Boy Deserves Favour (dont les initiales sont un moyen mnémotechnique pour retenir la clef de sol), lui aussi n°1 en Grande-Bretagne et n°2 aux Etats-Unis. Enfin, après leur premier album n°1 obtenu le 9 décembre 1972 sur ce continent avec Seventh Sojourn, et les succès : de la réédition de « Nights In White Satin » en Angleterre et surtout aux Etats-Unis où il avait été ignoré cinq ans auparavant, et du simple écrit par John Lodge « I'm Just A Singer (in a rock 'n' roll band) » les cinq musiciens, devenus riches et leur orchestre célèbre, décident de suspendre celui-ci, sans pour autant se séparer. 


Tous les cinq effectuent leurs propres tentatives, à l'aide du label Treshold (sauf Hayward). Graham Edge ouvre le feu le premier en juillet 1974 avec son projet parallèle le Graham Edge Band, en compagnie de Mickey Gallagher (ex- Animals) et d'Adrian et Paul Gurvitz (exs-The Gun et Three Man Army) : un premier 45 tours en juillet 1974 suivi de deux albums plutôt rock, Kick Off Your Muddy Boots en septembre 1975 et Paradise Ballroom en avril 1977 passent inaperçus. Si le nom des Moody Blues est célèbre, ceux des musiciens sont restés anonymes du grand public et la notoriété qu'ils supposent posséder ne les favorisent pas. Ray Thomas ne trouve pas non plus d'écho en été 1975 avec From Mighty Oaks ni en juin 1976 avec Hopes, Wishes and Dreams. Les acrobaties aux synthés d'un Mike Pinder éxilé et marié en Californie en avril 76 (The Promise) et l'ennuyeux Natural Avenue de John Lodge en février 77 sont aussi laissés pour compte. Justin Hayward et John Lodge sont plus heureux en duo avec Blue Jays en avril 1975 et leur formidable tube « Blue Guitar » produit par 10 CC. Hayward étant le plus prolifique et le plus chanceux des cinq car il continuera en solo après la re-formation des Moody Blues. Son Songwriter de février 77 vaut le détour, ainsi que sa participation au projet multi-artistes de Jeff Wayne en 1978 War Of The Worlds duquel son 45 tours « Forever Autumn » est n°5 en Grande-Bretagne en juillet (il contribuera à une nouvelle version scénique de War Of The Worlds en 2006 et 2007). Afin de perpétuer néanmoins la popularité du groupe, Decca publie en novembre 1974 un « best of » (This Is The Moody Blues), puis en avril 1977 un double album « live » enregistré le 12 décembre 1969 au Royal Albert Hall, augmenté de cinq titres en studio inédits : Caught Live + 5, mais il s'avère leur premier échec commercial depuis dix ans. Néanmoins, il est le premier à ne pas être gratifié de l'une des hideuses illustrations de pochette de Philip Travers. 

Les cinq acolytes se retrouvent début 1978 et accouchent dans la douleur d'un Octave bien faible, avec un Mike Pinder si réticent qu'il quitte le groupe avant la fin des séances (il cite son mellotron dans « One Step Into The Light »), obligeant Justin Hayward et John Lodge à assumer les parties de claviers pendant la tournée de promotion, avant d'engager le musicien suisse Patrick Moraz (ex-Yes) sur la base d'un musicien complémentaire et non membre permanent, ayant été convenu que Mike Pinder participerait à nouveau aux futurs enregistrements. Cette convention bâtarde engendrera une dispute légale et un procès ultérieurs ; Moraz étant confirmé dans ses fonctions, Pinder tente par voie judiciaire d'empêcher la publication de Long Distance Voyager en mai 1981, sans y parvenir, et il retourne définitivement en Californie. L'album est un gros succès international et Mike Pinder le voit parvenir n°1 en album aux Etats-Unis lui aussi, le 25 juillet 1981, neuf ans après Seventh Sojourn. Mais cette embellie n'a qu'un temps ; la musique a changé, le punk et la new wave ont produit des ravages sur les groupes rock de la précédente génération et les Moody Blues semblent passer de mode. Le groupe a pourtant épuré sa formule, abandonné son côté souvent pompeux et abordé une démarche plus électronique, mais les chansons ne font plus recette. Toutefois, en avril 1986, la composition nostalgique de Justin Hayward « Your Wildest Dreams » envahit les ondes américaines, et ouvre la voie au « chant du cygne » des Moody Blues, l'album Other Side Of Life produit par Tony Visconti (connu surtout pour sa collaboration pérenne avec David Bowie), qui produit également l'album suivant, et une partie de Keys Of The Kingdom en 1991 ; malgré l'intensité de son intervention à la flûte dans « Celtic Sonant », le rôle de Ray Thomas est réduit en studio depuis un moment à sa portion congrue, et il ne peut briller qu'en concert sur les morceaux des années 60 et 70. Vers la fin de son enregistrement, Patrick Moraz dévoile lors d'une interview son dépit face au manque d'ambition musicale de ses partenaires et aux refus essuyés par ses contributions à l'écriture. Il est aussitôt remercié par les fondateurs et il leur intente un procès pour non-paiement de droits d'auteur en tant que membre du groupe depuis presque quinze ans, lequel dément qu'il l'ait été, engagé seulement comme musicien de séances ! Moraz remporte le procès auprès d'une cour californienne, mais n'en retire que de la petite monnaie au lieu des millions de livres réclamés. 


Trente ans après son apparition, le groupe a beaucoup perdu avec le départ de Mike Pinder, et le tandem Bias Boshell/Paul Bliss censé reproduire les parties de claviers. Les Moody Blues sont devenus une attraction de troisième plan réservés aux nostalgiques. Après un concert-fleuve dans l'amphithéâtre naturel à Red Rock dans la grande banlieue de Denver, donné avec un grand orchestre classique le 9 septembre 1992 pour le 25ème anniversaire de la sortie de Days Of Future Passed (documenté dans le DVD A Night at Red Rocks with the Colorado Symphony Orchestra), vient le temps des prestations nostalgiques, d'une recrudescence de compilations, et des anthologies/ rétrospectives. Le groupe passe alors par une deuxième période sabbatique durant laquelle Mike Pinder de son côté commet un deuxième album solo en 1994, Among The Stars, pour se reconvertir ensuite dans la world music pour fonds musicaux d'histoires enfantines. Enregistré en Italie avec un nouvel organiste, Danilo Madiona, les Moody Blues refont surface en 1999 avec un Strange Times romantique et sucré, se replongent dans l'atmosphère du Royal Albert Hall devant un auditoire plutôt âgé (Hall of Fame), et tentent une incursion dans la musique instrumentale pour le cinéma. La retraite sonne pour le talentueux Ray Thomas fin 2002, et c'est en quatuor que les Moody Blues proposent fin 2003 un curieux et intéressant « album de Noël » contenant une version plutôt iconoclaste du « Happy Christmas (The War Is Over) » de John Lennon... En octobre 2005 on les voit avec étonnement au Ryman Auditorium à Nashville jouant avec des musiciens spécialistes du genre, des versions « bluegrass » de leurs hits. Désormais réduits au trio Justin Hayward, John Lodge et Graham Edge, les Moody Blues se produisent à l'occasion avec des musiciens additionnels, annonçant en janvier 2007 la préparation d'un nouvel album et une tournée britannique fin 2008, avec un détour inévitable par le... Royal Albert Hall. Sans prétendre que la musique des Moody Blues exerce encore aujourd'hui une influence quelconque sur les groupes actuels, il est indubitable que le concept et la popularité du « rock progressif » dont ils ont été les premiers pionniers il y a... quarante ans, leur doit beaucoup. (Universal Music)


PRINCE


Un brin androgyne et un soupçon provocateur, Prince n’en n’est pas moins un génie de la musique. Souvent considéré comme le seul véritable rival de Michael Jackson ,Prince a sorti de nombreux albums durant sa carrière, notamment : « For you », « Dirty mind » ou encore « La parade » qui contient le hit mondial « Kiss ».  

Les débuts d’un génie

Prince Rogers Nelson voit le jour le 7 juin 1958 à Minneapolis (Etats-Unis). 

Le jeune Prince vient d’une famille qui adule la musique. Sa mère chante et son père, ouvrier, est également un grand musicien de jazz. Il s’illustre d’ailleurs souvent dans les clubs locaux. Alors que ses parents divorcent, le jeune homme de 13 ans s’éveille à la musique. Il fonde ainsi son premier groupe, Grand central. L’enfant est donc influencé par ses parents mais également par Jimi Hendrix , les Beatles ou encore James Brown . Alors que Prince est à la guitare et aux claviers, son cousin Chazz Smith est à la batterie. C’est grâce à ces premiers concerts que Prince se fait repérer. 

À 20 ans, il enregistre son premier disque « For you »(1978). Comme pour les suivants : « Prince » (1979) ou encore « Dirty mind »(1980), Prince produit et joue de tous les instruments. 

Le rival de Michael Jackson 

Un an plus tard, le chanteur qui joue en bas- résilles donne vie à l’album : « Controversy ». Alors que les disques s’enchainent très rapidement, le succès et la reconnaissance ne sont pas au rendez-vous. Cependant l’année 1982 va engendrer un net changement grâce à l’album « 1999 ». Le single « Little red Corvette » fait enfin connaître Prince au grand public. Prince ne s’arrête plus, « Purple rain » (1984), enregistré avec le groupe The revolution se vend à 10 millions d’exemplaires aux Etats- Unis). « La parade » (1986) devient un album qui enflamme les foules notamment grâce au sulfureux titre «Kiss ». Avec ses nombreux tubes, Prince est souvent considéré comme un rival du roi de la pop, Michael Jackson . Une véritable bataille s’engage alors entre les artistes pour se démarquer. 

Prince le symbole d’amour 

Pour s’émanciper de son label, Prince change de nom et devient alors Love Symbol.
Le nouveau chanteur sort donc l’album : « Emancipation » (1996). Malgré tous ses disques (« Crystal ball », « The truth » ou encore « Newpower soul »), Love Symbol ne rencontre pas le succès du passé. Il décide alors de redevenir Prince et s’illustre avec des opus comme « Rainbow children »(2001), qui combine jazz, funk et gospel, « Musicology » (2004) ou encore « 3121 » (2006). 

Bien que Prince obtienne toujours le soutien des critiques, le public ne le suit plus comme à ses débuts. Cependant ce génie musical ne peut stopper sa passion pour la chanson. Prince sort notamment les albums « Lotus flow3r » et « MPLS sound » en 2009. L’artiste américain clôturait encore en apothéose la 43ème édition du festival de jazz de Montreux. En 2009, Prince donne une série de concerts en France.En août, l'artiste joue à Monaco pour trois représentations. Sous le charme du Grand Palais, Prince monte sur scène à l'occasion de deux concerts le même jour, en octobre. Après ce passage parisien durant lequel il explique que pour lui Paris est " érotique ", Prince décide de revenir sur le sol européen en 2010. 

Avant de se produire le 9 juillet au festival « Main square special », le festival d’Arras, et le 25 juillet à Nice, Prince fait découvrir son nouvel opus gratuitement via les kiosques. Le 22 juillet, l’album « 20ten », comptant dix titres, est offert pour une durée limitée avec l'hebdomadaire Courrier International en France. Une distribution dans d'autres pays européens s'effectue également comme en Allemagne avec Rolling Stone Deutschland ou en Belgique avec Het Nieuwblad

Prince décède à l'âge de 57 ans, le 21 avril 2016. Son corps est retrouvé sans vie dans ses studios de Paisley Park au Minnesota. Le 15 avril, le chanteur avait été contraint d'annuler plusieurs concerts et avait été hospitalisé suites à des symptômes grippaux. 



JACQUES BREL

par Jean Jaque


Avril 1929, à Bruxelles : naissance de Jacques Brel. En face bourgeoise et catholique dans une ville terne, marquée par la guerre. Après avoir fait ses humanités à l’Institut Saint-Louis, il étudie le droit commercial. Sa vie est tracée : il prendra la direction de la cartonnerie familiale. Premiers contacts avec les milieux d’affaires. Premières déceptions : « Serait-il impossible de vivre debout ? »



Il se marie et a très vite trois filles : Chantal, France, Isabelle. L’embourgeoisement rôde, BREL ne manque de rien et pourtant… il joue de la guitare, écrit des poèmes et griffonne des chansons. Dans sa ville natale et les environs, il fait ses débuts de chanteur dans les patronages et les fêtes de charité. En 1953, il enregistre un 78 tours : « Il y a » et « La foire ».


« J’écris et je chante parce que j’en ai envie. Ce n’est pas gai, les gens qui ne réalisent pas leurs rêves ! »


Puis, en septembre de la même année, c’est la rupture. À 24 ans, BREL rompt ses attaches et s’engouffre dans un train pour Paris. Il débarque Gare du Nord et se réfugie dans un hôtel du neuvième arrondissement. Solitude et saucisson-camembert : BREL crève la faim et court le cachet. Personne ne veut de lui. L’ »Abbé Brel » comme on le surnomme à l’époque, n’a pas la « gueule » de l’emploi. Que faire ? Repartir ? Non, l’homme a trop la rage au cœur pour rester sur un échec.



Il ne lui reste plus que la chance. Elle se nomme Jacques Canetti, patron des « TROIS BAUDETS » et dénicheur de talents comme BRASSENS, GAINSBOURG, DEVOS, BÉART. Il lui fait enregistrer un 45 tours avec quatre chansons : « Grand Jacques », « Il nous faut regarder », « Il peut pleuvoir », « Sur la place ». Le disque se vend mal, mais le ton est donné : la personnalité et le talent crèvent les sillons. BREL tient le coup et s’accroche. Pour lui, c’est le début de son « Far-West » comme il aime le dire.


« Je me f… complètement de l’argent. Si vous apprenez un jour que je suis devenu pauvre, ne me plaignez pas ! J’ai peur de l’argent, peur qu’il me bouffe… »


Il continue les cabarets : l’Écluse, l’Échelle de Jacob, écrit d’autres chansons (Le Diable). Trois ans plus tard, en 1957, la chance lui sourit à nouveau. À Bobino, on lui demande de remplacer Francis Lemarque ; à l’Olympia, Marlène Dietrich. Il accepte et s’impose à force de volonté et de hargne. Le voici en 1959 en « vedette » à Bobino, avec « La valse à mille temps, Ne me quitte pas, Les Flamandes ».



Deux ans plus tard, c’est le triomphe à l’Olympia avec « Les Bourgeois », les « Paumés du petit matin », « Rosa ». Il enregistre ses premiers 33 tours chez Philips. Dans ses chansons, BREL n’épargne personne, sort ses griffes. Le public afflue, se jette sur lui, vient se reconnaître dans cet artiste qui, chaque soir, sur scène, vide son cœur et ses tripes.


« Je ne travaille pas pour les applaudissements. Ils me font plaisir, mais je suis heureux comme un bottier à qui l’ont dit « Vous m’avez fait des chaussures formidables. » Pour moi, le métier de chanteur est un métier d’artisan ! »


Lyrique, écorché vif, « anarchiste », anticlérical, obsédé par l’idée de Dieu, sentimentalisme, les critiques et les étiquettes commencent leur valse infernale. Qu’importe, BREL n’a pas à s’expliquer et s’il le fait, c’est pour mieux éclairer ceux qui croient le comprendre : « Je ne suis pas un révolté comme certains le pensent. Je n’aime d’ailleurs pas les étiquettes. La révolte ? Pour quoi faire ? Je me contente de faire passer mes inquiétudes dans mes chansons (…° « Je ne me prends ni pour un poète, ni pour un musicien. Je fais des chansons, rien que des chansons. Huit par an, pas plus : après je radote. Je n’ai pas tellement de choses à dire ».



Partout où il passe, les salles sont combles. Devenu le Chantre d’une génération d’auteurs-compositeurs-interprètes, BREL entre à corps perdu dans la marche infernale du succès. Il a signé un contrat avec Eddie Barclay et a enregistré déjà plusieurs 33 tours. Les tournées à l’étranger (U.R.S.S. - U.S.A.), les galas dans les petites villes de province réputées « impossibles » qui, après Paris, sont pour lui autant de nouvelles Bastilles à conquérir, se succèdent. Sans un jour de relâche. Un Olympia par an, de nombreux enregistrements en studio, la T.V., la radio. BREL court, court et s’essouffle.


« La chanson, c’est un acte d’amour, c’est un acte de tendresse » (…) Actuellement, il y a plus de gens qui pètent que des gens qui chantent. Moi, je ne veux pas montrer mes fesses. Il faut garder une certaine dignité ».


Nouvelle rupture dans sa vie et dans sa carrière. En 1967, il fait ses adieux à la scène, à Paris, en province, puis en Belgique. Il abandonne le tour de chant « J’en ai marre de me défoncer. Vous verrez qu’un jour on me détestera de m’avoir trop aimé ». Pendant un an BREL réfléchit, prend le temps de vivre, tourne avec André CAYATTE « Les piques du métier ». À ceux qui l’interrogent, il déclare : « J’arrête le tour de chant parce que j’ai besoin de solitude et de liberté. J’ai envie de faire tout ce qui m ‘était interdit jusqu’à maintenant. Je veux partir en bateau et lire, lire. Et puis je veux vivre (…) Comment vit-on sinon en étant d’accord avec soi-même ? »



BREL joue dans « La bande à Bonnot » et pense déjà à une nouvelle aventure : la comédie musicale. Ce sera en décembre 1968 « L’Homme de la Mancha » qu’il présente, après les États-Unis et la Belgique, au théâtre des Champs-Élysées, à Paris.

De l’avis unanime BREL (pour le rôle de Don Quichotte il s’est vieillie vingt ans) est un magnifique « Chevalier à la triste figure ». On découvre un comédien bouleversant qui, avec sa voix déchirante, son regard lointain et ses pattes d’échassier, adhère complètement à la fougue et à la folie de son personnage. Il danse, croise le fer et chante :

Rêver un impossible rêve,

Porter le chagrin des départs,

Brûler d’une possible fièvre,

Partir où personne ne part.

Aimer jusqu’à la déchirure,

Aimer même trop, même mal.

Tenter sans force et sans armure,

D’atteindre l’inaccessible étoile.


« J’attaque ce qui me dérange la vue, ce qui gêne le bonheur. Je suis obsédé par les choses laides ou vilaines dont personne ne veut parler, comme si on avait peur de toucher à une plaie qu’il faut soigner… »


L’Homme de la Mancha » se joue à guichets fermés. C’est un triomphe ! Mais BREL se dépense tellement qu’il perd dix kilos et jette l’éponge au bout de cent représentations… On parle d’ennuis de santé : « Foutaise, rétorque-t-il. Si je maigris c’est que je n’ai pas peur de mouiller ma chemise. Je ne me suis jamais aussi bien porté ».


S’il a abandonné les planches, cela ne l’empêche pas de participer à plusieurs émissions de Télévision. En 1967, BREL s’est tourné vers le cinéma et devient acteurs dans « Les risques du métier » que met en scène André CAYATTE. Aux côtés d’Emmanuelle RIVA, il incarne le rôle d’un instituteur injustement accusé de viol par une de ses jeunes élèves. L’accueil réservé au film est excellent. BREL n’a pas raté son bout d’essai.



L’année suivante, il tourne sous la direction de Philippe FOURASTIE « La bande à Bonnot ». Un rôle sur mesure pour BREL, alias Raymond-La-Science : petite moustache, écharpe beige, chapeau melon et binocles.

En 1969, BREL qui depuis « L’Homme de la Mancha » sait monter à cheval et manier l’épée, joue aux côtés de Pierre CLEMENTI, Claude JADE et Bernard BLIER, dans « Mon oncle Benjamin », chronique libertine du XVIIIe siècle réalisé par Edouard MOLINARO.


« Je suis violent… mais j’ai été timide. Et je ne trouve pas cela si mal : souvent, on ne devrait pas dire un timide, mais un pudique… »


En 1970, il ne quitte pas la selle et devient écuyer au château de Madame Germaine de Boisménil (Françoise PRÉVOST) pour les besoins du film de Jean Valère : « Mont-dragon », adapté du roman de Robert MARGERIT.

En 1971, il rencontre Marcel CARNÉ. Ensemble, ils tournent « Les Assassins de l’ordre », d’après le romande jean LABORDE. BREL y campe le rôle d’un magistrat qui enquête sur une mystérieuse affaire criminelle.


Le cinéma l’amuse beaucoup. « Je ne joue pas, je suis dans le coup. Je ne fais ça ni pour l’argent, ni pour le confort, mais pour la plume au chapeau. Le cinéma, c’est pas sérieux. Ça m’intéresse de participer à des histoires de gamins. Regardez Cayatte, il a 19 ans. Il a un côté réjouissant, attendrissant ; gosse. Vieillir comme cela, sans devenir adulte, c’est une chose que je me souhaite ».



Rester acteur ne lui suffit plus. En 1971, BREL décide de passer derrière la caméra et réalise son premier film « FRANZ ». Principale partenaire : BARBARA. Décor : la Belgique. Une merveilleuse histoire d’amour, lyrique, généreuse, où BREL met toute son âme d’enfant perdu, déçu par l’amour.

Plus qu’un film, c’est une bouteille à la mer que le public, dans son ensemble, boude un peu. BREL en souffre, prend ses distances, puis, comme toujours, s’accroche.


« Je plante d’abord le décor de mes chansons. Pour que les personnages évoluent à l’aise ! Je préfère les paysages que ma mémoire de môme a retenus. Des paysages que je reconnaîtrais si je les revoyais… Mais peut-être que les souvenirs déforment l’optique : mes décors sont moitié vus, moitiés imaginés. »


Il accepte d’être la vedette du « Bar de la Fourche » que met en scène son ancien chef-opérateur André LEVANT.

En 1972, il tourne aux Caraïbes, en Afrique, aux États-Unis et en Italie, avec une bande de copains (Lino VENTURA, Jean-Louis TRINTIGNANT, Charles DENNER, Aldo MACCIONE, Charles GÉRARD), « L’aventure c’est l’aventure », sous la direction  de Claude LELOUCH. L’intrigue ? L’histoire mouvementée de trois mousquetaires du 20e siècle spécialisés dans l’escroquerie.


La même année, BREL retrouve VENTURA dans « L’Emmerdeur » que réalise Édourad MOLINARO.

Puis, il retourne une dernière fois derrière la caméra : c’est « Far-West ». Même décor : la Belgique. Un vrai western, complètement loufoque où BREL, Gabriel JABOUR et une bande de comédiens farfelus « jouent au cow-boy » dans le sinistre décor d’un paysage minier. Dans ce film, il chante « J’arrive, j’arrive », une chanson où il tient un dialogue terrible avec la mort.

Ce rêve d’enfant présenté au Festival de Cannes n’est pas pris au sérieux et se solde par un fiasco financier. Il dira : « On m’a volé mon Far-West ». BREL est déçu, sans doute plus qu’il ne veut bien l’avouer. Mais il pense déjà et encore à autre chose : l’invitation au voyage. Partir dans les airs ou sur la mer. Il quitte tout et s’en va…


« Mes chansons sont inspirées par ce qui m’arrive… ou par ce qui m’est arrivé il y a longtemps. J’ai des sensations qui reviennent avec dix ans de retard ! »


En février 1974, il interrompt ses vacances pour incarner son propre personnage et chanter « Ne me quitte pas » dans le film inspiré de la comédie musicale de Mort SHUMAN : « BREL is Alive and Well Living in Paris » que le réalisateur canadien Denis HEROUX tourne aux studios de la Victorine à Nice.


« Je suis un chansonnier ! La chanson me permet d’exprimer mes indignations. Mais je ne m’en prends pas à des personnes précises : il ne s’agit jamais d’une femme, mais d’un type de femme ; d’un homme, mais de dix hommes à la fois. »


1976, il arrête sa fuite éperdue et s’installe aux Îles Marquises, à Hua-Oa, au bord du petit port d’Autant. Il habite modestement avec une compagne dans une case dépourvue d’électricité. Son seul luxe ? une camionnette Peugeot pour se déplacer et un vieux « coucou » de la guerre de Corée pour faire la navette à Tahiti. Des amis viennent le voir, notamment ANTOINE.

Barbu, bronzé, BREL vit au jour le jour, se lève et se couche avec le soleil, comme un vrai Marquisien.


« Quand je ne chante pas, je fais de l’avion, ou j’en rêve. Ce qui est beau, c’est de faire du rase-mottes dans les nuages. On trouve des routes, on suit des avenues, on se perd… »


Subitement, en septembre dernier, il répond aux prières de son ami Eddie BARCLAY, débarque à Roissy et vient enregistrer 17 chansons dans le plus grand secret, au studio de l’avenue Hoche à Paris. Deux amis de toujours, l’arrangeur et chef d’orchestre François RAUBER, et le pianiste Gérard JOUANNST sont au rendez-vous.

Derrière eux, 40 musiciens. BREL se surpasse : une seule prise suffit pour enregistrer son nouvel album qui, le jour de sa diffusion le 18 novembre au matin, pulvérise déjà les records de vente : 1.200.000 exemplaires en quelques jours. 12 titres, 12 chansons, belles et émouvantes : « Jaurès », « Vieillir », « Voir un ami pleurer », « Jojo », etc.

Son album à peine enregistré, après avoir salué quelques amis, Juliette GRÉCO, BARABARA, BRASSENS, il repart vers son île, satisfait de quitter la ville et de retourner là où il a enfin trouvé cette paix intérieur qu’il cherchait depuis toujours.


La dernière limite nous rattrape toujours. Le 9 octobre 1978, après trois ans d’une maladie dont il ne voulait pas qu’on parle Jacques BREL nous a quitté. Définitivement. Il nous reste ses chansons…



ELVIS PRESLEY

Elvis Aaron Presley nait le 08 janvier 1935 à Tupelo, Etats Unis. Elvis fréquentait une église fondamentaliste de type Pentecôtiste et Frank Smith, le pasteur de l'église, en 1944 lui montra les rudiments d'accord de guitare. C'est dans cette église, qu'Elvis chante dès son plus jeune âge, des cantiques comme du Rythm and Blues. La première guitare d'Elvis est achetée par sa mère pour célébrer ses 11 ans.  

Les parents d'Elvis sont de grand fans de musique Country, et ne manque jamais l'émission di!usé le samedi soir. C'est là que Elvis écoute Jimmy Rodgers, Roy Acuff, Ernest Tubbs, Billy Eckstine, Billie Monroe, Hank Snow... 

En 1948, les Presley partent pour Memphis, Elvis a alors 14 ans et le soir en rentrant de l'école il traîne du coté du Cotton Club d'où montent les voix de B.B King et de Rufus Thomas. A Memphis, la radio s'appelle WMPS, et di!use de la country et du gospel alors qu'au même moment Alan Freed, animateur vedette d'une radio de Cleveland lance un mot nouveau à l'antenne : "It'll be hip n'hep, n'jive n'flip!!! I'll call it Rock n'Roll". Le Rock n' Roll est lancé et à ce moment là, Bill Haley en est la figure emblématique. 

La famille Presley est pauvre et pour faire face, Elvis fait de nombreux petits boulots comme tondre les pelouses, vendre des confiseries dans les cinémas, ouvreur au Loew's State Theater, et en 1953, travailler chez Crown Electric, pour 35 $ la semaine, où il termina deuxième à un concours de changement de pneu ! L'emploi qu'Elvis occupe chez Crown Electric avait appartenu, au préalable, à Johnny Burnette, qui est aussi devenu populaire dans la chanson. Dans la même rue que Crown Electric, au 706 Union Street, se tiennent les studios de Sun Records où pour 4$ il est possible d'enregistrer deux chansons. 

My Happiness et That's When Your Heartaches Begin sont les deux chansons qu'il enregistre alors pour sa mère. Sam Phillips, le propriétaire des lieux lui propose de faire un essai pour son studio, et c'est avec Scotty Moore à la guitare et Bill Black à la contrebasse que Elvis enregistre un peu par hasard That's All Right (Mama), un titre chanté par Arthur Crudup en 1943. 

En Juillet 1954 le premier disque 45 tours d'Elvis est commercialisé sous le label Sun : That's All Right (Mama)/Blue Moon Of Kentucky. 7000 copies de ce disque ont été produites, pas de quoi pavoiser mais assez pour que l'on retienne le nom d'Elvis. Une nouvelle vague déferle derrière le futur King, chez Sun Records c'est Johnny Cash et Jerry Lee Lewis, et ailleurs Eddie Cochran, Chuck Berry, Buddy Holly, Gene Vincent... 

En 1956, la maison de disque R.C.A. rachète pour 40 000$ le contrat d'exclusivité qui lie Elvis à Sun, avec l'argent qui découle de cette vente, Elvis achète une Cadillac rose à sa mère. 1956, c'est le premier album, le premier disque d'or, les premiers succès internationaux, et le premier album de l'histoire à être vendu à 1 million d'exemplaires. C'est aussi l'année de son premier film, « Love Me Tender », projeté en avant-première le 15 novembre 1956 au Paramount à New York. C'est le 10 janvier 1956 qu'eut lieu la première session d'enregistrement d'Elvis pour RCA, au studio RCA de Nashville qui était alors sous la direction de Chet Atkins. Cette journée là, on enregistra Heartbreak Hotel

Les passages d'Elvis Presley à la télévision révolutionnent l'Amérique, lors du Ed Sullivan Show du 9 septembre 1956 à CBS, Elvis a 82% de l'auditoire national, soit 54 millions de téléspectateurs. C'est sa première de trois apparitions à cette émission. En 1958, après le tournage de « King Creole », Elvis est incorporé dans l'armé, et part faire ses classes à Fort Hood au Texas. 

Cette incorporation ne l'empêche pas d'être de nombreuses fois numéro un aux hits-parade du monde entier, ce qui sera le cas encore en 1960, après son retour à la vie civile avec It's Now Or Never, l'adaptation de O Sole Mio, le 45t se vend à 20 millions d'exemplaires dans le monde. Cette même année, il participe au show télé Franck Sinatra, pour trois chansons, et gagne la somme record de 125 000 dollars. 

Les succès s'enchaînent à une vitesse vertigineuse, Blue Hawaii reste 76 semaines classé au Hit-parade, et G.I Blues détient le record avec 111 semaines ! Il tourne film sur film et devient l'acteur le mieux payé de Hollywood. En 1965, à leur demande, il reçoit les Beatles chez lui à Los Angeles. 

Il épouse Priscilla en 1967, et reçoit son premier Grammy Award pour le 33 tours de gospels How Great Thou Art. Sa fille Lisa Mary naît l'année suivante, le 1er février. Un peu avant le tournage du premier documentaire sur Elvis en répétition et sur scène « That's The Way It Is », Elvis retrouve la scène à l'International Hotel de Las Vegas le 31 juillet 1969. A ce moment là, c'est Suspicious Minds qui est numéro 1. Le 14 janvier 1973, avec « Aloha From Hawaii », un show au profit de la lutte contre le cancer retransmis en mondovision c'est face à un milliard de téléspectateurs que Elvis chante. 

En 1975 les premiers signes de fatigue et de maladie se font sentir, alourdi par son mode de vie, harassé par le rythme des tournées, dopé par les pilules magiques de ses médecins, en août, Elvis doit annuler son show à Las Vegas. C'est le 26 juin 1977 que le King donne son dernier concert, à Indianapolis. Le 16 août, Elvis Presley meure chez lui à Graceland, à Memphis. 

Elvis Presley c'est 131 disques (albums et singles) certifiés Or, Platine, ou Multiplatine, plus de 1300 concerts, 14 nominations aux Grammy Awards dont trois récompensées, plus de 900 chansons à son actif, une trentaine de films... (Alerte Rouge)






THE BEATLES


The BEATLES est un groupe originaire de Liverpool, composé de John LENNON, Paul McCARTNEY, George HARRISON et Ringo STARR qui verra le jour en 1957, avant sa séparation en 1970. 

John LENNON fonde en 1957 son groupe baptisé au départ The QUARRYMEN, et recrute alors Paul McCARTNEY en juillet 1957, puis arrive George HARRISON en février 1958. Tous guitaristes à la base, chaque membre décide alors de s’orienter vers d’autres instruments, on retrouve alors John LENNON à la guitare rythmique, George HARRISON à la guitare solo, et Paul McCARTNEY à la basse. Le dernier membre du groupe, qui n’est autre que Richard STARKEY plus connu sous le pseudo Ringo STARR, arrivera derrière la batterie en 1962. 

Après avoir joué pendant plusieurs années dans des clubs que ce soit à trois ou quatre, avec ou sans batteur, Allan WILLIAMS, l’un des dirigeant de boites de Liverpool leur déniche un contrat à Hambourg et ils partent alors avec Pete BEST comme batteur du groupe, nous sommes en Août 1960. 

Si à Hambourg ou à Liverpool, The BEATLES commence à se faire connaitre, les jeunes gens n’arrivent pas à gagner en notoriété. Les allers- retours s’enchainent entre l’Angleterre et l’Allemagne, et le groupe se produit notamment avec le groupe RORY STORM AND THE HURRICANES, dont le batteur se nomme Ringo STARR, et c’est en Novembre 1960 que Ringo commence à jouer un peu avec les gars de Liverpool quelques années avant de les rejoindre définitivement. 

Hambourg sera la ville où tout commencera vraiment pour The BEATLES qui signe son premier contrat d'enregistrement, chez Polydor, en tant qu'accompagnateurs du chanteur et guitariste Tony SHERIDAN pour le 45 tours « My Bonnie » qui sort en Octobre 1961. 

Le mois suivant fera tout basculer. De retour en Angleterre, The BEATLES joue au Cavern Club de Liverpool, et c’est là que Brian EPSTEIN les repère et les manage. Plus de vestes en cuir, plus de banane, place à une nouvelle tenue vestimentaire, et surtout l’instauration de la coupe au bol afin de leur donner une identité, et un profil plus professionnel. 

Brian EPSTEIN fait alors son maximum auprès des maisons de disques et essuie quelques refus, mais George MARTIS, producteur chez Parlophone, décide de convoquer The BEATLES dans les studios EMI d'Abbey Road le 6 juin 1962 pour une audition qui sera concluante mais qui verra l’éviction de Pete BEST sur les recommandations du producteur. Il est alors remplacé par Ringo STARR pour les enregistrements. 

De ces enregistrements, The BEATLES sortira leur premier single « Love Me Do », extrait de l’album « Please Please Me », où Andy WHITE, musicien de studio est à la place de Ringo, puisque George MARTIN ne souhaitait pas prendre de risque avec le nouveau, et lui confiera tout de même le tambourin. Dès lors The BEATLES ne va cesser de sortir des titres que ce soit des singles ou des 45 Tours. Le 5 octobre 1962, The BEATLES sort le titre « Love Me Do », qui se classe 17e des ventes, une belle réussite pour un début, et rapidement le titre « Please Please Me » atteint lui la première place ce qui leur permet d’enregistrer un album complet. Le succès est au rendez vous, The BEATLES enchaîne les tournées à travers le Royaume Uni, et les titres comme « From Me to You » ou bien encore « She Loves You » sont numéro un en 1963. 

Leur passage, le 13 octobre 1963, dans le très populaire show télévisé londonien Sunday Night at the Palladium marque le début du phénomène The BEATLES que la presse britannique baptise la « beatlemania » au point de classer douze titres successifs numéro 1 dans les charts entre 1963 et 1966. 

Durant cette période, John LENNON et Paul McCARTNEY ne vont cesser d’écrire. Le 22 Novembre 1963, l’album « Please Please Me » du groupe The BEATLES quitte la première place des ventes, pour être remplacé par le second album du groupe « With The BEATLES », et les deux albums débarqueront aux Etats Unis, même si là-bas le phénomène ne semble pas émouvoir plus que cela, mais les Fab Four, comme ont les appelle, marqueront l’industrie du disque américain en classant durant quelques semaines le titre « I Want to Hold Your Hand » au sommet des charts qui sera détrôné par « She Loves You » puis par « Can't Buy Me Love », la « beatlemania » envahit donc le monde entier. 

La France n’est pas en reste, et l’Olympia s’en souvient encore, puisque The BEATLES s’y produira 41 fois d’affilée, en trois semaines. Après un premier show à Versailles le 15 Janvier, dès le lendemain, l’affiche à l’Olympia est énorme, puisque se produisent alors sur scène Daniel JANIN et son orchestre, les HOGANAS, Pierre VASSILIU, Larry GRISWOLD, Roger COMTE, Gilles MILLER, Arnold ARCHER, Trini LOPEZ, Sylvie VARTAN et donc The BEATLES. 

Après la France ce sont les Etats-Unis qui vont craquer pour The BEATLES, et cela grâce à leur première prestation télévisée, lors du Ed Sullivan Show di!usé sur CBS le 9 février devant plus de 70 millions de personnes. Après quelques shows, rapides, et plusieurs télés, le groupe travers les Etats-Unis pour une tournée complète. Durant cette tournée, le groupe fait la connaissance de Bob DYLAN. 

Le 15 août 1965, The BEATLES est le premier groupe de rock à se produire dans un stade, le Shea Stadium de New York, devant 56 000 fans déchaînés et dans des conditions singulières. Le groupe The BEATLES est abonné aux premières places des charts américains jusqu'à la fin de leur carrière. Ils détiennent d'ailleurs toujours,  aujourd'hui, un record absolu avec 209 millions d'albums vendus sur ce seul territoire. A la sortie du Help ! le succès est toujours au rendez vous grâce à la Bande Originale. 

A l’automne 1965, The BEATLES enregistre dans l’urgence l’album « Rubber Soul », où l’influence de Bob DYLAN plane vraiment. Cet album marque un changement dans le procédé d’écriture, mais permet au duo John LENNON - Paul McCARTNEY de faire des merveilles. Cet album est une réussite, et il en sera de même à l’été suivant avec la sortie de « Revolver » qui contient le célèbre titre « Yellow Submarine ». 

1966 marquera aussi la pire année de tournée des membres de The BEATLES, puisque leurs prestations sont loin de celles qu’ils font en studio. Le groupe se fait lyncher après un quiproquo au Japon avant de connaitre le même sort aux États-Unis, suite à une sortie fait par Paul McCARTNEY, annonçant que son groupe était plus populaire que Jésus. Face à autant de haine, le groupe décide d’arrêter là. 

Finalement, The BEATLES trouve tout de même la force de continuer en studio avec la sortie en Juin 1967 de l’album « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band » qui est considéré comme le plus grand album du groupe, et la meilleur œuvre rock de tous les temps. 

Le 25 juin 1967, The BEATLES se produit devant plus de 400 millions de téléspectateurs à travers le monde, à l'occasion de la toute première émission diffusée par satellite, Our World où ils interprètent une chanson spécialement composée par John LENNON pour l'occasion : « All You Need Is Love ». Un véritable succès qui se ressentira dès le 7 Juillet, date de parution du 45 tours, qui sera directement au top des charts et cela durant trois semaines. 

Le 24 Juillet The BEATLES fait scandale, via The Times en finançant et en signant une pétition baptisé « La loi interdisant la Marijuana est immorale en principe et inapplicable en pratique », un appel contre la prohibition en vigueur depuis l'instauration du Dangerous Drug Act en 1965. 

Le 27 Août, The BEATLES apprend la mort de leur manager Brian EPSTEIN suite à une overdose. L’année se conclut par le premier échec du groupe avec leur film Magical Mystery Tour. 

En 1968, The BEATLES ou plutôt Paul McCARTNEY prend les choses en main avec Apple Corps, leur compagnie qui va gérer tout autour du groupe, et même la production d’album. Après un long séjour en Inde pour méditer, le groupe The BEATLES revient pour une nouvelle aventure musicale. Pour John LENNON, c’est aussi l’heure du changement, et décide de quitter sa famille pour l’artiste Yoko ONO. Puis vient l’heure d’entrer en studio pour enregistrer « The BEATLES » plus communément baptisé Album Blanc qui sort en Novembre 1968. Ce même mois John et Yoko sortent l’album « Two Virgins » enregistré en mai durant leur première « grande nuit » et où sur la pochette ils apparaissent nus. 

Pour relancer le groupe The BEATLES en « Live », Paul McCARTNEY lance le projet Get Back, filmer la création d’un album, les répétitions, et un vrai live en public, pour que les gens comprennent mieux qui ils sont. Malheureusement, trop de tensions entre tous les membres. Après plusieurs jours de réflexions retour aux studios Apple, avec au clavier Billy PRESTON, pour donner leur ultime prestation publique sur le toit de l'immeuble, le 30 janvier 1969. Mais elle est interrompue au bout de 42 minutes par la police, à la suite de plaintes pour cause de vacarme. 

Des aléas qui déboucheront par la sortie l’année suivant du film « Let It Be ». Si finalement le projet tombe à l’eau le 11 Avril sort l’unique single de ce projet « Get Back/Don't Let Me Down ». Pour ne pas finir sur un échec, Paul McCARTNEY réussit à convaincre les autres membres de The BEATLES et même George MARTIN de faire un album comme avant, et donc de retourner à Abbey Road afin de retravailler des chansons écrites en Inde, ou durant le projet Get Back et après deux mois de travail, l’album « Abbey Road » et sa célèbre pochette, sortent en septembre 1969. 

Quelques jours avant la sortie de l’album John LENNON annonce à ses comparses son envie de quitter The BEATLES ̧ alors qu’une nouvelle tournée se prépare. 

Finalement l’ultime enregistrement de The BEATLES se fera en Janvier 1970 avec le titre « I Me Mine ». 

Avec les nombreux titres enregistrés en 1969, en Mai 1970 sort l’ultime album de The BEATLES « Let It Be » qui viendra refermer 10 ans de succès. (Melody TV)

SOURCES

https://www.bfmtv.com/people/musique/cinquante-ans-apres-leur-se...es-beatles-sont-plus-populaires-que-jamais_AN-202004100203.html

https://www.nostalgie.fr/artistes/the-beatles

https://www.lefigaro.fr/musique/le-10-avril-1970-paul-mccartney-annoncait-la-mort-des-beatles-20200410

https://www.lexpress.fr/culture/musique/the-beatles-le-groupe-mythique_1771688.html

https://yellow-sub.net/the-beatles/91560-the-beatles-6

https://www.universalmusic.fr/artistes/20000052644

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Beatles

https://www.francetvinfo.fr/culture/musique/the-beatles/

https://www.franceinter.fr/musique/comment-le-monde-entier-et-trois-des-beatles-ont-appris-la-separation-des-beatles-il-y-a-50-ans


THE ROLLING STONES


The Rolling Stones est un groupe de rock né en 1962 à Londres. The Rolling Stones est originalement composé de 4 membres : Mick Jagger (chanteur) et Keith Richards (guitariste), Brian Jones (guitariste) et Ian Stewart (pianiste). Mais ils sont rapidement rejoins par le bassiste et batteur, respectivement Bill Wyman et Charlie Watts. D’après Keith Richards, c’est Brian Jones qui a trouvé le nom du groupe alors qu’il était au téléphone avec un journaliste. Alors que la formation n’avait pas encore de nom, le guitariste, pris de court, a improvisé en s’inspirant du titre d’une chanson d’un album de Muddy Waters qui traînait sur le sol... Rollin’ Stone Blues a donné naissance aux Rollin’ Stones qui sont devenus rapidement The Rolling Stones. 


The Rolling Stones jouent sur scène pour la première fois officiellement en 1962 et vont rapidement devenir des références du rock’n’roll, malgré leur inspiration pourtant très blues, et donc concurrencer les Beatles dont le parcours est quelque peu similaire. En opposition à ces derniers, ils adoptent une attitude décalée de bad boy et font un réel show sur scène qui les fait gagner en notoriété.



Ils débutent dans des clubs londoniens avant d’enregistrer leur premier 45 tours, le titre Come on repris du chanteur Chuck Berry. A partir de là, la groupe décolle jusqu’à devenir incontournable. Après avoir connu la gloire au Royaume-Uni, the Rolling Stones partent à la conquête de l’Amérique. Leur premier tube arrive dès 1965, c’est le célèbre Satisfaction qui les fait connaitre dans le monde entier, et leur deuxième est Paint it Black, contenu dans l’album Aftermath qui sort l’année suivante, écrit par les désormais inséparables Jagger et Richards. S’enchainent alors tubes et albums, dont la chanson Jumping jack Flash qui est numéro un dans de nombreux pays. Selon la légende, Bill Wyman aurait inventé le terme de groupie pendant la tournée des Rolling Stones en Australie en 1965.

La rivalité entre les Rolling Stones et les Beatles a été montée de toutes pièces par des as du marketing. La preuve : Mick Jagger assure les chœurs et Brian Jones joue du hautbois sur la chanson des Beatles Baby, You’re a Rich Man. John Lennon et Paul McCartney assurent les choeurs sur la chanson des Rolling Stones We Love You. Ces collaborations ont toutes les deux eu lieu en 1967. 

Malheureusement, tout n’est pas rose. En 1969 le fondateur initial, Brian Jones est retrouvé mort dans sa piscine, un mois seulement après avoir été exclu du groupe pour ses problèmes de drogues (officiellement pour effectuer une carrière en solo). Il est alors remplacé par Mick Taylor jusqu’en 1974, le temps de cinq albums. The Rolling Stones créé ensuite son propre label, devenu une réelle marque planétaire (la bouche tirant la langue). La fameuse langue qui sert de logo aux Rolling Stones s’inspire de la déesse indienne de la préservation, de la transformation et de la destruction Kali mais également des lèvres et de la langue de Mick Jagger... 

A partir des années 1970, les Rolling Stones vont mal et déçoivent pour plusieurs raisons et pensent même à se séparer, heureusement le titre Angie les en empêchera. Mais les Stones quittent leur maison de disques Decca, Keith Richards devient accro aux drogues et son copain Mick Jagger au luxe, fréquentant notamment la jolie chanteuse Marianne Faithfull. 

Certaines paroles du dixième album des Rolling Stones Exile on Main Street (1972) ont été construites selon la technique de William S. Burroughs, dite du cut-up, qui consiste à prendre un texte, le découper et réarranger les mots pour créer un nouveau sens.

En 1978, l’album Some girls signe le retour du succès, puis le titre Start me up leur fait enchainer les concerts dans le monde entier, toujours plus impressionnants. Cette période ne dure malheureusement pas dans la mesure où les membres de The Rolling Stones sortent chacun leur tour un album solo et Charlie Watts enregistre avec un nouveau groupe de jazz. Toutefois, The Rolling Stones décident en 1989 de faire un nouvel album : Steel Wheels qui est numéro un dans de nombreux pays du monde, ce qui les incite à en faire encore un autre : Voodoo Lounge en 1994 qui se vend à six millions d’exemplaires. Après une séparation qui aura duré dix ans, les papys du rock reviennent ensemble sur le devant de la scène en 2015 pour une tournée, avant l'enregistrement d'un nouvel album, prévu pour 2016. Entre tournées mondiales, gigantesques concerts à succès et un chiffre d’affaires impressionnant, The Rolling Stones ne sont pas prêts de s’arrêter. (Le Parisien)

Ils se sont formés en 1962 et ont sorti leur premier disque l’année suivante. Charlie Watts, c’est l’aîné, né en 1941. Ses deux complices, Mick Jagger et Keith Richards, plus jeunes de deux ans et enfin le bambin, Ron Wood né en 1947. On les a enterrés musicalement de nombreuses fois. Ils se sont séparés, fâchés, retrouvés ; des départs, des décès, des arrivées. En 2005-2006, ils entreprennent une grande tournée mondiale à l’occasion de la sortie de « A bigger bang ». Ils remplissent le Stade de France et le palais Nikaïa de Nice. Sur toute la planète on se presse, pensant que c’est la dernière fois qu’on les voit tous les quatre vivants et bondissants. Mais les diables ont toujours du ressort. En 2011, ils sortent l’album « Some girls » avec douze nouvelles chansons et cinq ans plus tard « Blue & Lonesome ». Et en plus, ils sont toujours sur scène : tournées mondiales en 2012 et 2015, européennes en 2017-2018. Et pourquoi pas une prochaine en 2021 à la fin du confinement pour la sortie d’un nouvel album dont « La ville fantôme » ne serait que l’apéro ? Les Stones. Indestructibles. CHRISTOPHE CHICLET

SOURCES

https://rollingstones.com

https://www.instagram.com/therollingstones/?hl=fr

https://www.force-ouvriere.fr/musique-le-dernier-tube-premonitoire-des-rolling-stones

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/musique/les-rolling-stone...n-inedite-et-premonitoire-sur-le-confinement-23-04-2020-8304819.php

https://www.rocknfolk.com/a-la-une/mick-jagger-en-marchand-dart-avide-de-gloire-au-cinema/41525

https://www.cosmopolitan.fr/rolling-stones,1999081.asp

https://www.babelio.com/auteur/-The-Rolling-Stones/77081

https://www.melody.tv/artiste/the-rolling-stones

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Rolling_Stones

https://www.premiere.fr/Star/The-Rolling-Stones


LOU REED

Génial, paranoïaque, sulfureux, décadent, militant des bonnes causes, junkie, promoteur d'un rock « adulte », Lou Reed est un tissu de contradictions. Ce fils d'avocats passe une adolescence turbulente à Long Island. Lewis Alan Reed, plus connu sous le nom de Lou Reed est né le 2 mars 1942 dans une famille juive et a grandi dans une banlieue conformiste de New-York. Pourtant lui, il ne l’a jamais été, conformiste. Artiste, photographe et même un peu poète... À l’adolescence, il avoue sa bisexualité, une orientation sexuelle qu’on pense à l’époque devoir « soigner » à l’aide d’électrochocs. Un traumatisme qu’il racontera d’ailleurs dans sa chanson Kill Your Sons (1974). 


Après des études à l’université de Syracuse, centrées sur la poésie, la littérature et le journalisme, il travaille comme compositeur maison pour Pickwick Records. Lou Reed, passionné de musique et en particulier de free-jazz et de rythm'n'blues fait la rencontre d’un musicien, John Cale. Lassés des paroles fadasses et des chansons alimentaires, ils vont former un groupe d’abord appelé Primitives, avant de devenir Warlocks, The Falling Spikes et enfin... Velvet Underground.   


Malgré leur complicité avec l'artiste avant-gardiste Andy Warhol, ils ont peu de succès. Bowie a découvert Lou Reed en même temps que les autres (alors pas si nombreux) en 1967, quand il a reçu de son manager le premier album éponyme du «Velvet Underground». «Je n’avais rien entendu de pareil. Cela a été une révélation pour moi». A l’époque, le Britannique n’a qu’un seul nom de scène et un premier album. Il regarde son ainé américain avec beaucoup de déférence et le souhait de le rencontrer, un jour. La légende est déjà en route. Leurs textes, qui flirtent avec les fruits défendus, célébrant la beauté dans l'horreur, leur interdisent tout accès aux médias. Las, Lou Reed quitte le V.U. au milieu de Loaded , le quatrième album.Après deux années dans l'ombre, il signe avec RCA et s'installe à Londres. 



La maison de disques organise un dîner au restaurant branché « Max's Kansas City », en septembre 1971. Le courant passe. Lou Reed ne voit plus que par Bowie, «la seule personne intéressante» sur qui il a une influence considérable. «Le rock’n’roll est devenu fastidieux, sauf ce que fait David», déclare Lou. Son nouvel ami répond au compliment en offrant de produire son prochain album. «J’étais pétrifié quand il a accepté de travailler avec moi, en tant que producteur, parce que j’avais tellement d’idées et je me sentais si intimidé par le travail qu’il avait déjà accompli», expliquait Bowie en 1998. «Même si nous n‘avions pas beaucoup d’années d’écart, Lou avait déjà un incroyable répertoire». La collaboration va mêler le flamboyant Bowie et le plus secret Lou Reed, rapprocher leurs deux publics, leurs deux cultures. RCA comprend que le succès du premier va servir le second. «J’avais tellement envie que ça fonctionne pour lui, de faire un superbe album que lui- même trouverait inoubliable». 


En 1972, coup sur coup, il sort Lou Reed et Transformer , produit par Mick Ronson et David Bowie, qui joue du sax sur « Walk on the Wild Side ». Ses descriptions d'un univers interlope et son statut d'homo camé en font le porte-parole des marginaux et le parrain du punk. Ses concerts, à l'opposé de ceux du Velvet Underground, sont marqués par une option théâtrale et chorégraphique digne de Bowie. «Walk on the Wild Side» est un succès mondial et tire vers le haut les ventes d’un album qui, au fil des années, va s’imposer comme un classique, le plus grand succès critique et commercial de Lou Reed. Un succès tellement fou que Lou sera classé artiste rock préféré des adolescents britanniques, devant Mick Jagger, pour l'année 1972. La suite est plus compliquée. L’élève Bowie a une telle influence sur le maître Reed, de la musique au look, que l'ainé aurait fini par le prendre de travers. Il n’y a pas de raison officielle à leur rupture, mais le sale caractère de l’ancien du Velvet est connu. Reed refuse de laisser Bowie produire son album suivant «Berlin», qui finira par influencer Bowie. Cercle vertueux, cercle vicieux... 



En 1973, il sort le cafardeux Berlin , produit par Bob Ezrin. Directement inspirée par la ville allemande, divisée physiquement et psychologiquement, cette œuvre, qui suinte le fiel, le suicide et les immondices, est considérée comme le « Sgt. Pepper's noir et déprimant des années 1970 » et son meilleur album. Grâce à ce condensé de réalité passée au vitriol, Reed est reconnu comme un compositeur unique, dérangeant et macabre. On l'installe dans la tradition du « nouveau rock », un style inventé par le Velvet. Son timbre glacial mais prenant et ses thèmes fétiches vont influencer des générations entières et l'amener à composer aussi bien pour Kiss que pour Nils Lofgren



De 1974 à 1982, il enchaîne les albums, alternant le meilleur ( Rock'n'Roll Animal , 1974), mais surtout le moins bon. En 1979, Bowie et Reed dînent avec plusieurs copains dans un restaurant de Londres. La soirée est arrosée. Reed évoque son prochain album et propose à celui qui a sauvé sa carrière de le produire. Réponse cinglante de Bowie : «Si t’arrêtes de boire et que tu te reprends». En rage, Lou Reed se jette au dessus de la table, prend Bowie par le col et lui assène des coups au visage. On les sépare. L’ambiance se détend quand les deux hommes se retrouvent seuls, se prennent dans les bras, s’embrassent même... avant que la bagarre ne reprenne de plus belle. L’affrontement continuera à l’hôtel où loge Lou Reed, avec Bowie intimant son meilleur ennemi de «venir se battre comme un homme». Il faudra attendre les années 1990 pour revoir ces deux égos ensemble. 



Reed profite de cette période pour amorcer le changement de son image et se présenter comme un artiste devenu adulte, un intellectuel affranchi désormais des mythes et des images morbides de sa jeunesse.En 1982, de retour chez RCA, il sort The Blue Mask , un hommage à son mentor le poète Delmore Schwarz, mais aussi son meilleur album depuis Berlin. Cynique mais mature, il tire les conclusions de ses expériences extrêmes. La suite, Legendary Hearts (1983), est superbe, suivie du serein New Sensations (1984) et du très électronique Mistrial (1986). Ce nouvel élan créatif est en partie attribué à son mariage (1980) et à son adéquation parfaite avec son nouveau groupe. En parallèle, il s'investit dans plusieurs causes collectives (Farm Aid en 1985, tournée Amnesty International en 1986, lutte anti-apartheid... ) et s'affiche avec le président tchèque Vaclav Havel, défenseur émérite de la démocratie à l'Est et grand amateur de rock. 



En 1989, avec New York , il atteint un nouveau sommet artistique et commercial. Il y décrit une société tiraillée par les tensions urbaines ( « Dirty Boulevard » ) et en pleine décomposition. Cette même année, il participe à un album solo de Maureen Tucker, batteuse du Velvet Underground. Puis, dans le sillage, il s'associe à John Cale pour Songs For Drella (1990), un requiem poignant pour Andy Warhol décédé en 1987 et composé de ballades minimalistes giflées de guitares tendues. Ces collaborations débouchent sur une reformation ponctuelle du Velvet Underground à Paris en juin 1990 puis sur une tournée européenne dans des salles combles en 1993. Toujours à cause des batailles d'ego entre Reed et Cale, ils se séparent juste avant la tournée américaine.



En 1992, Magic & Loss , inspiré par le cancer de deux de ses amis, constitue une sombre méditation sur l'âge et sur la peur de vieillir. Les hommages pleuvent. Ce poète est fait Chevalier des Arts et des Lettres par Jack Lang en 1992. Pourtant, les vieilles obsessions reviennent parfois. Son divorce en 1994, les règlements de comptes avec Moe Tucker et John Cale débutent une série noire qui se termine avec le décès de Sterling Morrison (du Velvet Underground). Lou Reed est l'un des personnages rock les plus intrigants de toutes ces années, caméléon génial ou grincheux patenté selon les jours. 

Cela n'empêche pas Lou Reed de prouver que le rock peut être intéressant au- delà de la quarantaine. L'exceptionnel Set The Twilight Reeling (1996) est suivi d'albums aussi divers que Ecstasy (2000) ou The Raven (2003), inspiré par Edgar Allan Poe. Marié à Laurie Anderson depuis 2008, Lou Reed continue de surprendre. En 2011, il s'associe au groupe Metallica et adapte la pièce de Frank Wedekind qui a servi de trame à l'opéra Lulu d'Alban Berg. Opéré d'une greffe du foie en mai 2013, il succombe le 27 octobre à l'âge de 71 ans. La disparition de cette personnalité éminente qui a changé l'histoire du rock cause un vif émoi à travers le monde et laisse un grand vide dans un univers musical marqué par son empreinte.  


SOURCES













MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS DU ROCK


Un grand groupe se doit-il d’avoir un nom original ? Il faut croire que non puisque certains ne se sont pas gênés pour piquer celui d’un prédécesseur au destin moins reluisant.
Si certains ont la délicatesse de changer de nom pour éviter les doublons et la confusion, d’autres, au contraire, s’approprient celui d’autres…. Par arrogance, manque d’imagination ou tout simplement absence de culture ? En tout cas, c’est toujours assez déroutant, voire contrariant. Peut-on faire confiance à un artiste – et du coup apprécier sa musique – dont le nom, pour commencer, relève déjà du plagiat, du pompage, ou même de l’imposture ?…



Histoire de pochette - Album ‘Bienvenue au Paradis’ de Jean-Patrick CAPDEVIELLE



Découvrez les étapes de la création de la pochette du dernier album de Jean-Patrick CAPDEVIELLE - "Bienvenue au Paradis" - Images et montage : Catherine BEUDAERT

https://vimeo.com/183987553?ref=fb-share&fbclid=IwAR0ZJczu9C0sj3eTHTgJ02FZYxSfCP6xae6O1Zt6uj2BKaQDqZZ0mVSmqh4






Le 9 octobre 2016, quelques fans ont pu admirer les toiles de Jean-Patrick Capdevielle. À cette occasion a eu lieu un happening pyrotechnochristique par l'auteur lui-même.

Retrouvez cette vidéo sur :https://vimeo.com/195336019


DAVID BOWIE
De son vrai nom David Robert Jones, David Bowie est né le 8 janvier 1947 dans le quartier londonien de Brixton. Le chanteur est le fils d’une ouvreuse de cinéma et d’un chargé des relations publiques pour une organisation caritative. Il découvre le jazz, initié à la musique par son frère Terry Jones à qui il voue une admiration sans bornes, et prend des cours de saxophone à l'âge de 13 ans. L’influence de son frère, qui finit par se suicider, se fait sentir dans l’œuvre du chanteur. Elève peu intéressé par l'école, il déserte le lycée technique à 17 ans et se produit avec avec différents groupes, les Manish Boys et les King Bees. À la même période, il publie quelques 45T, qui malheureusement ne trouvent pas d’écho positif.



C’est à cette période qu’il rencontre Lindsay Kemp, célèbre mime. Pendant trois ans, il se forme à l'art du mime auprès de la troupe de Lindsay Kemp, élève de Marcel Marceau. Avec la troupe il se produit dans des spectacles qui mêlent mime, danse et musique. Le chanteur va mesurer l’impact des gestes sur scène, et va également découvrir le théâtre. Il cherche à percer avec différents groupes mais c'est en solo qu'il se fait connaître. Il prend le nom de Bowie pour éviter toute confusion avec un autre chanteur connu de l'époque, Davy Jones, du groupe The Monkees

Il enregistre son premier album éponyme chez Decca en 1967 : son écoute est déroutante et se révèle un bide. Le titre « Space Oddity » qui sort en 1969 le révèle au grand public, mais l'album intitulé « Man of world / Man of music » est plutôt décevant et ne ressortira que bien plus tard sous un nouveau titre. 


En 1971, Bowie pose habillé en femme sur la pochette de l'album « The Man Who Sold The World » et développe un rock incisif qui se retrouve sur le titre « Hunky dory ». Les deux albums intriguent le public. Devenu un phénomène médiatique, il continue les extravagances, et joue de son look androgyne, surfant sur son originalité, il crée son avatar. Avant-gardiste, il investit le glam rock et se crée un personnage sur mesure en 1972 avec Ziggy Stardust. L'album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the spiders from Mars » est un énorme succès qui dépasse les frontières britanniques et l'installe au rang de star international. L'artiste cultive le goût de la provocation (il déclare sa bisexualité en 1972) et l'art des bonnes fréquentations (il s'entoure d'amis talentueux, d'Iggy Pop à Lou Reed). 


En 1973, il se sépare de son personnage androgyne et dissout son groupe. Installé à New York, il puise son inspiration dans les musiques noires nord- américaines. Il publie la même année ce qui est considéré comme l'un de ses meilleurs disques, « Aladdin Sane », et il est aux manettes du légendaire « Transformer » de Lou Reed en 1975. Ravagé par la drogue, il s'exile à Berlin et enregistre trois albums de musique expérimentale électronique. Au cours des années 1970, il se réinvente avec un nouveau personnage, le Thin white duke et enregistre trois albums dans la foulée à Berlin avec le musicien anglais Brian Eno; Low et Heroes en 1977, et Lodger en 1979. Ces disques déconcertent ses fans habituels, mais lui permettent de conquérir de nouveaux admirateurs. Parallèlement, il va également collaborer avec Iggy Pop. Il crée plusieurs titres qui restent gravés dans la légende tels « Changes », « Suffragette City », « The Jean Genie », « Rebel Rebel » et « Heroes ». 


Le succès planétaire revient dans les années 1980 avec l'album « Scary monsters » (1980) et le titre « Ashes to ashes ». En 1983, il collabore avec le groupe Chic et enregistre l'un de ses plus célèbres titres, « Let's dance », qui lui vaut les faveurs d’un large public et donne le ton musical des années 80.  Mais le succès s'essouffle quelque peu avec les albums suivants. Il se consacre parallèlement à sa carrière d'acteur (« L’homme qui venait d’ailleurs », « Les Prédateurs », « Furyo », « Labyrinth », « La dernière tentation du Christ », « Everybody Loves Sunshine », « Zoolander »). A la fin des 80’s, il fonde le groupe Tin Machine, sans apparaître en haut de l'affiche, qui publie deux albums au succès mitigé. 


Revenu en solo dans les années 1990, il continue son exploration musicale entre rock et électro, mais a du mal à convaincre son public avec ses disques. En 1995, il scelle ses retrouvailles avec Brian Eno pour enregistrer Outside et renouer avec le succès. Toujours féru de mode, il apparaît sur la pochette de l'album Earthling (1997) avec un manteau aux couleurs du drapeau de l'Union Jack signé Alexander McQueen. David Bowie revient en grâce en 1999 avec le tube « Hours ». La nouvelle génération du rock vient même lui donner un coup de main, à l'image de Brian Molko ( Placebo ), avec lequel il chante en duo « Without you, I'm nothing ». David Bowie décide alors de renouer avec son ancien producteur, Tony Visconti. 


En 2002, « Heathen » réhabilite définitivement l'artiste. En 2003, il publie l'album Reality et part en tournée, un best-of est édité tandis que la célébration des trente ans de Ziggy Stardust prend la forme d'une réédition en double CD et DVD. Des ennuis de santé assez sérieux et une opération au cœur contraignent David Bowie à annuler sa tournée française, programmée en 2004. Depuis, il a enregistré quelques duos et est monté sur scène avec le groupe Arcade Fire. Il joue dans « Le Prestige de Christopher Nolan » en 2006. En 2008, on le retrouve en tant que collaborateur sur l'album de Scarlett Johansson , mais aussi comme acteur dans le film « August ». 
Alors qu'on le croyait à la retraite, David Bowie surprend le monde entier le 8 janvier 2013, jour de son 66e anniversaire, en annonçant la sortie d'un nouvel album. Mais loin du style flamboyant et des artifices de ses débuts, David Bowie n'accorde aucune interview pour la promotion de cet album. « The next day » sort le 11 mars, précédé de deux singles, « Where Are We Now » et « The stars (are out tonight) ». Il continue sa carrière, en écrivant le générique de la série Panthers, et écrit la comédie musicale Lazarus, jouée à Broadway à la fin de l’année 2015. Le 8 janvier 2016, il célèbre à nouveau son anniversaire avec la sortie dans les bacs d'un nouvel album intitulé Blackstar


Avec "Blackstar", sa mort devient œuvre d'art 
Dans son dernier clip, « Lazarus », Bowie se représente sur son lit de mort en chantant : « Look up Here, I’m in Heaven... » (« Regardez là-haut, je suis au paradis »): le dernier album de David Bowie, Blackstar a été conçu comme un testament. C'est aussi un chef d’œuvre. 

Il s’était une nouvelle fois réinventé. Depuis dix-huit mois, David Bowie savait qu’il était condamné. Les médecins lui avaient diagnostiqué un cancer du foie, à l’issue fatale. Alors pour tenter de conjurer le sort, Bowie s’est lancé dans une course folle au travail. Quand il convoque des musiciens de jazz new-yorkais, en janvier 2015, pour l’enregistrement de son futur disque, seul le producteur Tony Visconti est au courant de son état de santé. Depuis sa disparition médiatique en 2004, David Bowie ne parle plus. Le mystère étant une part essentielle de son succès, il sait que moins il en dira, plus on parlera de lui. 


Alors autant mettre en scène son départ qu’il sait inéluctable. Bowie conçoit donc l’album «Blackstar» comme un testament et imagine le personnage de Lazarus, sa dernière incarnation, dans une vidéo mise en ligne deux jours avant son décès. Lazare est ce personnage des Evangiles qui revient de la mort grâce à l’intervention de Jésus. Ici Bowie apparaît dans un lit mortuaire, les yeux bandés, le visage émacié. Son double sort d’un placard, griffonne quelques mots dans un carnet avant de repartir dans l’au-delà. Une manière presque violente de mettre un terme à une carrière brillante. Emouvante aussi. 

Personne n’avait imaginé que Bowie pouvait partir si vite, si soudainement. Les rédactions des hebdos musicaux « Rolling Stone », aux Etats-Unis, le « New Musical Express », en Angleterre, sont les premières désemparées. De là- haut, Bowie doit sourire. L’homme s’est joué toute sa vie des médias comme du public. Il avait l’art de ne rien dire, même dans les rares interviews qu’il donnait. Sortir des questions musicales, c’était s’embringuer dans un délire purement « bowiesque » sur l’état de la création contemporaine ou les philosophes qu’il aimait. En pleine période Ziggy Stardust, quand on lui demande pourquoi il s’est accoutré de telle manière, Bowie cite Michel Foucault : « Toute pensée moderne est sous- tendue par l’idée que le pensable est impensable. » Jolie manière de brouiller les pistes. 


Depuis le 25 juin 2004, jour où son cœur lui fit comprendre qu’il était mortel, Bowie s’était même pleinement retiré du monde, comme lassé du cirque médiatique qui entoura son malaise cardiaque. Installé à New York dans un très beau penthouse de Lafayette Street, en plein Soho, il décide de se consacrer à sa vie personnelle, coupant quasiment tout contact avec le monde de la musique. 

En réalité, Bowie n’aimait pas la célébrité. Il se l’était prise dans la figure dans les années 1970 et avait déjà pris goût à la vie de reclus. Son malaise fut encore plus grand en décembre 1980 : il jouait alors « Elephant Man » à Broadway et Mark David Chapman, l’assassin de John Lennon, révéla avoir pris des places pour la pièce dans le but de tuer également le chanteur de « Heroes ». 


Le 7 décembre dernier, David fit donc sa dernière apparition publique à New York pour la première de « Lazarus », au Theatre Work shop où il monte sur scène lors des saluts. Mais une fois le rideau tombé, l’icône s’écroule. Bowie ne restera pas à la fête donnée dans la soirée. Impossible de deviner pour autant qu’il entrait dans le dernier mois de sa vie. Il ne voulait rien laisser paraître de sa réalité. Complice fidèle, Brian Eno, un temps membre de Roxy Music, avait échangé des courriers électroniques avec David pas plus tard que la semaine dernière : « Merci pour tous nos bons - moments, Brian, lui écrivait David. Ils ne pourriront jamais. » « J’ai compris, le jour de sa disparition, a dit Eno, que c’était sa manière de me dire au revoir. » Enigmatique jusqu’au bout, Bowie aura réussi malgré tout à écrire la fin de sa vie selon sa propre volonté. « We can be heroes, just for one day », chantait-il (« On peut être un héros, juste pour un jour »). Il vient de prouver le contraire. 

Paris Match | Publié le 14/01/2016  Par Benjamin Locoge 
David Bowie s'est éteint le 10 janvier 2016 après un long combat contre le cancer. 
Ses récompenses 
1995 - British Award pour l'ensemble de sa sa carrière 
1995 - Rock and Roll Hall of Fame 
1983 - Grammy Award de la meilleure vidéo pour David Bowie 
1983 - British Award du meilleur artiste masculin 
1977 - Hollywood Walk of Fame 

SOURCES

















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