MUSIQUE CONTEMPORAINE, Tome 1

TONTON DAVID


Ray David Grammont, dit Tonton David, est un chanteur français de reggae et de ragga/dancehall, né le 12 octobre 1967 à La Réunion et mort le 16 février 2021 à Nancy. Il est principalement connu pour des tubes comme Sûr et certain ou Chacun sa route. 

Très tôt après sa naissance, ses parents émigrent pour de brefs séjours en Gambie, puis au Sénégal avant d'arriver dans le 15e arrondissement de Paris et la banlieue nord. Son père est le musicien Ray Grammont. À 14 ans, il quitte sa famille et galère quelque temps avant de découvrir le raggamuffin lors d'un voyage en Angleterre en 1987. Il s'installe ensuite à Champigny-sur-Marne avec sa femme et ses deux enfants, puis à Metz.

Il prend le micro pour la première fois fin janvier 1989 dans le bar Mistral Gagnant de Saint-Étienne, au cours d'un concert du Massilia Sound System. Il participe à la fin des années 1980 au Sound System High Fight International qui regroupait à l'époque d'autres artistes comme Nuttea. Il contribue alors au développement du reggae et devient un des pionniers du dancehall français grâce à son titre Peuples du monde, présent sur la compilation Rapattitude produite par Virgin en 1990, qui se vend à 100 000 exemplaires. Ce tube est notamment parodié par Les Inconnus

Sa chanson Sûr et certain, sortie sur l'album Allez leur dire, est un gros succès avec 350 000 exemplaires vendus, et lui vaut une nomination aux Victoires de la musique. Suivent d'autres grands succès tels que son Chacun sa route (chanson thème du film Un Indien dans la ville où il collabore pour l'album avec Manu Katché et Geoffrey Oryema). L'album Récidiviste connaît aussi un certain succès notamment grâce aux singles Pour tout le monde pareil et son duo avec Cheb Mami Fugitif. Tonton David participe au Printemps de Bourges en avril 1996 pour les vingt ans du festival. 

À la sortie de son album Viens, il entame une tournée en France au printemps 2000.
En 2002, son ancienne maison de disques Virgin sort un album best of.
En 2005, il collabore avec Demon One et Dry sur leur album La Vie de Rêve sur le titre Gagne. Victime d'un accident vasculaire cérébral en gare de Metz le 14 février 2021, il est transféré à l'hôpital de Nancy, où il meurt le 16 février 2021. Ses obsèques ont lieu le 25 février à Valenton (Val-de-Marne), suivies de l'inhumation dans l'intimité  de la famille et des proches à Champigny-sur-Marne. (Wikipédia)

THE MOODY BLUES

Comme pour un groupe des années 60 tel que Procol Harum et une poignée d'autres, les Moody Blues ne sont reconnus que pour une seule chanson à succès, occultant ainsi non seulement leur carrière discographique entière, mais tout un pan de l'histoire de la rock music dans la mémoire collective. Le tube mondial « Nights In White Satin » est en effet un « slow » ultra célèbre qui a ému la planète début 1968. Après des débuts dans la mouvance encombrée du rhythm 'n' blues de la pop anglaise, les musiciens aujourd'hui sexagénaires ont rapidement évolué vers des pièces ambitieuses, très élaborées, posant ainsi les bases du rock progressif avant l'heure (dénommé art rock à l'époque). Gros vendeur d'albums en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis jusque dans les années 80 (Days Of Future Passed en 1968, Every Good Boy Deserves Favour en 71, Seventh Sojourn en 72, ou Long Distance Voyager en 1981), le groupe est l'une des plus anciennes formations de la première vague britannique des années 60 toujours en activité, malgré quelques changements de personnel au cours de sa carrière. 


Presque tous originaires de Birmingham en Angleterre, la première version des « Moody Blues (nom emprunté à un thème de Duke Ellington et à celui de la bière locale Mitchell & Butler) en mai 1964 est composée pour les plus anciens de vétérans de la scène de la ville : Denny Laine (chant & guitare), Graham Edge (batterie), Ray Thomas (harmonica, Oûte, saxophone & chant), Clint Warwick (basse & chant) et leur aîné Mike Pinder (chant & claviers). Leur premier manager est Tony Secunda, une figure du rock britannique qui deviendra célèbre en ruinant les Move et en propulsant Marc Bolan au sommet, qui leur obtient un contrat avec Decca, déjà fort des Rolling Stones. Le premier 45 tours « Steal Your Heart » en août est un échec trois mois plus tard, mais leur reprise immédiate du titre américain de Bessie Banks produit par Lieber & Stoller, « Go Now ! », une ballade musclée, est n°1 en Grande- Bretagne en moins d'un mois, en décembre, considérablement aidé par l'un des tous premiers films vidéo promotionnels jamais réalisés. Cette rapide notoriété entraîne la sortie du premier album en juillet 1965, baptisé Go Now ! aux Etats-Unis, mais ignoré. Le groupe hésite entre reprises de blues, ballade pop et soul, et les compositions Laine/Pinder ne sont pas à la hauteur. Leur reprise enragée du bluesman Sonny Boy Williamson « Bye Bye Bird » est un petit hit radio en France en décembre, tandis que leur essai frénétique sur le « I'll Go Crazy » de James Brown de 1960 entraîne une réédition de la version originale aux Etats-Unis. Rod Clarke remplace Warwick en juillet 1966 (lequel est décédé le 15 mai 2004), et « Boulevard de la Madeleine » moitié en français moitié en anglais, qui célèbre les arpenteuses du trottoir de l'époque de cette artère parisienne, passe inaperçu et n'est incluse dans aucun album original. Après ce nouvel échec, l'orchestre se sépare brièvement en octobre puis est entièrement remanié un mois plus tard, autour du trio fondateur Pinder, Thomas et Edge : John Lodge remplace Clarke et le talentueux et plus jeune Justin Hayward, Denny Laine, parti lui plus ou moins en solo et qui co-fondera Wings avec Paul McCartney en 1971. Les trois 45 tours suivants en 1967 sont encore des échecs, les finances sont débitrices et il est temps d'abandonner leur formule stérile et trop concurrentielle. 


Des nuits de satin blanc 

Mike Pinder utilise le mellotron alors inconnu dans le rock (instrument dérivé de l'orgue Hammond, qu'il a contribué à assembler, et que les Beatles n'useront qu'en 1967), et il est décidé de donner plus d'importance aux contributions de Ray Thomas. Tandis que leur maison de disques, voulant promouvoir les 33 tours stéréo « haute fidélité » (toutes les productions de cette époque étaient encore monophoniques, les mixages stéréo plutôt « artisanaux » étant proposés en deuxième option) les « oblige » à élaborer une œuvre de rock symphonique basée sur La Symphonie du Nouveau Monde du compositeur classique tchèque Antonin Dvorak, leur enjoignant le producteur « maison » Tony Clarke, qui deviendra d'ailleurs presque un membre du groupe à part entière. Days Of Future Passed enregistré avec le London Festival Orchestra paraît en novembre 1967 et est considéré comme le premier album de rock symphonique de l'histoire. Il dépeint la journée d'un homme dans la société civilisée du XXème siècle, est un joli succès commercial, surtout aux Etats-Unis, et contient la fameuse ballade « Nights In White Satin » devenue un classique, et qui fait la fortune de son créateur Justin Hayward, bien servi par ses « I love you, yes I love you » répétés à l'infini et la partie de flûte de Ray Thomas. « Nights In White Satin » est même n°2 en France en mars 1968, coincé entre Sheila et Otis Redding... La formule est trouvée et fonctionne, faite d'arrangements pop et classique, de mélodies simples, de duos claviers + flûte et d'une production raffinée, très sophistiquée même pour l'époque, où l'écho et la réverbération dominent. 

Inspiré par George Harrison, Ray Thomas introduit le sitar dans sa palette, Graham Edge se concentre sur les textes, dont les poèmes sont lus par Mike Pinder au début de quelques albums, ou récités à l'intérieur. Deux « concept albums » se succèdent rapidement, dont leur premier n°1 en Grande-Bretagne, On The Treshold Of A Dream, en mai 1969, où Mike Pinder opte pour une version modernisée du mellotron, le chamberlin, ancêtre du synthesizer, qu'il utilise le 30 août au deuxième festival de l'île de Wight. A l'occasion de la sortie du cinquième album à la Xn de l'année To Our Children's Children inspiré par la « conquête » de la lune, les « Moodies » créent leur propre label, Treshold Records ; ses morceaux sont inaugurés lors du concert du 12 décembre 1969 au Royal Albert Hall. Le succès du plus sommaire « Question » (relatif à la guerre au Vietnam avec son refrain : « pourquoi n'avons-nous jamais de réponse quand on frappe à la porte, avec nos millions de questions sur la haine, la mort et la guerre ? » est suivi de l'album A Question of Balance, tout aussi dépouillé lui aussi, afin de simplifier leurs prestations scéniques, comme lors de leur apparition au festival de l'île de Wight encore le 30 août, en 1970, où ils interprètent évidemment « Nights In White Satin » (cf. le documentaire Message to Love paru en 1997). Extrait de cet album encore n°1 en Grande-Bretagne, « Melancholy Man » est un tube seulement en France, où le 45 tours est n°5 en avril 1971, trois mois avant Every Good Boy Deserves Favour (dont les initiales sont un moyen mnémotechnique pour retenir la clef de sol), lui aussi n°1 en Grande-Bretagne et n°2 aux Etats-Unis. Enfin, après leur premier album n°1 obtenu le 9 décembre 1972 sur ce continent avec Seventh Sojourn, et les succès : de la réédition de « Nights In White Satin » en Angleterre et surtout aux Etats-Unis où il avait été ignoré cinq ans auparavant, et du simple écrit par John Lodge « I'm Just A Singer (in a rock 'n' roll band) » les cinq musiciens, devenus riches et leur orchestre célèbre, décident de suspendre celui-ci, sans pour autant se séparer. 


Tous les cinq effectuent leurs propres tentatives, à l'aide du label Treshold (sauf Hayward). Graham Edge ouvre le feu le premier en juillet 1974 avec son projet parallèle le Graham Edge Band, en compagnie de Mickey Gallagher (ex- Animals) et d'Adrian et Paul Gurvitz (exs-The Gun et Three Man Army) : un premier 45 tours en juillet 1974 suivi de deux albums plutôt rock, Kick Off Your Muddy Boots en septembre 1975 et Paradise Ballroom en avril 1977 passent inaperçus. Si le nom des Moody Blues est célèbre, ceux des musiciens sont restés anonymes du grand public et la notoriété qu'ils supposent posséder ne les favorisent pas. Ray Thomas ne trouve pas non plus d'écho en été 1975 avec From Mighty Oaks ni en juin 1976 avec Hopes, Wishes and Dreams. Les acrobaties aux synthés d'un Mike Pinder éxilé et marié en Californie en avril 76 (The Promise) et l'ennuyeux Natural Avenue de John Lodge en février 77 sont aussi laissés pour compte. Justin Hayward et John Lodge sont plus heureux en duo avec Blue Jays en avril 1975 et leur formidable tube « Blue Guitar » produit par 10 CC. Hayward étant le plus prolifique et le plus chanceux des cinq car il continuera en solo après la re-formation des Moody Blues. Son Songwriter de février 77 vaut le détour, ainsi que sa participation au projet multi-artistes de Jeff Wayne en 1978 War Of The Worlds duquel son 45 tours « Forever Autumn » est n°5 en Grande-Bretagne en juillet (il contribuera à une nouvelle version scénique de War Of The Worlds en 2006 et 2007). Afin de perpétuer néanmoins la popularité du groupe, Decca publie en novembre 1974 un « best of » (This Is The Moody Blues), puis en avril 1977 un double album « live » enregistré le 12 décembre 1969 au Royal Albert Hall, augmenté de cinq titres en studio inédits : Caught Live + 5, mais il s'avère leur premier échec commercial depuis dix ans. Néanmoins, il est le premier à ne pas être gratifié de l'une des hideuses illustrations de pochette de Philip Travers. 

Les cinq acolytes se retrouvent début 1978 et accouchent dans la douleur d'un Octave bien faible, avec un Mike Pinder si réticent qu'il quitte le groupe avant la fin des séances (il cite son mellotron dans « One Step Into The Light »), obligeant Justin Hayward et John Lodge à assumer les parties de claviers pendant la tournée de promotion, avant d'engager le musicien suisse Patrick Moraz (ex-Yes) sur la base d'un musicien complémentaire et non membre permanent, ayant été convenu que Mike Pinder participerait à nouveau aux futurs enregistrements. Cette convention bâtarde engendrera une dispute légale et un procès ultérieurs ; Moraz étant confirmé dans ses fonctions, Pinder tente par voie judiciaire d'empêcher la publication de Long Distance Voyager en mai 1981, sans y parvenir, et il retourne définitivement en Californie. L'album est un gros succès international et Mike Pinder le voit parvenir n°1 en album aux Etats-Unis lui aussi, le 25 juillet 1981, neuf ans après Seventh Sojourn. Mais cette embellie n'a qu'un temps ; la musique a changé, le punk et la new wave ont produit des ravages sur les groupes rock de la précédente génération et les Moody Blues semblent passer de mode. Le groupe a pourtant épuré sa formule, abandonné son côté souvent pompeux et abordé une démarche plus électronique, mais les chansons ne font plus recette. Toutefois, en avril 1986, la composition nostalgique de Justin Hayward « Your Wildest Dreams » envahit les ondes américaines, et ouvre la voie au « chant du cygne » des Moody Blues, l'album Other Side Of Life produit par Tony Visconti (connu surtout pour sa collaboration pérenne avec David Bowie), qui produit également l'album suivant, et une partie de Keys Of The Kingdom en 1991 ; malgré l'intensité de son intervention à la flûte dans « Celtic Sonant », le rôle de Ray Thomas est réduit en studio depuis un moment à sa portion congrue, et il ne peut briller qu'en concert sur les morceaux des années 60 et 70. Vers la fin de son enregistrement, Patrick Moraz dévoile lors d'une interview son dépit face au manque d'ambition musicale de ses partenaires et aux refus essuyés par ses contributions à l'écriture. Il est aussitôt remercié par les fondateurs et il leur intente un procès pour non-paiement de droits d'auteur en tant que membre du groupe depuis presque quinze ans, lequel dément qu'il l'ait été, engagé seulement comme musicien de séances ! Moraz remporte le procès auprès d'une cour californienne, mais n'en retire que de la petite monnaie au lieu des millions de livres réclamés. 


Trente ans après son apparition, le groupe a beaucoup perdu avec le départ de Mike Pinder, et le tandem Bias Boshell/Paul Bliss censé reproduire les parties de claviers. Les Moody Blues sont devenus une attraction de troisième plan réservés aux nostalgiques. Après un concert-fleuve dans l'amphithéâtre naturel à Red Rock dans la grande banlieue de Denver, donné avec un grand orchestre classique le 9 septembre 1992 pour le 25ème anniversaire de la sortie de Days Of Future Passed (documenté dans le DVD A Night at Red Rocks with the Colorado Symphony Orchestra), vient le temps des prestations nostalgiques, d'une recrudescence de compilations, et des anthologies/ rétrospectives. Le groupe passe alors par une deuxième période sabbatique durant laquelle Mike Pinder de son côté commet un deuxième album solo en 1994, Among The Stars, pour se reconvertir ensuite dans la world music pour fonds musicaux d'histoires enfantines. Enregistré en Italie avec un nouvel organiste, Danilo Madiona, les Moody Blues refont surface en 1999 avec un Strange Times romantique et sucré, se replongent dans l'atmosphère du Royal Albert Hall devant un auditoire plutôt âgé (Hall of Fame), et tentent une incursion dans la musique instrumentale pour le cinéma. La retraite sonne pour le talentueux Ray Thomas fin 2002, et c'est en quatuor que les Moody Blues proposent fin 2003 un curieux et intéressant « album de Noël » contenant une version plutôt iconoclaste du « Happy Christmas (The War Is Over) » de John Lennon... En octobre 2005 on les voit avec étonnement au Ryman Auditorium à Nashville jouant avec des musiciens spécialistes du genre, des versions « bluegrass » de leurs hits. Désormais réduits au trio Justin Hayward, John Lodge et Graham Edge, les Moody Blues se produisent à l'occasion avec des musiciens additionnels, annonçant en janvier 2007 la préparation d'un nouvel album et une tournée britannique fin 2008, avec un détour inévitable par le... Royal Albert Hall. Sans prétendre que la musique des Moody Blues exerce encore aujourd'hui une influence quelconque sur les groupes actuels, il est indubitable que le concept et la popularité du « rock progressif » dont ils ont été les premiers pionniers il y a... quarante ans, leur doit beaucoup. (Universal Music)


PRINCE


Un brin androgyne et un soupçon provocateur, Prince n’en n’est pas moins un génie de la musique. Souvent considéré comme le seul véritable rival de Michael Jackson ,Prince a sorti de nombreux albums durant sa carrière, notamment : « For you », « Dirty mind » ou encore « La parade » qui contient le hit mondial « Kiss ».  

Les débuts d’un génie

Prince Rogers Nelson voit le jour le 7 juin 1958 à Minneapolis (Etats-Unis). 

Le jeune Prince vient d’une famille qui adule la musique. Sa mère chante et son père, ouvrier, est également un grand musicien de jazz. Il s’illustre d’ailleurs souvent dans les clubs locaux. Alors que ses parents divorcent, le jeune homme de 13 ans s’éveille à la musique. Il fonde ainsi son premier groupe, Grand central. L’enfant est donc influencé par ses parents mais également par Jimi Hendrix , les Beatles ou encore James Brown . Alors que Prince est à la guitare et aux claviers, son cousin Chazz Smith est à la batterie. C’est grâce à ces premiers concerts que Prince se fait repérer. 

À 20 ans, il enregistre son premier disque « For you »(1978). Comme pour les suivants : « Prince » (1979) ou encore « Dirty mind »(1980), Prince produit et joue de tous les instruments. 

Le rival de Michael Jackson 

Un an plus tard, le chanteur qui joue en bas- résilles donne vie à l’album : « Controversy ». Alors que les disques s’enchainent très rapidement, le succès et la reconnaissance ne sont pas au rendez-vous. Cependant l’année 1982 va engendrer un net changement grâce à l’album « 1999 ». Le single « Little red Corvette » fait enfin connaître Prince au grand public. Prince ne s’arrête plus, « Purple rain » (1984), enregistré avec le groupe The revolution se vend à 10 millions d’exemplaires aux Etats- Unis). « La parade » (1986) devient un album qui enflamme les foules notamment grâce au sulfureux titre «Kiss ». Avec ses nombreux tubes, Prince est souvent considéré comme un rival du roi de la pop, Michael Jackson . Une véritable bataille s’engage alors entre les artistes pour se démarquer. 

Prince le symbole d’amour 

Pour s’émanciper de son label, Prince change de nom et devient alors Love Symbol.
Le nouveau chanteur sort donc l’album : « Emancipation » (1996). Malgré tous ses disques (« Crystal ball », « The truth » ou encore « Newpower soul »), Love Symbol ne rencontre pas le succès du passé. Il décide alors de redevenir Prince et s’illustre avec des opus comme « Rainbow children »(2001), qui combine jazz, funk et gospel, « Musicology » (2004) ou encore « 3121 » (2006). 

Bien que Prince obtienne toujours le soutien des critiques, le public ne le suit plus comme à ses débuts. Cependant ce génie musical ne peut stopper sa passion pour la chanson. Prince sort notamment les albums « Lotus flow3r » et « MPLS sound » en 2009. L’artiste américain clôturait encore en apothéose la 43ème édition du festival de jazz de Montreux. En 2009, Prince donne une série de concerts en France.En août, l'artiste joue à Monaco pour trois représentations. Sous le charme du Grand Palais, Prince monte sur scène à l'occasion de deux concerts le même jour, en octobre. Après ce passage parisien durant lequel il explique que pour lui Paris est " érotique ", Prince décide de revenir sur le sol européen en 2010. 

Avant de se produire le 9 juillet au festival « Main square special », le festival d’Arras, et le 25 juillet à Nice, Prince fait découvrir son nouvel opus gratuitement via les kiosques. Le 22 juillet, l’album « 20ten », comptant dix titres, est offert pour une durée limitée avec l'hebdomadaire Courrier International en France. Une distribution dans d'autres pays européens s'effectue également comme en Allemagne avec Rolling Stone Deutschland ou en Belgique avec Het Nieuwblad

Prince décède à l'âge de 57 ans, le 21 avril 2016. Son corps est retrouvé sans vie dans ses studios de Paisley Park au Minnesota. Le 15 avril, le chanteur avait été contraint d'annuler plusieurs concerts et avait été hospitalisé suites à des symptômes grippaux. 



JACQUES BREL

par Jean Jaque


Avril 1929, à Bruxelles : naissance de Jacques Brel. En face bourgeoise et catholique dans une ville terne, marquée par la guerre. Après avoir fait ses humanités à l’Institut Saint-Louis, il étudie le droit commercial. Sa vie est tracée : il prendra la direction de la cartonnerie familiale. Premiers contacts avec les milieux d’affaires. Premières déceptions : « Serait-il impossible de vivre debout ? »



Il se marie et a très vite trois filles : Chantal, France, Isabelle. L’embourgeoisement rôde, BREL ne manque de rien et pourtant… il joue de la guitare, écrit des poèmes et griffonne des chansons. Dans sa ville natale et les environs, il fait ses débuts de chanteur dans les patronages et les fêtes de charité. En 1953, il enregistre un 78 tours : « Il y a » et « La foire ».


« J’écris et je chante parce que j’en ai envie. Ce n’est pas gai, les gens qui ne réalisent pas leurs rêves ! »


Puis, en septembre de la même année, c’est la rupture. À 24 ans, BREL rompt ses attaches et s’engouffre dans un train pour Paris. Il débarque Gare du Nord et se réfugie dans un hôtel du neuvième arrondissement. Solitude et saucisson-camembert : BREL crève la faim et court le cachet. Personne ne veut de lui. L’ »Abbé Brel » comme on le surnomme à l’époque, n’a pas la « gueule » de l’emploi. Que faire ? Repartir ? Non, l’homme a trop la rage au cœur pour rester sur un échec.



Il ne lui reste plus que la chance. Elle se nomme Jacques Canetti, patron des « TROIS BAUDETS » et dénicheur de talents comme BRASSENS, GAINSBOURG, DEVOS, BÉART. Il lui fait enregistrer un 45 tours avec quatre chansons : « Grand Jacques », « Il nous faut regarder », « Il peut pleuvoir », « Sur la place ». Le disque se vend mal, mais le ton est donné : la personnalité et le talent crèvent les sillons. BREL tient le coup et s’accroche. Pour lui, c’est le début de son « Far-West » comme il aime le dire.


« Je me f… complètement de l’argent. Si vous apprenez un jour que je suis devenu pauvre, ne me plaignez pas ! J’ai peur de l’argent, peur qu’il me bouffe… »


Il continue les cabarets : l’Écluse, l’Échelle de Jacob, écrit d’autres chansons (Le Diable). Trois ans plus tard, en 1957, la chance lui sourit à nouveau. À Bobino, on lui demande de remplacer Francis Lemarque ; à l’Olympia, Marlène Dietrich. Il accepte et s’impose à force de volonté et de hargne. Le voici en 1959 en « vedette » à Bobino, avec « La valse à mille temps, Ne me quitte pas, Les Flamandes ».



Deux ans plus tard, c’est le triomphe à l’Olympia avec « Les Bourgeois », les « Paumés du petit matin », « Rosa ». Il enregistre ses premiers 33 tours chez Philips. Dans ses chansons, BREL n’épargne personne, sort ses griffes. Le public afflue, se jette sur lui, vient se reconnaître dans cet artiste qui, chaque soir, sur scène, vide son cœur et ses tripes.


« Je ne travaille pas pour les applaudissements. Ils me font plaisir, mais je suis heureux comme un bottier à qui l’ont dit « Vous m’avez fait des chaussures formidables. » Pour moi, le métier de chanteur est un métier d’artisan ! »


Lyrique, écorché vif, « anarchiste », anticlérical, obsédé par l’idée de Dieu, sentimentalisme, les critiques et les étiquettes commencent leur valse infernale. Qu’importe, BREL n’a pas à s’expliquer et s’il le fait, c’est pour mieux éclairer ceux qui croient le comprendre : « Je ne suis pas un révolté comme certains le pensent. Je n’aime d’ailleurs pas les étiquettes. La révolte ? Pour quoi faire ? Je me contente de faire passer mes inquiétudes dans mes chansons (…° « Je ne me prends ni pour un poète, ni pour un musicien. Je fais des chansons, rien que des chansons. Huit par an, pas plus : après je radote. Je n’ai pas tellement de choses à dire ».



Partout où il passe, les salles sont combles. Devenu le Chantre d’une génération d’auteurs-compositeurs-interprètes, BREL entre à corps perdu dans la marche infernale du succès. Il a signé un contrat avec Eddie Barclay et a enregistré déjà plusieurs 33 tours. Les tournées à l’étranger (U.R.S.S. - U.S.A.), les galas dans les petites villes de province réputées « impossibles » qui, après Paris, sont pour lui autant de nouvelles Bastilles à conquérir, se succèdent. Sans un jour de relâche. Un Olympia par an, de nombreux enregistrements en studio, la T.V., la radio. BREL court, court et s’essouffle.


« La chanson, c’est un acte d’amour, c’est un acte de tendresse » (…) Actuellement, il y a plus de gens qui pètent que des gens qui chantent. Moi, je ne veux pas montrer mes fesses. Il faut garder une certaine dignité ».


Nouvelle rupture dans sa vie et dans sa carrière. En 1967, il fait ses adieux à la scène, à Paris, en province, puis en Belgique. Il abandonne le tour de chant « J’en ai marre de me défoncer. Vous verrez qu’un jour on me détestera de m’avoir trop aimé ». Pendant un an BREL réfléchit, prend le temps de vivre, tourne avec André CAYATTE « Les piques du métier ». À ceux qui l’interrogent, il déclare : « J’arrête le tour de chant parce que j’ai besoin de solitude et de liberté. J’ai envie de faire tout ce qui m ‘était interdit jusqu’à maintenant. Je veux partir en bateau et lire, lire. Et puis je veux vivre (…) Comment vit-on sinon en étant d’accord avec soi-même ? »



BREL joue dans « La bande à Bonnot » et pense déjà à une nouvelle aventure : la comédie musicale. Ce sera en décembre 1968 « L’Homme de la Mancha » qu’il présente, après les États-Unis et la Belgique, au théâtre des Champs-Élysées, à Paris.

De l’avis unanime BREL (pour le rôle de Don Quichotte il s’est vieillie vingt ans) est un magnifique « Chevalier à la triste figure ». On découvre un comédien bouleversant qui, avec sa voix déchirante, son regard lointain et ses pattes d’échassier, adhère complètement à la fougue et à la folie de son personnage. Il danse, croise le fer et chante :

Rêver un impossible rêve,

Porter le chagrin des départs,

Brûler d’une possible fièvre,

Partir où personne ne part.

Aimer jusqu’à la déchirure,

Aimer même trop, même mal.

Tenter sans force et sans armure,

D’atteindre l’inaccessible étoile.


« J’attaque ce qui me dérange la vue, ce qui gêne le bonheur. Je suis obsédé par les choses laides ou vilaines dont personne ne veut parler, comme si on avait peur de toucher à une plaie qu’il faut soigner… »


L’Homme de la Mancha » se joue à guichets fermés. C’est un triomphe ! Mais BREL se dépense tellement qu’il perd dix kilos et jette l’éponge au bout de cent représentations… On parle d’ennuis de santé : « Foutaise, rétorque-t-il. Si je maigris c’est que je n’ai pas peur de mouiller ma chemise. Je ne me suis jamais aussi bien porté ».


S’il a abandonné les planches, cela ne l’empêche pas de participer à plusieurs émissions de Télévision. En 1967, BREL s’est tourné vers le cinéma et devient acteurs dans « Les risques du métier » que met en scène André CAYATTE. Aux côtés d’Emmanuelle RIVA, il incarne le rôle d’un instituteur injustement accusé de viol par une de ses jeunes élèves. L’accueil réservé au film est excellent. BREL n’a pas raté son bout d’essai.



L’année suivante, il tourne sous la direction de Philippe FOURASTIE « La bande à Bonnot ». Un rôle sur mesure pour BREL, alias Raymond-La-Science : petite moustache, écharpe beige, chapeau melon et binocles.

En 1969, BREL qui depuis « L’Homme de la Mancha » sait monter à cheval et manier l’épée, joue aux côtés de Pierre CLEMENTI, Claude JADE et Bernard BLIER, dans « Mon oncle Benjamin », chronique libertine du XVIIIe siècle réalisé par Edouard MOLINARO.


« Je suis violent… mais j’ai été timide. Et je ne trouve pas cela si mal : souvent, on ne devrait pas dire un timide, mais un pudique… »


En 1970, il ne quitte pas la selle et devient écuyer au château de Madame Germaine de Boisménil (Françoise PRÉVOST) pour les besoins du film de Jean Valère : « Mont-dragon », adapté du roman de Robert MARGERIT.

En 1971, il rencontre Marcel CARNÉ. Ensemble, ils tournent « Les Assassins de l’ordre », d’après le romande jean LABORDE. BREL y campe le rôle d’un magistrat qui enquête sur une mystérieuse affaire criminelle.


Le cinéma l’amuse beaucoup. « Je ne joue pas, je suis dans le coup. Je ne fais ça ni pour l’argent, ni pour le confort, mais pour la plume au chapeau. Le cinéma, c’est pas sérieux. Ça m’intéresse de participer à des histoires de gamins. Regardez Cayatte, il a 19 ans. Il a un côté réjouissant, attendrissant ; gosse. Vieillir comme cela, sans devenir adulte, c’est une chose que je me souhaite ».



Rester acteur ne lui suffit plus. En 1971, BREL décide de passer derrière la caméra et réalise son premier film « FRANZ ». Principale partenaire : BARBARA. Décor : la Belgique. Une merveilleuse histoire d’amour, lyrique, généreuse, où BREL met toute son âme d’enfant perdu, déçu par l’amour.

Plus qu’un film, c’est une bouteille à la mer que le public, dans son ensemble, boude un peu. BREL en souffre, prend ses distances, puis, comme toujours, s’accroche.


« Je plante d’abord le décor de mes chansons. Pour que les personnages évoluent à l’aise ! Je préfère les paysages que ma mémoire de môme a retenus. Des paysages que je reconnaîtrais si je les revoyais… Mais peut-être que les souvenirs déforment l’optique : mes décors sont moitié vus, moitiés imaginés. »


Il accepte d’être la vedette du « Bar de la Fourche » que met en scène son ancien chef-opérateur André LEVANT.

En 1972, il tourne aux Caraïbes, en Afrique, aux États-Unis et en Italie, avec une bande de copains (Lino VENTURA, Jean-Louis TRINTIGNANT, Charles DENNER, Aldo MACCIONE, Charles GÉRARD), « L’aventure c’est l’aventure », sous la direction  de Claude LELOUCH. L’intrigue ? L’histoire mouvementée de trois mousquetaires du 20e siècle spécialisés dans l’escroquerie.


La même année, BREL retrouve VENTURA dans « L’Emmerdeur » que réalise Édourad MOLINARO.

Puis, il retourne une dernière fois derrière la caméra : c’est « Far-West ». Même décor : la Belgique. Un vrai western, complètement loufoque où BREL, Gabriel JABOUR et une bande de comédiens farfelus « jouent au cow-boy » dans le sinistre décor d’un paysage minier. Dans ce film, il chante « J’arrive, j’arrive », une chanson où il tient un dialogue terrible avec la mort.

Ce rêve d’enfant présenté au Festival de Cannes n’est pas pris au sérieux et se solde par un fiasco financier. Il dira : « On m’a volé mon Far-West ». BREL est déçu, sans doute plus qu’il ne veut bien l’avouer. Mais il pense déjà et encore à autre chose : l’invitation au voyage. Partir dans les airs ou sur la mer. Il quitte tout et s’en va…


« Mes chansons sont inspirées par ce qui m’arrive… ou par ce qui m’est arrivé il y a longtemps. J’ai des sensations qui reviennent avec dix ans de retard ! »


En février 1974, il interrompt ses vacances pour incarner son propre personnage et chanter « Ne me quitte pas » dans le film inspiré de la comédie musicale de Mort SHUMAN : « BREL is Alive and Well Living in Paris » que le réalisateur canadien Denis HEROUX tourne aux studios de la Victorine à Nice.


« Je suis un chansonnier ! La chanson me permet d’exprimer mes indignations. Mais je ne m’en prends pas à des personnes précises : il ne s’agit jamais d’une femme, mais d’un type de femme ; d’un homme, mais de dix hommes à la fois. »


1976, il arrête sa fuite éperdue et s’installe aux Îles Marquises, à Hua-Oa, au bord du petit port d’Autant. Il habite modestement avec une compagne dans une case dépourvue d’électricité. Son seul luxe ? une camionnette Peugeot pour se déplacer et un vieux « coucou » de la guerre de Corée pour faire la navette à Tahiti. Des amis viennent le voir, notamment ANTOINE.

Barbu, bronzé, BREL vit au jour le jour, se lève et se couche avec le soleil, comme un vrai Marquisien.


« Quand je ne chante pas, je fais de l’avion, ou j’en rêve. Ce qui est beau, c’est de faire du rase-mottes dans les nuages. On trouve des routes, on suit des avenues, on se perd… »


Subitement, en septembre dernier, il répond aux prières de son ami Eddie BARCLAY, débarque à Roissy et vient enregistrer 17 chansons dans le plus grand secret, au studio de l’avenue Hoche à Paris. Deux amis de toujours, l’arrangeur et chef d’orchestre François RAUBER, et le pianiste Gérard JOUANNST sont au rendez-vous.

Derrière eux, 40 musiciens. BREL se surpasse : une seule prise suffit pour enregistrer son nouvel album qui, le jour de sa diffusion le 18 novembre au matin, pulvérise déjà les records de vente : 1.200.000 exemplaires en quelques jours. 12 titres, 12 chansons, belles et émouvantes : « Jaurès », « Vieillir », « Voir un ami pleurer », « Jojo », etc.

Son album à peine enregistré, après avoir salué quelques amis, Juliette GRÉCO, BARABARA, BRASSENS, il repart vers son île, satisfait de quitter la ville et de retourner là où il a enfin trouvé cette paix intérieur qu’il cherchait depuis toujours.


La dernière limite nous rattrape toujours. Le 9 octobre 1978, après trois ans d’une maladie dont il ne voulait pas qu’on parle Jacques BREL nous a quitté. Définitivement. Il nous reste ses chansons…



ELVIS PRESLEY

Elvis Aaron Presley nait le 08 janvier 1935 à Tupelo, Etats Unis. Elvis fréquentait une église fondamentaliste de type Pentecôtiste et Frank Smith, le pasteur de l'église, en 1944 lui montra les rudiments d'accord de guitare. C'est dans cette église, qu'Elvis chante dès son plus jeune âge, des cantiques comme du Rythm and Blues. La première guitare d'Elvis est achetée par sa mère pour célébrer ses 11 ans.  

Les parents d'Elvis sont de grand fans de musique Country, et ne manque jamais l'émission di!usé le samedi soir. C'est là que Elvis écoute Jimmy Rodgers, Roy Acuff, Ernest Tubbs, Billy Eckstine, Billie Monroe, Hank Snow... 

En 1948, les Presley partent pour Memphis, Elvis a alors 14 ans et le soir en rentrant de l'école il traîne du coté du Cotton Club d'où montent les voix de B.B King et de Rufus Thomas. A Memphis, la radio s'appelle WMPS, et di!use de la country et du gospel alors qu'au même moment Alan Freed, animateur vedette d'une radio de Cleveland lance un mot nouveau à l'antenne : "It'll be hip n'hep, n'jive n'flip!!! I'll call it Rock n'Roll". Le Rock n' Roll est lancé et à ce moment là, Bill Haley en est la figure emblématique. 

La famille Presley est pauvre et pour faire face, Elvis fait de nombreux petits boulots comme tondre les pelouses, vendre des confiseries dans les cinémas, ouvreur au Loew's State Theater, et en 1953, travailler chez Crown Electric, pour 35 $ la semaine, où il termina deuxième à un concours de changement de pneu ! L'emploi qu'Elvis occupe chez Crown Electric avait appartenu, au préalable, à Johnny Burnette, qui est aussi devenu populaire dans la chanson. Dans la même rue que Crown Electric, au 706 Union Street, se tiennent les studios de Sun Records où pour 4$ il est possible d'enregistrer deux chansons. 

My Happiness et That's When Your Heartaches Begin sont les deux chansons qu'il enregistre alors pour sa mère. Sam Phillips, le propriétaire des lieux lui propose de faire un essai pour son studio, et c'est avec Scotty Moore à la guitare et Bill Black à la contrebasse que Elvis enregistre un peu par hasard That's All Right (Mama), un titre chanté par Arthur Crudup en 1943. 

En Juillet 1954 le premier disque 45 tours d'Elvis est commercialisé sous le label Sun : That's All Right (Mama)/Blue Moon Of Kentucky. 7000 copies de ce disque ont été produites, pas de quoi pavoiser mais assez pour que l'on retienne le nom d'Elvis. Une nouvelle vague déferle derrière le futur King, chez Sun Records c'est Johnny Cash et Jerry Lee Lewis, et ailleurs Eddie Cochran, Chuck Berry, Buddy Holly, Gene Vincent... 

En 1956, la maison de disque R.C.A. rachète pour 40 000$ le contrat d'exclusivité qui lie Elvis à Sun, avec l'argent qui découle de cette vente, Elvis achète une Cadillac rose à sa mère. 1956, c'est le premier album, le premier disque d'or, les premiers succès internationaux, et le premier album de l'histoire à être vendu à 1 million d'exemplaires. C'est aussi l'année de son premier film, « Love Me Tender », projeté en avant-première le 15 novembre 1956 au Paramount à New York. C'est le 10 janvier 1956 qu'eut lieu la première session d'enregistrement d'Elvis pour RCA, au studio RCA de Nashville qui était alors sous la direction de Chet Atkins. Cette journée là, on enregistra Heartbreak Hotel

Les passages d'Elvis Presley à la télévision révolutionnent l'Amérique, lors du Ed Sullivan Show du 9 septembre 1956 à CBS, Elvis a 82% de l'auditoire national, soit 54 millions de téléspectateurs. C'est sa première de trois apparitions à cette émission. En 1958, après le tournage de « King Creole », Elvis est incorporé dans l'armé, et part faire ses classes à Fort Hood au Texas. 

Cette incorporation ne l'empêche pas d'être de nombreuses fois numéro un aux hits-parade du monde entier, ce qui sera le cas encore en 1960, après son retour à la vie civile avec It's Now Or Never, l'adaptation de O Sole Mio, le 45t se vend à 20 millions d'exemplaires dans le monde. Cette même année, il participe au show télé Franck Sinatra, pour trois chansons, et gagne la somme record de 125 000 dollars. 

Les succès s'enchaînent à une vitesse vertigineuse, Blue Hawaii reste 76 semaines classé au Hit-parade, et G.I Blues détient le record avec 111 semaines ! Il tourne film sur film et devient l'acteur le mieux payé de Hollywood. En 1965, à leur demande, il reçoit les Beatles chez lui à Los Angeles. 

Il épouse Priscilla en 1967, et reçoit son premier Grammy Award pour le 33 tours de gospels How Great Thou Art. Sa fille Lisa Mary naît l'année suivante, le 1er février. Un peu avant le tournage du premier documentaire sur Elvis en répétition et sur scène « That's The Way It Is », Elvis retrouve la scène à l'International Hotel de Las Vegas le 31 juillet 1969. A ce moment là, c'est Suspicious Minds qui est numéro 1. Le 14 janvier 1973, avec « Aloha From Hawaii », un show au profit de la lutte contre le cancer retransmis en mondovision c'est face à un milliard de téléspectateurs que Elvis chante. 

En 1975 les premiers signes de fatigue et de maladie se font sentir, alourdi par son mode de vie, harassé par le rythme des tournées, dopé par les pilules magiques de ses médecins, en août, Elvis doit annuler son show à Las Vegas. C'est le 26 juin 1977 que le King donne son dernier concert, à Indianapolis. Le 16 août, Elvis Presley meure chez lui à Graceland, à Memphis. 

Elvis Presley c'est 131 disques (albums et singles) certifiés Or, Platine, ou Multiplatine, plus de 1300 concerts, 14 nominations aux Grammy Awards dont trois récompensées, plus de 900 chansons à son actif, une trentaine de films... (Alerte Rouge)






THE BEATLES


The BEATLES est un groupe originaire de Liverpool, composé de John LENNON, Paul McCARTNEY, George HARRISON et Ringo STARR qui verra le jour en 1957, avant sa séparation en 1970. 

John LENNON fonde en 1957 son groupe baptisé au départ The QUARRYMEN, et recrute alors Paul McCARTNEY en juillet 1957, puis arrive George HARRISON en février 1958. Tous guitaristes à la base, chaque membre décide alors de s’orienter vers d’autres instruments, on retrouve alors John LENNON à la guitare rythmique, George HARRISON à la guitare solo, et Paul McCARTNEY à la basse. Le dernier membre du groupe, qui n’est autre que Richard STARKEY plus connu sous le pseudo Ringo STARR, arrivera derrière la batterie en 1962. 

Après avoir joué pendant plusieurs années dans des clubs que ce soit à trois ou quatre, avec ou sans batteur, Allan WILLIAMS, l’un des dirigeant de boites de Liverpool leur déniche un contrat à Hambourg et ils partent alors avec Pete BEST comme batteur du groupe, nous sommes en Août 1960. 

Si à Hambourg ou à Liverpool, The BEATLES commence à se faire connaitre, les jeunes gens n’arrivent pas à gagner en notoriété. Les allers- retours s’enchainent entre l’Angleterre et l’Allemagne, et le groupe se produit notamment avec le groupe RORY STORM AND THE HURRICANES, dont le batteur se nomme Ringo STARR, et c’est en Novembre 1960 que Ringo commence à jouer un peu avec les gars de Liverpool quelques années avant de les rejoindre définitivement. 

Hambourg sera la ville où tout commencera vraiment pour The BEATLES qui signe son premier contrat d'enregistrement, chez Polydor, en tant qu'accompagnateurs du chanteur et guitariste Tony SHERIDAN pour le 45 tours « My Bonnie » qui sort en Octobre 1961. 

Le mois suivant fera tout basculer. De retour en Angleterre, The BEATLES joue au Cavern Club de Liverpool, et c’est là que Brian EPSTEIN les repère et les manage. Plus de vestes en cuir, plus de banane, place à une nouvelle tenue vestimentaire, et surtout l’instauration de la coupe au bol afin de leur donner une identité, et un profil plus professionnel. 

Brian EPSTEIN fait alors son maximum auprès des maisons de disques et essuie quelques refus, mais George MARTIS, producteur chez Parlophone, décide de convoquer The BEATLES dans les studios EMI d'Abbey Road le 6 juin 1962 pour une audition qui sera concluante mais qui verra l’éviction de Pete BEST sur les recommandations du producteur. Il est alors remplacé par Ringo STARR pour les enregistrements. 

De ces enregistrements, The BEATLES sortira leur premier single « Love Me Do », extrait de l’album « Please Please Me », où Andy WHITE, musicien de studio est à la place de Ringo, puisque George MARTIN ne souhaitait pas prendre de risque avec le nouveau, et lui confiera tout de même le tambourin. Dès lors The BEATLES ne va cesser de sortir des titres que ce soit des singles ou des 45 Tours. Le 5 octobre 1962, The BEATLES sort le titre « Love Me Do », qui se classe 17e des ventes, une belle réussite pour un début, et rapidement le titre « Please Please Me » atteint lui la première place ce qui leur permet d’enregistrer un album complet. Le succès est au rendez vous, The BEATLES enchaîne les tournées à travers le Royaume Uni, et les titres comme « From Me to You » ou bien encore « She Loves You » sont numéro un en 1963. 

Leur passage, le 13 octobre 1963, dans le très populaire show télévisé londonien Sunday Night at the Palladium marque le début du phénomène The BEATLES que la presse britannique baptise la « beatlemania » au point de classer douze titres successifs numéro 1 dans les charts entre 1963 et 1966. 

Durant cette période, John LENNON et Paul McCARTNEY ne vont cesser d’écrire. Le 22 Novembre 1963, l’album « Please Please Me » du groupe The BEATLES quitte la première place des ventes, pour être remplacé par le second album du groupe « With The BEATLES », et les deux albums débarqueront aux Etats Unis, même si là-bas le phénomène ne semble pas émouvoir plus que cela, mais les Fab Four, comme ont les appelle, marqueront l’industrie du disque américain en classant durant quelques semaines le titre « I Want to Hold Your Hand » au sommet des charts qui sera détrôné par « She Loves You » puis par « Can't Buy Me Love », la « beatlemania » envahit donc le monde entier. 

La France n’est pas en reste, et l’Olympia s’en souvient encore, puisque The BEATLES s’y produira 41 fois d’affilée, en trois semaines. Après un premier show à Versailles le 15 Janvier, dès le lendemain, l’affiche à l’Olympia est énorme, puisque se produisent alors sur scène Daniel JANIN et son orchestre, les HOGANAS, Pierre VASSILIU, Larry GRISWOLD, Roger COMTE, Gilles MILLER, Arnold ARCHER, Trini LOPEZ, Sylvie VARTAN et donc The BEATLES. 

Après la France ce sont les Etats-Unis qui vont craquer pour The BEATLES, et cela grâce à leur première prestation télévisée, lors du Ed Sullivan Show di!usé sur CBS le 9 février devant plus de 70 millions de personnes. Après quelques shows, rapides, et plusieurs télés, le groupe travers les Etats-Unis pour une tournée complète. Durant cette tournée, le groupe fait la connaissance de Bob DYLAN. 

Le 15 août 1965, The BEATLES est le premier groupe de rock à se produire dans un stade, le Shea Stadium de New York, devant 56 000 fans déchaînés et dans des conditions singulières. Le groupe The BEATLES est abonné aux premières places des charts américains jusqu'à la fin de leur carrière. Ils détiennent d'ailleurs toujours,  aujourd'hui, un record absolu avec 209 millions d'albums vendus sur ce seul territoire. A la sortie du Help ! le succès est toujours au rendez vous grâce à la Bande Originale. 

A l’automne 1965, The BEATLES enregistre dans l’urgence l’album « Rubber Soul », où l’influence de Bob DYLAN plane vraiment. Cet album marque un changement dans le procédé d’écriture, mais permet au duo John LENNON - Paul McCARTNEY de faire des merveilles. Cet album est une réussite, et il en sera de même à l’été suivant avec la sortie de « Revolver » qui contient le célèbre titre « Yellow Submarine ». 

1966 marquera aussi la pire année de tournée des membres de The BEATLES, puisque leurs prestations sont loin de celles qu’ils font en studio. Le groupe se fait lyncher après un quiproquo au Japon avant de connaitre le même sort aux États-Unis, suite à une sortie fait par Paul McCARTNEY, annonçant que son groupe était plus populaire que Jésus. Face à autant de haine, le groupe décide d’arrêter là. 

Finalement, The BEATLES trouve tout de même la force de continuer en studio avec la sortie en Juin 1967 de l’album « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band » qui est considéré comme le plus grand album du groupe, et la meilleur œuvre rock de tous les temps. 

Le 25 juin 1967, The BEATLES se produit devant plus de 400 millions de téléspectateurs à travers le monde, à l'occasion de la toute première émission diffusée par satellite, Our World où ils interprètent une chanson spécialement composée par John LENNON pour l'occasion : « All You Need Is Love ». Un véritable succès qui se ressentira dès le 7 Juillet, date de parution du 45 tours, qui sera directement au top des charts et cela durant trois semaines. 

Le 24 Juillet The BEATLES fait scandale, via The Times en finançant et en signant une pétition baptisé « La loi interdisant la Marijuana est immorale en principe et inapplicable en pratique », un appel contre la prohibition en vigueur depuis l'instauration du Dangerous Drug Act en 1965. 

Le 27 Août, The BEATLES apprend la mort de leur manager Brian EPSTEIN suite à une overdose. L’année se conclut par le premier échec du groupe avec leur film Magical Mystery Tour. 

En 1968, The BEATLES ou plutôt Paul McCARTNEY prend les choses en main avec Apple Corps, leur compagnie qui va gérer tout autour du groupe, et même la production d’album. Après un long séjour en Inde pour méditer, le groupe The BEATLES revient pour une nouvelle aventure musicale. Pour John LENNON, c’est aussi l’heure du changement, et décide de quitter sa famille pour l’artiste Yoko ONO. Puis vient l’heure d’entrer en studio pour enregistrer « The BEATLES » plus communément baptisé Album Blanc qui sort en Novembre 1968. Ce même mois John et Yoko sortent l’album « Two Virgins » enregistré en mai durant leur première « grande nuit » et où sur la pochette ils apparaissent nus. 

Pour relancer le groupe The BEATLES en « Live », Paul McCARTNEY lance le projet Get Back, filmer la création d’un album, les répétitions, et un vrai live en public, pour que les gens comprennent mieux qui ils sont. Malheureusement, trop de tensions entre tous les membres. Après plusieurs jours de réflexions retour aux studios Apple, avec au clavier Billy PRESTON, pour donner leur ultime prestation publique sur le toit de l'immeuble, le 30 janvier 1969. Mais elle est interrompue au bout de 42 minutes par la police, à la suite de plaintes pour cause de vacarme. 

Des aléas qui déboucheront par la sortie l’année suivant du film « Let It Be ». Si finalement le projet tombe à l’eau le 11 Avril sort l’unique single de ce projet « Get Back/Don't Let Me Down ». Pour ne pas finir sur un échec, Paul McCARTNEY réussit à convaincre les autres membres de The BEATLES et même George MARTIN de faire un album comme avant, et donc de retourner à Abbey Road afin de retravailler des chansons écrites en Inde, ou durant le projet Get Back et après deux mois de travail, l’album « Abbey Road » et sa célèbre pochette, sortent en septembre 1969. 

Quelques jours avant la sortie de l’album John LENNON annonce à ses comparses son envie de quitter The BEATLES ̧ alors qu’une nouvelle tournée se prépare. 

Finalement l’ultime enregistrement de The BEATLES se fera en Janvier 1970 avec le titre « I Me Mine ». 

Avec les nombreux titres enregistrés en 1969, en Mai 1970 sort l’ultime album de The BEATLES « Let It Be » qui viendra refermer 10 ans de succès. (Melody TV)

SOURCES

https://www.bfmtv.com/people/musique/cinquante-ans-apres-leur-se...es-beatles-sont-plus-populaires-que-jamais_AN-202004100203.html

https://www.nostalgie.fr/artistes/the-beatles

https://www.lefigaro.fr/musique/le-10-avril-1970-paul-mccartney-annoncait-la-mort-des-beatles-20200410

https://www.lexpress.fr/culture/musique/the-beatles-le-groupe-mythique_1771688.html

https://yellow-sub.net/the-beatles/91560-the-beatles-6

https://www.universalmusic.fr/artistes/20000052644

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Beatles

https://www.francetvinfo.fr/culture/musique/the-beatles/

https://www.franceinter.fr/musique/comment-le-monde-entier-et-trois-des-beatles-ont-appris-la-separation-des-beatles-il-y-a-50-ans


THE ROLLING STONES


The Rolling Stones est un groupe de rock né en 1962 à Londres. The Rolling Stones est originalement composé de 4 membres : Mick Jagger (chanteur) et Keith Richards (guitariste), Brian Jones (guitariste) et Ian Stewart (pianiste). Mais ils sont rapidement rejoins par le bassiste et batteur, respectivement Bill Wyman et Charlie Watts. D’après Keith Richards, c’est Brian Jones qui a trouvé le nom du groupe alors qu’il était au téléphone avec un journaliste. Alors que la formation n’avait pas encore de nom, le guitariste, pris de court, a improvisé en s’inspirant du titre d’une chanson d’un album de Muddy Waters qui traînait sur le sol... Rollin’ Stone Blues a donné naissance aux Rollin’ Stones qui sont devenus rapidement The Rolling Stones. 


The Rolling Stones jouent sur scène pour la première fois officiellement en 1962 et vont rapidement devenir des références du rock’n’roll, malgré leur inspiration pourtant très blues, et donc concurrencer les Beatles dont le parcours est quelque peu similaire. En opposition à ces derniers, ils adoptent une attitude décalée de bad boy et font un réel show sur scène qui les fait gagner en notoriété.



Ils débutent dans des clubs londoniens avant d’enregistrer leur premier 45 tours, le titre Come on repris du chanteur Chuck Berry. A partir de là, la groupe décolle jusqu’à devenir incontournable. Après avoir connu la gloire au Royaume-Uni, the Rolling Stones partent à la conquête de l’Amérique. Leur premier tube arrive dès 1965, c’est le célèbre Satisfaction qui les fait connaitre dans le monde entier, et leur deuxième est Paint it Black, contenu dans l’album Aftermath qui sort l’année suivante, écrit par les désormais inséparables Jagger et Richards. S’enchainent alors tubes et albums, dont la chanson Jumping jack Flash qui est numéro un dans de nombreux pays. Selon la légende, Bill Wyman aurait inventé le terme de groupie pendant la tournée des Rolling Stones en Australie en 1965.

La rivalité entre les Rolling Stones et les Beatles a été montée de toutes pièces par des as du marketing. La preuve : Mick Jagger assure les chœurs et Brian Jones joue du hautbois sur la chanson des Beatles Baby, You’re a Rich Man. John Lennon et Paul McCartney assurent les choeurs sur la chanson des Rolling Stones We Love You. Ces collaborations ont toutes les deux eu lieu en 1967. 

Malheureusement, tout n’est pas rose. En 1969 le fondateur initial, Brian Jones est retrouvé mort dans sa piscine, un mois seulement après avoir été exclu du groupe pour ses problèmes de drogues (officiellement pour effectuer une carrière en solo). Il est alors remplacé par Mick Taylor jusqu’en 1974, le temps de cinq albums. The Rolling Stones créé ensuite son propre label, devenu une réelle marque planétaire (la bouche tirant la langue). La fameuse langue qui sert de logo aux Rolling Stones s’inspire de la déesse indienne de la préservation, de la transformation et de la destruction Kali mais également des lèvres et de la langue de Mick Jagger... 

A partir des années 1970, les Rolling Stones vont mal et déçoivent pour plusieurs raisons et pensent même à se séparer, heureusement le titre Angie les en empêchera. Mais les Stones quittent leur maison de disques Decca, Keith Richards devient accro aux drogues et son copain Mick Jagger au luxe, fréquentant notamment la jolie chanteuse Marianne Faithfull. 

Certaines paroles du dixième album des Rolling Stones Exile on Main Street (1972) ont été construites selon la technique de William S. Burroughs, dite du cut-up, qui consiste à prendre un texte, le découper et réarranger les mots pour créer un nouveau sens.

En 1978, l’album Some girls signe le retour du succès, puis le titre Start me up leur fait enchainer les concerts dans le monde entier, toujours plus impressionnants. Cette période ne dure malheureusement pas dans la mesure où les membres de The Rolling Stones sortent chacun leur tour un album solo et Charlie Watts enregistre avec un nouveau groupe de jazz. Toutefois, The Rolling Stones décident en 1989 de faire un nouvel album : Steel Wheels qui est numéro un dans de nombreux pays du monde, ce qui les incite à en faire encore un autre : Voodoo Lounge en 1994 qui se vend à six millions d’exemplaires. Après une séparation qui aura duré dix ans, les papys du rock reviennent ensemble sur le devant de la scène en 2015 pour une tournée, avant l'enregistrement d'un nouvel album, prévu pour 2016. Entre tournées mondiales, gigantesques concerts à succès et un chiffre d’affaires impressionnant, The Rolling Stones ne sont pas prêts de s’arrêter. (Le Parisien)

Ils se sont formés en 1962 et ont sorti leur premier disque l’année suivante. Charlie Watts, c’est l’aîné, né en 1941. Ses deux complices, Mick Jagger et Keith Richards, plus jeunes de deux ans et enfin le bambin, Ron Wood né en 1947. On les a enterrés musicalement de nombreuses fois. Ils se sont séparés, fâchés, retrouvés ; des départs, des décès, des arrivées. En 2005-2006, ils entreprennent une grande tournée mondiale à l’occasion de la sortie de « A bigger bang ». Ils remplissent le Stade de France et le palais Nikaïa de Nice. Sur toute la planète on se presse, pensant que c’est la dernière fois qu’on les voit tous les quatre vivants et bondissants. Mais les diables ont toujours du ressort. En 2011, ils sortent l’album « Some girls » avec douze nouvelles chansons et cinq ans plus tard « Blue & Lonesome ». Et en plus, ils sont toujours sur scène : tournées mondiales en 2012 et 2015, européennes en 2017-2018. Et pourquoi pas une prochaine en 2021 à la fin du confinement pour la sortie d’un nouvel album dont « La ville fantôme » ne serait que l’apéro ? Les Stones. Indestructibles. CHRISTOPHE CHICLET

SOURCES

https://rollingstones.com

https://www.instagram.com/therollingstones/?hl=fr

https://www.force-ouvriere.fr/musique-le-dernier-tube-premonitoire-des-rolling-stones

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/musique/les-rolling-stone...n-inedite-et-premonitoire-sur-le-confinement-23-04-2020-8304819.php

https://www.rocknfolk.com/a-la-une/mick-jagger-en-marchand-dart-avide-de-gloire-au-cinema/41525

https://www.cosmopolitan.fr/rolling-stones,1999081.asp

https://www.babelio.com/auteur/-The-Rolling-Stones/77081

https://www.melody.tv/artiste/the-rolling-stones

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Rolling_Stones

https://www.premiere.fr/Star/The-Rolling-Stones


LOU REED

Génial, paranoïaque, sulfureux, décadent, militant des bonnes causes, junkie, promoteur d'un rock « adulte », Lou Reed est un tissu de contradictions. Ce fils d'avocats passe une adolescence turbulente à Long Island. Lewis Alan Reed, plus connu sous le nom de Lou Reed est né le 2 mars 1942 dans une famille juive et a grandi dans une banlieue conformiste de New-York. Pourtant lui, il ne l’a jamais été, conformiste. Artiste, photographe et même un peu poète... À l’adolescence, il avoue sa bisexualité, une orientation sexuelle qu’on pense à l’époque devoir « soigner » à l’aide d’électrochocs. Un traumatisme qu’il racontera d’ailleurs dans sa chanson Kill Your Sons (1974). 


Après des études à l’université de Syracuse, centrées sur la poésie, la littérature et le journalisme, il travaille comme compositeur maison pour Pickwick Records. Lou Reed, passionné de musique et en particulier de free-jazz et de rythm'n'blues fait la rencontre d’un musicien, John Cale. Lassés des paroles fadasses et des chansons alimentaires, ils vont former un groupe d’abord appelé Primitives, avant de devenir Warlocks, The Falling Spikes et enfin... Velvet Underground.   


Malgré leur complicité avec l'artiste avant-gardiste Andy Warhol, ils ont peu de succès. Bowie a découvert Lou Reed en même temps que les autres (alors pas si nombreux) en 1967, quand il a reçu de son manager le premier album éponyme du «Velvet Underground». «Je n’avais rien entendu de pareil. Cela a été une révélation pour moi». A l’époque, le Britannique n’a qu’un seul nom de scène et un premier album. Il regarde son ainé américain avec beaucoup de déférence et le souhait de le rencontrer, un jour. La légende est déjà en route. Leurs textes, qui flirtent avec les fruits défendus, célébrant la beauté dans l'horreur, leur interdisent tout accès aux médias. Las, Lou Reed quitte le V.U. au milieu de Loaded , le quatrième album.Après deux années dans l'ombre, il signe avec RCA et s'installe à Londres. 



La maison de disques organise un dîner au restaurant branché « Max's Kansas City », en septembre 1971. Le courant passe. Lou Reed ne voit plus que par Bowie, «la seule personne intéressante» sur qui il a une influence considérable. «Le rock’n’roll est devenu fastidieux, sauf ce que fait David», déclare Lou. Son nouvel ami répond au compliment en offrant de produire son prochain album. «J’étais pétrifié quand il a accepté de travailler avec moi, en tant que producteur, parce que j’avais tellement d’idées et je me sentais si intimidé par le travail qu’il avait déjà accompli», expliquait Bowie en 1998. «Même si nous n‘avions pas beaucoup d’années d’écart, Lou avait déjà un incroyable répertoire». La collaboration va mêler le flamboyant Bowie et le plus secret Lou Reed, rapprocher leurs deux publics, leurs deux cultures. RCA comprend que le succès du premier va servir le second. «J’avais tellement envie que ça fonctionne pour lui, de faire un superbe album que lui- même trouverait inoubliable». 


En 1972, coup sur coup, il sort Lou Reed et Transformer , produit par Mick Ronson et David Bowie, qui joue du sax sur « Walk on the Wild Side ». Ses descriptions d'un univers interlope et son statut d'homo camé en font le porte-parole des marginaux et le parrain du punk. Ses concerts, à l'opposé de ceux du Velvet Underground, sont marqués par une option théâtrale et chorégraphique digne de Bowie. «Walk on the Wild Side» est un succès mondial et tire vers le haut les ventes d’un album qui, au fil des années, va s’imposer comme un classique, le plus grand succès critique et commercial de Lou Reed. Un succès tellement fou que Lou sera classé artiste rock préféré des adolescents britanniques, devant Mick Jagger, pour l'année 1972. La suite est plus compliquée. L’élève Bowie a une telle influence sur le maître Reed, de la musique au look, que l'ainé aurait fini par le prendre de travers. Il n’y a pas de raison officielle à leur rupture, mais le sale caractère de l’ancien du Velvet est connu. Reed refuse de laisser Bowie produire son album suivant «Berlin», qui finira par influencer Bowie. Cercle vertueux, cercle vicieux... 



En 1973, il sort le cafardeux Berlin , produit par Bob Ezrin. Directement inspirée par la ville allemande, divisée physiquement et psychologiquement, cette œuvre, qui suinte le fiel, le suicide et les immondices, est considérée comme le « Sgt. Pepper's noir et déprimant des années 1970 » et son meilleur album. Grâce à ce condensé de réalité passée au vitriol, Reed est reconnu comme un compositeur unique, dérangeant et macabre. On l'installe dans la tradition du « nouveau rock », un style inventé par le Velvet. Son timbre glacial mais prenant et ses thèmes fétiches vont influencer des générations entières et l'amener à composer aussi bien pour Kiss que pour Nils Lofgren



De 1974 à 1982, il enchaîne les albums, alternant le meilleur ( Rock'n'Roll Animal , 1974), mais surtout le moins bon. En 1979, Bowie et Reed dînent avec plusieurs copains dans un restaurant de Londres. La soirée est arrosée. Reed évoque son prochain album et propose à celui qui a sauvé sa carrière de le produire. Réponse cinglante de Bowie : «Si t’arrêtes de boire et que tu te reprends». En rage, Lou Reed se jette au dessus de la table, prend Bowie par le col et lui assène des coups au visage. On les sépare. L’ambiance se détend quand les deux hommes se retrouvent seuls, se prennent dans les bras, s’embrassent même... avant que la bagarre ne reprenne de plus belle. L’affrontement continuera à l’hôtel où loge Lou Reed, avec Bowie intimant son meilleur ennemi de «venir se battre comme un homme». Il faudra attendre les années 1990 pour revoir ces deux égos ensemble. 



Reed profite de cette période pour amorcer le changement de son image et se présenter comme un artiste devenu adulte, un intellectuel affranchi désormais des mythes et des images morbides de sa jeunesse.En 1982, de retour chez RCA, il sort The Blue Mask , un hommage à son mentor le poète Delmore Schwarz, mais aussi son meilleur album depuis Berlin. Cynique mais mature, il tire les conclusions de ses expériences extrêmes. La suite, Legendary Hearts (1983), est superbe, suivie du serein New Sensations (1984) et du très électronique Mistrial (1986). Ce nouvel élan créatif est en partie attribué à son mariage (1980) et à son adéquation parfaite avec son nouveau groupe. En parallèle, il s'investit dans plusieurs causes collectives (Farm Aid en 1985, tournée Amnesty International en 1986, lutte anti-apartheid... ) et s'affiche avec le président tchèque Vaclav Havel, défenseur émérite de la démocratie à l'Est et grand amateur de rock. 



En 1989, avec New York , il atteint un nouveau sommet artistique et commercial. Il y décrit une société tiraillée par les tensions urbaines ( « Dirty Boulevard » ) et en pleine décomposition. Cette même année, il participe à un album solo de Maureen Tucker, batteuse du Velvet Underground. Puis, dans le sillage, il s'associe à John Cale pour Songs For Drella (1990), un requiem poignant pour Andy Warhol décédé en 1987 et composé de ballades minimalistes giflées de guitares tendues. Ces collaborations débouchent sur une reformation ponctuelle du Velvet Underground à Paris en juin 1990 puis sur une tournée européenne dans des salles combles en 1993. Toujours à cause des batailles d'ego entre Reed et Cale, ils se séparent juste avant la tournée américaine.



En 1992, Magic & Loss , inspiré par le cancer de deux de ses amis, constitue une sombre méditation sur l'âge et sur la peur de vieillir. Les hommages pleuvent. Ce poète est fait Chevalier des Arts et des Lettres par Jack Lang en 1992. Pourtant, les vieilles obsessions reviennent parfois. Son divorce en 1994, les règlements de comptes avec Moe Tucker et John Cale débutent une série noire qui se termine avec le décès de Sterling Morrison (du Velvet Underground). Lou Reed est l'un des personnages rock les plus intrigants de toutes ces années, caméléon génial ou grincheux patenté selon les jours. 

Cela n'empêche pas Lou Reed de prouver que le rock peut être intéressant au- delà de la quarantaine. L'exceptionnel Set The Twilight Reeling (1996) est suivi d'albums aussi divers que Ecstasy (2000) ou The Raven (2003), inspiré par Edgar Allan Poe. Marié à Laurie Anderson depuis 2008, Lou Reed continue de surprendre. En 2011, il s'associe au groupe Metallica et adapte la pièce de Frank Wedekind qui a servi de trame à l'opéra Lulu d'Alban Berg. Opéré d'une greffe du foie en mai 2013, il succombe le 27 octobre à l'âge de 71 ans. La disparition de cette personnalité éminente qui a changé l'histoire du rock cause un vif émoi à travers le monde et laisse un grand vide dans un univers musical marqué par son empreinte.  


SOURCES













MÉFIEZ-VOUS DES CONTREFAÇONS DU ROCK


Un grand groupe se doit-il d’avoir un nom original ? Il faut croire que non puisque certains ne se sont pas gênés pour piquer celui d’un prédécesseur au destin moins reluisant.
Si certains ont la délicatesse de changer de nom pour éviter les doublons et la confusion, d’autres, au contraire, s’approprient celui d’autres…. Par arrogance, manque d’imagination ou tout simplement absence de culture ? En tout cas, c’est toujours assez déroutant, voire contrariant. Peut-on faire confiance à un artiste – et du coup apprécier sa musique – dont le nom, pour commencer, relève déjà du plagiat, du pompage, ou même de l’imposture ?…



Histoire de pochette - Album ‘Bienvenue au Paradis’ de Jean-Patrick CAPDEVIELLE



Découvrez les étapes de la création de la pochette du dernier album de Jean-Patrick CAPDEVIELLE - "Bienvenue au Paradis" - Images et montage : Catherine BEUDAERT

https://vimeo.com/183987553?ref=fb-share&fbclid=IwAR0ZJczu9C0sj3eTHTgJ02FZYxSfCP6xae6O1Zt6uj2BKaQDqZZ0mVSmqh4






Le 9 octobre 2016, quelques fans ont pu admirer les toiles de Jean-Patrick Capdevielle. À cette occasion a eu lieu un happening pyrotechnochristique par l'auteur lui-même.

Retrouvez cette vidéo sur :https://vimeo.com/195336019


DAVID BOWIE
De son vrai nom David Robert Jones, David Bowie est né le 8 janvier 1947 dans le quartier londonien de Brixton. Le chanteur est le fils d’une ouvreuse de cinéma et d’un chargé des relations publiques pour une organisation caritative. Il découvre le jazz, initié à la musique par son frère Terry Jones à qui il voue une admiration sans bornes, et prend des cours de saxophone à l'âge de 13 ans. L’influence de son frère, qui finit par se suicider, se fait sentir dans l’œuvre du chanteur. Elève peu intéressé par l'école, il déserte le lycée technique à 17 ans et se produit avec avec différents groupes, les Manish Boys et les King Bees. À la même période, il publie quelques 45T, qui malheureusement ne trouvent pas d’écho positif.



C’est à cette période qu’il rencontre Lindsay Kemp, célèbre mime. Pendant trois ans, il se forme à l'art du mime auprès de la troupe de Lindsay Kemp, élève de Marcel Marceau. Avec la troupe il se produit dans des spectacles qui mêlent mime, danse et musique. Le chanteur va mesurer l’impact des gestes sur scène, et va également découvrir le théâtre. Il cherche à percer avec différents groupes mais c'est en solo qu'il se fait connaître. Il prend le nom de Bowie pour éviter toute confusion avec un autre chanteur connu de l'époque, Davy Jones, du groupe The Monkees

Il enregistre son premier album éponyme chez Decca en 1967 : son écoute est déroutante et se révèle un bide. Le titre « Space Oddity » qui sort en 1969 le révèle au grand public, mais l'album intitulé « Man of world / Man of music » est plutôt décevant et ne ressortira que bien plus tard sous un nouveau titre. 


En 1971, Bowie pose habillé en femme sur la pochette de l'album « The Man Who Sold The World » et développe un rock incisif qui se retrouve sur le titre « Hunky dory ». Les deux albums intriguent le public. Devenu un phénomène médiatique, il continue les extravagances, et joue de son look androgyne, surfant sur son originalité, il crée son avatar. Avant-gardiste, il investit le glam rock et se crée un personnage sur mesure en 1972 avec Ziggy Stardust. L'album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the spiders from Mars » est un énorme succès qui dépasse les frontières britanniques et l'installe au rang de star international. L'artiste cultive le goût de la provocation (il déclare sa bisexualité en 1972) et l'art des bonnes fréquentations (il s'entoure d'amis talentueux, d'Iggy Pop à Lou Reed). 


En 1973, il se sépare de son personnage androgyne et dissout son groupe. Installé à New York, il puise son inspiration dans les musiques noires nord- américaines. Il publie la même année ce qui est considéré comme l'un de ses meilleurs disques, « Aladdin Sane », et il est aux manettes du légendaire « Transformer » de Lou Reed en 1975. Ravagé par la drogue, il s'exile à Berlin et enregistre trois albums de musique expérimentale électronique. Au cours des années 1970, il se réinvente avec un nouveau personnage, le Thin white duke et enregistre trois albums dans la foulée à Berlin avec le musicien anglais Brian Eno; Low et Heroes en 1977, et Lodger en 1979. Ces disques déconcertent ses fans habituels, mais lui permettent de conquérir de nouveaux admirateurs. Parallèlement, il va également collaborer avec Iggy Pop. Il crée plusieurs titres qui restent gravés dans la légende tels « Changes », « Suffragette City », « The Jean Genie », « Rebel Rebel » et « Heroes ». 


Le succès planétaire revient dans les années 1980 avec l'album « Scary monsters » (1980) et le titre « Ashes to ashes ». En 1983, il collabore avec le groupe Chic et enregistre l'un de ses plus célèbres titres, « Let's dance », qui lui vaut les faveurs d’un large public et donne le ton musical des années 80.  Mais le succès s'essouffle quelque peu avec les albums suivants. Il se consacre parallèlement à sa carrière d'acteur (« L’homme qui venait d’ailleurs », « Les Prédateurs », « Furyo », « Labyrinth », « La dernière tentation du Christ », « Everybody Loves Sunshine », « Zoolander »). A la fin des 80’s, il fonde le groupe Tin Machine, sans apparaître en haut de l'affiche, qui publie deux albums au succès mitigé. 


Revenu en solo dans les années 1990, il continue son exploration musicale entre rock et électro, mais a du mal à convaincre son public avec ses disques. En 1995, il scelle ses retrouvailles avec Brian Eno pour enregistrer Outside et renouer avec le succès. Toujours féru de mode, il apparaît sur la pochette de l'album Earthling (1997) avec un manteau aux couleurs du drapeau de l'Union Jack signé Alexander McQueen. David Bowie revient en grâce en 1999 avec le tube « Hours ». La nouvelle génération du rock vient même lui donner un coup de main, à l'image de Brian Molko ( Placebo ), avec lequel il chante en duo « Without you, I'm nothing ». David Bowie décide alors de renouer avec son ancien producteur, Tony Visconti. 


En 2002, « Heathen » réhabilite définitivement l'artiste. En 2003, il publie l'album Reality et part en tournée, un best-of est édité tandis que la célébration des trente ans de Ziggy Stardust prend la forme d'une réédition en double CD et DVD. Des ennuis de santé assez sérieux et une opération au cœur contraignent David Bowie à annuler sa tournée française, programmée en 2004. Depuis, il a enregistré quelques duos et est monté sur scène avec le groupe Arcade Fire. Il joue dans « Le Prestige de Christopher Nolan » en 2006. En 2008, on le retrouve en tant que collaborateur sur l'album de Scarlett Johansson , mais aussi comme acteur dans le film « August ». 
Alors qu'on le croyait à la retraite, David Bowie surprend le monde entier le 8 janvier 2013, jour de son 66e anniversaire, en annonçant la sortie d'un nouvel album. Mais loin du style flamboyant et des artifices de ses débuts, David Bowie n'accorde aucune interview pour la promotion de cet album. « The next day » sort le 11 mars, précédé de deux singles, « Where Are We Now » et « The stars (are out tonight) ». Il continue sa carrière, en écrivant le générique de la série Panthers, et écrit la comédie musicale Lazarus, jouée à Broadway à la fin de l’année 2015. Le 8 janvier 2016, il célèbre à nouveau son anniversaire avec la sortie dans les bacs d'un nouvel album intitulé Blackstar


Avec "Blackstar", sa mort devient œuvre d'art 
Dans son dernier clip, « Lazarus », Bowie se représente sur son lit de mort en chantant : « Look up Here, I’m in Heaven... » (« Regardez là-haut, je suis au paradis »): le dernier album de David Bowie, Blackstar a été conçu comme un testament. C'est aussi un chef d’œuvre. 

Il s’était une nouvelle fois réinventé. Depuis dix-huit mois, David Bowie savait qu’il était condamné. Les médecins lui avaient diagnostiqué un cancer du foie, à l’issue fatale. Alors pour tenter de conjurer le sort, Bowie s’est lancé dans une course folle au travail. Quand il convoque des musiciens de jazz new-yorkais, en janvier 2015, pour l’enregistrement de son futur disque, seul le producteur Tony Visconti est au courant de son état de santé. Depuis sa disparition médiatique en 2004, David Bowie ne parle plus. Le mystère étant une part essentielle de son succès, il sait que moins il en dira, plus on parlera de lui. 


Alors autant mettre en scène son départ qu’il sait inéluctable. Bowie conçoit donc l’album «Blackstar» comme un testament et imagine le personnage de Lazarus, sa dernière incarnation, dans une vidéo mise en ligne deux jours avant son décès. Lazare est ce personnage des Evangiles qui revient de la mort grâce à l’intervention de Jésus. Ici Bowie apparaît dans un lit mortuaire, les yeux bandés, le visage émacié. Son double sort d’un placard, griffonne quelques mots dans un carnet avant de repartir dans l’au-delà. Une manière presque violente de mettre un terme à une carrière brillante. Emouvante aussi. 

Personne n’avait imaginé que Bowie pouvait partir si vite, si soudainement. Les rédactions des hebdos musicaux « Rolling Stone », aux Etats-Unis, le « New Musical Express », en Angleterre, sont les premières désemparées. De là- haut, Bowie doit sourire. L’homme s’est joué toute sa vie des médias comme du public. Il avait l’art de ne rien dire, même dans les rares interviews qu’il donnait. Sortir des questions musicales, c’était s’embringuer dans un délire purement « bowiesque » sur l’état de la création contemporaine ou les philosophes qu’il aimait. En pleine période Ziggy Stardust, quand on lui demande pourquoi il s’est accoutré de telle manière, Bowie cite Michel Foucault : « Toute pensée moderne est sous- tendue par l’idée que le pensable est impensable. » Jolie manière de brouiller les pistes. 


Depuis le 25 juin 2004, jour où son cœur lui fit comprendre qu’il était mortel, Bowie s’était même pleinement retiré du monde, comme lassé du cirque médiatique qui entoura son malaise cardiaque. Installé à New York dans un très beau penthouse de Lafayette Street, en plein Soho, il décide de se consacrer à sa vie personnelle, coupant quasiment tout contact avec le monde de la musique. 

En réalité, Bowie n’aimait pas la célébrité. Il se l’était prise dans la figure dans les années 1970 et avait déjà pris goût à la vie de reclus. Son malaise fut encore plus grand en décembre 1980 : il jouait alors « Elephant Man » à Broadway et Mark David Chapman, l’assassin de John Lennon, révéla avoir pris des places pour la pièce dans le but de tuer également le chanteur de « Heroes ». 


Le 7 décembre dernier, David fit donc sa dernière apparition publique à New York pour la première de « Lazarus », au Theatre Work shop où il monte sur scène lors des saluts. Mais une fois le rideau tombé, l’icône s’écroule. Bowie ne restera pas à la fête donnée dans la soirée. Impossible de deviner pour autant qu’il entrait dans le dernier mois de sa vie. Il ne voulait rien laisser paraître de sa réalité. Complice fidèle, Brian Eno, un temps membre de Roxy Music, avait échangé des courriers électroniques avec David pas plus tard que la semaine dernière : « Merci pour tous nos bons - moments, Brian, lui écrivait David. Ils ne pourriront jamais. » « J’ai compris, le jour de sa disparition, a dit Eno, que c’était sa manière de me dire au revoir. » Enigmatique jusqu’au bout, Bowie aura réussi malgré tout à écrire la fin de sa vie selon sa propre volonté. « We can be heroes, just for one day », chantait-il (« On peut être un héros, juste pour un jour »). Il vient de prouver le contraire. 

Paris Match | Publié le 14/01/2016  Par Benjamin Locoge 
David Bowie s'est éteint le 10 janvier 2016 après un long combat contre le cancer. 
Ses récompenses 
1995 - British Award pour l'ensemble de sa sa carrière 
1995 - Rock and Roll Hall of Fame 
1983 - Grammy Award de la meilleure vidéo pour David Bowie 
1983 - British Award du meilleur artiste masculin 
1977 - Hollywood Walk of Fame 

SOURCES

















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