DANSE


SERGE LIFAR


Serge Lifar (en ukrainien Sergueï Mikhaïlovitch Lifar) est un danseur, chorégraphe et pédagogue ukrainien naturalisé français, né à Kiev le 2 avril 1905 et mort à Lausanne le 15 décembre 1986.


Il a souvent été décrit comme un danseur d'une grande beauté physique et doté d'une présence rayonnante, l'un des plus importants de sa génération.

Réformateur du mouvement et de la technique de la danse, à laquelle il ajouta deux positions de pied, Serge Lifar a été l'un des créateurs qui imposèrent le style néo-classique, terme qu'il employa pour qualifier notamment son ballet Suite en blanc de 1943.


Nommé maître de ballet de l’Opéra de Paris, de 1930 à 1944 et de 1947 à 1958, il s'employa à restaurer le niveau technique du Ballet de l’Opéra de Paris pour en faire, dans les années 1930 et jusqu'à aujourd'hui, l'un des meilleurs du monde. Yvette Chauviré Janine Charrat, Roland Petit, entre autres, ont incontestablement subi son influence. (Wikipédia)




MAGUY MARIN


Maguy Marin étudie la danse classique au conservatoire de Toulouse. Elle entre ensuite au ballet de Strasbourg, puis change de direction et rejoint l'École Mudra à sa création en 1970 à Bruxelles. Trois ans de travail intense sont décisifs dans son parcours (« tous mes repères s'effondrent pour laisser apparaître la multitude des choix créatifs, la liberté, la contrainte aussi... Plus rien ne sera comme avant »). 

Elle participe ensuite à un groupe de recherche théâtrale, Chandra, qui stoppe assez vite (fin 1974). Elle sera soliste quatre saisons durant pour le Ballet du XXe siècle sous la direction de Maurice Béjart, et tente ses premières expériences de chorégraphie. En 1978, elle est encore à Bruxelles et travaille avec Daniel Ambash ; son activité créatrice prend dès lors son essor, spécialement après son prix obtenu au Concours chorégraphique international de Bagnolet en 1978. Son style se tourne vers un pendant français de la Tanztheater, développée en Allemagne par Pina Bausch, en intégrant de nombreux éléments théâtraux et non dansés dans ses chorégraphies . Elle sera dès lors une des chorégraphes les plus importantes de la Nouvelle danse française, notamment avec une pièce devenue mythique May B créée en 1981 au

Centre national de danse contemporaine d'Angers ainsi qu'avec sa version contemporaine de Cendrillon créée en 1985 pour le ballet de l'Opéra de Lyon et jouée plus de 460 fois depuis cette date avec dix distributions différentes . Elle entame en 1987 une longue collaboration avec le musicien-compositeur Denis Mariotte. À la direction du Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne à partir de 1985 puis au Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape de 1998 à 2011, elle s'installe dans la ville de Toulouse en 2012, puis en 2015 à Sainte-Foy-lès-Lyon.  

La compagnie se crée, évolue et change développant ces dernières années son travail dans le cadre de la non-danse. À ce jour, elle a réalisé une quarantaine de pièces. 

Maguy Marin est l'une des très rares non Américaines à avoir reçu l'American Dance Festival Award. En 2008, elle reçoit un Bessie Award à New York pour son spectacle Umwelt présenté au Joyce Theater. L'édition 2012 du Festival d'automne à Paris lui consacre une rétrospective en programmant 6 de ses créations emblématiques dans huit théâtres de Paris et d’Île-de-France. En juin 2016, la Biennale de Venise lui remet un Lion d'or pour l'ensemble de son parcours artistique.

En mai 2018, Maguy Marin est signataire d’une pétition en collaboration avec des personnalités issues du monde de la culture pour boycotter la saison culturelle croisée France-Israël, qui selon l'objet de la pétition sert de « vitrine » à l'État d'Israël au détriment du peuple palestinien. 



MIKHAIL BARYSHNIKOV

Originaire de Riga en Lettonie, Mikhail Baryshnikov (né le 28 janvier 1948) commence à étudier le ballet dès l’âge de neuf ans. À l’adolescence, il déménage à Leningrad, où il entre à l’Académie de ballet Vaganova et devient, en 1969, le danseur principal du ballet Kirov. En 1974, il quitte l’Union Soviétique pour danser avec des compagnies de ballet à travers le monde, notamment à New York, où il travaille avec George Balanchine et Jerome Robbins. En 1980, il commence un contrat de 10 ans en tant que directeur artistique pour l’American Ballet Theatre, formant une nouvelle génération de danseurs et de chorégraphes. 


De 1990 à 2002, Baryshnikov est directeur et danseur pour le White Oak Dance Project, compagnie qu’il co-fonde avec le chorégraphe Mark Morris. White Oak est né du désir de Baryshnikov d’étendre son répertoire et l’impact de la danse moderne américaine. 


En 2005, il ouvre le Baryshnikov Arts Center (BAC), un lieu où les artistes locaux et internationaux peuvent développer et présenter leurs projets. Situé dans le quartier de Hell’s Kitchen à Manhattan, le BAC accueille quatre studios, un studio de 150 places et le théâtre Jerome Robbins de 238 places. Grâce à son programme de résidence, le BAC offre de l’espace et du temps pour de jeunes artistes établis pour rêver et créer des projets au sein des studios du centre, et ce, sans aucune pression. Le BAC présente des œuvres innovantes contemporaines par des artistes issus du monde de la danse, du théâtre, de la musique et du cinéma gratuitement ou un coût très bas. Sous sa direction, les programmes du BAC touchent près de 500 artistes et un public de plus de 20 000 personnes par an. 


Parmi les récompenses reçues par Baryshnikov, on compte le Kennedy Center Honor, la National Medal of Honor, le Commonwealth Award, le Chubb Fellowship, le prix Jerome Robbins et le prix Vilcek 2012. En 2010, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur. 


Mikhail Baryshnikov est une légende de la danse du XXe siècle, mais peu savent encore que le danseur étoile est aussi photographe. 

Lorsqu’on doit citer des danseurs russes qui ont marqué le XXe siècle, trois noms viennent en général à l’esprit: Nijinski, Noureev et... Baryshnikov ! Certains se souviennent encore comment le jeune danseur russe, né à Riga en 1948, « passa à l’Ouest » un certain jour de 1974, lors d’une tournée du Théâtre du Bolchoï au Canada. Aux Etats-Unis, Baryshnikov accomplira une riche carrière : American Ballet Theatre, New York City Ballet où le danseur retrouvera son compatriote Georges Balanchine... Danseur à la taille plus petite que la moyenne, Mikhail Baryshnikov éblouit par sa virtuosité et sa prodigieuse présence scénique. Le cinéma a immortalisé ce charisme hors du commun dans des fictions où le danseur russe (naturalisé américain en 1986) joue un rôle proche de lui-même : Le Tournant de la vie (1977) et Soleil de nuit (1985). 


Plus récemment, les jeunes générations ont pu découvrir Mikhail Baryshnikov dans la série culte produite par HBO, Sex and the city (diffusée en 2004). Or le célèbre danseur y incarne un artiste plasticien russe, vivant à New York. On l’y voit notamment préparer une rétrospective au Musée du Jeu de Paume à Paris, ce qui pourrait bien arriver un jour au photographe qu’est devenu Mikhail Baryshnikov ! Ce dernier confie prendre des photographies depuis une trentaine d’années, mais il ne travaille sérieusement que depuis 2006. On ne sera pas étonné qu’il se consacre particulièrement au monde des danseurs, se plaisant à capturer la fluidité des mouvements des corps, sans chercher à figer leur élan, mais au contraire en cultivant le flou photographique comme la meilleure traduction de la labilité, de l’évanescence, du caractère fugitif des gestes. « Je cherche à ce que les spectateurs de mes photographies puissent imaginer le mouvement avant et après, et non pas à reproduire seulement le mouvement gelé », explique Mikhail Baryshnikov. Et de préciser également : « Je prends des milliers de clichés, puis cela me prend un temps très très long pour sélectionner les images que je garde. Mon œil capture et mon cœur tranche. C’est exactement cela que je cherche. » Evidemment, la position unique de Baryshnikov, à la fois longtemps partie prenante du monde de la danse, et à présent extérieur par son choix d’être désormais observateur, rend ses photographies uniques en leur genre. Deux albums ont déjà été publiés : « Merce My Way » (2008) and « Dominican Moves » (2009). 


SOURCES







MAURICE BÉJART

Maurice Béjart naît sous le nom de Berger, le 1er janvier 1927 à Marseille. Après avoir pris des cours de danse dans plusieurs compagnies ou ballets contemporains, il se tourne principalement vers la chorégraphie. Il fonde alors les Ballets de l'Etoile en 1954, qui deviendront le Ballet-Théâtre de Paris trois ans plus tard. En 1955, il met en scène sa Symphonie pour un homme seul, œuvre dans laquelle il commence à se démarquer du classicisme.

Le véritable succès ne vient pourtant qu'avec le Sacre du Printemps, en 1959. Nommé ensuite directeur au Théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles, il monte le Ballet du XXe siècle (1960). Son objectif reste alors de se détacher de la danse traditionnelle pour atteindre un certain renouveau. Il présente ainsi la Damnation de Faust (1964), Roméo et Juliette (1966) et Messe pour le temps présent, au festival d'Avignon en 1967.


En 1987, il quitte Bruxelles pour la Suisse et renomme le Ballet du XXe siècle, le Béjart Ballet Lausanne, pour lequel il ne gardera qu'une trentaine de danseurs. Au début des années 1990, il fonde l'école-atelier Rudra de Bruxelles afin de dispenser des cours d'expression corporelle à des élèves du monde entier. Hospitalisé à Lausanne à l'automne 2007 pour y suivre un traitement cardiaque et rénal, il s'éteint le 22 novembre.







Rudolf Noureev
Chorégraphe

Né à bord du Transsibérien, non loin du Lac Baïkal, Rudolf Noureev (1938-1993) a d’abord été initié à la danse folklorique à Oufa (Bachkirie). Il verra son premier ballet à l’âge de sept ans à l’Opéra d’Oufa, mais ne commencera une formation de danseur qu’à l’âge de quinze ans. Deux ans plus tard, il poursuivra ses études au sein de l’École Vaganova de Leningrad avec le maître Alexandre Pouchkine de 1955 à 1958. Il est admis l’année suivante dans le Corps de ballet du Kirov et devient soliste. A l’occasion d’une tournée, Noureev fait sa première apparition sur la scène du Palais Garnier le 15 mai 1961, lors d’une répétition générale de La Belle au bois dormant. Il fera également sensation dans l’Acte des Ombres de La Bayadère trois jours après avoir demandé l’asile politique auprès des douaniers français à l’aéroport du Bourget le 16 mai 1961. La direction du Kirov avait en effet décidé de le renvoyer à Moscou sans le laisser poursuivre la tournée du Ballet à Londres. Paris restera ainsi une ville symbole pour lui. Il prendra la Direction du Ballet de l’Opéra national de Paris de 1983 à 1989 après avoir dansé pour de nombreuses compagnies (entre autres les Ballets du Marquis de Cuevas, le Ballet royal de Londres) et créé Tancrède (Opéra de Vienne, 1966) ou Manfred (Opéra de Paris, 1979). Le répertoire du Ballet sera enrichi par ses relectures des chorégraphies de Marius Petipa. Elles comprennent Don Quichotte (1981), Raymonda (1983), Le Lac des cygnes (1984), Roméo et Juliette (1984), Casse-Noisette (1985), Cendrillon (1986), La Belle au bois dormant (1989) et La Bayadère (1992). La place accordée au danseur masculin, dévalorisé dans le ballet depuis le XIXe siècle, gagnera en importance dans ses œuvres. Noureev fera également des chorégraphies contemporaines telles que La Tempête (1984), Bach Suite (1984) et Washington Square (1985). Il proposera un répertoire contemporain extrêmement diversifié (Frederick Ashton, Rudi van Dantzig, Roland Petit, Maurice Béjart, George Balanchine, Glen Tetley, Martha Graham, Murray Louis, Jerome Robbins, Bob Wilson, Paul Taylor, Hans van Manen, Lucinda Childs, Twyla Tharp, William Forsythe). Enfin, il instaurera une tradition nouvelle à l’Opéra en nommant les Etoiles sur scène, à l’issue du spectacle, devant leur public. La scène du Palais Garnier a une grande importance pour lui, puisqu’il saluera son public pour la dernière fois à l’Opéra, à l’issue de La Bayadère le 8 octobre 1992. Ses obsèques en janvier 1993 seront aussi célébrées au Palais Garnier. Rudolf Noureev a été Chevalier de la Légion d’Honneur (1988) et Commandeur des Arts et Lettres (1992). Opéra de Paris.






https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/06/19/noureev-une-vie-de-travail_5478302_3246.html

https://www.linternaute.fr/musique/biographie/1777702-rudolf-noureev-biographie-courte-dates-citations/

https://www.lemonde.fr/culture/article/2009/05/07/rudolf-noureev-histoire-d-un-mythe-au-parcours-d-insoumis_1190145_3246.html

https://www.youtube.com/watch?v=BYarbcRnadU

https://www.youtube.com/watch?v=_97LaMtlMDI


SYLVIE GUILLEM

Hommage à Maurice Béjart : « Après le concours de Varna, Maurice a été invité à créer pour le ballet de l'Opéra. Il a inventé Arepo (Opéra à l'envers). Dans cette pièce, il m'a composé un solo sur l'air de je ris de me voir si belle en ce miroir, moi qui étais maladivement timide dans la vie. J'étais bloquée, les mots ne sortaient pas. Cet air fameux que chante Marguerite dans le Faust de Gounot était une injonction à sortir de moi-même.

Pour la première fois, en face de moi, il y avait un maître. Et ce maître m'encourageait à exister en tant que Sylvie Guillem. Je n'étais plus l'élève qui est là pour apprendre et se taire. Il donnait envie de se faire peur, d'aller plus loin. Avec lui, on comprenait que danser, c'était aussi apprendre à se connaître soi-même. Et à vivre ».

Dessin Federica Masini

Maurice Béjart disait souvent  qu’ « en la voyant, il se sentait plus créatif et intelligent  » . Nombreux auront été les chorégraphes qui se sont sentis dans le même état d’esprit en travaillant avec elle. Sylvie Guillem a été une remarquable danseuse, mélange explosif et superbe de la gymnastique et de la danse, avec une silhouette féminine, longiligne et des jambes incroyables. 
Elle a eu l’intelligence de ne pas se cantonner à ne vouloir  danser que du classique, non pas parce qu’elle a renié sa formation, mais parce qu’elle souhaitait pouvoir avoir, avant tout, la liberté d’exprimer SA danse ! et ce avec d’autres façons de le faire que le répertoire classique, le faire comme elle l’entendait, en se lançant des défis,  avec toujours la même souplesse, la même finesse, la même intransigeance, la même esthétique qui la caractérise.

Elle est née, clinique des Lilas à Paris en 1965. Comme elle était une enfant plutôt timide, sa maman, professeur de gymnastique à Blanc-Mesnil,  décide de la former, elle-même, très tôt, à cette discipline, où elle va se révéler extrêmement douée. A l’époque, ses idoles ne sont pas des danseuses, mais Nadia  Comaneci. Avant de parfaire son entraînement, on l’envoie, avec son équipe, faire un stage de danse à l’Opéra de Paris. Elle sera très vite remarquée par la directrice de l’époque : Claude Bessy, qui lui trouve d’immenses dispositions de par sa souplesse et sa facilité dans les mouvements. Elle entre directement en 2e année à l’école de danse de l’Opéra où les autres professeurs l’accueillent avec joie et intérêt, émerveillés par ses prouesses techniques et ses sauts incroyables.  A 16 ans elle intègre le corps de ballet, gravit à une allure vertigineuse tous les échelons qui sont devant elle : Quadrille , Coryphée, Sujet, Première danseuse et cinq jours plus tard, Étoile lors de sa prestation dans le Lac des Cygnes.


Elle qui ne se rêvait pas en tutu, mais  plutôt en athlète de haut niveau, va se laisser complètement emporter par la scène et toutes les émotions qu’elle procure. C’est sur cette scène qu’elle dira, la première fois qu’elle en a foulé le sol, que la danse allait permettre à son corps d’exprimer toutes les choses et les sentiments qu’elle ressentait au plus profond d’elle-même. Tous ces ressentis vont la rapprocher de celui qu’elle côtoiera en troisième année d’école, celui qui va devenir son pygmalion, qui va l’instruire selon les pratiques de la danse classique russe, celui qui vient d’être nommé directeur artistique du ballet à l’Opéra de Paris : Rudolf Noureev. Il n’éprouvera aucune hésitation  en la nommant étoile en 1984, elle a 19 ans ! Un an plus tard, elle remporte la médaille d’or du célèbre concours Varna. Durant les années qui suivront , elle sera  « l’étoile de Noureev ». 


En 1988, face au refus de l'Opéra de Paris de la laisser danser avec d'autres ballets, elle démissionne et danse notamment avec le Royal Ballet de Londres, l'American Ballet Theater et le Béjart Ballet Lausanne. «  il n’y avait pas de décision à prendre ou d’envie à éprouver . A cette époque, les seules choses qui me donnaient de l’oxygène, c’étaient les ballets de Béjart. Je le trouvais clairvoyant, généreux, cultivé. Il me permettait de transgresser les interdits. J’aimais aussi beaucoup Forsythe pour son infinie modernité. » Elle décide de s’installer à Londres. Peu importe si, à ce moment là, elle ne parlait pas bien la langue de Shakespeare, elle est libre de ses choix et de sa carrière et entend répondre à toutes les invitations qui se présenteront. Avide de connaître d’autres chorégraphes capables de lui apporter d’autres nouveautés, elle rencontrera Mats Ek et dansera un grand nombre de ses pièces comme Wet Woman, Smoke etc… et sa célèbre version de Carmen. Entre temps, elle est reçoit en 1988 le premier prix Andersen récompensant la meilleure danseuse à Copenhague, le Grand Prix international de la danse à Paris en 1989, et le Grand Prix Anna Pavlova.


Fidèle à sa formule  « un train passe je monte dedans, sans me poser de questions sur la durée du voyage, je fais les choses comme je les sens, comme elles se présentent à moi et quand je ne veux plus que cela dure, eh bien je fais en sorte que cela s’arrête » elle va continuer sa route et danser non seulement au Royal Ballet, mais aussi au Ballet Royal du Danemark , au Kirov Mariinsky, à l’American Ballet, à la Scala de Milan où elle sera la partenaire de Roberto Bolle dans une version du Don Quichotte de Noureev.
Elle retrouvera, de temps à autre, la scène de l’Opéra de Paris, en guest-invitée, pour danser Manon de MacMillan. Elle se rendra au Japon avec les chorégraphies de Béjart qui sont énormément appréciées dans ce pays. Béjart composera pour elle, et, Laurent Hilaire :  » Épisodes  » dédié à la mémoire de Pasolini, Sissi l’impératrice anarchiste en 1992, Racine cubique en 97 au théâtre des Champs Elysées. En 1995, elle met au point un film documentaire pour la télévision  » Evidentia  » : évidence … danse, sur une chorégraphie à nouveau de Béjart qui remportera différents prix internationaux.

En 1998 son intérêt crescendo pour la danse contemporaine va la pousser à s’essayer elle-même à la réalisation d’un ballet. Ce sera Classic Instinct pour un festival de danse en Hollande, ainsi que deux solos sur Mary Wigman : Summer Dance et Witch’s dance. Au cours des années suivantes , elle n’aura cesse d’expérimenter d’autres façons de pouvoir exprimer son idée de la danse contemporaine où, il faut bien le reconnaître, elle excelle avec, à chaque nouvelle rencontre, un chorégraphe différent auquel elle dira toujours :  « apprenez-moi quelque chose, donnez-moi quelque chose que je ne connais pas, emmenez-moi là où je ne sais pas  » comme ce fut le cas avec Akram KHAN. C’est un danseur et chorégraphe anglais d’origine indienne, un passionné de contemporain formé à la discipline du Kathak, un des huit styles de danse traditionnelle en Inde. Khan c’est un peu son double, prodige de la danse, virtuose dans son art, formé au classique puis tourné vers le contemporain. Ils ont beaucoup de points communs. Ce sont deux personnalités qui refusent de se voir cantonner dans une seule chose. 


D’autres prix viendront couronnés sa carrière : un Nijinsky en 2001 récompensant la meilleure danseuse au monde ! Elle sera la première à le recevoir. En 2003, elle dirigera une section-hommage à Noureev qui sera très critiquée parce qu’elle avait souhaité que les danseurs évoluent, sur scène, devant un écran géant où on le voyait danser, ce qui eut pour conséquence de  » distraire  » le public. En 2008 elle rendra un vibrant hommage à Maurice Béjart, son ami, à Lyon, à Versailles et au Japon, aux côtés du Tokyo Ballet ( ma compagnie asiatique disait Béjart ) et de deux étoiles françaises Laurent Hilaire et Manuel Legris pour quatre ballets.


En fin 2015, à l’âge de 53 ans, après avoir tant et tant brillé, elle décide de cesser la danse «  Il fallait bien que je mette un point final à la danse. Je ne savais pas quand. Je savais que je sentirai quand ce serait le moment. J’adore la danse et ce ne sera pas facile de la quitter, mais je souffrirai davantage si je la quittais mal. C’est à dire en n’étant plus capable de donner le meilleur. Je l’ai fait parce qu’il le fallait. Parce que je ne veux pas me décevoir, ni décevoir le public. Parce que je n’ai pas envie d’être mal jugée, moins aimée. Parce que je fais encore des choses aujourd’hui comme je veux les faire, parce que j’ai beaucoup de plaisir à les faire ainsi et que je ne veux surtout pas les faire moins bien. Parce que j’ai de plus en plus de trac et de doutes, même si je garde la force, l’énergie, la rapidité, la passion d’être sur scène, d’y tracer des lignes, d’y dessiner des courbes. Parce que je ne veux jamais danser en me reposant. Je sais que cela va me coûter, après mes ultimes représentation au Japon, dans ce pays qui me fascine tant, mais en France aussi. Le moment sera dur. Mais je suis prête à payer. Je préfère arrêter avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’on ne le décide pour moi. Il faut une fin claire et nette.  »


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