PEINTURE, Tome 3

Qui est Azikiwe Mohammed, artiste et militant pour un monde plus juste ? 

NUMÉRO - 11 OCTOBRE 2021 - Nicolas Trembley 

Cet Américain natif de New York a fondé la Black Painters Academy, école d’art gratuite pour combattre l’injustice sociale. À travers sa pratique croisant la photo, la peinture ou le textile, il s’applique à dénoncer – et à réparer – l’inégalité de traitement dont a été victime l’art des Noirs américains. 

Né en 1982 à New York, Azikiwe Mohammed fait partie de cette nouvelle génération d’artistes pour qui l’art est une façon d’aborder les problèmes sociaux. Après avoir grandi à Chinatown, c’est au prestigieux Bard College qu’il s’est formé à l’art. Au gré de sa pratique pluridisciplinaire, il convoque aussi bien la peinture que la photographie, la sculpture que le textile, dans le but de révéler les inégalités qui ont stigmatisé l’art des Noirs américains. Il a ainsi créé la Black Painters Academy afin de réfléchir à ces questions qui sont au cœur du débat artistique contemporain. Mais il ne se satisfait pas simplement d’un activisme artistique. Pendant le confinement, il a fondé une banque alimentaire pour combattre l’injustice sociale qui a touché les plus pauvres, car, comme il le dit : “On ne peut pas penser si on ne mange pas.” Avec ses peintures figuratives colorées et graphiques, dont la mission va au-delà de l’art, Azikiwe Mohammed fait mouche. 

Numéro : Quel a été votre parcours ?
Azikiwe Mohammed :
Je suis noir. Je suis né et j’ai grandi à New York dans les années 90. Mes parents exerçaient tous les deux des métiers du soin, liés à l’humain. C’est une dimension que j’essaie moi aussi de perpétuer chaque fois que j’en ai la possibilité. 

Comment avez-vous su que vous vouliez devenir artiste ?
Je ne me considère pas comme un artiste, et je déteste ce mot. Il centre l’individu sur lui-même et le sépare des autres – et cette séparation ne donne généralement rien de bon. Je préfère l’expression “travailleur de l’art” [“art worker”], qui décrit mieux ma réalité. Mon boulot, c’est de fabriquer des objets ou des expériences. Et mon objectif, c’est de les livrer au public dans l’espoir que ces objets et ces expériences rendront les choses un peu moins merdiques qu’elles ne le sont. 

Sur quoi se porte votre regard actuellement ? 

Ces dernières années, le domaine qui me bluffe le plus, ce sont surtout des photographies. La photo, c’est le médium du peuple. Je suis de très près le travail de ces “portraitistes” qui sont de plus en plus nombreux à photographier des gens à la peau noire – des photographes qui opèrent dans l’univers commercial, mais pour mieux le détourner et le réinventer. Texas Isaiah, Elliott Jerome Brown Jr. et Naima Green : ces trois-là font partie de mon panthéon. 

Quelles sont les principales sources d’inspiration de vos photos et de vos toiles ?
Les Noirs américains, l’espace intersidéral, les aliments, l’endroit où nous sommes et l’endroit où nous étions avant cela, les lieux où il est possible d’aller, la question étant de savoir jusqu’où nous pouvons aller. Le crépuscule aussi – moment de liberté quand on a la peau noire. L’eau, les arbres, et un désir ardent pour tout ce qui n’a pas encore été obtenu. 

Vous abordez aussi bien la peinture que le textile, l’installation que la performance. Êtes-vous plus à l’aise avec un médium en particulier ?
Non, je suis également mal à l’aise avec chacun d’eux, et j’ajouterai la sculpture et la photographie à la liste de ces inconforts. 

Vous avez développé une plateforme baptisée Black Painters Academy. Pouvez-vous nous parler des fondements de cette école alternative ?
L’objet peint est un moyen d’aborder aussi bien des inexactitudes historiques que certains problèmes contemporains touchant de façon prédominante les personnes à la peau noire ou foncée. Dans notre académie, la peinture part systématiquement d’une toile noire, parce que tant qu’il existera un substrat de blancheur, même invisible, servant de support à un objet noir, l’objet en question continuera de reposer sur une structure imposée par cette blancheur, qui fonde les schémas narratifs dominants depuis quelques centaines d’années et qui ne nous intéresse pas. Il faut sortir de ces schémas, remonter à nos origines plus anciennes. En outre, les cours de l’académie sont gratuits – pour nous, tout se paie bien assez cher comme ça. Nous espérons proposer à quiconque franchira le seuil de notre école la réalisation d’un objet physique – un objet qui dise “oui” à cette personne, un “oui” qu’elle puisse emporter en partant et mettre en œuvre ailleurs. 

Vous êtes très attentif à la justice sociale. Pendant la pandémie, vous vous êtes ainsi investi dans un projet de banque alimentaire...
On ne peut pas réfléchir si on n’a pas de quoi manger. Un ventre vide, c’est un esprit vide. La “justice sociale”, si l’on choisit d’employer cette terminologie, semble ne pas relever de la responsabilité de chacun d’entre nous. Elle apparaît comme une option à laquelle on peut adhérer plutôt que comme une réalité, ou comme une aptitude normale de tout humain. Moi, comme beaucoup de gens, je ne veux pas que les autres meurent. Le nom complet de cette banque alimentaire est New Davonhaime Food Bank. Je l’ai ouverte pendant la phase de confinement aux États-Unis, en mode itinérant, mais elle est maintenant hébergée à Manhattan, dans les locaux de la Black Painters Academy, dans le quartier de Chinatown. 

Comment installez-vous vos œuvres ? La scénographie est-elle importante à vos yeux ?
L’objet exposé, c’est l’espace dans son intégralité. L’expérience, c’est l’objet. S’il y a une seule couture mal ajustée, sans ourlet, c’est l’objet tout entier qui va s’effilocher. L’artiste
Alison Kuo m’a dit un jour que si une chose est visible, alors elle compte. Cette idée ne me quitte jamais, dans tout ce que je fais. 

Comment choisissez-vous les titres de vos œuvres ? 

Un titre offre l’opportunité de signaler quel a été votre point de départ, et de proposer ce point de départ à quelqu’un d’autre, pour qu’il se tienne à vos côtés, ou au contraire choisisse de ne pas le faire, parce qu’il est en désaccord avec vous, mais au moins, il le fera en connaissance de cause. Le titre vous permet d’établir des liens entre les œuvres que, de prime abord, un autre que vous aura peut- être du mal à percevoir. Il permet de relier entre elles des idées qui s’étalent parfois sur de longues périodes de temps. Le temps est un voyant, et le titre est sa boule de cristal. 

Dans quelle histoire de l’art particulière aimeriez-vous que votre travail s’inscrive ?
Celle qui ne raconte pas l’art, mais les gens, leur façon de se montrer bienveillants les uns envers les autres. C’est cette histoire-là que j’aime et qui m’importe. 

Vous êtes-vous déjà senti proche d’un mouvement ou d’une communauté artistique ?
Les mouvements sont des phénomènes étranges parce qu’en général c’est souvent quelqu’un d’extérieur qui leur attribue un label, pas celles et ceux qui créent au sein de ce “mouvement”. Mais si l’on veut parler des gens que l’on rencontre dans certains lieux, alors le centre d’art Beverly’s m’impressionne toujours autant. Longue vie également au
bar Max Fish, merci au Spring/Break Art Show et à tous ces visages que je n’ai jamais vus à la lumière du jour, et dont certains sont les meilleurs amis que j’aie jamais eus. La nightlife, c’est la réponse à la plupart des questions que l’on se pose. 

Dans la période si particulière que nous traversons, y a- t-il quelque chose dont vous aimeriez faire prendre conscience à travers votre pratique artistique ?
L’idée que, à bien des égards, les “prises de conscience” de l’année qui vient de s’écouler ne sont pas, pour beaucoup d’entre nous, de véritables prises de conscience, mais plutôt la manifestation de l’existence que certains subissent depuis bien trop longtemps. Il faut savoir que le lynchage n’est jamais vraiment passé de mode. Cette période inédite a simplement mis en lumière un certain nombre de phénomènes qui, malheureusement, n’ont rien d’inédit. 


GUY BARDONE


Depuis son entrée à l’école des Beaux-Arts de Lyon, à l’âge de 15 ans, Guy Bardone n’a eu de cesse de poursuivre son exploration de la couleur et la lumière.

Par Samuel Cordier - 06 août 2015 - LE PROGRÈS


Guy Bardone a présenté sa première exposition personnelle à Paris en 1955. Et, plus d’un demi-siècle plus tard, son émotion est la même au moment d’accrocher ses dernières toiles dans une célèbre galerie de la rue du Faubourg- Saint-Honoré. 

« Cela reste toujours très important, car c’est ici que l’on est jugé par les collègues, qui sont très directs, et les critiques ». Le peintre est connu du public, reconnu par les critiques comme l’un des principaux représentants de l’école de Paris, ses toiles sont accrochées depuis 1960 dans l’une des plus importantes galeries de New York, dans des collections publiques, mais son exigence, sa rigueur et sa volonté de renouvellement sont intactes. Il n’a de cesse d’alterner les séances de travail en plein air (« ce n’est pas facile sur nature, mais tout est là : la lumière, la couleur, le ciel ») du côté de Bandol, de Vaux-lès-Saint-Claude et dans son atelier de Montparnasse, tous les jours dès 6 heures du matin. 




Seul le travail permet de construire une œuvre importante. Mais aussi le talent et l’inspiration. Tout commence dans le Jura, à Saint-Claude, où il naît en 1927. Au collège, un professeur de dessin remarque un élève particulièrement doué et lui conseille de passer des concours. Il entre d’abord à l’école des Beaux-Arts de Lyon puis, en 1945, à l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. 

« J’ai passé deux ans dans l’atelier de Maurice Brianchon. C’est à cette période que j’ai découvert les musées parisiens, ainsi que Henri Matisse et Pierre Bonnard, qui m’ont beaucoup influencé ». 



Bardone décroche le prix Fénelon et, au début des années 1950, il est repéré par le célèbre critique d’art Georges Besson (1882-1971), également originaire de Saint-Claude, « il m’impressionnait, il parlait peu et disait toujours ce qu’il pensait », qui l’encourage et le conseille. Il lui permet également de reprendre l’atelier du peintre Albert André, place Clichy. Guy Bardone, tout comme son ami René Genis (1922-2004), mêle art de peindre et art de vivre. 

Et cela ne s’arrête jamais : il dessine, réalise des aquarelles (auxquelles son ami Jean-Michel Nectoux consacre un livre en 2000), des lithographies (dans l’atelier Mourlot), illustre des livres... Et garde aussi une curiosité et une faculté d’émerveillement pour les autres peintres. Il y a bien sûr Pierre Bonnard, Edouard Vuillard, découverts dans l’appartement de Georges Besson, mais aussi de nombreux peintres qu’il découvre, collectionne et fréquente (comme Bernard Buffet). 



Aux États-Unis, en Asie et autour du bassin méditerranéen, Guy Bardone et René Genis voyagent beaucoup, pour peindre et découvrir de nouvelles collections. Guy Bardone vit et travaille principalement à Paris, au printemps, à Bandol, mais aussi et régulièrement à Vaux-lès-Saint-Claude, dans le Jura, où il compte de fidèles amitiés. « Dans le Jura, je préfère l’hiver, car l’atmosphère est plus douce, les sapins ont une couleur particulière. L’été, la lumière est trop acide ». C’est dans ce Jura, à Oyonnax, que le grand peintre, le « peintre de la lumière », s’est éteint le 27 juillet dernier. 




Hommage et Reconnaissance à Guy Bardone

Guy Bardone nous a quittés ce 27 juillet 2015.
Je me devais, au nom de la Ville de Saint-Claude, de lui rendre hommage et exprimer la reconnaissance des Sanclaudiens.
J’ai eu l’honneur et le bonheur le 4 avril 2002, dans la villa de René Genis à Bandol et en présence de Maître Jean-Louis Vuillet, notaire à Saint-Claude, de signer la donation que
Guy Bardone et René Genis faisaient à la Ville de Saint-Claude. Donation comportant plusieurs centaines d’œuvres émanant des plus grand peintres, dont trente-deux Bonnard.
Cette signature entraîna la construction du Musée de l’Abbaye de 2002 à 2008, condition requise pour héberger cette merveilleuse donation. Ainsi, ce trésor d’un artiste Sanclaudien et de son ami René Genis, pouvait rester à Saint-Claude pour la postérité.
Le 16 octobre 2002, j’avais le plaisir de remettre la Médaille d’Honneur de la Ville de Saint-Claude à nos deux amis.
Cette donation fut suivie d’une seconde signée par
Guy Bardone en octobre 2011, René Genis étant décédé.
Aujourd’hui, nous sommes dans la peine de voir cet ami nous quitter. Il rejoint René Genis et nul doute que, là où ils sont, ils parleront de peinture. Je tiens à exprimer la tristesse qui est la nôtre et la reconnaissance de notre Ville envers
Guy Bardone, généreux donateur qui nous aura permis d’enrichir de manière exceptionnelle notre patrimoine culturel. Mais c’est aussi à l’homme, à l’ami Sanclaudien que nous pensons. Nous lui rendrons prochainement l’hommage qui lui revient afin de pouvoir associer tous ses nombreux amis et les Sanclaudiens à son souvenir.
Nous souhaitons que l’activité du Musée de l’Abbaye soit à la hauteur de ce que souhaitait
Guy Bardone. C’est le plus beau remerciement que nous puissions lui adresser.

Jean-Louis Millet
Maire de Saint-Claude




ROGER MÜHL


Roger Mühl, né le 20 décembre 1929 à Strasbourg, mort le 4 avril 2008 à Mougins, est un peintre, dessinateur et sculpteur français.

Roger Mühl entre à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Strasbourg d'où il sort en 1948 pour se rendre dans le territoire de Belfort. Il s'installe en 1954 à Montreux-Château et fait sa première exposition parisienne à la Galerie de Paris en 1960. Puis à Genève, Londres, Milan, Dallas, Cologne, Stuttgart, Tokyo, Kyoto, Belfort et New York. Il travaille essentiellement sur la Côte d'Azur. (Wikipédia)



Roger Mühl est un peintre français du XXe siècle surtout connu pour ses paysages ensoleillés du sud de la France. Les peintures de Mühl décrivent souvent des surfaces réalisées à l’impasto et il utilise des couleurs complémentaires et des tons neutres pour créer une atmosphère et une présence dans ses compositions subtiles. Né le 20 décembre 1929 à Strasbourg, il fréquente l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Il passe une bonne partie de sa vie en provence tout en exposant à Londres, Paris, Genève, Tokyo et New York. Mühl meurt le 4 avril 2008 à Mougins en France. (artnet)



Jean Lou LAPINTE, une vie toute en couleur 


Jean Lou Lapinte, les Poussannais l’on découvert lors de « Songes d’Automne2018′ où il exposait le temps d’un week-end. A la fin du salon, il avait remporté le prix du public car celui-ci avait particulièrement apprécié ses oeuvres, la variété de ses techniques mais aussi les couleurs de ses peintures. Et ce n’était pas un hasard... 

Car le petit Jean-Louis qui a d’abord grandi du côté de Lyon a été attiré très très tôt par le dessin avant d’apprécier tout autant la peinture. Scolarisé à Lyon puis, en suivant ses parents, dans le sud-est de la France, il s’accrochera à sa passion, celle de créer : ce sera grâce à la BD, le graphisme, la poésie, la sculpture sur bois....Et même la cuisine et la gastronomie. 

Si les années Bowie et celles des Punk laisseront des traces musicales indélébiles, Jean-Louis, adulte verra le dessin reprendre le dessus sur d’autres arts qu’il affectionne toujours. Un seul mot le guide : « La création »

Il faut dire qu’entre lycées et entreprises il avait obtenu un CAP de traiteur mais il n’a pas exploré cette voie trop contraignante. 

Après quelques petits « boulots » il s’est alors recentré sur la sérigraphie suite à une rencontre professionnelle. Il apprendra le métier, mais à l’époque sans informatique. Un peu de Beaux-Arts à Lyon et ses périgrinations le guideront vers les Alpes. Il s’épanouira dans un atelier de photo-gravure en réalisant différentes œuvres de grandes tailles. 

Alors en couple, direction la Haute Savoie, puis Lausanne où il devint coloriste. 

Dans une entreprise qui fabriquait des matériaux colorés il assemblait les colorants afin d’obtenir un produit de la couleur souhaitée. Il pouvait s’agir de mélanger des peintures pour le bâtiment et la décoration pour obtenir la teinte correspondant à un nuancier. Et au-début ce fut « à l’oeil ». 

(Dans la fabrication des peintures, la teinture des tissus et des papiers, la coloration des matières plastiques, le métier de coloriste requiert une formation en chimie et une connaissance des risques professionnels et environnementaux liés aux colorants, et plus encore dans l’industrie alimentaire.) 

Il eut le temps de se former et de se perfectionner puis au bout de 10 ans il partit pour Thonon Les Bains dans une autre entreprise ou il découvrit les nouveaux outils technologiques. 

Les années passant, on lui confia des responsabilités, qu’il assuma jusqu’au bout puisqu’il fut victime d’une intoxication dans le cadre de son travail. Cela l’handicapera à vie. 

Coloriste, c’était terminé, mais son don et sa passion pour les couleurs ne l’avaient pas quitté au-travers de ses peintures personnelles pour lesquelles aucun style ne prédominait, ce qui est toujours le cas.

Ce fut d’abord à l’huile sur toutes sortes de support (cartons, toiles, emballages) avec surtout de l’abstrait, en laissant de côté paysages et réalisme. 

Il n’aime pas copier, n’utilise pas de modèles et reste fidèle à son esprit créatif inspiré par un Monde en mouvement, des personnes ou des sites, qui savent susciter en lui des réactions, de l’émotion.

De l’huile il est passé à l’acrylique et il précise : « Je m’attache plus aux formes et aux volumes au gré de mes envies en réalisant des maquettes sur feuilles A4. Le tableau se construit alors petit à petit en fonction des évolutions ». 

Il a souvent près d’une vingtaine de peintures en cours qui reflètent ce besoin de créer qui anime sa passion.

Côté couleurs, pas de soucis, c’est comme nous l’avons vu, un expert en la matière.
Et l’on se laisse porter par ses œuvres qui, que l’on soit néophyte ou connaisseur, éveillent notre sensibilité... Jean-Louis Lapinte, un Maître des couleurs... 

(Jean-Marie P)

https://blog.ville-poussan.fr/?p=148648

http://blog.ville-poussan.fr/?p=93453


PIERRE-PAUL PRUD’HON


Celui que l’on surnommait le « Corrège français » est le seul artiste d’envergure de son temps à être resté en dehors de l’influence de David. Prud’hon ne s’est imposé que très progressivement, grâce aux amateurs friands de ses petits tableaux et surtout de ses dessins, un des meilleurs aspects de son œuvre. De son vivant même, il avait alterné périodes de réussite et d’insuccès. 

Le début de sa carrière est marqué par ses origines bourguignonnes : les autorités, ayant remarqué les dispositions de ce fils de tailleur de pierre, né à Cluny, lui permirent d’étudier à Dijon d’abord, puis, grâce aux largesses d’un amateur, à Paris (1780-1783) ; enfin, lauréat du prix de Rome de la province de Bourgogne, il voyage en Italie (1784-1788). Il connaît ensuite des années difficiles au point de vue matériel (il a charge de famille depuis 1778). 

Quelques compositions allégoriques, reprises dans des gravures, lui permettent de se faire connaître dans la capitale, mais il va habiter en Franche-Comté en 1794-1796, vivant de portraits et d’illustrations pour l’éditeur Pierre Didot. Il n’en est pas moins élu membre associé de l’Institut en 1796, et revient alors à Paris, où sa carrière prend un nouvel élan : il obtient au Louvre un atelier pour réaliser en grand La Sagesse et la Vérité descendent sur la terre (1798-1799, Louvre, Paris), et peint pour l’hôtel du financier de Lannoy un décor allégorique (éléments conservés, Louvre) qui fait sensation. 

Il reçoit des commandes de plafonds pour le Louvre et commence à être connu. Il rompt au même moment avec sa femme, mais se lie avec une de ses élèves, Constance Mayer (1775-1821), dont l’œuvre est étroitement liée à la sienne. 

La consécration vient enfin au peintre avec le succès remporté au Salon de 1808 par La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime, un des tableaux les plus populaires du XIXe siècle français. Son activité est alors multiforme : compositions mythologiques (Psyché enlevée par des Zéphyrs, 1808, Louvre ; Vénus et Adonis, 1812…), portraits (Impératrice Joséphine, 1805,Louvre), modèles de mobilier (Impératrice Marie-Louise, 1810 et berceau du roi de Rome, 1811 (ses dessins en conservent la trace) et études de nus.


Delacroix voyait en lui celui qui avait su résister au néoclassicisme officiel et les romantique sont fait de lui leur martyr . Il est apprécié par Stendhal, Balzac, Millet et Baudelaire pour la qualité de son clair-obscur et son réalisme subtil. 

HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC


Bien souvent réduite à la culture de Montmartre, l’œuvre d’Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) offre un panorama plus large. Si l’artiste a merveilleusement représenté l’électricité de la nuit parisienne et ses plaisirs, il ambitionne de traduire la réalité de la société contemporaine dans tous ses aspects jusqu’aux moins convenables. L’exposition du Grand Palais a montré enfin comment cet aristocrate du Languedoc soucieux de réussir a imposé son regard lucide, grave et drôle au Paris des années 1890. 


Descendant de l'illustre famille des comtes de Toulouse, Henri de Toulouse-Lautrec est le fils d'un ancien officier anticonformiste, qui se préoccupe plus de chasse que de son éducation. Venu à Paris avec sa mère – une cousine germaine de son père –, il fait ses études au lycée Condorcet et passe ses vacances dans le château familial de Celeyran, dans l'Aude. Â l'âge de 14 ans, sa croissance est stoppée à la suite d'une double fracture aux jambes provoquée par une dégénérescence osseuse.

Toulouse-Lautrec a découvert la peinture dès sa jeunesse en fréquentant l'atelier de René Princeteau (1849-1914), un artiste animalier qui lui a communiqué son amour des chevaux. Lorsqu'il décide d'en faire son métier, il entre en 1882 dans l'atelier de Léon Bonnat, puis dans celui de Comon, à l'École des beaux-arts. C'est alors qu'il se lie à Van Gogh, dont il réalise un superbe portrait au pastel (1887, musée Van Gogh, Amsterdam). Vers 1890, il se détache de l’impressionnisme  triomphant et se rapproche plutôt des indépendants, comme Renoir. Mais son véritable maître est Degas



L'OSMOSE MONTMARTROISE


C'est à Degas que Toulouse-Lautrec doit son sens aigu de l'observation des mœurs du Paris nocturne et son intérêt pour les sujets « naturalistes » (la Blanchisseuse, 1889, collection privée). Familier des cabarets de Montmartre, il croque tout un peuple d'artistes et de clients qu'il fait passer à la postérité. Après avoir vécu plusieurs années dans le quartier, il s'installe aux Champs-Élysées, mais, tous les soirs, il revient faire la fête à Montmartre, où il a toujours une table réservée – non seulement au Moulin-Rouge, mais au Rat-Mort, aux bals du Moulin de la Galette et de l'Élysée-Montmartre. Il a également ses entrées au Chat-Noir de Rodolphe Salis, au Mirliton d’Aristide Bruant, au Divan japonais, à la Scala et aux Ambassadeurs.



Toulouse-Lautrec recherche les mises en page savantes, le découpage arbitraire de la toile, les grands vides dynamiques (M. Boileau au café, 1893, Cleveland). Sa couleur est somptueuse, avec des verts et des rouges intenses, des ombres bleues, des lumières artificielles étranges. Il peint le plus souvent sur un épais carton dont le brun ou le gris apparent forme le fond du tableau (Femme au boa noir, 1892, musée d'Orsay). Il exécute les personnages soit à l'huile, soit à l'essence (Marcelle, 1894, Albi), avec parfois des rehauts de gouache claire (Missia Natanson, 1895, collection privée).


Comme Degas également, Toulouse-Lautrec accorde la priorité au dessin. D'un trait rapide et incisif, qui saisit une posture, un mouvement, il définit ou déforme la psychologie d'un personnage. Ses propres portraits sont d'insolentes caricatures. Reflets de toutes ses audaces graphiques, ses affiches publicitaires inaugurent un art de la rue qui fait sensation (Aristide Bruant aux Ambassadeurs, 1892 ; la Revue blanche, 1895 ; la Troupe de Mlle Églantine, 1896). À l'habileté dynamique des plans et des gestes s'ajoute le jeu subtil des coloris, où s'opposent les orange et les bleus, les rouges et les noirs.

Influencé par l’estampe japonaise, Toulouse-Lautrec exécute plus de 300 lithographies entre 1892 et 1899. Il y retrouve le goût de l'étude de mœurs dans des milieux typés (théâtre, cirque, hippodrome, vélodrome) et de l'érotisme féminin (Elles, 1896). Mais, également, il y donne libre cours à son génie de la stylisation, qui l'apparente aux créateurs de l’Art nouveau. 


Toulouse-Lautrec fournit à l'occasion des dessins satiriques aux journaux (le Mirliton, le Rire, l'Escarmouche…). Il réalise des maquettes de décors et de programmes pour le théâtre de l'Œuvre de Lugné-Poe et pour le Théâtre-Libre d’Antoine. Alors que sa réputation de grand artiste est établie, il s'enfonce dans l'éthylisme et, en 1899, il est frappé d'une crise de delirium tremens. Au cours de son internement, il exécute de mémoire, aux crayons de couleur, une série de dessins sur le cirque (Au cirque, le salut). Dès sa première attaque de paralysie, il liquide son atelier parisien et rejoint sa mère en Gironde, où il s'éteint à l'âge de 36 ans. Un millier de ses œuvres sont exposées au musée Toulouse-Lautrec d'Albi.



« LES PETITES FEMMES DE PARIS »


Homme infirme, Toulouse-Lautrec transcenda sa désespérance par son amour des femmes. Les danseuses de french cancan, Grille-d'Égout, Rayon-d'Or, Nini Patte-en-l'Air, Trompe-la-Mort, l'enivraient. Mais nulle plus que la Goulue (Louise Weber [1866-1929]), portant haut son chignon roux, et Jane Avril (Jeanne Beaudon [1868-1943]), dite la Mélinite, aux diaboliques bas noirs, n'eut les faveurs de son talent d'artiste (Au Moulin-Rouge, entrée de la Goulue, 1892, MoMA, New York ; Jane Avril dansant, id., musée d'Orsay).


Le peintre étudiait sans relâche le rythme endiablé des danseuses, de leurs jambes qui s'élèvent, de leur linge qui s'envole de part et d'autre des acrobaties de l'inévitable Valentin le Désossé (Jules Renaudin [1843-1907]). Il s'intéressa aussi aux chanteuses célèbres, telle Yvette Guilbert, aux longs gants noirs, et aux artistes de cirque. Il n'oublia pas le monde des filles de joie, qu'il transfigura par un curieux lyrisme teinté d'ironie (Au salon de la rue des Moulins, 1894, Albi). (Larousse)


MOUVEMENT ET VITESSE 

À observer tout ce monde qui chante et danse, Lautrec est tenté d’en représenter le dynamisme. C’est presque une obsession. Déjà, le jeune apprenti peintre réalisait des pochades vibrantes de chevaux galopant. Ses portraits sont rarement figés. Au-delà de l’amateur de spectacles parisiens, l’artiste handicapé aux jambes trop courtes va se passionner pour tout sujet en mouvement, pour toutes les formes bondissantes. Il est fasciné par la frénésie des danses de la Goulue, par le jeu de jambes de Jane Avril. Aux Folies-Bergère, Loïe Fuller (1869-1928) déploie les larges voiles de sa robe,dessinant dans l’air d’incroyables tournoiements. C’est comme la flamme d’un feu qui danse sous ses yeux. Au cirque, Lautrec observe les corps contorsionnés des trapézistes et des funambules. 

Sur les champs de course, les jockeys et les chevaux captivent son regard, comme Degas avant lui. Il y retrouve les souvenirs équestres de l’enfance mais aussi le goût d’un monde qui va vite. Cyclistes et automobilistes retiennent son attention. En cette fin de siècle où le sport se développe, la pratique du vélo est l’activité la plus populaire. Son ami Tristan Bernard (1866-1947) dirige le vélodrome Buffalo à Neuilly. Le peintre dessine et enregistre tout. Précurseur, avant les avant-gardes du 20e siècle, il célèbre la vitesse. Tous ces effets de rotation, de dislocation, de rapidité vont bientôt devenir l’un des thèmes majeurs de la peinture moderne des futuristes. Le peintre Frantisek Kupka (1871-1957), connaisseur de l’œuvre de Lautrec, en fait un sujet de recherches expérimentales. 


GUSTAVE CAILLEBOTTE


Gustave Caillebotte est né en 1848 dans un milieu aisé. La fortune familiale lui permettra sa vie durant de choisir librement des activités (peinture, nautisme, construction de bateaux, philatélie) dans lesquelles il excelle. Martial Caillebotte (1799-1874), son père, s’est enrichi dans la vente de drap aux armées de Napoléon III. En 1860, il acquiert un vaste domaine, dans la commune d’Yerres, à vingt kilomètres au sud-est de Paris. Cette magnifique propriété sera le paradis d’enfance de Gustave et suscitera par la suite nombre de tableaux de paysages peuplés de membres de la famille. 

Gustave a deux frères, René et Martial, et un demi-frère, Alfred qui deviendra prêtre. Ses études secondaires se déroulent au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il se dirige ensuite vers des études de droit et obtient une licence en 1870, année au cours de laquelle il commence à peindre. Il entre dans l’atelier du peintre Léon Bonnat (1833-1922). Son goût pour la peinture l’amène à voyager en Italie en 1872. L’année suivante, il entre à l’École des Beaux-arts de Paris mais n’y reste qu’un an. La mort de son père en 1874 – Gustave n’a que 26 ans – lui permet d’hériter d’une fortune confortable et de se consacrer à la peinture sans préoccupations commerciales. A cette époque, il peint beaucoup de petits formats de la propriété et de la région d’Yerres, mais aussi des scènes réalistes comme Les raboteurs de parquet (1875). Il présente d’ailleurs ce tableau au salon, mais il est refusé car le sujet, le travail des ouvriers, n’est pas jugé digne de figurer dans une création artistique. 

Caillebotte s’orientera alors de plus en plus vers l’impressionnisme. Il participe aux expositions impressionnistes de 1876, 1877, 1879, 1880 et 1882, aide financièrement le mouvement impressionniste et s’implique personnellement dans l’organisation des expositions. Cette aide fut précieuse car les impressionnistes n’étaient nullement des organisateurs alors que Caillebotte, outre son remarquable talent artistique, disposait également de cette capacité. Il achète des toiles à Monet, Pissarro, Degas, Renoir, Manet qui avaient besoin de vendre pour vivre. Il se constitue ainsi une collection exceptionnelle qu’il léguera à l’État à sa mort. Dès 1876, après la mort de son frère René, Gustave Caillebotte rédige son testament qui comporte ce legs. Ces tableaux se trouvent aujourd’hui au musée d’Orsay à Paris. 

Après la mort de sa mère, en 1878, Gustave et son frère Martial vendent la propriété d’Yerres et l’hôtel particulier de la rue de Miromesnil à Paris, qui était la résidence de la famille dans la capitale. En 1880, Caillebotte achète une propriété au Petit-Gennevilliers, au bord de la Seine, en face d’Argenteuil. Il y recevra souvent les impressionnistes et certains viendront peindre dans le jardin et les alentours. Gustave Caillebotte est élu conseiller municipal de Gennevilliers en 1888 et, selon son tempérament, déploie à ce poste une grande activité. 

En 1886, Paul Durand-Ruel organise à New-York une grande exposition de 300 toiles, destinée à faire connaître les impressionnistes aux États-Unis. Dix tableaux de Caillebotte sont choisis. La peinture de Caillebotte conservera la faveur des américains alors même qu’il était considéré en Europe comme un peintre de second ordre. 

Caillebotte ne s’est jamais marié mais a vécu, à la fin de sa vie avec une femme d’origine modeste, qui se faisait appeler Charlotte Berthier. Figurant sur le testament du peintre, il apparaîtra devant notaire qu’elle s’appelle Anne-Marie Hagen, née à Paris en 1858. 

En février 1894, Caillebotte prend froid dans son jardin du Petit-Gennevilliers. Il ne parvient pas à se rétablir et une congestion pulmonaire se déclare. Selon certaines sources, il s’agirait d’un accident vasculaire cérébral. Il meurt le 21 février et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. La presse se fit l’écho de ce décès, en rappelant parfois le rôle de Caillebotte aux côtés des impressionnistes : 

« Le cordial et fin Caillebotte les obligea littéralement. Il aimait leur talent, il se sentait vibrer avec eux aux mêmes aspirations artistiques, et il considérait comme la chose la plus simple du monde de les aider à se tirer d’affaire, ou mieux encore, de leur permettre d’accomplir leur œuvre et de montrer leur valeur au public malgré ce public lui-même, malgré tous les obstacles. Or tout cela il le fit simplement, sans ostentation, sans jouer au mécène, mais avec toute la simplicité d’un bon camarade, qu’un remerciement même gênerait. Peut-être est-ce pour ne pas le gêner de cette façon que certains de ses anciens amis et obligés n’allèrent pas à ses obsèques. » 

Gustave Caillebotte a légué à l’État sa collection de tableaux comportant 67 œuvres de Manet, Monet, Renoir, Degas, Cézanne, Sisley et Pissarro. Le testament précise que les tableaux devront être conservés au musée du Luxembourg et plus tard au musée du Louvre. Caillebotte indique également qu’avant d’exposer ces tableaux, il convient d’attendre le temps nécessaire à leur acceptation par le public. Malgré la protestation de l’Académie des Beaux-arts, pour laquelle cette peinture était indigne des musées nationaux, le legs fut accepté par l’État. Mais le manque de locaux au musée du Luxembourg conduisit l’État à ne retenir que 38 tableaux, les autres restant en possession de Martial, le frère de Gustave. Les tableaux ont été présentés au public en 1897. En 1925, ils sont transférés au musée du Louvre et en 1986 au musée d’Orsay. 


FÉLIX VALLOTTON


Félix Vallotton, né à Lausanne, le 28 décembre 1865 et mort à Neuilly-sur-Seine, le 29 décembre 1925, est un artiste peintre, graveur, illustrateur, sculpteur, critique d'art et romancier franco-suisse. 


Félix Vallotton est né le 28 décembre 1865 à Lausanne, d'une famille bourgeoise protestante, et frère de Paul Vallotton . En 1882, il entre à l'Académie Julian à Paris, aux ateliers fréquentés par de nombreux artistes postimpressionnistes, dont les futurs nabis. Il s'y lie à Félix Stanislas Jasinski dont il  fera deux portraits peints et qui l'initie à la technique de la pointe sèche.  


En moins de dix ans, le jeune Suisse parvient à se faire un nom auprès de l'avant-garde parisienne. Sa renommée devient internationale grâce à ses gravures sur bois et à ses illustrations en noir et blanc qui font sensation. Il participe régulièrement à différents Salons (Salon des artistes français, Salon des indépendants, Salon d'automne). Dès 1891, il renouvelle l'art de la xylographie . Ce revirement a pu être lié à la parution, au mois de mars 1891, du fameux article d’Albert Aurier, Le Symbolisme en peinture, appelant à un art « idéiste » et décoratif, d’où seraient bannis « la vérité concrète, l’illusionnisme, le trompe-l’oeil ». Ses gravures sur bois exposées en 1892 au premier Salon de la Rose-Croix sont remarquées par les nabis, groupe qu’il rallie de 1893 à 1903.


La dernière décennie du siècle est également marquée par son travail d'illustrateur, notamment pour La Revue blanche. L'une de ses affiches, La revue La Pépinière est reproduite dans Les Maîtres de l'affiche (1895-1900). 


En 1889, il avait rencontré Hélène Chatenay, dite « la Petite », une ouvrière qui deviendra son modèle et partagera sa vie. Mais Vallotton n’est pas capable de s’engager. Plus soucieux du devenir de son œuvre que de fonder une famille, il épouse en 1899 Gabirlle Bernheim, fille du marchand de tableaux Alexandre Bernhaim. Pour faciliter son intégration dans cette grande famille parisienne, l’ancien anarchiste est contraint à une certaine réserve ; il délaisse alors la gravure au profit de la peinture. En 1900, il obtient la nationalité française par décret de naturalisation du 3 février.



En 1899, il est l'un des douze illustrateurs de l'Hommage des artistes à Picquart. Il y représente Jules Méline. 



En mars 1902, il coordonne un des numéros les plus surprenants de L'Assiette au beurre (n° 48), intitulé « Crimes et châtiments », qui se compose de vingt-trois lithographies imprimées uniquement sur le recto et à détacher du cahier suivant des perforations pointillées, constituant un véritable album d'estampes. Durant l’année 1907, Félix Vallotton se consacre à l'écriture d'un roman intitulé La Vie meurtrière

Il peint des cènes d’intérieur, puis se consacre à des thèmes classiques, paysages, nus, portraits et natures mortes qu’il traduit d’une manière personnelle, hors des courants contemporains. Félix Vallotton est un artiste réaliste. Les situations qu’il décrit sont suggérées, sans embellissement ni glorification. Son art est discret, souvent traversé d’humour noir et de raillerie grinçante.


Sa première exposition personnelle a lieu à Zurich en 1909. Il expose régulièrement à Paris, notamment en janvier 1910, à la galerie Druet, exposition dont le catalogue est préfacé par Octave Mirbeau. Il participe de plus aux expositions d'envergure internationale en Europe et aux États-Unis. En Suisse, sa peinture est principalement diffusée par son frère Paul, directeur dès 1913 de la succursale de la Galerie Bernheim-Jeune à Lausanne, future galerie Paul Vallotton. 


Félix Vallotton est un travailleur acharné, sans cesse à la recherche de nouvelles formes d'expression. Touché par l'horreur de la Première Guerre mondiale, il trouve dans le conflit une source d'inspiration. Il renoue avec le succès vers la fin de la guerre, avant de mourir en 1925, des suites d'une opération contre un cancer. Il avait écrit : « La vie est une fumée, on se débat, on s’illusionne, on s’accroche à des fantômes qui cèdent sous la main, et sa mort est là . » 


FRITS THAULOW

Frits Thaulow est un artiste peintre oscillant entre impressionnisme, naturalisme et symbolisme. Norvégien, il est un compatriote de Christian Skredsvig et Edvard Munch

Né en 1847 à Christiania (Oslo) en Norvège, Frits Thaulow montre rapidement une attirance pour les arts, que ce soit la littérature, la musique ou le dessin. À partir de 1862, il se décide à devenir peintre de marines.

En 1874, il visite Paris aux côtés de sa fiancée Ingeborg, la sœur de l’épouse de Paul Gauguin, et découvre la première exposition impressionniste organisée chez Nadar. Il revient à Paris un an plus tard, comme parrain du fils de Gauguin. De 1877 à 1879, Frits Thaulow expose au Salon, présentant des vues des côtes norvégiennes. Dix ans plus tard, en 1889, il prend part, en tant que membre du jury, à l’Exposition universelle, avant de participer, l’année suivante, à la fondation du Salon du Champ-de-Mars. En 1894, il fait la rencontre d’Auguste Rodin ; une vive amitié débute. En 1895, Frits Thaulow expose aux côtés de Claude Monet et d’Alfred Sisley à la galerie Georges Petit

Entre 1894 et 1898, il séjourne à Dieppe mais revient souvent dans le Pas-de-Calais y retrouver ses amis peintres Henri Le Sidaner et Henri Duhem . Il poursuit son voyage vers Quimperlé (1901) puis Beaulieu-sur-Dordogne (1903). 

Après la mort de Frits Thaulow, la vente des tableaux de son atelier a eu lieu à la galerie Georges Petit à Paris, les 6 et 7 mai 1907. Le catalogue de cette vente comporte 108 toiles et 10 autres œuvres (pastels, dessin, gravures en couleurs). Georges Petit représentait et vendait son œuvre depuis l'installation du peintre en France. 


LIENS



BLANESTH 


Blanesth a débuté sa carrière de peintre à Málaga, en Espagne, où elle a organisé sa première exposition en 1989. Un grand nombre d’expositions ont suivi dans d’autres villes espagnoles et dans la plupart des pays où elle vivait, comme au Portugal, au Luxembourg et en Allemagne. Blanesth vit et travaille au Luxembourg et en Allemagne.



HAENYEO, son dernier projet, traite d’un groupe de plongeuses à Jéju, en Corée du Sud, travaillant sous l’eau dans des conditions extrêmes. Elle essaie de montrer l’histoire de ces femmes d’une manière poétique, mais sans cacher la dure réalité.




La peinture et le dessin sont ma façon de vérifier le monde que je vois.



J’aime les images narratives et les thèmes dans lesquels l’être humain joue le rôle principal. Je ne cherche pas à critiquer la société mais plutôt à exprimer mes observations dans différentes manifestations et lieux du monde. Je veux matérialiser des idées et créer des œuvres d’art où l’esthétique visuelle et intellectuelle est un stimulus. 



Les accidents et les curiosités jouent un grand rôle dans le processus de création de mes peintures. Les multiples couches et éraflures en sont peut-être la principale caractéristique. J’utilise de l’acrylique pour des peintures sur toile et des techniques mixtes dans des œuvres sur papier, fusain, pastel, aquarelle, etc.



Mon but est d’explorer la fragilité de la condition humaine à travers les réalités sociales du monde. »


SOURCES


https://www.blanesth.com/


https://www.instagram.com/blanesth.art/?hl=fr


https://www.marieclaire.fr/adresses-incontournables/galerie-sofronis-arts-le-jardin-des-emotions/


https://chronicle.lu/category/art-art-galleries/23611-blanesth-paintings-articulate-life-of-south-korean-women


https://www.youtube.com/watch?v=WbFpggNuZok


https://thediplomatinspain.com/en/2018/02/exhibition-of-painter-blanesth-at-centro-cultural-coreano/


https://www.bonart.cat/tag/blanesth/

https://twitter.com/360rawmagazine/status/1235673051859124224


https://isisgayodibujos.wordpress.com/tag/blanesth/


https://www.laventanadelarte.es/exposiciones/centro-cultural-coreano-en-espana/madrid/madrid/blanesth/34197




WILLIAM TURNER - RÉSUMÉ DE SA VIE



Joseph Mallord William Turner est un peintre, aquarelliste et graveur britannique, né le 23 avril 1775 à Londres et mort le 19 décembre 1851 à Chelsea. Dès l'âge de douze ans, il vend ses dessins et ses aquarelles. 



Ayant fait des études sommaires, il est peu érudit mais a une personnalité originale, alternativement sociable ou sauvage et se dévoile avec parcimonie. Quelques vers tirés de poèmes qu'il écrivait en secret accompagnaient parfois les toiles qu'il exposait. Mais ce n'est pas au travers des mots qu'il se révélait. 




La vérité est que Turner, toute sa vie, fut véritablement obnubilé par sa passion pour la peinture, totalement possédé par son génie. Elu dès 1802 titulaire de la Royal Academy, il resta toute sa vie un travailleur acharné et, dit-on, âpre au gain. 


Voyageur infatigable et curieux, Turner a peint avec un égal bonheur des milliers de paysages différents auxquels il attribuait toujours un titre précis. Initialement de la veine romantique anglaise, son œuvre est marquée par une recherche novatrice audacieuse qui fera considérer celui que l'on surnomme le « peintre de la lumière » comme un précurseur de l'impressionnisme. 



Créateur d’effets de lumière et de couleur qui mettent somptueusement en scène les éléments naturels, William Turner fut le plus grand paysagiste et le plus grand aquarelliste de l’école anglaise de peinture. Tour à tour empreint de classicisme et de romantisme, son style évolua finalement vers l’abstraction.



SOURCES


https://www.musee-jacquemart-andre.com/fr/turner


https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Mallord_William_Turner


https://www.arts-in-the-city.com/2020/03/22/exclu-visite-guidee-de-lexposition-turner-peintures-et-aquarelles-au-musee-jacquemart-andre/


https://www.franceculture.fr/peinture/voyagez-avec-turner-le-peintre-britannique-qui-se-joue-des-quarantaines


https://www.eternels-eclairs.fr/biographie-william-turner.php


https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Joseph_Mallord_William_Turner/147705


https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/03/11/peintures-et-aquarelles-le-musee-jacquemart-andre-celebre-william-turner_6032623_3246.html


https://www.herodote.net/_Mon_style_c_est_l_atmosphere_-synthese-1992.php


https://www.beauxarts.com/grand-format/ce-que-vous-ne-saviez-peut-etre-pas-sur-turner/



MAGALI MARTIN

Ce n’est pas évident de se présenter, je vais essayer... 

Magali MARTIN de mon vrai nom, je suis titulaire d’une maîtrise en arts plastiques depuis 1991, obtenue à Panthéon-Sorbonne avec pour enseignants Michel Journiac (body- art), Côme Mosta Heirt (sculpture, minimalisme et concept-art) et Michel Salzmann (sérigraphie). Ma pratique professionnelle a consisté pendant 10 ans à animer un atelier d’arts plastiques et de patouilles pour de tous jeunes enfants.
Pendant cette période j’ai pu participer à deux expositions sur Paris (Et la femme créa l’homme, espace Belleville) et au musée de Châteauroux ( George Sand, interprétations), mon travail ayant été représenté dans une galerie parisienne (Ars in Fine) et apprécié par le critique d’art Francis Parent

La structure dans laquelle je travaillais ( un jardin d’éveil avec quelques principes de fonctionnement calqués sur la maison verte de Françoise Dolto) a dû fermer ses portes, au moment où j’aspirais à aller vers de nouveaux horizons graphiques...
Au même moment j’arrêtais ma pratique picturale et j’ obtenais en 2007 un bac pro infographiste.
Je suis alors partie à la recherche de clichés animaliers. 

Je joue depuis tout ce temps avec les outils numériques, de la conception à l’impression... 

Enfin, je suis revenue à la peinture d’une part dans des expériences associatives à Saint-Denis et Pierrefitte, et surtout en me formant dans l’atelier de ZEERAZERR, peintre contemporain 

Pour résumer ma pratique actuelle, je crée des dessins numériques (digitals drawing), pour des stickers (street or/and dataism), qui sont des dessins préparatoires à ma peinture. Source Graphikmag

SOURCES

http://graphikmag.free.fr/wordpress/?page_id=2

https://issuu.com/graphimag/docs/wdanslateliercorrige__decapdevielle

https://www.instagram.com/magaligraphikmag/

https://web.marcelforart.com/martin_magali/collections/peinture

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