LITTÉRATURE

JEAN-PAUL SARTRE


Après l'Ecole Normale Supérieure, Jean-Paul Sartre passe l'agrégation en 1929 - c'est à cette période qu'il fait la connaissance de Simone de Beauvoir. Il est nommé professeur de philosophie au lycée du Havre, puis à Neuilly en 1937.


La Seconde Guerre Mondiale, dans laquelle il est tour à tour soldat, prisonnier et auteur engagé, lui permet d'acquérir une conscience politique et de ne plus être l'individualiste qu'il a été dans les années 1930. Pendant la guerre, il rédige son premier essai qui deviendra son œuvre philosophique majeure, « L’Être et le Néant », où il approfondit les bases théoriques de son système de pensée. Recruté par Albert Camus en 1944, il devient reporter dans le journal « Combat ».



Dans les années qui suivent la libération, Jean-Paul Sartre connaît un énorme succès et une très grande notoriété comme chef de file du mouvement existentialiste qui devient une véritable mode. Dans la revue « Les Temps modernes » qu'il a créée en 1945, il prône l'engagement comme une fin en soi, avec à ses côtés Simone de Beauvoir, Merleau-Ponty et Raymond Aron


Jean-Paul Sartre est l'héritier de Descartes et a été influencé par les philosophes allemands Hegel, Marx, Husserl, et Heidegger. Dans « l’Etre et le Néant », traité de l'existentialisme d'un abord difficile car s'adressant aux philosophes, il aborde les rapports entre conscience et liberté. L'ouvrage s'articule autour des thèmes de la conscience, de l'existence, du pour-soi, de la responsabilité de l'être-en-situation, de l'angoisse lorsque la conscience appréhende l'avenir face à sa liberté, de la liberté d'échapper à l'enchaînement des causes et déterminations naturelles, du projet lorsque la conscience se projette vers l'avenir. 


Pour Jean-Paul Sartre, Dieu n'existant pas, les hommes n'ont pas d'autres choix que de prendre en main leur destinée à travers les conditions politiques et sociales dans lesquelles ils se trouvent. 

Le théâtre et le roman sont pour Jean-Paul Sartre un moyen de diffuser ses idées grâce à des mises en situation concrète (Huis clos, Les mains Sales, La nausée...). Il mène une vie engagée en se rapprochant du Parti communiste en 1950, tout en gardant un esprit critique, avant de s'en détacher en 1956 après les événements de Budapest. 


Jean-Paul Sartre garde cependant ses convictions socialistes, anti-bourgeoises, anti-américaines, anti-capitalistes, et surtout anti-impérialistes. Il mène jusqu'à la fin de ses jours de multiples combats : contre la guerre d'Algérie et la guerre du Viêt-Nam, pour la cause palestinienne, les dissidents soviétiques, les boat- people.... Il refuse le prix Nobel de littérature en 1964 car, selon lui, « aucun homme ne mérite d'être consacré de son vivant ». (Toupie.org)


MARCEL PROUST

Marcel Proust est un écrivain français, dont l'œuvre principale est la suite romanesque intitulée À la recherche du temps perdu, publiée de 1913 à 1927. 

Issu d'une famille aisée et cultivée (son père est professeur de médecine à Paris), Marcel Proust est un enfant de santé fragile, et il a toute sa vie de graves difficultés respiratoires causées par l'asthme. Très jeune, il fréquente des salons aristocratiques où il rencontre artistes et écrivains, ce qui lui vaut une réputation de dilettante mondain. Profitant de sa fortune, il n'a pas d'emploi et entreprend en 1895 un roman qui reste à l'état de fragments (publiés en 1952, à titre posthume, sous le titre Jean Santeuil). En 1900, il abandonne son projet et voyage à Venise et Padoue pour découvrir les œuvres d'art, en suivant les pas de John Ruskin, sur qui il publie des articles et dont il traduit deux livres : La Bible d'Amiens et Sésame et les Lys. 

C'est en 1907 que Marcel Proust commence l'écriture de son grand œuvre À la recherche du temps perdu dont les sept tomes sont publiés entre 1913 (Du côté de chez Swann) et 1927, c'est-à-dire en partie après sa mort ; le deuxième volume, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, obtient le prix Goncourt en 1919. Marcel Proust meurt épuisé en 1922, d'une bronchite mal soignée : il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, accompagné par une assistance nombreuse qui salue un écrivain d'importance et que les générations suivantes placent au plus haut en faisant de lui un véritable mythe littéraire. 

L'œuvre romanesque de Marcel Proust est une réflexion majeure sur le temps et la mémoire affective comme sur les fonctions de l'art qui doit proposer ses propres mondes, mais c'est aussi une réflexion sur l'amour et la jalousie, avec un sentiment de l'échec et du vide de l'existence qui colore en gris la vision proustienne où l'homosexualité tient une place importante. La Recherche constitue également une vaste comédie humaine de plus de deux cents personnages. Proust recrée des lieux révélateurs, qu'il s'agisse des lieux de l'enfance dans la maison de Tante Léonie à Combray ou des salons parisiens qui opposent les milieux aristocratiques et bourgeois, ces mondes étant évoqués d'une plume parfois acide par un narrateur à la fois captivé et ironique. Ce théâtre social est animé par des personnages très divers dont Proust ne dissimule pas les traits comiques : ces figures sont souvent inspirées par des personnes réelles, ce qui fait d’À la recherche du temps perdu en partie un roman à clef et le tableau d'une époque. La marque de Proust est aussi dans son style aux phrases souvent très longues, qui suivent la spirale de la création en train de se faire, cherchant à atteindre une totalité de la réalité qui échappe toujours. (Wikipédia)

SOURCES

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Proust

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Marcel_Proust/139700

https://www.linternaute.fr/biographie/litterature/1775106-marcel-proust-biographie-courte-dates-citations/


Emile Zola 

1840 - 1902 

Emile Zola n'a que sept ans quand meurt son père, ingénieur vénitien. Il vit alors dans la pauvreté. Après avoir abandonné ses études scientifiques, il devient, de 1862 à 1866, chef de publicité à la librairie Hachette, ce qui lui permet de connaître les plus grands auteurs de l'époque. Emile Zola publie son premier ouvrage à l'âge de vingt-quatre ans et fréquente les républicains. Puis il se lance dans une carrière de journaliste engagé. Dans ses critiques littéraires, il prône une littérature « d’analyse » s'inspirant des méthodes scientifiques. Son premier succès, le roman « Thérèse Raquin », lui vaut de nombreuses critiques de la part de la presse. 


Influencé par les études de Prosper Lucas et de Charles Letourneau sur l'hérédité et la psychologie des passions, Emile Zola entreprend une immense œuvre naturaliste, « Les Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second empire », une saga constituée de romans réalistes et « scientifiques ». Ce projet l'occupera pendant un quart de siècle. Chacune des œuvres des « Rougon- Macquart », préparée par une enquête détaillée, montre l'affrontement des forces naturelles, soumises aux circonstances et à l'environnement social, qui gouvernent le destin des personnages. Et ceci quel que soit leur milieu d'origine : Paris populaire, courtisanes, capitalisme, mineurs, paysans... C'est le septième roman de la série, « L’assommoir » (1877), chef d'œuvre du roman noir qui lui apporte la célébrité. Dans « Germinal » (1885), il dépeint le monde ouvrier comme jamais il ne l'avait été auparavant et décrit le déterminisme économique comme la fatalité moderne. 

Avec toute son ardeur combattante, son courage et le poids de sa notoriété, Emile Zola s'engage dans l'affaire Dreyfus en publiant plusieurs articles dont son célèbre « J’accuse » dans le journal « L’Aurore » du 13 janvier 1898. Il est très critiqué par les nationalistes et le procès qui s'en suit l'oblige à s'exiler pendant un an en Angleterre. 

A l'issue des « Les Rougon-Macquart », il veut montrer qu'il ne sait pas uniquement peindre les tares de la société. Séduit par les idées socialistes, il souhaite proposer des remèdes sous la forme d'une vision prophétique du devenir de l'homme dans ses « Quatre Evangiles » : « Fécondité », « Travail », « Vérité ». Le quatrième, « Justice », vient d'être commencé, lorsqu'il meurt « accidentellement » asphyxié dans son appartement. 

SOURCES

https://fr.wikipedia.org/wiki/Émile_Zola

https://www.babelio.com/auteur/mile-Zola/2168

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Émile_Zola/150676

https://www.histoire-pour-tous.fr/biographies/3194-emile-zola-1840-1902-biographie-courte.html

https://www.herodote.net/Un_intellectuel_en_politique-synthese-453.php


Victor Hugo

Victor Hugo nait à Besançon le 26 février 1802. Fils de Léopold Hugo, général et comte d'Empire, et de Sophie Trébuchet. Victor Marie est le frère cadet d'Abel et d'Eugène. Ses parents s'entendent mal.  Il a une enfance et une jeunesse nomade à cause de la profession de son père. Il vit en Corse, en Italie, en Espagne et à Paris. Tous ces lieux sont toujours présents dans son esprit et dans ses écrits. 


En 1814 ses parents se séparent. Sa mère va habiter à Paris avec le jeune Victor qui entreprend d’abord des études techniques, abandonnés rapidement pour se consacrer à la littérature. À l’âge de 14 ans, il écrit déjà : « Je veux être Chateaubriand ou rien ». Il commence alors une intense production littéraire et participe activement à la vie littéraire parisienne. Ses recueils de poésie de jeunesse sont récompensés par le roi. Il fait paraître ses premiers romans Bug-Jargal (1820), Han d'Islande, 1823), ébauches malhabiles des romans de la maturité. En 1822 il épouse Adèle Foucher, son amour d’enfance, avec qui il a cinq enfants. 



Il penche du côté du romantisme, dont il écrit le manifeste littéraire, la préface de son drame Cromwell (1827). La première de sa pièce Hernani (1830) est l'occasion d'un affrontement entre classiques et modernes qui fera date dans l'histoire du romantisme français. Devenu chef de fil du mouvement romantique, en 1841 il est élu à l’Académie française. Une période de riche production littéraire (recueils poétiques les Rayons et les Ombres, 1840, pièces de théâtre Ruy Blas, 1838, roman à succès Notre-Dame de Paris, 1832) marque brutalement le pas avec la mort accidentelle de sa fille Léopoldine (1843). Hugo, rallié au « roi des Français » Louis-Philippe, devient académicien et pair de France. 


Peut être aussi pour apaiser la douleur suite à cette perte qui l’affecte beaucoup, il commence à prendre part activement à la vie politique française, si bien que, en 1852 il est expulsé de France à cause de son hostilité affichée à Napoléon III


Il reste en exil pour plus de vingt ans. Champion de la dignité de l'être humain, de ses droits civils et politiques (Hugo prône notamment l'abolition de la peine de mort, le suffrage universel et la liberté de la presse), son cri, puissant, se fait littéraire : les Châtiments (1853), les Contemplations (1856), la Légende des siècles (1859, 1877, 1883), les Misérables (1862), les Travailleurs de la mer (1866), l’Homme qui rit (1869). 


De retour en France, après le dénouement de la guerre franco-prussienne, à la proclamation de la République, il revient à Paris et devient une icône du nouveau régime démocratique.  Il est élu député en 1871, puis sénateur en 1876. 


Même si son activité créatrice se réduit, sa vigueur littéraire n'est pas entamée : il publie l'Année terrible (1872), le roman d'une guerre fratricide encore fraîche, Quatrevingt-treize (1874) et l'Art d'être grand-père, 1877. 


Il meurt le 22 mai 1885 des suites d’une congestion pulmonaire. La Troisième République l’honore par de grandioses funérailles nationales (1er juin) auxquelles plus de deux millions de personnes ont assisté. 



Victor Hugo a joué un rôle très important à son époque, comme homme de lettres et comme homme politique. Au niveau littéraire il joue un rôle central et est considéré comme le père du Romantisme français, et la rupture avec les règles du théâtre classique. Au niveau politique c’est un homme d’ouverture. Il défend des idéaux de justice et de liberté. Il a lutté pour la paix, contre la peine de mort et en faveur des femmes. 


Le dessin fut une des nombreuses passions de Victor Hugo. Le poète a laissé plus de 2 000 œuvres qui témoignent d'une parfaite maîtrise des techniques de l'aquarelle comme du lavis, du fusain ou de la plume. 


Sauf pour les Travailleurs de la mer, pour lesquels il réalisa des études remarquables destinées à être insérées dans le roman, ses dessins n'entretiennent que peu de lien avec son œuvre littéraire, et, dans ses manuscrits, des esquisses accompagnent parfois l'écriture sans toujours véritablement l'illustrer. 


Les croquis de voyage tiennent une grande place, qu'ils soient pris sur le vif ou plus élaborés, restitutions d'images emmagasinées au fil de ses voyages. Y domine une atmosphère souvent fantastique, sombre, donnée par des taches d'encre que Hugo laisse s'étendre sur le papier en une dimension irréelle qui semble le reflet de sa vision profonde. 


Poète, romancier, auteur de théâtre, critique, journaliste, historien, Victor Hugo est sans conteste l'un des géants de la littérature française. Pourtant les critiques à son égard ne manquent pas. 


André Gide lorsqu'on lui demandait quel était le plus grand poète français, répondait, mi-admiratif, mi-ironique : " Victor Hugo, hélas". Quant à Cocteau il n'hésitait pas, lui non plus, à se moquer : "Victor Hugo était un fou qui se prenait pour Victor Hugo". 


Il faut dire que l'auteur des Misérables et des Châtiments a allié à la fois ambition, longévité, puissance de travail et génie, ce qui ne pouvait que concourir à ce mélange de fascination et d'irritation qu'il suscite encore aujourd'hui. 


L'ambition tout d'abord. Dès quatorze ans, Victor Hugo n'avait pas peur d'écrire dans son cahier d'écolier : "je veux être Chateaubriand ou rien". Puis plus tard, il adopta cette devise "Ego Hugo" ... 


La longévité ensuite. La vie de Victor Hugo est un roman peuplé d'événements plus forts les uns que les autres : une enfance de rêve, le mariage controversé avec Adèle Foucher, la bataille d'Hernani, la trahison de son ami Sainte-Beuve, une longue liaison avec la comédienne Juliette Drouet, la noyade de sa fille Léopoldine à Villequier, son combat contre Napoléon III, dix neuf années d'exil : "Je resterai proscrit, voulant rester debout", un retour à Paris qui lui permet d'être député puis sénateur, la folie de sa fille Adèle, la vieillesse paisible et glorieuse avenue d'Eylau et enfin des obsèques nationales suivies par une foule immense qui lui rend hommage en criant "Vive Victor Hugo". 


La puissance de travail et le génie enfin. A vingt-cinq ans, il publie, dans la préface de Cromwell un véritable manifeste en faveur du romantisme. A vingt-huit ans, il révolutionne le théâtre et remporte la bataille d'Hernani. 


A cinquante ans il a le courage d’abandonner une existence confortable pour l’exil, au nom de la résistance à la dictature de Napoléon III. Lors de ce long exil, il abordera tous les thèmes , visitera tous les registres et tous les genres, allant de la fresque homérique au poème intimiste. 


Victor Hugo parviendra au terme d'une existence de quatre-vingt trois ans à représenter une synthèse vivante de son époque. Il est l'incarnation de la littérature française « dans ce qu'elle a de plus universel aux yeux d'un monde époustouflé par un mélange sans précèdent d'émotion, de virtuosité et de puissance ». 


Et s'il est un compliment à noter, c'est celui de Baudelaire, qui bien qu'aux antipodes du « monument Hugo » rendit hommage à l'auteur de La Légende des Siècles : « Quand on se figure ce qu'était la poésie française avant que Victor Hugo apparût et quel rajeunissement elle a subi depuis qu'il est venu; quand on imagine ce peu qu'elle eût été s'il n'était pas venu, combien de sentiments mystérieux et profonds qui ont été exprimés, seraient restés muets; combien d'intelligences il a accouchées, combien d'hommes qui ont rayonné par lui seraient restés obscurs; il est impossible de ne pas le considérer comme un de ces esprits rares et providentiels, qui opèrent, dans l'ordre littéraire, le salut de tous… » 





DRACULA — 
L’INVITÉ DE DRACULA 
Lorsque je partis en excursion, un beau soleil illuminait Munich, et l’air était rempli de cette joie particulière au début de l’été. La voiture s’ébranlait déjà lorsque Herr Delbrück (le patron de l’hôtel des Quatre Saisons où j’étais descendu) accourut pour me souhaiter une promenade agréable ; puis la main toujours sur la portière, il s’adressa au cocher : 
- Et, surtout, soyez de retour avant le soir, n’est-ce pas ? Pour le moment, il fait beau, mais ce vent du nord pourrait bien finir, malgré tout, par nous amener un orage. Il est vrai qu’il est inutile de vous recommander la prudence : vous savez aussi bien que moi qu’il ne faut pas s’attarder en chemin cette nuit ! 
Il avait souri en disant ces derniers mots. 
- Ja, mein Herr, fit Johann d’un air entendu et, touchant de deux doigts son chapeau, il fit partir les chevaux à toute vitesse. 
Lorsque nous fûmes sortis de la ville, je lui fis signe d’arrêter, et lui demandai aussitôt : - Dîtes-moi Johann, pourquoi le patron a-t-il parlé ainsi de la nuit prochaine ?
En se signant, il me répondit brièvement :
- Walpurgis Nacht ! 
Puis, de sa poche, il tira sa montre - une ancienne montre allemande, en argent et de la grosseur d’un navet ; il la consulta en fronçant les sourcils, et haussa légèrement les épaules dans un mouvement de contrariété. 
Je compris que c’était là sa façon de protester assez respectueusement contre ce retard inutile, et je me laissai retomber au fond de la voiture. Aussitôt, il se remit en route à vive allure, comme s’il voulait regagner le temps perdu. De temps à autre, les chevaux relevaient brusquement la tête et reniflaient - on eût dit qu’une odeur ou l’autre qu’eux seuls percevaient leur inspirait quelque crainte. Et chaque fois que je les voyais ainsi effrayés, moi-même, assez inquiet, je regardais le paysage autour de moi. La route était battue des vents, car nous montions une côte depuis un bon moment et parvenions sur un plateau. Peu après, je vis un chemin par lequel, apparemment, on ne passait pas souvent et qui, me semblait-il, s’enfonçait vers une vallée étroite. J’eus fort envie de le prendre et, même au risque d’importuner Johann, je lui criai à nouveau d’arrêter et je lui expliquai alors que j’aimerai descendre par ce chemin. Cherchant toutes sortes de prétextes, il dit que c’était impossible - et il se signa plusieurs fois tandis qu’il parlait. Ma curiosité éveillée, je lui posai de nombreuses questions. Il y répondit évasivement et en consultant sa montre à tout instant - en guise de protestation. À la fin, je n’y tins plus. 
- Johann, lui dis-je, je veux descendre par ce chemin. Je ne vous oblige pas à m’accompagner ; mais je voudrais savoir pourquoi vous ne voulez pas le prendre. 
Pour toute réponse, d’un bond rapide, il sauta du siège. Une fois à terre, il joignit les mains, me supplia de ne pas m’enfoncer dans ce chemin. Il mêlait à son allemand assez de mots anglais pour que je le comprenne. Il me semblait toujours qu’il allait me dire quelque chose - dont la seule idée sans aucun doute l’effrayait -, mais, à chaque fois, il se ressaisissait et répétait simplement en faisant le signe de croix : 
- Walpurgis Nacht ! Walpurgis Nacht ! 
Je voulus un peu discuter, mais allez donc discuter quand vous ne comprenez pas la langue de votre interlocuteur ! Il garda l’avantage sur moi, car bien qu’il s’appliquât chaque fois à utiliser les quelques mots d’anglais qu’il connaissait, il finissait toujours par s’exciter et par se remettre à parler allemand - et, invariablement alors, il regardait sa montre pour me faire comprendre ce que j’avais à comprendre. Les chevaux aussi devenaient impatients et ils reniflèrent à nouveau ; voyant cela, l’homme blêmit, regarda tout autour de lui, l’air épouvanté et, soudain, saisissant les brides, conduisit les chevaux à quelques mètres de là. Je le suivis et lui demandai ce qui le poussait soudain à quitter l’endroit où nous étions d’abord arrêtés. Il se signa, me montra l’endroit en question, fit encore avancer sa voiture vers la route opposée et, enfin, le doigt tendu vers une croix qui se trouvait là, me dit, d’abord en allemand puis dans son mauvais anglais : 
- C’est là qu’on a enterré celui qui s’est tué.
Je me souvins alors de la coutume ancienne qui voulait qu’on enterrât les suicidés à proximité des carrefours. 
- Ah oui ! fis-je, un suicidé... Intéressant... mais il m’était toujours impossible de comprendre pourquoi les chevaux avaient été pris de frayeur. 
Tandis que nous parlions de la sorte, nous parvint de très loin un cri qui tenait à la fois du jappement et de l’aboiement ; de très loin, certes, mais les chevaux se montraient maintenant véritablement affolés, et Johann eut toutes les difficultés du monde à les apaiser. Il se retourna vers moi, et me dit, la voix tremblante : 
- On croirait entendre un loup, et pourtant il n’y a plus de loups ici. (...) 

Dracula, Bram Stoker (extrait) 

HISTOIRES EXTRAORDINAIRES — 
Notre première connaissance se fit dans un obscur cabinet de lecture de la rue Montmartre, par ce fait fortuit que nous étions tous deux à la recherche d’un même livre, fort remarquable et fort rare ; cette coïncidence nous rapprocha. nous nous vîmes toujours de plus en plus. Je fus profondément intéressé par sa petite histoire de famille, qu’il me raconta minutieusement avec cette candeur et cet abandon, - ce sans-façon du moi, - qui est le propre de tout Français quand il parle de ses propres affaires. 
Je fus aussi fort étonné de la prodigieuse étendue de ses lectures, et par-dessus tout je me sentis l’âme prise par l’étrange chaleur et la vitale fraîcheur de son imagination. Cherchant dans Paris certains objets qui faisaient mon unique étude, je vis que la société d’un pareil homme serait pour moi un trésor inappréciable, et dès lors je me livrai franchement à lui. Nous décidâmes enfin que nous vivrions ensemble tout le temps de mon séjour dans cette ville; et, comme mes affaires étaient un peu moins embarrassées que les siennes, je me chargeai de louer et de meubler dans un style approprié à la mélancolie fantasque de nos deux caractères, une maisonnette antique et bizarre que des superstitions dont nous ne daignâmes pas nous enquérir avaient fait déserter, - tombant presque en ruine, et située dans une partie reculée et solitaire du faubourg Saint-Germain. 
Si la routine de notre vie dans ce lieu avait été connue du monde, nous eussions passé pour deux fous, - peut-être pour des fous d’un genre inoffensif. Notre réclusion était complète ; nous ne recevions aucune visite. Le lieu de notre retraite était resté un secret - soigneusement gardé - pour mes anciens camarades ; il y avait plusieurs années que Dupin avait cessé de voir du monde et de se répandre dans Paris. Nous ne vivions qu’entre nous. 
Mon ami avait une bizarrerie d’humeur, - car comment définir cela ? - c’était d’aimer la nuit pour l’amour de la nuit ; la nuit était sa passion ; et je tombai moi-même tranquillement dans cette bizarrerie, comme dans toutes les autres qui lui étaient propres, me laissant aller au courant de toute ses étranges originalités avec un parfait abandon. La noire divinité ne pouvait pas toujours demeurer avec nous ; mais nous en faisions la contrefaçon. Au premier point du jour, nous fermions tous les lourds volets de notre masure, nous allumions une couple de bougies fortement parfumées, qui ne jetaient que des rayons très-faibles et très-pâles. Au sein de cette débile clarté, nous livrions chacun notre âme à ses rêves, nous lisions, nous écrivions ou nous causions, jusqu’à ce que la pendule nous avertit du retour de la véritable obscurité. Alors, nous nous échappions à travers les rues, bras dessus bras dessous, continuant la conversation du jour, rôdant au hasard jusqu’à une heure très-avancée, et cherchant à travers les lumières désordonnées et les ténèbres de la populeuse cité ces innombrables excitations spirituelles que l’étude paisible ne peut pas donner. 
Edgar Allan Poë, Double assassinat dans la rue Morgue 

L’ILIADE ET L’ODYSSÉE — 
PRÉLUDE 
SCÈNE 2 : L’ORIGINE DE LA GUERRE 
Il y a des centaines et des centaines d’années, 3500 ans peut-être, il y avait une fière cité commerçante qui s’appelait Ilion ou Troie. 
Or, de l’autre côté de la mer Égée, sur la partie du continent que nous appelons la Grèce, et dans de nombreuses îles disséminées sur la mer, il y avait d’autres villes et bourgades dont les hommes faisaient aussi du commerce par mer. Il existait ue rivalité entre ces villes et Troie depuis bien des années. Cette rivalité aboutit à une guerre longue et terrible. Voici, selon les légendes, quelle fut l’origine de la guerre. 
Le roi de Troie, Priam et sa femme Hécube avaient beaucoup de fils et de filles. Mais quand l’un de ces enfants fut sur le point de naître, la reine eut un songe : elle rêva que, devenu grand, il serait une torche enflammée et détruirait la cité. En ce temps-là, on croyait fortement aux songes ; aussi, quand un beau petit garçon leur arriva, le père et la ère affligés décidèrent de l’abandonner sur les pentes de l’Ida, une montagne voisine, afin de sauver, par sa mort, la ville qu’ils aimaient. 
Ils confièrent la triste tâche à un berger. Mais, le berger était un homme bon qui, n’ayant pas d’enfants, garda le bébé et l’éleva comme le sien. 
L’enfant s’appelait Pâris, et il devint un jeune berger beau et fort, qui ne se doutait pas du tout qu’il était fils de roi. Mais le destin, pensait-on alors, était quelque chose à quoi l’on ne pouvait pas échapper. C’est ainsi que le jeune Pâris trouva enfin son destin. 
Sur le Mont Olympe où les dieux immortels décidaient souvent du destin des hommes, trois déesses se querellèrent un jour. C’étaient Héra, la reine des dieux, Athèna, déesse de la sagesse, et Aphrodite, déesse de la beauté. Elles se querellaient sur le point de savoir laquelle d’entre elles était la plus belle, et elles décidèrent de s’en remettre au choix d’un homme mortel. 
Les trois déesses descendirent sur les pentes du Mont Ida et là, qui trouvèrent-elles, sinon Pâris, qui gardait tranquillement ses troupeaux ? Les déesses lui demandèrent de choisir entre elles ; puis, si peu honnête que cela nous paraisse, elles commencèrent à lui offrir des présents. Héra lui offrit le plus grand des pouvoirs sur les armées et les hommes, s’il la choisissait, elle ; Athéna lui offrit l’intelligence ; mais Aphrodite lui offrit comme épouse la plus belle femme du monde, s’il la choisissait, et c’est ce qu’il fit. 
Dès lors Pâris ne se contenta plus de sa vie tranquille sur la montagne. Il descendit dans la ville de Troie pour chercher la fortune que la déesse lui avait promise. Là, le charme de son visage et de ses manières, son habileté aux jeux l’amenèrent bientôt à la cour du roi. Il ne fallut pas longtemps pour que son histoire fut connue, et ses heureux parents, bannissant leurs craintes, fêtèrent le retour du fils qu’ils avaient perdu depuis longtemps. Bientôt Pâris s’en fut, avec une flotte à lui, pour faire du commerce et voir du pays. 
C’est alors que les difficultés commencèrent. Pâris n’avait pas oublié la promesse que la déesse lui avait faite, et, partout où il allait, il cherchait la belle femme que la déesse lui avait promise. 
Il entendit bientôt parler d’une femme qui était réputée au loin comme la plus belle femme du monde. C’était Hélène de Sparte. Il se rendit donc à Sparte et s’aperçut que cette renommée était exacte. Pâris s’éprit aussitôt d’Hélène, et quand il rembarqua, il l’emmena avec lui à Troie pour en faire son épouse. 
Tout cela aurait été fort beau si Hélène n’avait été déjà mariée. Son mari était le roi de Sparte, Ménélas. Et il fut irrité, comme vous pouvez l’imaginer, quand sa femme le quitta pour Troie. 
Ménélas se rendit immédiatement chez son frère Agamemnon, roi de Mycènes. Ensemble les deux hommes firent des projets de revanche. Ils allèrent d’il en île, de ville en ville, pour lever une armée et équiper une flotte, afin de reconquérir Hélène et de châtier Troie. 
Ils débarquèrent enfin sur le rivage troyen. Puis ils bâtirent tout le long du rivage un grand mur de terre, en avant de leurs vaisseaux. À l’abri de ce mur, près des vaisseaux aux hautes proues, ils construisirent des baraques. Et ces baraques devaient être leurs maisons pendant dix longues et pénibles années de guerre. 
À tour de rôle, les deux armées remportèrent des victoires au cours de ces années-là. Mais les Troyens ne purent jamais incendier les vaisseaux grecs, ni les forcer à reprendre la mer. Et les Grecs ne purent jamais faire une percée dans les murs de la ville pour reprendre Hélène aux Troyens. 
C’est à la fin de la neuvième année de guerre que commence le récit d’Homère


Ces peintres, s’ils observent encore la nature, ne l’imitent plus et ils évitent avec soin la représentation de scènes naturelles observées et reconstituées par l’étude.
La vraisemblance n’a plus aucune importance, car tout est sacrifié par l’artiste aux vérités, aux nécessités d’une nature supérieure qu’il suppose sans la découvrir. Le sujet ne compte plus ou s’il compte c’est à peine.
L’art moderne repousse, généralement, la plupart des moyens de plaire mis en œuvre par les grands artistes des temps passés.
Si le but de la peinture est toujours comme il fut jadis : le plaisir des yeux, on demande désormais à l’amateur d’y trouver un autre plaisir que celui que peut lui procurer aussi bien le spectacle des choses naturelles.
***
On s’achemine ainsi vers un art entièrement nouveau, qui sera à la peinture, telle qu’on l’avait envisagée jusqu’ici, ce que la musique est à la littérature. 
Ce sera de la peinture pure, de même que la musique est de la littérature pure.
L’amateur de musique éprouve, en entendant un concert, une joie d’un ordre différent de la joie qu’il éprouve en écoutant les bruits naturels comme le murmure d’un ruisseau, le fracas d’un torrent, le sifflement du vent dans une forêt, ou les harmonies du langage humain fondées sur la raison et non sur l’esthétique.
De même, les peintres nouveaux procureront à leurs admirateurs des sensations artistiques uniquement dues à l’harmonie des lumières impaires.
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Les jeunes artistes-peintres des écoles extrêmes ont pour but secret de faire de la peinture pure. C’est un art plastique entièrement nouveau. Il n’en est qu’à son commencement et n’est pas encore aussi abstrait qu’il voudrait l’être. La plupart des nouveaux peintres font bien de la mathématique sans le ou la savoir, mais ils n’ont pas encore abandonné la nature qu’ils interrogent patiemment à cette fin qu’elle leur enseigne la route de la vie.
Un Picasso étudie un objet comme un chirurgien dissèque un cadavre.
Cet art de la peinture pure s’il parvient à se dégager entièrement de l’ancienne peinture, ne causera pas nécessairement la disparition de celle-ci, pas plus que le développement de la musique n’a causé la disparition des différents genres littéraires, pas plus que l’âcreté du tabac n’a remplacé la saveur des aliments.
On a vivement reproché aux artistes-peintres nouveaux des préoccupations géométriques. Cependant les figures géométriques sont l’essentiel du dessin. La géométrie, science qui a pour objet l’étendue, sa mesure et ses rapports, a été de tout temps la règle même de la peinture.
Jusqu’à présent, les trois dimensions de la géométrie euclidienne suffisaient aux inquiétudes que le sentiment de l’infini met dans l’âme des grands artistes.
Les nouveaux peintres, pas plus que leurs anciens, ne se sont proposé d’être des géomètres. Mais on peut dire que la géométrie est aux arts plastiques ce que la grammaire est à l’art de l’écrivain. Or, aujourd’hui, les savants ne s’en tiennent plus aux trois dimensions de la géométrie euclidienne. Les peintres ont été amenés tout naturellement et, pour ainsi dire, par intuition, à se préoccuper de nouvelles mesures possibles de l’étendue que dans le langage des ateliers modernes on désignait toutes ensemble et brièvement par le terme de quatrième dimension.
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Ajoutons que cette imagination : la quatrième dimension, n’a été que la manifestation des aspirations, des inquiétudes d’un grand nombre de jeunes artistes regardant les sculptures égyptiennes, nègres et océaniennes, méditant les ouvrages de science, attendant un art sublime, et qu’on n’attache plus aujourd’hui à cette expression utopique, qu’il fallait noter et expliquer, qu’un intérêt en quelque sorte historique.
Les grands poètes et les grands artistes ont pour fonction sociale de renouveler sans cesse l’apparence que revêt la nature aux yeux des hommes.
Sans les poètes, sans les artistes les hommes s’ennuieraient vite de la monotonie naturelle. L’idée sublime qu’ils ont de l’univers retomberait avec une vitesse vertigineuse. L’ordre qui paraît dans la nature et qui n’est qu’un effet de l’art s’évanouirait aussitôt. Tout se déferait dans le chaos. Plus de saisons, plus de civilisation, plus de pensée, plus d’humanité, plus de vie même et l’impuissante obscurité régnerait à jamais.
Les poètes et les artistes déterminent de concert la figure de leur époque et docilement l’avenir se range à leur avis. 

Guillaume Apollinaire, (Méditations esthétiques) Les Peintres cubistes, 1913 
Guillaume Apollinaire et sa femme, 1918



Charles Baudelaire – résumé de sa vie
Charles Baudelaire nait à Paris le 9 avril 1821. Son père meurt quand il n’a que six ans et sa mère se remarie avec un général. A partir de l’adolescence, Baudelaire sera toujours en opposition par rapport aux valeurs bourgeoises incarnées par son beau-père qui de surcroît n’approuve pas sa vocation littéraire. Elève pensionnaire au collège Louis le Grand il est renvoyé, après s’être fait remarquer par son caractère rebelle. Il réussi son bac de justesse et commence à mener une vie de marginal et de bohème dans le Quartier Latin.

Sous la pression de sa famille, il embarque pour les côtes d’Afrique et de l’Orient. Il séjourne à l’île Bourbon, cependant, Baudelaire n’arrive pas au terme de son voyage, un naufrage l’oblige à rapatrier, mais il en retira un grand nombre d’impressions dont il s’inspirera dans ses œuvres. De retour à Paris il dilapide tout l’héritage reçu à ses 18 ans, en menant une vie dissolue sous l’emprise des drogues comme l’haschisch ou l’opium. Sa famille se verra obligée à le faire mettre sur tutelle judiciaire.

Dès 1842, il est contraint à travailler pour subvenir à ses besoins. Il écrit ses premiers textes, devient journaliste, critique d’art et littéraire en 1844, et découvre en 1847 Edgar Poe. Il admire les œuvres d’Eugène Delacroix et d’Edgar Poe dont il devient le traducteur attitré. Avec Poe, il partage une certaine idée du goût du mal et une même conception de l’art. En 1848, Baudelaire participe aux barricades aux côtés des républicains, mais ses ardeurs révolutionnaires s’éteignent rapidement. A l’instar de Flaubert ou de Victor Hugo, il ne s’engage pas du point de vue littéraire.

En 1857 la publication des Fleurs du Mal est accueillie par la presse avec hostilité. Il est attaqué et condamné à une forte amende pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs. Il est obligé de supprimer certains passages. Ce n’est qu’en 1949 que la justice réhabilitera « Les Fleurs du mal ». Très affecté, Baudelaire sombre dans la misère et la maladie, il part habiter à Bruxelles. Il espère pouvoir y donner des conférences, mais il est vite déçu. En 1866, il est frappé d’un malaise qui le rend paralysé et aphasique. Il meurt à Paris le 31 août 1867 à l’âge de 46 ans. En 1868 sont publiés à titre posthume le Spleen de Paris et les Curiosités esthétiques.

Charles Baudelaire se positionne au cœur des débats de son époque sur la fonction de la littérature. Il détache la poésie de la science et de la morale. La poésie, pour lui, a pour but la beauté en soi, non pas la vérité.


SOURCES :

https://www.youtube.com/watch?v=456Ouhx0AfM&t=13s

https://www.linternaute.fr/biographie/litterature/1420590-charles-baudelaire-biographie- courte/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Baudelaire

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Charles_Baudelaire/107873

https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/charles-baudelaire-1821-1867-0

https://www.babelio.com/auteur/Charles-Baudelaire/2184

https://www.lumni.fr/dossier/vie-et-oeuvre-de-charles-baudelaire

https://www.eternels-eclairs.fr/biographie-charles-baudelaire.php

https://www.poetica.fr/biographie-charles-baudelaire/

https://www.mon-poeme.fr/charles-baudelaire/

https://www.lepoint.fr/livres/baudelaire-une-strophe-inedite-des-fleurs-du-mal-devoilee-13-11-2019- 2346872_37.php



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