GALERIES D'ART, MUSÉES...

Le ministère de la Santé contre la réouverture des galeries

Par Léa Amoros

QDA - 08 avril 2021 


Ce jeudi 8 avril, suite au dépôt, le 25 mars, d'un recours en référé-liberté, le Comité professionnel des galeries d'art (CPGA) contestait devant le Conseil d'État les dispositions du décret du 2 avril 2021, imposant la fermeture aux galeries d'art. Le CPGA demande que les galeries soient autorisées à accueillir du public au même titre que les maisons de ventes, librairies et disquaires, soulignant qu'elles présentent un risque sanitaire équivalent voire moindre. L'ouverture des maisons de ventes notamment, dont l'activité est très comparable à celle des galeries, entraîne, selon le CPGA, une distorsion flagrante de règle à la concurrence. Une dérogation justifiée pour le gouvernement par les ventes judiciaires, « essentielles au fonctionnement du service public, plus encore avec la crise sanitaire et le nombre accru de successions ». Un argument irrecevable pour le CPGA qui rappelle que « parmi les 24 % des maisons de vente qui ne s'appuient pas sur les ventes judiciaires figurent les plus importantes dont Sotheby's, Christie's ou Drouot ». Drouot qui réalisait en 2019 302 millions d'euros d'adjudication dont 299 millions de ventes volontaires. Le ministère sourd à ces revendications brandit inlassablement l'argument du statut ERP (établissements recevant du public), les galeries étant classées parmi les commerces dont il a décidé la fermeture. « Bien sûr si l'épidémie baisse, les règles concernant les galeries seront les premières à être réexaminées. Mais pour l'instant et vu la situation sanitaire désastreuse, le risque n'en vaut pas la chandelle », conclut Charles Touboul, directeur des affaires juridiques du ministère de la Santé. Malgré une audience en demi-teinte, Marion Papillon, présidente du CPGA, ne regrette pas d'être « montée au créneau ». « Il faut rendre publiques ces règles arbitraires. Les arguments invoqués par la défense étaient sans justification et montrent une méconnaissance flagrante du milieu. Espérons que le Conseil d'Etat sera sensible à cette atteinte grave et manifestement illégale, permettant aux galeries de rouvrir au moins partiellement ». Galeries et ministère de la Santé ont jusqu’au vendredi 9 à 18h pour étayer leurs dires. L'ordonnance sera prononcée la semaine prochaine. 


FINDLAY GALLERIES


Findlay Galleries est la deuxième plus ancienne galerie d’Amérique. Principalement dans l’impressionnisme, l’art moderne et un groupe établi d’artistes contemporains.


En 1870, William Wadsworth Findlay fonde sa première galerie, appelée City Art Rooms, à Kansas City, dans le Missouri.


En 1919, la présidence de la galerie est confiée au fils aîné de Findlay, Walstein C. Findlay, Sr. Findlay, Sr. a été chargé d’apporter l’art européen – y compris les paysages et les portraits anglais du XIXe siècle, les œuvres de genre allemandes et les peintures impressionnistes et barbizoniennes françaises – à la collection de la galerie.


La troisième génération de dirigeants de Findlay a vu le jour lorsque Walstein C. Findlay Jr. (Wally) s’est joint à l’entreprise familiale. La galerie, aujourd’hui appelée Wally Findlay Galleries, est devenue une destination culturelle connue à Kansas City. Wally Findlay Galleries a établi son deuxième emplacement, à Chicago, en 1931.


Répondant aux besoins de ses clients, les galeries continuent de se développer de manière spectaculaire, ouvrant des sites à Palm Beach (1961), New York (1964), Paris et Beverly Hills (1971).


Naturellement, les styles de travail représentés par Wally Findlay Galleries tout au long de son histoire ont reflété les différentes écoles d’art de chaque période, de l’impressionnisme dans les années 1870, au fauvisme au début du XXe siècle, et à travers les mouvements contemporains ultérieurs.


Aujourd’hui, le président et chef de la direction de l’entreprise, M. James R. Borynack, qui a fait l’acquisition de l’entreprise à la fin de 1998, perpétue l’excellence artistique.




En 2016, Wally Findlay Galleries a fait l’acquisition de la David Findlay Jr Gallery, réunissant l’entreprise d’art familiale de 146 ans et reprenant le nom original de Findlay Galleries.

Les galeries Findlay situées à :

Palm Beach :

165, avenue Worth, Palm Beach (Floride), 33480

New York :

724 Fifth Avenue, 7th & 8th Floor, New York, NY, 10019



Les galeries font de la résistance 


Par Rafael Pic, Alison Moss, Julie Chaizemartin, Léa Amoros 

QDA -  31 mars 2021 à 21h38 

Dans l'attente de la décision du Conseil d'État après la procédure de référé lancée la semaine dernière, les galeries essaient d'inventer de nouvelles manières d'exister. Une preuve de résilience qui est aussi un combat pour survivre, que les annonces présidentielles d'hier vont rendre encore plus ardu. 

Outre son tragique bilan humain, la pandémie restera dans nos mémoires pour la sensation d'absurde qu'elle dégage au quotidien. Oui au supermarché pour toucher et reposer des produits et s'agglomérer aux caisses car « essentiel », non au musée et à la galerie où l'on ne manipule rien car « non essentiel ». Jusqu'à quel point l'exécutif a-t-il mandat pour déterminer l'essence des choses ? Face à des décisions considérées comme arbitraires par les commerces visés, la résistance s'organise. Le référé déposé par le Comité professionnel des galeries d'art (CPGA) auprès du Conseil d'État (audience ce vendredi) s'ajoute aux appels lancés par d'autres voix : le Syndicat national des antiquaires (par une lettre du 22 mars à Roselyne Bachelot), le Salon du dessin, par l'intermédiaire de son président, Louis de Bayser, ou encore le conseil municipal du VIe arrondissement qui a voté hier à l'unanimité pour la réouverture des galeries et qui entend présenter ce vœu au Conseil de Paris du 13 au 16 avril. Dans cette situation adverse, voici quelques stratégies développées par des marchands qui veulent à tout prix défendre leur métier et leurs artistes.

Extension du domaine de la galerie en vitrine 

Étalagiste est un véritable métier, et de grands créateurs l'ont exercé au début de leur carrière, comme Andy Warhol ou Giorgio Armani. Les galeries étaient plutôt en retrait sur ce registre, préférant cacher leurs trésors à l'intérieur, d'autant plus qu'ils peuvent souffrir d'une trop grande exposition à la lumière. Mais il a fallu utiliser au maximum les espaces disponibles, d'où l'initiative « À visage découvert » qui fédère, du 1er au 20 avril, plus de vingt galeries de la rue des Beaux- Arts et l'ENSBA. « Nous avons souhaité humaniser le masque en abordant le portrait, qui présente par ailleurs l'avantage d'être très lisible et nous a aussi permis de mêler le contemporain à l'art primitif », explique Marie-Hélène de la Forest Divonne, dont la galerie a abordé la question avec humour, en présentant un cliché d'Elsa & Johanna dévoilant deux femmes allongées, le visage enduit d'un masque de beauté. Au programme : une Marianne masquée du street artist Hopare (Loeve&Co), un portrait hanté de Zoran Music (Applicat-Prazan), un masque « Murik lewa » provenant des Îles Schouten en Papouasie Nouvelle-Guinée (Entwistle) ou encore une étude de Bacon pour sa célèbre toile représentant le pape Innocent X d’après Vélasquez (JSC)... Afin d'attirer le regard du passant distrait vers les vitrines, le créateur de mode Jean- Charles de Castelbajac apporte son grain de sel en traçant à la craie des portraits sur les façades. Une manière de profiter des galeries tout en respectant à la lettre la notion de « confinement à l’extérieur » imposé par l'Élysée... 

Le salut par le livre 

Hervé Loevenbruck et Stéphane Corréard ont trouvé une nouvelle parade avec un fronton flambant neuf siglé « Librairie », passant en un week-end du statut de magasin d'histoire de l'art pour Love&Collect (créé lors du premier confinement) et de galerie pour Loeve&Co à une nouvelle aventure. « Ce mois-ci, nous sommes libraires : moyennant 80 euros de frais, nous avons fait modifier notre Kbis, ce qui entraîne automatiquement le changement de code APE. Naturellement, l’opération est parfaitement réversible », explique Stéphane Corréard. Durant les prochaines semaines de confinement, les deux adresses proposeront à la vente des livres d'art tout en conservant en décor l'exposition « Milan Kunc & Philippe Mayaux ». Pour Charles Geoffrion, en charge de l'espace, l'idée est venue naturellement : « Le livre d’art fait partie intégrante de notre métier de galeriste, et plutôt que de subir les décisions gouvernementales, nous avons décidé d'en profiter. » C'est l'occasion d'annoncer le lancement d'une collection éditoriale consacrée aux artistes dont le travail est mal documenté. « Depuis le début de cette campagne, nous avons reçu en dépôt plus de 80 ouvrages, vendus entre 6 et 1000 euros, d’artistes, galeristes, éditeurs et indépendants. D'ici la quatrième semaine, nous espérons atteindre plus de 150 références. » La galerie Waltman, rue Mazarine, avait déjà le statut de librairie, ce qui permet à l’exposition du peintre Julien Graizely, ouverte début mars, d’être accessible au public, d’autant que le quartier reste très passant, moyennant quelques livres installés en regard des œuvres. « Nous voyons arriver un nouveau public, les amateurs de musées frustrés, mais aussi les habitants du quartier qui redécouvrent leurs galeries et souhaitent les soutenir, et même certains professionnels qui ne venaient plus », indique Olivier Waltman, précisant que si les aides de l’État ont été les bienvenues, « cette période de crise nous a aussi obligé à revenir à une dimension plus entrepreneuriale avec la nécessité de penser sans cesse à court terme ». Ce modèle de galerie-librairie préexistait chez Perrotin, Ropac, Florence Loewy, Marian Goodman, Semiose, Artfever ou encore Yvon Lambert. La crise aura eu le mérite de le révéler à un plus large public.

Et pourquoi pas une épicerie ? 

À la Galleria Continua, qui a ouvert son antenne parisienne au 87, rue du Temple le 20 janvier dernier, la question de la fermeture ne s’est pas posée puisque son concept protéiforme permet légalement au lieu de rester ouvert : « Notre exposition inaugurale, curatée par JR, présente nos 70 artistes au sein d’un modèle particulier qui mixe la galerie avec une librairie d’art et une épicerie fine. » On y trouve du pecorino à la truffe, du salami de cochon sauvage au fenouil, de l'huile d'olive de San Gimignano, du Chianti Classico de Casenuove, l'idée étant de trouver des produits issus des lieux où sont implantés les galeries. « Après l’ouverture, dans le respect strict des règles sanitaires, nous avons accueilli en moyenne 600 à 700 personnes par jour. La visite se fait sur réservation pour respecter une jauge limitée et éviter la queue sur le trottoir », explique Lorenzo Fiaschi, co- fondateur de la galerie, en affirmant son soutien à l’action du CPGA car, selon lui, l’ouverture des galeries répond à « une urgence » pour l’ensemble des acteurs du secteur. 

Chaussures, cercueils et vente à domicile 

Afin d'insuffler un peu de « gaieté et de fraîcheur dans ce contexte de sinistrose », la marchande d'art Caroline Smulders a accueilli du 26 au 29 mars la collection printemps-été de la marque de chaussures Karine Arabian dans ses bureaux- showroom. Habituée à croiser les disciplines (elle ne possède pas de galerie « traditionnelle » et investit régulièrement différents lieux), Smulders a pu de cette manière « nouer de nouveaux liens » avec des personnes différentes, dans un cadre intime, discrètement orné d'œuvres de sa propre collection ou ayant un lien avec la chaussure (on retient notamment de délicates gravures d’Allen Jones). Même pied de nez ironique chez Hélianthe Bourdeaux-Maurin (H Gallery), représentative d'une nouvelle génération que la situation met sur la corde raide. « Il semblerait que nous soyons dans l'obligation de nous réinventer en ce que nous ne sommes pas alors que nous sommes absolument essentiels (les visiteurs privés de musées n'ont cessé de nous le répéter). Pas de librairie pour moi mais une transformation en magasin indémodable, avec de vraies urnes, des cercueils en bois et une tombe (avec de la vraie terre et une vraie pelle). Le tout customisé ou transformé en œuvre d'art et entouré d'une danse macabre faite de vanités créées par 18 formidables artistes. Le CPGA a engagé une action nécessaire et légitime et si nous n'obtenons pas gain de cause, j'ai l'intention de préparer une réouverture en... pompes funèbres ! » En décembre 2020, la galerie Guillaume entreprenait de son côté un voyage de deux jours, entre Paris et Saint- Émilion. « Avec la pandémie, nos clients de province n'étaient pas enclins à voyager à Paris, alors nous sommes allés à eux », explique, amusé, le fondateur, Guillaume Sébastien. Dans le coffre de sa camionnette de location, il avait embarqué une quinzaine d'œuvres, renouant avec « la bonne vieille méthode de la vente à domicile. Finalement, nos clients ont été reconnaissants de cet effort, ils ont pu se projeter plus facilement en voyant les œuvres accrochées dans leur intérieur, et presque toutes ont été vendues ! » Autant de pistes pour faire face et garder le moral dans l'attente du seul objectif fondamental : la réouverture.



Jean Brolly va fermer 

Par Julie Chaizemartin
QDA - 28 mars 2021  

À 80 ans, Jean Brolly a perdu le feu sacré. « J’arrête, non à cause de la pandémie, mais parce que je ne suis pas satisfait des affaires depuis plusieurs années », confie-t-il. Sa dernière exposition, avant la fermeture de sa galerie de la rue de Montmorency, titre avec émotion « Dans l’amitié de Bernard Aubertin » (prévue jusqu'au 7 mai) : hommage à douze ans d’harmonie avec l’artiste, mort en 2015. Une harmonie, doublée d’amitiés, qui a émaillé vingt ans d’activité d’un galeriste « défenseur des artistes » selon Mathieu Cherkit (exposé actuellement dans l’espace-vitrine de la galerie), peintre repéré en 2010 au Salon de Montrouge et devenu un des « artistes- maison de ces dernières années ». Jean Brolly a ouvert en 2001 – avec une exposition de Claude Rutault – pour occuper sa retraite, en créant plus qu’une galerie, « une maison pour les artistes ». Amateur d’art depuis sa jeunesse, il a évolué professionnellement dans l’univers des arts de la table et collectionnait au point de déposer une partie de ses œuvres au musée de Strasbourg, sa ville natale. Dès les années 1970, il s’intéresse à Buren, Toroni, Rutault, un goût pour l’art minimal et conceptuel qui se retrouvera dans sa galerie, un espace sous verrière qui accueille, de 2001 à 2021, près de 170 expositions d’artistes établis, tels que Yun Hyong-Keun, Steven Parrino, Ben, Felice Varini, Michel Verjux, François Morellet, Eugène Dodeigne, Alan Charlton, David Tremlett, Paul-Armand Gette, et de jeunes talents comme Nicolas Chardon, Mathieu Cherkit, Mathieu Bonardet ou Christelle Téa. La galerie participe à la FIAC (lorsqu’elle était Porte de Versailles), Art Paris, Art Bruxelles, Art Cologne, et même aux foires de Séoul, Abu Dhabi, Moscou. 

« J’aurais aimé être le doyen des galeristes parisiens, mais il y a Claude Bernard ! », lance-t-il, le sourire dans la voix. Ce printemps voit donc les deux dernières expositions avant le baisser de rideau. Mais son parcours va continuer : « J’aime trop les peintures, les objets de toutes sortes et je les accumule – un stand à Paul Bert Serpette sera mon prochain port d’attache ». 

https://www.lequotidiendelart.com/articles/19444-jean-brolly-va-fermer.html


GALERIE JEAN BROLLY

Montrer l’art contemporain à un large public, tant aux néophytes qu’aux connaisseurs, dépasser le stade du conseil privé, amical et donner accès aux œuvres à celui qui veut s’y intéresser… ce sont les objectifs que je me suis fixés en ouvrant une galerie, en 2002.

La galerie est le lieu où l’éblouissement devant l’œuvre d’art peut survenir et le désir du collectionneur se cristalliser. Le rôle du galeriste est celui d’un amplificateur, placé entre l’artiste et l’amateur d’art (collectionneur, étudiant, curieux, conservateur, critique, etc.). Le signal émis par l’artiste est en quelque sorte porté plus fort et plus loin.

L’exposition se parcourt comme une promenade autour du jardin du cloître. les galeries couvertes nous conduisent naturellement vers la salle principale. les grandes ouvertures vitrées sur le jardin laissent entrer une belle lumière qui met en valeur les œuvres accrochées sur les panneaux latéraux.

La déambulation dans les couloirs nous fait d’ailleurs vivre un moment subtil et particulier que l’on n’éprouve pas d’ordinaire dans les expositions. contrairement à la vision frontale plus courante, l’étroitesse relative du couloir nous invite à aborder l’œuvre de biais. Cette approche par un balayage latéral à la manière d’un travelling nous la fait découvrir peu à peu.

Les œuvres ont été choisies pour refléter un éventail des propositions artistiques de la galerie : peinture, sculpture, dessin, photographie.

Néanmoins, il m’est possible de dégager de leur diversité des traits communs dont le plus important me semble être cette volonté de tendre vers la limite du domaine choisi : la couleur (Bernard Aubertin, Alan Charlton), le protocole (Nicolas Chardon, Rémy Hysbergue, François Morellet, Claude Rutault), la figuration (Tatjana Doll, Daniel Schlier), le geste premier (Namgoong Whan, Sarkis, Pierre Savatier).

Cette spécialisation, la transversalité – qui est l’inverse de ce que l’on nomme le multimédia –, permet l’élaboration d’œuvres autonomes, libres, superbes.

Ces qualités de simplicité, d’efficacité vont droit au cœur des amateurs d’art et détermine en quelque sorte le beau.

 

Jean Brolly



La particularité de la galerie tient à la personnalité de Jean Brolly. 

Jean Brolly (né en 1941) est un amateur d’art contemporain qui a toujours cherché à entretenir des relations très étroites avec les artistes qu’il estime et qui lui ont accordé leur amitié en retour. Sa collection reflète l’histoire de ses rencontres. 

Au moment de sa retraite, il décide d’ouvrir une galerie afin de disposer d’un outil de diffusion tourné vers le public et dépasser ainsi le cercle restreint des relations privées. 

La galerie a ouvert ses portes en janvier 2002. Elle est située dans le quartier du Marais, non loin du Centre Georges Pompidou et occupe un espace sous verrière de 150 m2 en fond de cour. 

Le programme artistique de la galerie repose sur deux catégories d’artistes. D’une part, les artistes avec lesquels Jean Brolly a des relations anciennes : Bernard Aubertin, Alan Charlton, François Morellet, Sarkis, Pierre Savatier, David Tremlett, Felice Varini, Michel Verjux. D’autre part des jeunes artistes qui ont pour la plupart, fait leur première exposition personnelle à la galerie : Adam Adach, Simon Boudvin, Nicolas Chardon, Tatjana Doll, Rémy Hysbergue, Jan Kämmerling, Tadzio, Gabriel Vormstein, Namgoong Whan. 

Depuis janvier 2009, il ouvre sur rue, à la même adresse, un petit espace appelé « la vitrine » dévolu à des projets divers ou à de jeunes artistes. 

Elle réalise 7 à 8 expositions par an et participe à différentes foires d’art en France (Art Paris, Drawing Now) et à l’étranger (Abu Dhabi, Bologne, Bruxelles, Art Cologne, Art Genève, New-York, Séoul).

Par ailleurs, la galerie gère les successions de Bernard Aubertin et François Ristori. 

La galerie Jean Brolly est membre du Comité professionnel des galeries d'art


La Galerie Jean Brolly est une galerie d’art contemporain, située dans le Marais, à Paris. Active depuis 2002, la galerie cultive en priorité ses affinités avec un medium particulier : la peinture, figurative ou abstraite. La Galerie Jean Brolly propose surtout des expositions personnelles, mais ne se refuse pas quelques expositions collectives (« Sur le fil », 2016). Si la peinture reçoit la part belle, photo, techniques mixtes, sculpture et installation y font aussi parfois quelques incursions. Les matériaux naturels (peinture à l’huile, bois, métal, toile, verre...) sont ici omnipotents. 

La Galerie Jean Brolly : la part belle à la peinture contemporaine 

Si l’exploration des potentialités de la peinture relève ici presque du sacerdoce, pour autant, la picturalité est aussi interrogée au-delà du medium. Parfois elle déborde sur la lumière pure (avec les installations de Michel Verjux). Parfois, elle mord sur la photographie d’histoire (avec Adama Kouyaté). La photographie graphique s’invite aussi de temps à autre (avec Tadzio, Bernard Voïta). Et avec Ben, c’est l’écriture qui entre dans le champ du tableau. Avec François Morellet et Felice Varini, l’abstraction s’affirme, envahit les murs. Quant à Paul-Armand Gette, il lui arrive de revisiter des thèmes « classiques » de la peinture, Origine du monde incluse (avec son diptyque photographique Les divines jambes d’Artémis, 2003). 

Peinture contemporaine internationale, mais aussi multiples et éditions d’art 

Les choix de Jean Brolly, en matière de peinture et d’art contemporain, forment des constellations affectives. Sans se limiter à la création française, c’est toute une picturalité mondiale (Pologne, Royaume-Uni, États-Unis, Belgique...) qui circule dans l’espace de la galerie Jean Brolly, au fil des expositions. Des multiples sont également produits par la galerie, ainsi que les catalogues des expositions organisées. Intergénérationnels, les artistes représentés par la galerie cultivent un amour certain pour la peinture contemporaine. Loin des modes et des dernières tendances, la recherche d’une forme d’atemporel s’oriente ici, à contre-courant, vers des matériaux plus traditionnels. 








L’intelligence artificielle s’invite dans l’art 

Par Éléonore Théry 

QDA - 25 mars 2021  

Après s’être infiltrée dans notre quotidien, l’intelligence artificielle se fraye un chemin dans l’art contemporain. Et ce, loin du fantasme selon lequel les robots en viendraient à remplacer les machines. Tour d’horizon. 

« Une bataille commence entre les humains et les artistes. » Point d’intrigue de film de science-fiction derrière cela, puisqu'il s’agit de l’incipit d’une étude menée par Ahmed Elgammal, chercheur à l’Université Rutgers. Selon ses résultats, publiés en février dernier, dans 75 % des cas les personnes interrogées n’étaient pas capables de faire la différence entre des œuvres produites par des artistes et d’autres générées par une intelligence artificielle (IA) – que l’on peut définir comme des travaux dont la conception a été calculée par une machine imitant l’intelligence humaine. La presse s’en est largement fait écho, à grand renfort de questions rhétoriques effrayantes : l’IA va-t-elle remplacer les artistes ? Et créer de façon autonome ? C’est la partition qu’a jouée l’université d’Oxford en dévoilant en 2019 Ai-Da, son artiste-robot humanoïde, vêtue d’une blouse de peintre, qui dessine ce qu’elle a devant elle. Pour Valentin Schmite, auteur de Propos sur l’art (L’art dit, 2020), « c’est un fantasme entretenu par les médias et les films de science-fiction. L’intelligence artificielle n’est qu’un outil dont les artistes peuvent s’emparer, un nouvel objet technique qui repousse les limites de ce qu’on peut faire ». Et de faire le parallèle avec la photographie à ses débuts contre laquelle nombre de créateurs s’étaient élevés.

Alors même que l’IA s’est infiltrée dans notre quotidien, des algorithmes de Spotify aux correcteurs automatiques des textos, de plus en plus d’artistes expérimentent ses potentialités, à l’instar de Mario Klingemann et Anna Ridler, qui font partie des figures du domaine. Mais l’idée n’est guère nouvelle. Dès la fin des années 1940, le mathématicien britannique Alan Turing, père de l’ordinateur, développe une machine qui rédige des lettres d’amour. La décennie suivante, Franck Molina crée des machines cinétiques tandis que Nicolas Schöffer fait danser des sculptures interactives à la Cité Radieuse dans une chorégraphie de Maurice Béjart. C’est la récente conjugaison de l’IA avec le big data qui lui a donné un nouveau souffle. Le deep learning permet en effet aux machines d’apprendre par elles- mêmes, grâce à un très grand nombre de données, pour en restituer des synthèses. Parmi les procédés utilisés par les artistes, les GAN (generative adversarial networks, « réseaux adverses génératifs » en français) utilisent des milliers de données (des peintures par exemple) dont ils déduisent des tendances pour créer de nouvelles pièces. Ils utilisent deux réseaux neuronaux : un générateur produit des images, textes ou sons, tandis qu’un discriminateur tente de déterminer si ces créations sont réelles ou ont été créées par le générateur. Le but : inventer des pièces au plus proche du réel. 

Générateur de rêves 

C’est la technique utilisée par Grégory Chatonsky dans son installation Terre seconde (2019), une autre planète faite à partir de la nôtre, en images, sculptures et sons. Un écran montre des organismes vivants alternatifs, une imprimante 3D sculpte des fossiles d’organismes fictifs tandis que dans un casque, une voix de synthèse lit des rêves générés à partir d’une base de données de 15 000 songes. Pour créer son installation Umwelt, exposée à la Serpentine Gallery en 2018-2019, Pierre Huyghe a quant à lui présenté des images et descriptions à des individus ; leur activité cérébrale a alors été capturée pour nourrir une intelligence artificielle qui a alors reconstruit des images de ces pensées humaines, diffusées sur des écrans. Le tout ne cessait de se métamorphoser en fonction de la lumière, la température ou des mouvements des mouches présentes dans la galerie. « Je ne veux pas exposer quelque chose à quelqu’un, mais plutôt le contraire : exposer quelqu’un à quelque chose », soutenait l’artiste en préambule de l’exposition. 

Il est vraisemblable que l’intelligence artificielle s’invite de plus en plus largement dans l’art, grâce aux avancées de la recherche. En 2018, la France a initié un programme national, « L’intelligence artificielle au service de l’humain ». Les GAFA multiplient les programmes, comme « Art & machine intelligence » de Google, qui réunit artistes et ingénieurs. « En soutenant les formes émergentes de collaboration artistique, nous ouvrons nos recherches à de nouvelles façons de penser et de travailler avec les systèmes intelligents », se targue la firme de Mountain View. « Il est vraisemblable que les artistes s’emparent rapidement du GTP 3, un algorithme récemment développé par Google, soit la capacité de la machine à deviner la suite d’un texte », promet Valentin Schmite. Le duo Aurèce Vettier (Paul Mouginot et Anis Gandoura) l’a ainsi utilisé pour rédiger ses poèmes, Elegia Machina. De leur côté, les institutions se sont largement ouvertes aux travaux d’artistes travaillant avec l’IA : le Grand Palais avec « Artistes et robots » en 2018, le Centre Pompidou avec « Neurones, les intelligences simulées » en 2020, le New Museum de New York avec une monographie d’Ed Atkins en 2020, le Barbican center avec « A.I.: More Than Human » l’an dernier également. 

Le marché quant à lui n’en est qu’à ses balbutiements. La vente de la toile Portrait d'Edmond de Belamy du collectif français Obvious chez Christie’s pour 432 500 dollars, 45 fois son estimation, avait certes fait grand bruit en octobre 2018. Mais deux autres toiles des mêmes millenials avaient fait un flop relatif chez Sotheby’s l’année suivante, cédées près de 95 % moins cher. Quelques mois auparavant, Memories of Passersby I de Mario Klingemann s’y était vendu 40 000 livres sterling, au ras de son estimation. « Ce qui était vraiment un marché de niche il y a encore trois ans est en train de se structurer, les prix montent », observe tout de même Valentin Schmite. Prochain rendez-vous, la foire CADAF, dédiée aux nouveaux médias, qui, après New York et Miami, tiendra sa prochaine édition « parisienne » en ligne en juin prochain. 



Hémorragie de revenus dans les musées français 

Par Sarah Hugouneng
QDA - 22 mars 2021 

Il y a un an, la France se confinait et les musées fermaient. Très dépendants de la fréquentation touristique, leurs portes toujours closes, les musées sont parmi les premières victimes collatérales de la crise sanitaire. 

Les mises à l’arrêt, entrecoupées de périodes d’activité dégradée soumise à des jauges réduites, ont entraîné une chute drastique de leurs recettes de billetterie, de locations d’espaces, de concessions, de mécénat ou de produits dérivés. Avant le deuxième confinement, on évaluait à environ 360 millions d'euros les pertes nettes des principaux opérateurs patrimoniaux en 2020. Globalement, la fermeture totale coûte 30 millions d’euros de pertes par moisaux grands établissements publics (Versailles, Louvre, Opéra…).

- 100 millions pour le Louvre 

Au cas par cas les chiffres donnent le vertige : 100 millions d’euros pour le Louvre soit une chute de 60 % de ses revenus propres, 5 millions d’euros pour Chantilly, près d’un million d’euros pour le seul premier confinement au musée des Beaux-Arts de Lyon. Le drame n’a rien de franco- français. Les Musées royaux de Belgique ont perdu les deux tiers de leurs revenus soit 5 millions d’euros. Les musées du Vatican ont vu s’envoler 90 % de leurs recettes habituelles. En France, cette crise intervient dans un contexte de finances déjà affaiblies par les grèves et la crise des Gilets jaunes des hivers derniers, en plus du recul progressif du concours financier de l’État aux institutions culturelles : à lui seul, le Louvre a perdu 11 millions d’euros de dotation en 2020. Certes ces pertes financières ont été en partie absorbées par des « non-dépenses » estimées à 100 millions d’euros pour les mêmes opérateurs : moindres frais de fonctionnement, décalage ou annulation de la programmation, moindre recours à des contrats temporaires et étalement des travaux dans le temps. Ainsi, sur les 20 millions d’euros perdus par le Centre Pompidou à Paris, 40 % ont été épargnés selon les chiffres de l'Assemblée nationale. Des économies hélas vite compensées par des surcoûts, estimés à 20 millions d'euros, liés aux mesures de lutte contre l'épidémie, à la mise en place du télétravail, ou au renforcement de la politique de numérisation des musées. 

Éviter la faillite 

Conséquence, ce choc budgétaire fragilise directement la trésorerie des plus grands musées menacés de cessation de paiement. Alors que le Louvre craint une telle situation en 2022, le fonds de roulement d’Orsay affichait un débit de 5 millions d’euros en fin d’année, quand il était crédité de 23,5 millions un an avant. Ironie du sort, cette fragilité est la conséquence des efforts menés par ces musées pour s’autofinancer et ne pas peser sur les finances publiques. Pour éviter le pire, l’État vole donc à leur secours : avancement du versement des subventions, soutien de trésorerie exceptionnel dès juillet de 42,4 millions d'euros dont un quart pour le musée d'Orsay et plus d’un tiers pour l’INRAP, gel du transfert des charges de personnel vers les finances propres des musées. Le plan de relance dédie en 2021 231,7 millions d’euros pour renflouer les gros musées sur les 614 millions d'euros répartis sur les années jusqu’en 2022 pour l’ensemble des patrimoines, tandis que le budget 2021 est revu à la hausse de 57,5%.

Perspectives noires 

Malgré l’ampleur inédite de ces aides, elles pourraient s’avérer insuffisantes pour atteindre les marges financières d’avant- crise. De plus, le patrimoine en région, soit 80 % des musées français, reste le grand oublié. Bien que moins impactés car le plus souvent en régie directe et moins avancés dans la politique de course aux ressources propres, ces établissements souffriront des finances fragilisées des collectivités privées de la taxe de séjour touristique, et des impôts des entreprises qui ont fermé ou qui ont bénéficié d’un sursis pour leur règlement. Pis, avec un milliard d’arrivées internationales en moins et une pandémie qui se prolonge, les principaux acteurs du tourisme ne prévoient pas de retour à la normale avant 2024. Il va donc falloir composer sans la manne étrangère et inventer un nouveau modèle économique. Devant le Sénat, Roselyne Bachelot a annoncé la couleur. Les aides ne seront pas éternelles. « Des efforts de gestions peuvent sans doute être consentis par les opérateurs avec une réflexion à mener dossier par dossier », a-t-elle expliqué.

Les pertes comptabilisées dans le tableau concernent la période de mars à novembre 2020, date à laquelle les établissements ont fait état de leurs comptes au Parlement pour la préparation de la loi de finances 2021. Les données globales ne seront communiquées que dans plusieurs mois dans le rapport d'activité 2020. 

https://www.lequotidiendelart.com/articles/19411-hémorragie-de-revenus-dans-les-musées-français.html


Des étudiants en arts occupent un opéra, fermé pour cause de pandémie 

 · LEJOURNALDESARTS.FR  · 16 MARS 2021  

Une cinquantaine d'étudiants issus des filières artistiques de Lyon ont débuté lundi matin une occupation de l'opéra de la ville, la 3e de France, fermé en raison de la pandémie, en solidarité avec les intermittents du spectacle.

« On voulait réagir car on est à la jonction de deux endroits : le monde de la culture et celui des étudiants », explique Lucas Martini, 23 ans, étudiant en première année à l'Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT), et l'un des porte-parole de cette action. 

L'entrée dans les lieux s'est faite dans le calme selon les étudiants et la direction de l'opéra, via une porte latérale du bâtiment du XIXe siècle rénové par l'architecte Jean Nouvel. Les participants devaient se réunir dans l'après-midi pour élaborer les modalités précises de leur occupation en tenant compte du protocole sanitaire.

« La scène et la salle de spectacles où il y a actuellement des répétitions ne seront pas occupées », explique Matéo Esnault, étudiant à l'ENSATT. « Les étudiants concentreront leur présence dans le hall et la cafétéria du bâtiment. »

Dans un communiqué, la direction de l'opéra affirme partager « l'objectif que cette occupation ne mette pas en péril les répétitions, les résidences et les captations audiovisuelles prévues dans les prochains jours et semaines » et qu'elle se fasse « selon un protocole sanitaire défini et rigoureusement respecté ». L'opéra de Lyon se dit également « à l'écoute » des inquiétudes des étudiants « qui seront demain les artistes et les artisans de notre vie culturelle ».

La semaine dernière, l'occupation d'une grande salle parisienne, le Théâtre de l'Odéon, a déclenché un mouvement qui s'est étendu notamment au Théâtre de la Colline et au Théâtre national de Strasbourg avant de faire tache d'huile dans de nombreuses salles du pays.

Cet article a été publié par l'AFP le 15 mars 2021. 

https://www.lejournaldesarts.fr/actualites/des-etudiants-en-arts-occupent-un-opera-ferme-pour-cause-de-pandemie-153603



02.02.2021 - CONNAISSANCE DES ARTS - Anne-Sophie Lesage-Münch

Art contemporain : le monde de l’art se mobilise pour les artistes et demande des aides d’urgence 


Publiée ce lundi dans « The Art Newspaper Daily », une pétition, ayant déjà réuni près de 1000 signatures de professionnels du monde de l’art, appelle le ministère de la Culture à débloquer d’urgence des fonds pour soutenir les artistes et la création contemporaine. 


Les arts plastiques : parents pauvres du plan de la relance de la culture ? C’est du moins ce que dénonce le millier de signataires de la pétition #SoutenonsLesArtistesContemporains relayée hier, lundi 1er février par the Art Newspaper Daily. Celle-ci souligne, en effet, que, sur les 2 milliards d’euros débloqués par l’État, les fonds accordés spécifiquement au soutien aux artistes et à la création contemporaine, via l’augmentation du budget du Centre national des arts plastiques (Cnap), sont largement insuffisants. Le texte pointe notamment un évident « déséquilibre financier entre, d’un côté, les aides considérables dédiées au cinéma, au spectacle vivant, à la musique, au livre et au patrimoine ; et, de l’autre, des montants minimes alloués aux arts plastiques et visuels ». Loin de la querelle de clochers, cette tribune met en lumière la précarisation actuelle des acteurs de ce secteur dont on pense souvent, à tort, qu’il ne peut pas connaître la crise.


Des dispositifs insuffisants 


Le 15 janvier, Pascal Neveux, Président du CIPAC-Fédération des professionnels de l’art contemporain et directeur du Frac Picardie Hauts-de-France, signataire de la pétition, alertait déjà la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, lors d’une séance du Conseil national des professions des arts visuels : « il n’y a pas d’intermittence pour les artistes plasticiens, et l’arrêt de nos programmations et de nos expositions entraîne automatiquement l’absence de rémunération pour les artistes, mais aussi pour de nombreux professionnels et indépendants que sont les critiques d’art, les commissaires d’exposition, les régisseurs, les conservateurs restaurateurs, les médiateurs et bien d’autres encore. Les mesures d’urgence sont bien entendu plus que nécessaires et bienvenues, mais elles n’ont qu’un caractère d’urgence et sont bien en deçà des besoins réels du secteur ». 


En 24h, la pétition en ligne a multiplié par 10 le nombre d’adhérents à sa revendication. Qu’ils soient directeurs de Frac ou de centres d’art, artistes, commissaires d’exposition, galeristes, conservateurs ou directeurs d’école, tous appellent de leurs vœux une réévaluation par l’État des besoins actuels réels des acteurs de la création contemporaine et la mise en place d’aides d’urgence pour permettre aux artistes de « continuer à travailler, produire, partager, vendre et diffuser leur travail ». De fait, la majorité des lieux qui font vivre l’art contemporain et ses acteurs sont aujourd’hui fermés en raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Seules les galeries ont pu reprendre, par intermittence, leurs activités depuis le déconfinement en mai dernier. Mais privées de salons et de foires, économiquement fragilisées par le premier confinement, elles ne peuvent à elles seules assurer un moyen de subsistance aux artistes. 


Quant aux aides déjà mises en place par l’État, elles n’ont à ce jour concerné directement que le Cnap (3,8 millions de dotation pour 2021) et indirectement irriguées le réseau des Direction régionales des affaires culturelles. Ceci se révèle malheureusement insuffisant au regard de l’ampleur de la crise que traverse le monde des arts plastiques et de l’extrême variété des pratiques (peinture, sculpture, photographie, dessin, installation, vidéo, son et design) et des acteurs concernés. 


Mobiliser le réseau 


La pétition #SoutenonsLesArtistesContemporains établit une liste de 6 dispositifs à mettre en place pour faire reculer la précarité des artistes, mais également des auteurs (théoriciens, critiques, commissaires d’expositions et étudiants sur l’ensemble du territoire. Elle demande notamment « une augmentation des budgets d’acquisitions des Fonds régionaux d’art contemporain et des musées d’art contemporain » et un renforcement des moyens financiers des centres d’art pour des aides à la recherche et à la production. L’acquisition et la commande d’œuvres d’art, tout comme l’appel à projet et la résidence, demeurent, en effet, les principales formes de soutien concrètes aux artistes. Concernant les commandes publiques artistiques, autre levier essentiel, les signataires souhaitent qu’un budget « digne de ce nom » soit établi pour 2021 (celui-ci est actuellement évalué à 30 millions d’euros dans le budget du ministère de la Culture) et qu’il vivifie la vie artistique sur l’ensemble du territoire national. 


En filigranes se dessine ainsi un appel à soutenir et mobiliser la constellation de lieux qui, dans la France entière, font vivre quotidiennement la création contemporaine et la diffuse en région. C’est tout un réseau d’acteurs, mobilisés depuis près d’un an maintenant, qui souhaite pouvoir participer pleinement à l’effort de relance. « Les outils sont en place mais il vous faut avant tout faire confiance et donner les moyens à notre écosystème de doter encore plus ses missions fondatrices et ses dispositifs de soutien, de résidences, de productions, de recherche et d’acquisition sur l’ensemble de notre territoire », expliquait Pascal Neveux lors de son intervention du 15 janvier dernier. 




Réouverture des musées : la pression monte 

Par Rafael Pic
QUOTIDIEN DE L’ART - 02 février 2021
 


Les pétitions se succèdent pour demander la réouverture au plus vite en France des musées et autres espaces culturels, indispensables à la santé mentale et que rien n’indique comme lieux privilégiés de contamination. 


Chez eux, les coiffeurs sont fermés et les musées ouverts. Chez nous, les coiffeurs sont ouverts et les musées fermés. C'est une histoire belge, mais en notre défaveur... Sans avoir rien à reprocher à nos figaros, force est de constater que l'on est au moins autant à risque de contamination dans un salon de coiffure, immobile pendant une demi-heure sous les ciseaux, que dans les grands espaces du Louvre ou de Guimet, où l'on se croise à bonne distance, sans se parler et sans longue station à l'arrêt. Cet argument a été maintes fois invoqué, notamment dans ces colonnes, sans qu'il émeuve les responsables politiques, ou du moins sans qu'il soit suivi d'effet – ce qui revient au même. Alors que les choses bougent en Europe, le silence de la France devient assourdissant. Les musées sont restés ouverts en Belgique, au Luxembourg, en Espagne, au Portugal (et même les salles de concert et théâtres). Ils rouvrent à grande vitesse en Italie : dans 4 régions depuis le 18 janvier, dans 10 autres depuis avant-hier, avec, notamment les musées du Vatican. Même la Pologne, qui a pourtant connu une deuxième vague meurtrière et où le pouvoir n'a pas d'atomes très crochus avec le monde de la culture, a emboîté le pas ce lundi. On objectera qu'il y a la Grande- Bretagne - mais elle peut invoquer la contagiosité accrue des variants - ou l'Allemagne - mais elle doit aussi être classée dans les États traumatisés par la virulence de la deuxième vague. Le pays de la culture, le pays qui veut souvent donner la leçon aux autres, joue ici une « exception française » peu enthousiasmante... 


L'année de la jauge 


Les opposants donnent de plus en plus de la voix : en quelques jours, les pétitions se sont multipliées. Les signataires et la forme changent mais le fond est le même, tenant en quelques arguments simples : la culture est un besoin essentiel et les musées (en agrégeant sous ce terme les centres d'art et autres lieux d'exposition) en sont un maillon majeur ; avec un système de jauge déjà expérimenté cet été, des réservations à distance, et aucun objet à toucher, les musées sont bien mieux équipés que les transports en commun ou les supermarchés pour assurer la distanciation sociale et minimiser la transmission par contact ; enfin, les musées représentent un secteur économique substantiel déjà frappé par la fin de la mobilité internationale. On peut aller admirer de belles carrosseries chez son concessionnaire et de beaux flacons chez son caviste (et même les manipuler) mais aller au musée est considéré comme trop dangereux. L'exécutif, prisonnier d'un principe de précaution mal placé, veut absolument nous protéger de cette tentation... 


Un chœur en crescendo 


Il faut aussi penser au monde d'après et évoquer un risque : la disparition des structures plus petites et fragiles, qui font toute la richesse du tissu culturel français, au profit de très grosses cylindrées ou d'institutions publiques lourdement subventionnées. C'est tout un écosystème qui est en péril et qui aura besoin d'un apport de ressources qui ne sera sans doute pas disponible, les besoins étant pressants de toute part. La pétition « Le monde de l'art se mobilise ! » du 29 janvier appelait à une augmentation des budgets d'acquisition des FRAC, des aides à la recherche et à la production pour les centres d'art, des bourses d'écriture, des aides matérielles pour les étudiants et jeunes diplômés, une augmentation de la commande publique. Autant d'indices rappelant que le panorama à venir risque d'être bien désolé et que toute journée de fermeture supplémentaire ne ferait que l'aggraver. « Tous les lieux d'art contemporain sont prêts pour rouvrir leurs portes dans des conditions garantissant la sécurité des publics et des équipes », concluait le texte, remarquable pour avoir fédéré des institutions publiques - mais aussi quelques privées - dans un même chœur (pour n'en citer qu'une poignée, Emma Lavigne du Palais de Tokyo, Colette Barbier de la Fondation Pernod Ricard, Aude Cartier, coprésidente de Tram réseau d'art contemporain d'Île-de-France, Benoît Decron du musée Soulages à Rodez, Nathalie Ergino de l'IAC Villeurbanne, Xavier Franceschi du FRAC Île-de-France, Éric Mangion de la Villa Arson, Chiara Parisi du Centre Pompidou Metz). 


SOS Musées 


Dans Le Monde du 1er février, à l'initiative d'une étudiante en art, Carla Pecquerie, un collectif de 12 personnalités (de Carla Bruni à Patrick Pelloux, de Stéphane Bern à Frédéric Jousset, président de Beaux Arts, propriétaire du Quotidien de l'Art, créateur de la fondation Art Explora) invoque une privation de libertés mortifère, un appauvrissement de notre imaginaire, une disette artistique et la rupture du principe d'égalité de traitement (galeries et bibliothèques sont ouverts). Cette pétition se place sous l'invocation de Malraux que notre actuelle ministre de la Culture est invitée à reprendre à son compte : « Le musée est le seul lieu du monde qui échappe à la mort. » Relayée sur change.org, elle avait recueilli plus de 1000 signatures en quelques heures. Il y a quelques années, lorsque le musée des Beaux-Arts de Montréal, dirigé par Nathalie Bondil, les avait instituées, on y avait vu un clin d’œil mais on peut le prendre aujourd’hui pour un geste visionnaire : des ordonnances « muséales » par lesquelles les médecins prescrivaient à leurs patients des visites au musée... Va-t-on devoir les invoquer en désespoir de cause pour sauvegarder notre équilibre mental ? Espérons que le bon sens et, plus encore, l'ambition, la vision parleront avant : rouvrez les musées ! 




Musées et centres d'art demandent à bénéficier d'une réouverture prioritaire 

LEJOURNALDESARTS.FR · 3 FÉVRIER 2021  


Une centaine de responsables de musées et centres d'art ont demandé mardi au gouvernement de pouvoir rouvrir partiellement et d'être parmi les premiers à bénéficier de la levée d’un nouveau confinement, s’il devait avoir lieu. 


Cela permettait de transformer la difficile période actuelle en un « hiver culturel et apprenant », plaide une pétition déjà signée par près de 100 directeurs et présidents de ces institutions culturelles. 

« Pour une heure, pour un jour, pour une semaine ou pour un mois, laissez-nous entrouvrir nos portes, même si nous devions les refermer en cas de nouveau confinement », supplient les responsables de ces centres d'art. « Nous voulons proposer des antidotes, être dans une démarche constructive, ne pas seulement être dépendants des courbes des nouveaux variants. On voit bien qu'il y a des alternatives comme en Italie. Il s'agit au moins d'entrouvrir les centres d'art », a expliqué à l'AFP une des initiatrices de la pétition, Emma Lavigne, présidente du Palais de Tokyo. 


A la différence des galeries, les musées qui avaient espéré rouvrir le 15 décembre restent fermés, avec souvent les coûts importants qu'occasionne le maintien d'expositions qui n'ont pas de public. 

Les centres d'art, collectifs d'artistes, Fonds régionaux d'art contemporain (Frac), fondations et musées « sont des établissements recevant du public "circulant", dans lesquels les risques de contamination sont les moins avérés », font valoir les signataires. « Les protocoles sanitaires rigoureux mis en place (...) garantissent un accueil dans des conditions de sécurité renforcées », ajoutent-ils. « Ce constat devrait nous permettre d'être parmi les premières institutions culturelles à pouvoir rouvrir et cela en toute solidarité avec les cinémas et les lieux consacrés à la musique et aux arts vivants ». 


Si l'évolution de la pandémie devait amener un nouveau confinement, argumentent-ils, « il n'en resterait pas moins essentiel que nous puissions être parmi les premiers lieux à être autorisés à rouvrir nos portes dès la levée, même progressive, de celui-ci ». « Nous préférons sans hésitation à un silence pesant pour nos équipes et menaçant pour nos missions, une ouverture progressive, s'il le faut avec un protocole sanitaire encore renforcé et une jauge potentiellement encore plus réduite », proposent-ils. Et ils se disent « prêts à n'ouvrir, si besoin, qu'une partie de leurs espaces »

Parmi les premiers cent signataires figurent les dirigeants du Mucem de Marseille, du Musée d'art moderne de Paris, du Musée Carnavalet, des Rencontres d'Arles et du Centre Pompidou-Metz. 

Cet article a été publié par l'AFP le 2 février 2021. 


https://www.lejournaldesarts.fr/patrimoine/musees-et-centres-dart-demandent-beneficier-dune-reouverture-prioritaire-152882



Lettre ouverte de la presse artistique au Président de la République pour la réouverture des musées 

Par Rafael Pic, Fabrice Bousteau 

QUOTIDIEN DE L’ART - 07 février 2021  


Après deux pétitions de professionnels du monde de l'art, l'ensemble de la presse artistique (Connaissance des Arts, Le Journal des Arts, Beaux Arts Magazine, Le Quotidien de l'Art et d'autres) s'associe pour demander la réouverture des musées. Une réunion doit avoir lieu ce lundi entre la ministre de la Culture et plusieurs directeurs d'institutions pour déterminer la date et les conditions de la réouverture.


Paris le 6 février 2021 


Monsieur le Président de la République, 


Nous sommes depuis plus de 30 ans, pour certains d’entre nous, des observateurs attentifs des musées, sites patrimoniaux et centres d’art. Nous les avons si souvent visités pour en rendre compte à nos lecteurs que nous savons combien ce sont des lieux d’intelligence et de convivialité. 


C’est pourquoi nous vous demandons de les rouvrir au plus vite pour que les enfants qui sont actuellement en vacances ou vont l’être prochainement puissent aller à la rencontre d’œuvres d’art autrement que sur un écran. Une déclinaison de « l’été apprenant », en quelque sorte. 


Nous avons bien conscience du chemin de crête étroit entre, d’un côté, les contraintes sur le système hospitalier et, de l’autre, les enjeux économiques et sociétaux. En l’espèce, les protocoles sanitaires, mis en place en mai dernier, sont de nature à éviter la contamination entre visiteurs. 


Aussi, nous pensons qu’il est possible d’ouvrir ces lieux a minima en semaine avec une fermeture à 18 heures. Nos voisins italiens et espagnols l’ont fait avant nous. 


Certes, ouvrir les sites patrimoniaux, c’est prendre le risque de mécontenter les théâtres et cinémas qui souffrent tout autant. Eh bien justement, profitons de la réouverture de ces sites pour mesurer l’impact sur le nombre de nouveaux cas de contamination et si, comme nous le pensons, il n’y a pas de conséquences négatives, cela permettra aux théâtres et cinémas d’accueillir eux aussi à nouveau leur public, quelques semaines après. 


Les enjeux économiques du secteur sont moindres que pour l’événementiel ou les bars et restaurants, mais ils sont réels. De nombreux sites patrimoniaux privés n’ont comme recettes que celles de leur billetterie. Par ailleurs, publics ou privés, ces lieux entretiennent un écosystème mis à mal par la crise : artistes, médiateurs, guides-conférenciers, scénographes, commissaires d’exposition, agences de communication, étudiants-stagiaires, critiques d’art, journaux et revues d’art. 


« Les musées et les monuments historiques pourraient être des structures qui, dans le cadre d’une stabilisation de l’épidémie, pourraient faire l’objet d’une réouverture encadrée », indiquait le 12 janvier dernier aux parlementaires Mme Roselyne Bachelot


Vous avez fait le pari d’un couvre-feu renforcé plutôt que d’un confinement total, faites aussi le pari d’une réouverture graduelle des lieux de culture, en commençant maintenant par les musées, sites patrimoniaux et centres d’art. 


En espérant que vous donnerez une suite favorable à notre demande, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération. 



« Monsieur le Président, rouvrez les musées ! » 


PAR JEAN-CHRISTOPHE CASTELAIN · LEJOURNALDESARTS.FR · 8 FÉVRIER 2021


Onze directeurs de journaux d’art demandent à Emmanuel Macron de rouvrir les sites patrimoniaux et les centres d’art. 


C’est une démarche inhabituelle pour des journalistes. Les rédacteurs en chef de onze journaux et revue d’art - dont Le Journal des Arts et L’Œil - ont signé une lettre commune demandant au Président de la République de rouvrir immédiatement les musées, sites patrimoniaux et centres d’art. 


Une démarche inhabituelle justifiée par l’urgence de la situation, mais qui se veut responsable car la situation épidémiologique le permet dans une certaine mesure et ces lieux ne sont pas de nature à accélérer la circulation du virus. 


Nous reproduisons ci-dessous la lettre dans sa version complète.


LETTRE OUVERTE DE LA PRESSE ARTISTIQUE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE POUR LA RÉOUVERTURE DES MUSÉES 


Monsieur le Président de la République, 


Nous sommes depuis plus de 30 ans, pour certains d’entre nous, des observateurs attentifs des musées, sites patrimoniaux et centres d’art. Nous les avons si souvent visités pour en rendre compte à nos lecteurs que nous savons combien ce sont des lieux d’intelligence et de convivialité. 


C’est pourquoi nous vous demandons de les rouvrir au plus vite pour que les enfants qui sont actuellement en vacances ou vont l’être prochainement puissent aller à la rencontre d’œuvres d’art autrement que sur un écran. Une déclinaison de « l’été apprenant », en quelque sorte. 


Nous avons bien conscience du chemin de crête étroit entre d’un côté les contraintes sur le système hospitalier et de l’autre les enjeux économiques et sociétaux. En l’espèce, les protocoles sanitaires, mis en place en mai dernier, sont de nature à éviter la contamination entre visiteurs. 


Aussi, nous pensons qu’il est possible d’ouvrir ces lieux a minima en semaine avec une fermeture à 18 heures. Nos voisins italiens et espagnols l’ont fait avant nous. 


Certes, ouvrir les sites patrimoniaux, c’est prendre le risque de mécontenter les théâtres et cinémas qui souffrent tout autant. Et bien justement, profitons de la réouverture de ces sites pour mesurer l’impact sur le nombre de nouveaux cas de contamination et si, comme nous le pensons, il n’y a pas de conséquences négatives, cela permettra aux théâtres et cinémas d’accueillir eux aussi à nouveau leur public, quelques semaines après. 


Les enjeux économiques du secteur sont moindres que pour l’événementiel ou les bars et restaurants, mais ils sont réels. De nombreux sites patrimoniaux privés n’ont comme recettes que celles de leur billetterie. Par ailleurs, publics ou privés, ces lieux entretiennent un écosystème mis à mal par la crise : artistes, médiateurs, guides conférenciers, scénographes, commissaires d’exposition, agences de communication, étudiants-stagiaires, critiques d’art, journaux et revues d’art. 


« Les musées et les monuments historiques pourraient être des structures qui, dans le cadre d’une stabilisation de l’épidémie, pourraient faire l’objet d’une réouverture encadrée », indiquait le 12 janvier dernier aux parlementaires Mme Roselyne Bachelot. 

Vous avez fait le pari d’un couvre-feu renforcé plutôt que d’un confinement total, faites aussi le pari d’une réouverture graduelle des lieux de culture en commençant maintenant par les musées, sites patrimoniaux et centres d’art. 

En espérant que vous donnerez une suite favorable à notre demande, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération. 


Liste des signataires : 


Fabrice Bousteau (Beaux-Arts Magazine)

Guy Boyer (Connaissance des arts)

Jean-Christophe Castelain (Le Journal des Arts

Olivier Lange (La Gazette de Drouot)

Catherine Millet (Artpress

Françoise Monnin (Artension)

Rafaël Pic (Le Quotidien de l’art)

Philippe Régnier (The Art Newspaper

Didier Rykner (La Tribune de l’art

Fabien Simode (L’Œil




Le Centre Pompidou fermera pendant 3 ans en 2023

 PAR JEAN-CHRISTOPHE CASTELAIN · LEJOURNALDESARTS.FR LE 26 JANVIER 2021 - 


L’Etat a finalement préféré une fermeture totale à des travaux en site ouvert, ce qui n’est pas sans poser plusieurs problèmes.


La décision était quasiment acquise depuis plusieurs mois, le Centre Pompidou l’a officialisée dans un communiqué hier soir : il devra fermer pour travaux de fin 2023 à début 2026. Le bâtiment construit dans les années 1970 par Renzo Piano et Richard Rogers est en effet une passoire thermique truffée d’amiante qui nécessite d’importants travaux. Roselyne Bachelot confirme dans Le Figaro le chiffre de 200 millions d’euros qui circulait dans la presse. 


Deux options étaient sur la table : réaliser les travaux par tranches sur une durée de 7 ans, en laissant ouvert le Centre ou le fermer pendant trois. C’est donc cette deuxième option qui a été choisie au motif qu’il est très difficile de mener des travaux de cette ampleur tout en conservant une qualité d’accueil minimum des visiteurs et un niveau de protection suffisant des œuvres. 


Le public peut d’ailleurs avoir un avant-goût de cet inconfort avec la réfection actuelle des escalators (La Chenille) et de l’entrée sur la Piazza. L’entrée se fait aujourd’hui par la rue Beaubourg et l’accès aux étages s’effectue par des ascenseurs provisoires. Ces travaux ont pris du retard et la réouverture par la Piazza et l’accès aux escalators sont maintenant prévus pour mai 2021. 


Mais alors que va devenir le Centre Pompidou pendant 3 ans ? « Un Centre Pompidou Alma n’est plus d’actualité » dit-on à l’Elysée, du nom du projet d’OPA sur le Palais de Tokyo que menait en son temps Alain Seban, l’ex-président du Centre Pompidou. Déjà à l’époque Alain Seban plaidait pour un deuxième lieu à Paris afin de donner plus d’espace au site Beaubourg qui en manque singulièrement. Officiellement on considère que ce lieu consacré à la création contemporaine doit garder sa personnalité. Mais il se pourrait bien que des raisons économiques prévalent : à l’époque, le coût des travaux pour une mise aux normes muséales s’élevait à 40 M€. 


L’actuel président du Centre Pompidou, Serge Lasvignes a poussé les feux de l’international - Malága, Shangaï, Bruxelles et peut-être bientôt Séoul (Corée) si les négociations aboutissent – sans vraiment avoir pris à bras le corps le problème de la présence à Paris intramuros. Il a décidé la création de réserves pour les collections, agrémentées de surfaces d’exposition, à Massy, prévue au mieux pour 2025 ; mais qui va aller dans cette banlieue parisienne peu avenante à 25 kilomètres de Beaubourg ? 


Pendant ce temps les lieux privés consacrés au moderne et au contemporain maillent progressivement la capitale : la Fondation Vuitton, bientôt la Bourse de commerce de François Pinault, puis la Fondation Cartier au Louvre des antiquaires. Paris ne manque pas de lieux d’exposition pour l’art moderne et contemporain, et le Centre Pompidou devra mobiliser beaucoup d’énergie et d’argent pour rattraper cette longue éclipse en pointillé de sept ans (qui démarre avec la fermeture liée au Covid et les travaux actuels). 


Subsidiairement cela ne va pas être simple d’attirer des bonnes candidatures pour remplacer en juin prochain le duo Serges Lasvignes – Bernard Blistène. Les candidats, on s’en doute, ne manquent pas et le petit milieu tourne en boucle la même dizaine de prétendants. Mais pour faire quoi jusqu’en 2027 ? Revoir l’accrochage et préparer la programmation des 50 ans du Centre que peut-être ils n’inaugurent pas eux-mêmes ? Courir le monde pour accompagner les œuvres et expositions du musée national d’art moderne louées par leurs confrères ? 


Une autre victime collatérale de cette fermeture ce sont les galeries du Marais. Daniel Templon dont la galerie jouxte le Centre garde un mauvais souvenir des travaux de 1997-2000 qui avaient entraîné une fermeture partielle puis totale du Centre. « Cela avait été extrêmement handicapant pour les galeries du Marais, explique-t-il, et avec cette fermeture annoncée à laquelle s’ajoutent les embarras de la circulation provoqués par les décisions de Mme Anne Hidalgo, cela va être dramatique »


Le Centre Pompidou fermera de 2023 à 2026 

Par Rafael Pic
Quotidien de l’Art - 25 janvier 2021 


Dans notre article du 2 avril dernier, au moment de la reconduction de Serge Lasvignes à la présidence du Centre Pompidou pour un dernier mandat, nous évoquions la question épineuse des chantiers à venir, déjà freinés par l'épidémie : la rénovation de la chenille (les escaliers mécaniques extérieurs, qui ont aussi une importante fonction statique pour l'équilibre du bâtiment) et, plus volumineux encore, le désamiantage complet, la mise à niveau du traitement d’air, de la sécurité incendie, de l’accessibilité et l’optimisation énergétique. Deux options se présentaient : fermeture partielle pendant 6 ou 7 ans ou fermeture complète pendant 3 ans. Après l’avis de la commission ministérielle des projets immobiliers, réunie vendredi, c’est finalement la deuxième solution qui a été choisie par la ministre Roselyne Bachelot, anticipée au Figaro et rendue publique hier soir, après que Serge Lasvignes l’avait présentée aux syndicats de l’établissement public. La ministre a justifié le choix de la fermeture complète par des raisons d'économie plutôt minime sur le budget des travaux – à peu près 10 % de différence (200 millions d'euros contre 226 millions) – et par le souci d'éviter des nuisances trop longues aux habitants et aux commerçants. Si les délais sont tenus, le Centre Pompidou devrait rouvrir juste avant son 50e anniversaire, qui sera célébré en 2027. Les mauvaises langues rappelleront que ce tout neuf quinquagénaire, symbole de l'architecture high-tech, aura alors passé près de 6 ans fermé (1997-1999 et 2023- 2026). La Bibliothèque publique d'information devrait rester en activité, dans un lieu à définir (entre 6000 et 10 000 m2), tandis que le chantier des réserves à Massy sur 22 000 m2 reste en attente de confirmation quant à son calendrier (initialement prévu sur la période 2023- 2025). Le mandat de Serge Lasvignes s'achève le 28 juin prochain (celui de Bernard Blistène, patron du musée national d'Art moderne, arrive à échéance en même temps) : c'est donc une autre équipe qui pilotera cette phase délicate. 



UN MUSÉE DE L'EUROPE - VALÉRY GISCARD D’ESTAING À VILLERS- COTTERÊTS ?

 

PAR JEAN-CHRISTOPHE CASTELAIN · LEJOURNALDESARTS.FR - 9 DÉCEMBRE 2020 


Plutôt que le Musée d’Orsay, renommons le Château de Villers-Cotterêts qui serait transformé en musée de l’Europe. 


Hommage. Très peu de voix se sont élevées pour demander que l’on renomme le Musée d’Orsay en « Musée Giscard-d’Estaing » ou qu’à tout le moins on accole le nom de l’ancien président au nom habituel du musée. Emmanuel Macron n’en a pas dit un mot lors de son hommage télévisé. Ces choses-là ne se décident pas dans l’heure, elles nécessitent bien sûr l’accord de la famille et qu’un consensus se dégage à leur propos. On ne sait pas ce que veut la famille, mais de consensus, il n’y en a point ou très peu. 


La situation n’était pas la même pour le Centre Pompidou et le Musée du quai Branly- Jacques Chirac. L’un et l’autre ont été conçus, décidés et portés par chacun des deux présidents dès leur arrivée à l’Élysée, au point qu’ils incarnent véritablement « leur » musée. Si Georges Pompidou n’était pas décédé en avril 1974, il aurait presque pu inaugurer le Centre avant la fin de son septennat (le Centre a ouvert au public en février 1977). Jacques Chirac doit à sa réélection en 2002 et à l’obligeance du Premier ministre de la cohabitation d’avoir pu inaugurer le Quai Branly avant la fin de son mandat. VGE, que l’on suspecte d’avoir voulu revoir le projet, n’a cependant pas hésité à lui donner le nom de son prédécesseur dès décembre 1974. Quant à l’ajout pour le Quai Branly, il s’est imposé naturellement pour les 10 ans du musée, en 2016. Il en est de même pour le site François-Mitterrand de la BNF, fortement désiré par le président dont la passion pour les livres comme les qualités d’écrivain sont indiscutables. 


Si VGE a lui aussi soutenu la création du Musée d’Orsay (qui sera inauguré par François Mitterrand), il s’y est investi parcimonieusement et on ne lui connaît pas de passion particulière pour l’impressionnisme. Il serait alors embarrassant qu’il donne son nom à Orsay – lequel d’ailleurs vit fort bien avec son nom depuis plus de trente ans. 


Il est cependant d’usage qu’un équipement remarquable de la France porte le nom d’un ancien président. Outre les 3 900 routes, avenues, places et ronds-points (un record), un porte-avions et un aéroport arborent ainsi l’illustre patronyme du général de Gaulle. Osons ici une proposition. VGE fut un inlassable promoteur de la construction européenne, qui manque précisément d’incarnation en France. Installons un « Musée de l’Europe-Valéry Giscard d’Estaing » dans le château de Villers-Cotterêts en cours de restauration et confions la promotion de la francophonie à l’Académie française



CRÉATION DU MUSÉE D'ORSAY

 

Valéry Giscard d’Estaing : la création du musée d’Orsay racontée par l’ancien président 

Dans une interview exclusive, Valéry Giscard d'Estaing nous décrivait le projet du musée du 19e siècle, futur musée d'Orsay. Pour rendre hommage à l'ancien président de la République, Connaissance des Arts repartage avec vous cet entretien exceptionnel de février 1980. 


En février 1980, Connaissance des Arts a rencontré Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la République, pour raconter en exclusivité le projet de la transformation de la gare d’Orsay en musée du 19e siècle. Le Président de la République analysait les raisons qui ont inspiré cette réalisation d’envergure et les objectifs auxquels répondait son aménagement. 


Connaissance des Arts : Pourquoi un musée du 19e siècle à Orsay ? 


Valéry Giscard d’Estaing : L’année 1980, consacrée au patrimoine, sera, parallèlement, l’année de lancement effectif des travaux d’aménagement de l’ancienne gare d’Orsay, étape importante dans la création du nouveau musée du 19e siècle. Patrimoine et création : comme dans les autres domaines de l’action culturelle, ces deux préoccupations, en apparente contradiction, sont liées. Cela est évident à Orsay. La conception d’un nouveau musée dans une gare classée monument historique, entièrement « reconvertie » et « réhabilitée », est une entreprise difficile. Elle implique un équilibre entre le respect du patrimoine monumental et les nécessités de la présentation muséographique. 


Ce nouveau musée occupera une place essentielle dans la politique d’organisation des musées nationaux. C’est en fait le prolongement du musée du Louvre, décidée pour la première fois depuis cent cinquante ans. La vraie raison de cette création, à laquelle je pense depuis dix ans, alors que le sort des attributions ministérielles me faisait résider dans une partie du Louvre, est le besoin d’une organisation continue des musées nationaux, accompagnée du relogement du Jeu de Paume. Cette idée s’est développée pour donner naissance au projet de musée du 19e siècle. Cela tient à la richesse exceptionnelle de cette période de l’histoire de l’art et de la civilisation en France. En Europe et dans le monde entier —cela ressortirait, par exemple, d’une exposition sur le thème France-États-Unis au 19e siècle— le rayonnement et l’influence de la France ont été prépondérants. 


Le musée du 19e siècle exprimera ces courants artistiques qui traversent l’Europe, depuis le romantisme jusqu’au mouvement de l’Art Nouveau. Les collections nationales regroupées à Orsay sont constituées, pour l’essentiel, de la production artistique française. Il sera également intéressant de montrer les influences subies et exercées. L’exposition du Second Empire et l’exposition sur le post-impressionnisme actuellement présentée à Londres, ont mis en lumière l’extrême diversité des courants artistiques au 19e siècle. Cette richesse et cette diversité se retrouveront dans la conception du musée du 19e siècle. Ce musée va modifier l’image que nous nous faisons de ce siècle. Il entraînera de nouvelles appréciations et comparaisons. 

Il permettra de sensibiliser à cette tension permanente, tout au long du siècle, entre l’art officiel et l’art en rupture de Manet à Cézanne. Il permettra de déceler des convergences trop longtemps ignorées, qui se révèlent par exemple dans la période symboliste. Pour la première fois, apparaîtront au grand public les « correspondances » entre la peinture, la littérature et la musique, entre Monet, Mallarmé, Proust et Debussy, par exemple. L’idée d’une présentation complète de l’art, dans ses diverses manifestations, est particulièrement significative au 19e siècle. 


La conception muséographique présentera de nombreux éléments d’originalité, le principal étant la volonté de présenter simultanément les différentes formes d’expression artistiques. Pour la première fois, il ne s’agit pas de concevoir seulement un musée de peinture, mais de présenter aussi les arts décoratifs, la sculpture, si brillante, l’architecture, la littérature, notamment l’admirable œuvre romanesque, la musique, et d’évoquer ainsi l’évolution de la culture en France au 19e siècle. La photographie, qui y prit naissance, y trouvera une place privilégiée. De même, l’architecture — difficile à présenter — est exceptionnellement riche dans le 19e siècle français. Je pense à l’Opéra de Garnier, aux recherches de Viollet-le-Duc, mais aussi à l’architecture des ingénieurs (Eiffel), et aux audacieuses constructions de Labrouste ou de Guimard. 


CDA : Vous avez exprimé le souhait que le musée d’Orsay soit un « beau musée ». Qu’entendez-vous par là ?


Valéry Giscard d’Estaing : J’ai souhaité une qualité exceptionnelle dans la présentation muséographique. Il faut chercher un accord intime entre le bâtiment, monument historique, la décoration intérieure, et certaines des collections présentées. La nouvelle aile du Metropolitan Museum présentera prochainement une collection exceptionnelle de l’art français au 19e siècle dans un vaste hall uniforme doté d’un éclairage zénithal continu. À Orsay, le visiteur devra traverser successivement les salles de l’art officiel de la IIIe République, le grand salon de l’hôtel, les salles d’Art Nouveau, puis le restaurant de l’hôtel réaménagé... J’ai souvent exprimé le souhait que le musée du 19e siècle soit un « beau musée », je dirai au sens traditionnel et permanent de ce terme. Un « beau musée », c’est tout d’abord un musée qui laisse au visiteur une impression globale, forte, et inoubliable, comme le Prado, le Louvre, l’Ermitage, la National Gallery, ou le Rijksmuseum. Un musée qui présente de grandes œuvres, d’un exceptionnel intérêt, et cela sera le cas à Orsay avec Delacroix, Corot, Courbet, Manet, Cézanne... C’est aussi un musée où il est clair et affirmé que les fonctions de conservation et de présentation des œuvres sont prioritaires et constituent la raison d’être essentielle du musée. 


À cet objectif, tout doit être subordonné. Au stade de la conception et de l’exécution, c’est à la qualité de la présentation des œuvres (éclairage, accrochage), qu’il faut s’attacher en priorité. Lorsque le musée sera ouvert, les activités d’accueil et de services devront être organisées en fonction de la vocation fondamentale du musée. Un beau musée, cela signifie aussi une harmonie entre les œuvres et le bâtiment- musée. Une évolution récente et heureuse de la muséographie conduit à retrouver le charme de salles de musée structurées et présentant des caractères spécifiques. Tel sera le cas à Orsay. Il est souhaitable d’éviter la banalité des formes et des volumes, qui est souvent le résultat d’une volonté excessive de flexibilité. Un beau musée, c’est aussi un musée où les matériaux utilisés pour les sols, les murs, présentent une grande qualité et une valeur permanente, comme c’est le cas dans la nouvelle aile de la National Gallery de Washington ou le musée de Yale à New Haven. 


Concevoir et réaliser un « beau musée » : l’objectif est clairement défini. Mais la réussite dépendra de la sensibilité de la conception et de la qualité dans l’exécution. Dans ce type d’architecture, le soin du détail est essentiel. Le musée du 19e siècle doit être à la fois un musée accueillant, répondant pleinement aux exigences contemporaines et faisant appel, lorsque cela est nécessaire, aux techniques modernes de présentation. De même, les techniques contemporaines du son et de l’image trouveront leur place pour rendre plus attractive, plus vivante et plus sensible, la présentation de l’architecture, de la littérature, de la photographie et de la musique. 


CDA : Que pensez-vous du projet retenu à l’issue de la consultation des architectes ?


Valéry Giscard d’Estaing : En transformant l’ancienne gare d’Orsay et l’hôtel en musée, l’État donne l’exemple de la bonne utilisation de bâtiments anciens, particulièrement des monuments historiques. La protection, au titre des Monuments Historiques, de l’oeuvre de Laloux a été discutée. L’ensemble de la gare et de l’hôtel d’Orsay est pourtant représentatif de l’architecture industrielle de la fin du 19e siècle. On y retrouve la grande nef longitudinale et la symbolique des gares. On perçoit aussi le mélange d’audace dans la conception métallique du grand hall et de conformisme dans le lourd décor de pierre sur le quai Anatole France. La réalisation de Laloux — comme d’ailleurs les autres projets qui ont été écartés à l’issue du concours de 1898 — répond à une volonté d’insertion harmonieuse dans l’environnement et de réponse au Palais du Louvre qui lui fait face. 


C’est pourquoi, les éléments majeurs de l’architecture devront être respectés. Cet impératif était affirmé dans le règlement de la consultation des architectes, qui s’est déroulée d’octobre 1978 à mars 1979, pour choisir le parti d’aménagement du musée et l’équipe d’architectes. Cependant, le programme impliquait aussi le dégagement de surfaces muséographiques supplémentaires et une transformation profonde des espaces intérieurs, accompagnée d’une réhabilitation complète. Le projet retenu correspond — selon la formule de l’équipe Colboc-Bardon-Philippon — à une « réinterprétation » du bâtiment, pour l’adapter à ses nouvelles fonctions muséographiques. 


À l’extérieur, la gare restaurée retrouvera sa splendeur. À l’intérieur, le volume exceptionnel de la grande nef sera aménagé en une « rue-musée ». La grande nef sera ainsi mise en valeur et constituera l’élément original du musée du 19e siècle. Au quatrième étage, les volumes autrefois inutilisés sous les verrières des combles, et inconnus du public, abriteront la grande galerie réservée au prodigieux ensemble impressionniste. La dialectique « conservation » et « transformation » soulève des problèmes difficiles, qui ont été étudiés lors du colloque organisé à Avignon, sur le thème de la réutilisation des monuments historiques. Les aménagements proposés dans le projet de l’équipe Colboc-Bardon-Philippon me paraissent donner une réponse appropriée au problème sans doute unique de transformation d’une gare en musée ! 


CDA : Comment se déroule le processus de création du musée ? Quelles dispositions ont été prises par l’État pour assurer la qualité du projet et en maîtriser l’évolution ?


Valéry Giscard d’Estaing : L’État a mis en place les moyens administratifs et financiers nécessaires pour mener à bien le grand projet d’aménagement du musée du 19e siècle. À plusieurs égards, des solutions nouvelles ont été adoptées lors du conseil des ministres de mars 1978. La réalisation du musée du 19e siècle s’inscrit dans la loi- programme pour les musées, votée par le Parlement au mois de mai 1978 et présentée par Jean-Philippe Lecat la loi individualise les crédits affectés à l’opération d’Orsay et garantit l’échelonnement des crédits nécessaires sur les années 1979 à 1983. L’enveloppe financière prévue (363 millions de francs), qui peut apparaître à certains comme excessive, doit être mise en rapport avec l’importance des surfaces à aménager (55 000 m2), la complexité technique de l’ouvrage, et la nécessaire qualité de la présentation de ce qui doit être un des plus beaux musées du monde. 


Le programme de conception et de réalisation du musée prend la forme d’un dialogue organisé entre trois partenaires : le maître d’ouvrage, l’équipe de conception, et l’équipe scientifique. Le rôle du maître d’ouvrage a été affirmé et renforcé par la création d’un établissement public spécifique. L’Établissement Public du Musée du 19e siècle, présidé avec compétence par M. Lachenaud, restera un organisme léger et opérationnel. Il exerce la mission de coordination de la conception et de la réalisation du musée en assurant la responsabilité administrative, technique et financière. Son existence est limitée dans le temps jusqu’à l’ouverture du musée, prévue en 1983, où le musée du 19e siècle sera complètement intégré au Louvre. 


Une équipe scientifique, composée de conservateurs de musées, et animée par M. Michel Laclotte, conservateur en chef du Département des Peintures du Louvre, regroupe et complète les collections, conçoit les circuits de visite du futur musée, s’assure de la qualité des condtions de présentation des œuvres. L’équipe de conception regroupe les architectes (équipe ACT-Colboc, Bardon, Philippon), et les bureaux d’études ; elle a été choisie selon des modalités qui sont exemplaires, à bien des égards, par rapport aux pratiques actuelles des consultations d’ingénierie : l’équipe des architectes a reçu une mission très complète de conception et de réalisation. Après six mois de travail, on peut affirmer que l’équipe des concepteurs, avec toute leur jeunesse, a développé ce projet avec intelligence, énergie et sensibilité. Trop souvent les projets de construction ou d’aménagement sont lancés sans études préparatoires suffisantes, et sans que le maître d’ouvrage se dote des moyens de mener à bien sa mission. 


Pour le projet d’Orsay, la consultation des architectes a été précédée par une longue phase d’études pour l’élaboration du programme, menées par la Direction des Musées de France, avec le concours de l’équipe O’Byrne et Pecquet. Pendant les phases d’études et de travaux, l’Établissement Public poursuivra et adaptera les études de programmation : il recevra l’assistance d’organismes spécialisés pour le contrôle des coûts et des délais ; il conduira et développera les études de préfiguration de la gestion et d’évaluation des coûts de fonctionnement. Aux différentes phases de conception et de réalisation, le ministre de la Culture et de la Communication prend les dispositions nécessaires pour conduire le processus de création du musée. Il vient périodiquement m’en rendre compte, car c’est une grande œuvre nationale. 


Grâce à l’initiative de Connaissance des Arts, et à l’article de M. Kjellberg, les lecteurs vont imaginer leur prochaine visite au musée du 19e siècle : après l’accueil rue de Bellechasse, ils descendront le grand escalier, remonteront le « cours », visitant les salles de part et d’autre de la place où s’élèvera la Danse de Carpeaux ; après Delacroix, Courbet, l’art officiel du Second Empire, Manet, ils retrouveront, au 4e étage, sous les combles et avec un éclairage naturel, les collections impressionnistes actuellement présentées au Jeu de Paume. Redescendant au niveau du grand salon et du restaurant, les visiteurs parcourront les galeries côté rue de Lille et côté quai Anatole France, consacrées à la période post-impressionniste et à la fin du siècle... Ils y rencontreront aussi les reconstitutions de chambres ou d’ateliers d’écrivains, de musiciens, là où s’est forgé dans la peine, et souvent avec d’infimes moyens, l’immense message artistique du 19e siècle. Pour cela, il leur faudra attendre 1983. Mais en longeant la Seine, ils observeront à partir de la fin de cette année le début des travaux. Et, pour tromper leur attente, ils vont pouvoir lire votre article. (Connaissance des Arts - 03.12.2020 )



GALERIE GAGOSIAN


Fondée par Larry Gagosian à Los Angeles en 1980, Gagosian est une galerie mondiale spécialisée dans l'art moderne et contemporain qui emploie plus de trois cents personnes dans dix- sept espaces d'exposition aux États- Unis, en Europe et en Asie. En plus de ses galeries, Gagosian est à la pointe du marché numérique avec des salles de visionnage en ligne innovantes, programmées pour coïncider avec les grandes foires d'art, qui incluent des œuvres hautement désirables d'artistes de premier plan d'aujourd'hui, une tarification transparente, une bourse historique et une analyse approfondie du marché. 

Gagosian travaille avec un large éventail d'artistes vivants de renom, dont Georg Baselitz, Joe Bradley, John Currin, Rachel Feinstein, Urs Fischer, Ellen Gallagher, Reaster Gates, Katharina Grosse, Mark Grotjahn, Jennifer Guidi, Andreas Gursky, Michael Heizer, Damien Hirst , Titus Kaphar, Anselm Kiefer, Jeff Koons, Vera Lutter, Sally Mann, Brice Marden, Takashi Murakami, Albert Oehlen, Giuseppe Penone, Richard Prince, Nathaniel Mary Quinn, Nancy Rubins, Ed Ruscha, Jenny Saville, Richard Serra, Taryn Simon, Rudolf Stingel, Sarah Sze, Adriana Varejão, Jeff Wall, Mary Weatherford, Rachel Whiteread et Jonas Wood, ainsi que les maîtres du design Frank Gehry et Marc Newson

Depuis sa création, Gagosian a préparé et présenté des expositions de qualité muséale inégalées d'œuvres d'artistes historiques tels que Arakawa, Diane Arbus, Richard Artschwager, Francis Bacon, Louise Bourgeois, Alexander Calder, Willem de Kooning, Walter De Maria, Lucio Fontana, Helen Frankenthaler, Alberto Giacometti, Howard Hodgkin, Roy Lichtenstein, Man Ray, Piero Manzoni, Agnes Martin, Claude Monet, Henry Moore, Jackson Pollock, Cy Twombly, Andy Warhol, Tom Wesselmann et Zao Wou-Ki, entre autres. Les expositions Picasso révolutionnaires de la galerie, organisées par le savant John Richardson à New York et à Londres, ont attiré des centaines de milliers de visiteurs. En 2019, Larry Gagosian a organisé une exposition de chefs-d'œuvre de Picasso en hommage à Richardson après sa mort. 

Depuis 1985, lorsque Gagosian est devenue la première galerie à établir une maison d'édition qui produit une vaste gamme de catalogues raisonnés, de monographies, de livres d'artistes, de catalogues d'expositions savantes et d'éditions limitées, la galerie a publié plus de cinq cents titres, rivalisant avec la production de éditeurs spécialisés dans les arts traditionnels. Les éditions imprimées et en ligne du Gagosian Quarterly offrent un accès unique aux artistes dans leurs studios et chez eux grâce à des interviews et des profils perspicaces de et par les plus grands professionnels du monde de l'art. La boutique Gagosian de New York propose une sélection convoitée de livres rares, d'éditions d'art, de collaborations uniques, d'affiches, de bijoux, de vêtements et d'appareils photo Leica. 

Gagosian développe depuis longtemps une programmation culturelle et des événements avec des artistes, notamment des performances, des visites d'expositions, des conférences publiques, des projections de films et des visites de studios. La galerie s'engage depuis longtemps à travailler avec les artistes et à les conseiller sur tous les aspects de la planification de leur héritage. En 2018, la galerie a lancé son programme Building a Legacy, réunissant des artistes et leur personnel de studio avec des experts dans le domaine des successions d'artistes, des fondations à but non lucratif et de la gestion du patrimoine à travers une série de symposiums. 

Avec des espaces d'exposition conçus par des architectes de renommée mondiale tels que Caruso St John, Richard Gluckman, Richard Meier, Jean Nouvel, Selldorf Architects et wHY Architecture, Gagosian est en mesure de présenter un large éventail de projets convaincants, y compris des travaux aussi variés que ceux de Jenny Saville des représentations picturales de la forme humaine, des sculptures et des dessins monumentaux emblématiques de Richard Serra, et une recréation de la peinture murale temporaire et spécifique au site de Roy Lichtenstein, Greene Street Mural






http://www.comitedesgaleriesdart.com/galeries_adherentes/galerie-gagosian

https://www.valeursactuelles.com/culture/larry-gagosian-confidences-du-plus-grand-marchand-dart-99532 


Une Nuit des Musées depuis chez soi 

Par Marion Bellal
12 novembre 2020 - Quotidien de l’Art 

Afin d'éviter un deuxième report de sa 16e édition, la Nuit des Musées, qui aurait dû avoir lieu le 16 mai, se tiendra bien ce samedi 14 novembre, mais en version uniquement numérique. Les animations habituelles sont transformées en visites virtuelles, en live Facebook, en quiz en ligne ou en parcours à distance éclairés à la bougie. Nombre de musées, ainsi que les réseaux sociaux de la Nuit des Musées et du ministère de la Culture, s'animeront toute la nuit sous le hashtag #NuitDesMuséesChezNous. Le musée national des arts asiatiques Guimet proposera par exemple un programme vidéo autour du jardin zen et de ses collections japonaises, le MAC VAL de Vitry-sur-Seine mettra en vente, en partenariat avec l'association Act Up, des tee-shirts créés par des artistes, le musée de la Corse à Corte diffusera en direct un concert baroque et le musée des Impressionnismes à Giverny présentera des œuvres relatives à la nuit. Côté documentaires, Arte met en ligne pour l'occasion une émission sur le peintre Henri Matisse ainsi qu'une courte série humoristique sur les tableaux les plus célèbres, À Musée Vous, À Musée Moi


Le musée d’Art Moderne de Paris dépoussière La Fée électricité de Raoul Dufy 

Le projet de restauration de la fresque de Raoul Dufy, la Fée Électricité, vient de s'achever au musée d'Art moderne de Paris. Courant 2021, de nouvelles expériences immersives seront mises en place. 

Financée par la Ville de Paris à hauteur de 80 000€, l’opération de restauration de la fresque monumentale la Fée Electricité, réalisée par l’un des peintres phares des Années Folles, Raoul Dufy, aura duré trois mois. La fresque du musée d’Art moderne, qui n’avait jamais connu de restauration intégrale, a été chouchoutée par les pinceaux d’une dizaine de restaurateurs de juillet à octobre. Ces derniers n’ont pas touché à la couche picturale, en bonne état, mais ont nettoyé les jointures des 250 panneaux qui composent l’oeuvre de 600 m2. Ce dépoussiérage avait notamment pour but de protéger l’oeuvre de la formation d’éventuelles fissures. Grâce à la mise en place in situ d’outils numériques et pédagogiques innovants, le musée va inaugurer, courant 2021, de nouvelles expériences immersives qui permettront de redécouvrir ce chef- d’œuvre. 

Une composition titanesque 

Réalisée en seulement dix mois, la Fée électricité célèbre l’évolution des sciences de l’Antiquité jusqu’au milieu du XXe siècle et le développement de l’électricité. La commande de cette œuvre, de très grand format (60 x 10m), a été émise, dès 1936, par la Compagnie parisienne de distribution d’électricité à Raoul Dufy, dans le cadre de l’Exposition universelle de 1937. Pour cette œuvre, destinée à être exposée dans le Pavillon de la Lumière, l’artiste réalise, en amont, un considérable travail de documentation. Un vaste hangar, à Saint-Ouen, lui est mis à disposition. Pour respecter les délais et les exigences des commanditaires, Raoul Dufy travaille par projection. Grâce à sa « lanterne magique », il reproduit ses dessins sur les 250 panneaux en contreplaqué qui sont par la suite assemblés pour former cette fresque incurvée, longtemps considérée comme le plus grand tableau du monde. 

Aidé de son frère, Jean, Raoul Dufy imagine une composition qui, selon ses mots, ne comprenant « ni sol, ni lointain, ni ciel ». L’artiste y dépeint les dieux de l’Olympe en frise surplombant la première centrale électrique de Vitry-sur-Seine. La fresque témoigne par ailleurs des thèmes phares de la peinture : voiliers, nuées d’oiseaux et bal festif. Pour ses figures humaines, Dufy s’inspire de la technique appliquée par David dans la réalisation du Serment du Jeu de paume (1792): dans un premier temps, il esquisse les personnages nus puis, dans un second temps, il les pare de leur vêtement. 

2021 : vers une expérience immersive aboutie 

Restaurer l’œuvre, imaginer une nouvelle scénographie et de nouveaux outils numériques in-situ : tels sont les trois principales ambitions du musée pour transformer l’expérience contemplative en véritable expérience immersive offrant toutes les clés de lecture au visiteur pour observer les 110 personnages dont les grands hommes du passé (Galilée, Archimède, Thalès, Léonard de Vinci) et les savants contemporains de Dufy, comme Thomas Edison ou Gustave Ferrié. 

En collaboration avec la Fédération des Industries Électriques, Électroniques et de Communication (FIEEC) et son laboratoire Le Club Rodin, le Musée d’Art moderne de Paris va mettre en place un dispositif de médiation numérique comprenant : un film introductif, des outils numériques proposant différentes visions de l’œuvre (lointaine, intermédiaire, rapproché) ainsi qu’une application « visite guidée » aux choix thématiques multiples (historique, artistique, scientifique). Un site web dédié, permettant de rendre accessible le contenu à tous, sera également développé. 

En attendant ces nouveautés, le public pourra, dès que les mesures gouvernementales le permettront, redécouvrir cette fresque polychrome monumentale. Pour les plus impatients, une visite virtuelle, réalisée avant l’enrichissement numérique, est disponible sur le site du MAM. (Connaissance des Arts)


Galeries, vers la fin de la sédentarité ? 

Par Roxana Azimi - Quotidien de l’Art - 22 octobre 2020 


Depuis la pandémie de Covid-19, les galeries tentent de compresser leurs charges jusqu’à remettre en question la viabilité d’une vitrine fixe. 


Pop-up, project-space, accrochage-salon, temps partagé façon La maison de Rendez-vous à Bruxelles. Depuis longtemps, les galeries se creusent les méninges pour trouver une alternative au lieu – et charges! – fixe(s). La crise liée au Covid-19 et les mois de confinement, qui les ont contraintes à payer d’importants loyers sans pouvoir ouvrir boutique, a ravivé cette question lancinante : faut-il renoncer à l’espace de la galerie ? Caroline Smulders en est convaincue. « On devra se montrer plus souple que jamais », estime-t-elle. L’exposition du sculpteur autrichien Stephan Balkenhol, dont elle est la commissaire au Palais d’Iéna, a certes été financée par une galerie puissante qui a pignon sur rue, Thaddaeus Ropac. « Mais ce que j’apporte, précise Caroline Smulders, c’est l’idée initiale et mon engagement à temps complet dans ce projet pour le mener à bien, ce qu’une galerie qui doit gérer le quotidien ne peut pas faire. »
« On peut s’en sortir sans espaces, d’autant que sans repères, on peut être créatif », veut croire Aline Vidal, qui vient d’achever la troisième édition de ses De(s)rives, expositions organisées dans des lieux inhabituels – cette fois le remorqueur Archimède amarré près de la Bastille. Pour Eva Taïeb, fondatrice de la galerie en ligne The Fibery, spécialisée dans les oeuvres textiles, l’idée n’est pas tant « de faire des économies que de changer de stratégie économique ». 


Être le plus agile possible 


C’est armée des mêmes intentions que Charlotte Ketabi, ancienne de la galerie Nathalie Obadia, a lancé en juillet Ketabi Projects. 

Cette structure nomade compte présenter dans des lieux à chaque fois différents de jeunes artistes émergents comme Inès Longevial, dont elle orchestre la première exposition du 1er au 10 décembre aux Grandes Serres à Pantin, ainsi que des accrochages plus mixtes mêlant art contemporain et ancien.

« Cela n’a pas de sens de louer un espace permanent dans le centre de Paris pour montrer des jeunes artistes pas encore assez chers pour que la location de l’espace soit rentable », observe la jeune pragmatique qui espère « réduire les frais d’au moins 30 % par rapport à une galerie classique, émergente, qui n’a qu’un ou deux salariés mais un loyer dans le centre de Paris à payer tous les mois ». En se libérant de toute attache, Charlotte Ketabi se veut surtout « le plus agile possible » pour monter des expositions « quand je le veux et où je le veux ». Et, pourquoi pas aux États- Unis, en Chine ou dans le Moyen-Orient dès que tels déplacements seront envisageables. Ces chevaux-légers ressentent d’autant moins l’impératif d’une vitrine que les foires, longtemps rétives, leur déroulent désormais le tapis rouge. Caroline Smulders a ainsi exposé en septembre sur Art Paris et précédemment à Drawing Now, tandis que Galeristes accueille jusqu’à dimanche the Fibery.
« Pendant le confinement, les galeries ont été fermées au public et leurs expositions annulées ou invisibles. Ont-elles pour autant cessé d’être des galeries ? Non, rappelle d’ailleurs Stéphane Corréard, patron de Galeristes. Ce qui leur paraissait parfois inenvisageable est devenu une nécessité, voire une évidence : faire vivre leurs liens avec leur communauté autrement qu’à travers leurs espaces physiques. » Pour Guillaume Piens, directeur d’Art Paris, « il faut rester ouvert d’autant qu’on voit l’émergence de nouveaux modèles de galerie, qui fonctionnent comme des bureaux de production, une évolution qu’on ne peut pas nier. » 


« Une vitrine permanente est rassurante » 


Reste que l’absence d’adresse fixe a ses limites. La courte durée des expositions et leur rythme discontinu réfrènent parfois les collectionneurs. Pas simple non plus de s’assurer l’exclusivité d’artistes qui aspirent à davantage de stabilité. D’anciens galeristes nomades ont d’ailleurs choisi de se sédentariser, tel Arnaud Faure Beaulieu, ancré dans un bureau et un espace à Paris, ou Sans titre (2016), qui, après avoir été nomades les trois premières années de son existence, a pris pied rue du Faubourg Saint Martin, dans le 10ème arrondissement. Charlotte Ketabi, qui finalise l’exposition d’Inès Longevial, le reconnait, « une partie du travail doit se faire en amont pour faire venir les conservateurs, critiques d’art, journalistes et collectionneurs sur une courte durée ». Tout en admettant « qu’une vitrine permanente est rassurante et elle a certainement du sens pour les galeries installées depuis longtemps, dotées d’un réseau solide », Eva Taïeb n’en démord pas et conclut : « pour les jeunes galeries, la mobilité est bénéfique ». 



GALERIE THADDAEUS ROPAC


La Galerie Thaddaeus Ropac est une galerie d’art contemporain présente à Salzbourg, Paris, Pantin et Londres. C’est en 1983 que le galeriste autrichien Thaddaeus Ropac crée sa première galerie, à Salzbourg. En 1990, la Galerie Thaddaeus Ropac ouvre une succursale à Paris, dans le Marais. En 2010, un second espace est ouvert à Salzbourg, avec une vaste surface de 2500 m2. Dans la même dynamique, en 2012, la galerie s’adjoint une espace de 5000 m2 à Pantin (à quelques stations de métro de Paris). Courant 2017, une vaste succursale londonienne doit voir le jour dans le quartier de Mayfair (1500 m2). Dans l’ensemble, la galerie défend des artistes internationaux confirmés. Tous sites confondus (Autriche et France), elle organise une trentaine d’expositions par an, essentiellement personnelles. Peinture, sculpture, photo, installation, vidéo, performance, danse, dispositif… Les galeries du Marais et de Pantin organisent respectivement, en moyenne, dix et cinq expositions par an.


« La sculpture de Tony Cragg offre un mélange fascinant d’ordre et de désordre, d’équilibre et de déséquilibre, de méthode et de folie, nous encourageant à réfléchir à notre place dans le monde et à ce qu’il y a en dessous. » La sculpture est vue jusqu’au samedi 17 octobre dans la galerie du Marais à Paris.




Galerie Lelong & Co



La Galerie Lelong & Co. est établie à Paris et New York. Elle a été fondée par Jacques Dupin, Daniel Lelong et Jean Frémon. Dans son espace parisien, la galerie expose depuis 1981 les œuvres récentes d'artistes de rayonnement international. Les années 80 ont été marquées par des personnalités aujourd'hui considérées comme historiques tels Joan Miró, Antoni Tàpies, Francis Bacon, Louise Bourgeois, Eduardo Chillida, Paul Rebeyrolle, Pierre Alechinsky, mais aussi de la génération suivante : Konrad Klapheck, Jan Dibbets, Donald Judd, Robert Ryman, Richard Serra, Jannis Kounellis, Arnulf Rainer, Nicola De Maria, Jan Voss. Dans les années 90, sont venus des artistes représentatifs de mouvements majeurs de l'art contemporain : Sean Scully, Günther Förg, Andy Goldsworthy, Ernest Pignon-Ernest, Antonio Saura. La galerie a aussi développé la reconnaissance mondiale de l’œuvre d’Ana Mendieta. Au cours des années 2000, la Galerie Lelong a accentué la diversité géographique et expressive des artistes : la sculpture et l'objet avec Jaume Plensa, David Nash, Wolfgang Laib, Kiki Smith, Rebecca Horn, Barry Flanagan, jusqu'aux installations de Barthélémy Toguo et Lin Tianmiao, mais aussi et toujours la peinture : David Hockney, Leon Kossoff, Robert Motherwell, Kate Shepherd, Nalini Malani, Nancy Spero, Juan Uslé et Ettore Spalletti. La Galerie Lelong dispose d’un important secteur d’éditions qui produit et diffuse des gravures, lithographies, impressions numériques et multiples, en assure leur connaissance par la réalisation de catalogues raisonnés. Elle travaille à la production de sculptures monumentales dans le cadre de commandes publiques et privées. Elle participe aux grandes foires internationales d'art contemporain (Art Basel, Art Basel Miami Beach, Art Basel Hong Kong, Fiac Paris, Frieze Londres, Frieze New York, Arco Madrid, Art Brussels, Expo Chicago…). La galerie est dirigée par Jean Frémon, Daniel Lelong et Patrice Cotensin à Paris et par Mary Sabbatino à New York. 


L’exposition "David Hockney : Ma Normandie" est désormais visible dans les trois espaces. Le spectacle rassemble onze nouvelles peintures ainsi qu’une série de tirages au jet d’encre sur papier de David Hockney. L’accès est gratuit mais limité en raison de la situation sanitaire actuelle. Il est fortement recommandé de réserver son billet en ligne, en cliquant sur le lien dans la bio de la galerie. En raison de la situation actuelle, il n’y aura pas de réception d’ouverture. 


David Hockney : Ma Normandie Jusqu’au 23 décembre 2020 13 rue de Téhéran & 38 avenue Matignon, Paris David Hockney Photo : Fabrice Gibert / Courtesy Galerie Lelong & Co., Paris.




GALERIE PERROTIN


Emmanuel Perrotin fonde la galerie Perrotin en 1990 à l’âge de vingt-et-un ans. Il a depuis ouvert plus de dix-huit espaces différents, afin d’offrir des dispositifs de plus en plus stimulants à la création. Il accompagne les artistes, certains depuis plus de vingt-cinq ans, dans le développement de leurs projets les plus ambitieux. La galerie Perrotin compte neuf espaces dans le monde avec des galeries à Paris, Hong Kong, New York, Seoul, Tokyo et Shanghai. La totalité de ses espaces représente une superficie de 7100 mètres carrés.


A Paris, la galerie Perrotin est située dans le Marais : elle est installée au 76 rue de Turenne, dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle depuis 2005, ainsi que depuis 2007 au 10 impasse Saint-Claude, totalisant une surface de près de 1600 m² sur trois niveaux. Dans la même rue, la Salle de Bal, un showroom de 700 m², est inaugurée en 2014 dans l’Hôtel d’Ecquevilly dit « du Grand Veneur » datant du XVIIe siècle. En juin 2020, la galerie inaugure un nouvel espace de 70 m2 avenue Matignon dans l’ouest parisien, portant la superficie totale de la galerie à Paris à 2370 m².

LIRE LA SUITEhttps://www.perrotin.com/fr/about

L'exposition « Creature Comforts » ouvrira le 17 octobre avec treize nouveaux tableaux créés par Hernan Bas depuis le mois de mars dans son studio de Miami.


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