FOIRES

La reprise des foires, un signe fort pour le marché de l'art 

Par Roxana Azimi - QDA - 21 octobre 2021  

Contestées, conspuées, les foires restent un maillon essentiel de l’écosystème, malgré la pandémie qui a modifié les modes d’achat des œuvres d’art. 

On les disait au bout du rouleau, fragilisées par la pandémie, presque obsolètes. Le groupe ibérique IFEMA, qui, organise notamment la foire d’art contemporain Arco à Madrid, a perdu les deux tiers de son chiffre d’affaires en 2020. Messe Schweiz, qui organise Art Basel et ses excroissances à Miami Beach et Hong Kong, accuse un manque à gagner de 29,4 millions de francs suisses au premier semestre 2021. Au gré des confinements, une petite musique avait commencé à monter : et si le Covid-19 permettait de se défaire de l’addiction aux foires d’art, coupables d’avoir lassé les collectionneurs et alourdi nos bilans carbone ? Passé l’effet de sidération, d’autant plus grand que les galeries engrangeaient 46 % de leur activité en moyenne sur les foires, certains marchands ont cru voir une opportunité dans les annulations en cascade : revenir à une échelle plus humaine, au porte-à-porte, au one-to-one personnalisé. Objectif numéro un de 79 % des marchands en 2019, la participation aux foires n’était plus qu’au huitième rang de leurs priorités pour les deux années à venir, à croire le rapport Art Basel/UBS paru en septembre 2020. Normal : les foires étaient annulées les unes après les autres ou reportées aux calendes grecques. D’abord réticents, les collectionneurs eux-mêmes semblaient s’être accommodés du numérique : les ventes en ligne ont connu un bond de 72 % au premier semestre 2021, selon le dernier rapport établi par Hiscox. Et, toujours selon cette étude, elles pourraient représenter 25 % de l’ensemble du marché d’ici la fin de l’année. 

Et pourtant... À peine l’horizon s’est-il éclairci après les derniers déconfinements que les galeristes se sont précipités comme un seul homme dans les foires. « On est si contents d’être là, j’ai besoin de voir mes confrères, de revoir le monde en vrai », confiait, lors du vernissage de la FIAC, Glenn Scott Wright, directeur de la galerie Victoria Miro, qui a enchaîné trois salons sans regimber. Pour 75 % des marchands français interrogés en janvier par le Comité professionnel des galeries d’art, la reprise des foires était prioritaire. D’autant que près de 80 % d’entre eux accusent un recul de leur chiffre d’affaires, de plus de moitié pour un tiers d’entre eux. Daniel Templon n’a pas connu de baisse d’activité en 2020, bien au contraire. Pas question pour autant de tourner le dos aux salons. « Les douze foires qu’on fait dans l’année représentent un million d’euros de dépenses, confie-t-il, mais le succès des foires, c’est aussi le nombre de cartes de visites que tu récoltes. » Mercredi 20 octobre, jour de vernissage, le galeriste avait vendu une quinzaine d’œuvres en trois heures, à des prix oscillant entre 15 000 et 450 000 euros. Michele Casamonti, fondateur de Tornabuoni Art, participe en temps normal à 19 foires dans l’année, dont chacune lui coûte entre 50 000 et 200 000 euros selon la taille. « Je ne renonce à rien, les gens ont besoin de contact physique, assure-t-il, estimant que la foire reste une vitrine pour les marchands. » 

Le temps des retrouvailles 

En septembre, Art Paris a réuni 72 746 visiteurs, en hausse de 19 % par rapport à 2019 ! Un record qui, à lui seul, « dynamite toutes les interrogations sur la nécessité des foires, voire leur fin annoncée », se réjouit son commissaire général, Guillaume Piens. Le collectionneur allemand Johannes Becker est allé à Frieze, à Londres, puis a enchaîné avec la FIAC. « On a déjà réservé nos billets pour Miami », dit-il, heureux de reprendre « la vie d’avant ». Mais tous les collectionneurs ne se déplacent plus comme avant. Les restrictions, plus ou moins tatillonnes d’un pays à un autre, découragent bien sûr les plus stakhanovistes des collectionneurs, ceux-là même qui, dans le « monde d’avant », couraient sans prendre la peine de s’arrêter de New York à Londres, de Paris à Miami en passant par Turin. Hormis Art Paris, toutes les foires ont accusé une baisse de fréquentation : 35 000 visiteurs contre 42 500 en 2019 à Photo London, qui se tenait en même temps qu’Art Paris. Frieze et Frieze Masters ont engrangé 80 000 visiteurs contre 100 000 habituellement. « Mes collectionneurs américains ne sont pas allés à Londres, où les contraintes sont trop compliquées, et ont préféré la FIAC, parce que Paris est plus prestigieux, plus romantique », confie Denis Gardarin, directeur de la Goodman Gallery, qui n’expose pas à la FIAC, mais suit de près ses clients durant la semaine de festivités parisiennes. Quand ils se déplacent, les vaillants VIP ouvrent aussi leur chéquier. L’Arco, en juillet, a certes perdu quelque 70 000 visiteurs lors de son édition de juillet, mais « ceux qui se sont déplacés ont dépensé », assure Eduardo Lopez- Puertas, directeur général d’IFEMA

À Bâle aussi, malgré la chute du visitorat – 60 000 visiteurs contre 93 000 en 2019 –, de nombreuses galeries ont tiré leur épingle du jeu. Ainsi de Kreo, qui a vendu la moitié de son stand le premier jour de Design Miami. « Les gens étaient contents de revenir, de se retrouver, c’était comme une réunion de famille de gens qui ne s’étaient pas vus depuis longtemps », confie Clara Krzentowski, qui dirige l’extension de la galerie à Londres. « Les online viewing
rooms ont une fonction, indéniablement, mais rien ne remplace une rencontre de visu
», assure Marc Spiegler, directeur d’Art Basel

Des frais toujours plus élevés 

Pour autant, est-il possible d’aller de l’avant comme avant ? Tout dépend du format et de la cible de ces salons. « La FIAC, comme Miart à Milan, peuvent mieux tenir, car elles reposent sur une forte clientèle locale, plutôt que des foires de destination comme Maastricht, qui ont besoin du déplacement des clients internationaux », analyse Michele Casamonti. La TEFAF, fief des antiquaires et marchands de tableaux anciens, qui devait se tenir en septembre à Maastricht, s’est d’ailleurs contentée d’une édition en ligne. « Il n’y aura plus de foires où la terre entière se déplacera », prédit Victoria Siddall, directrice de Frieze, justifiant la stratégie du salon de bourgeonner à New York, Los Angeles et bientôt Séoul pour aller à la rencontre des acheteurs locaux qu’on ne voit pas sous toutes les latitudes. 

Autre bémol, la participation aux foires n’a jamais coûté aussi cher. Malgré la pandémie qui freine toujours les déplacements internationaux, rares sont les foires à réduire leur tarification, au grand dam des syndicats de galeries. À ceux qui s’étonnent que les foires n’aient guère révisé leur tarification nonobstant la pandémie, Guillaume Piens rétorque que 40 % du prix du mètre carré est englouti par la location du lieu et l’installation technique générale. Les tarifs du fret aussi ont doublé, voire triplé. Ce qui amène les marchands à arbitrer leur déplacement. « Je suis 100 % certain que les foires sont nécessaires, c’est notre point de rencontre, mais toutes ne le sont pas pour notre business », observe Massimo de Carlo, qui a participé à trois foires en septembre, puis deux en octobre. Même son de cloche du côté de Samia Saouma, de la galerie Max Hetzler, qui a combiné en octobre Frieze et FIAC. « On teste, et après on verra ce qui vaut la peine ou pas », confie-t-elle. 

Ralentir ? 

Tout en poursuivant le circuit des salons qui l’ont conduit d’Art Basel à Frieze Masters et aujourd’hui à la FIAC, Michele Casamonti réfléchit à d’autres formats alternatifs, comme la réunion d’une cinquantaine de galeries italiennes à Procida début septembre, ou le week-end florentin qu’il a offert à une petite dizaine de collectionneurs, trop heureux de passer du temps ailleurs que dans les travées d’un salon. Quoique contents de renouer avec les rencontres en visu, les art advisors eux-mêmes n’ont guère envie de poursuivre la course à l’échalote. 

« Les foires sont utiles pour un conseiller, mais, personnellement, en faire deux par an me suffit », confie Sibylle Rochat, basée en Suisse, qui compte se limiter à la visite de deux foires par an, sélectionnées stratégiquement. « Bien sûr, ajoute-t-elle, rien ne remplace la vue d’une œuvre en vrai, ou une discussion passionnée avec un galeriste, mais le monde numérique offre d’autres alternatives et les connexions se font plus immédiatement et avec moins de discrimination, c’est moins à la tête du client. Sans oublier qu’une bonne partie des œuvres exposées en foire sont souvent vendues avant même l’ouverture, ce qui diminue l’attractivité de s’y rendre physiquement ! » 

Last but not least, le monde de l’art ne peut reprendre sa course folle sans réfléchir à son impact environnemental. Selon Art of Zero, un rapport publié en avril dernier, l’empreinte carbone du monde de l’art se chiffrerait à 70 millions de tonnes par an. À méditer


FIAC ! Aujourd’hui 21 octobre 2021


Après une édition 2020 annulée, la FIAC (Foire internationale de l’art contemporain) fait son grand retour cette année et, jusqu’au 24 octobre, les organisateurs de la Foire ont réuni la crème de la crème de l’art moderne et de l’art contemporain, française et internationale. On attend le meilleur de la création artistique depuis les maîtres modernes du début du XXème siècle aux tendances plus émergentes. La FIAC propose également un parcours Hors les Murs qui se déploie dans différents lieux emblématiques de la capitale, comme le Jardin des Tuileries et la place Vendôme, afin que l’exposition soit accessible au plus grand nombre. En raison d’un important chantier de rénovation qui monopolise le Grand Palais jusqu’en 2024, le cœur de l’exposition se tiendra au Grand Palais Éphémère, sur le Champs de Mars.



Les peintures ultra-modernes de Jean Claracq agitent le musée Delacroix

NUMÉRO - 13 OCTOBRE 2021 - Matthieu Jacquet

À l'occasion de la 47e édition de la FIAC, le musée Eugène-Delacroix se fait à nouveau l'hôte le temps de quelques jours d'un artiste contemporain, invité à faire dialoguer son travail avec le peintre romantique du XIXe siècle. Cette année, le choix de la foire s'est posé sur Jean Claracq, jeune peintre figuratif français remarqué pour ses toiles minutieuses et énigmatiques au format très réduit dont les personnages juvéniles incarnent les attitudes de la mélancolie moderne. Le fruit de cette rencontre entre deux peintres et deux époques est à découvrir du 13 octobre au 1er novembre. 

En parallèle du Grand Palais Ephémère installé sur le Champs de Mars, dans laquelle elle organise cette année sa 47e édition, la FIAC étend comme à son habitude sa programmation à plusieurs lieux de la capitale française, tels que la place Vendôme ou le jardin des Tuileries. L’occasion de (re)découvrir le musée Eugène-Delacroix, qui depuis 2015 se joint à la fête en accueillant dans ses discrets locaux du sixième arrondissement les projets d’artistes contemporains. Après José María Sicilia, Katinka Bock ou encore Glenn Brown, en 2019, Jean Claracq est invité à faire résonner son travail avec l’œuvre du grand représentant du romantisme pictural. À 30 ans, le Français s’inscrit dans la nouvelle garde de la peinture figurative avec ses minutieuses toiles aux airs de scènes de genre dont les acteurs, principalement de jeunes garçons perdus entre les quadrillages des immeubles urbains et des écrans numériques, incarnent, sur des formats miniatures, les attitudes de la mélancolie moderne. 

Après avoir présenté une installation inédite à la Fondation Louis Vuitton et signé l’affiche du dernier Roland-Garros, l’artiste s’est mis au diapason de l’auteur de La Liberté guidant le peuple en se plongeant dans son long journal dont il a presque tout épluché, de ses notes les plus triviales à ses réflexions sur le génie, en passant par la description de son quotidien d’artiste. Touché par le récit de ses émois et de ses échecs amoureux, ainsi que par son portrait d’un jeune homme de 1828 et par un tableau inspiré par Roméo et Juliette provenant des collections du musée, Jean Claracq est parti du XIXe siècle pour remonter jusqu’au XVIe et ses romances juvéniles narrées par le théâtre de Shakespeare. 

Loin des références directes et littérales à Delacroix, les nouvelles œuvres de Jean Claracq réalisées ces derniers mois signalent ces contextes historiques par de subtils détails, comme les tours d’un château dépassant d’une palissade ou le visage de la reine Élisabeth Ire se dessinant sur un tissu. Présente dans les peintures de Claracq depuis ses débuts aux Beaux-arts de Paris, la douceur de la jeunesse se retrouve dans de nouveaux portraits dont les regards absorbés rappellent ceux représentés jadis par son homologue romantique. Dans l’ancienne chambre de Delacroix, espace intime et exigu où l’artiste a passé la fin de sa vie avant d’y rendre son dernier souffle, ces nouvelles œuvres s’inviteront sur les murs, faisant du peintre contemporain le chef d’orchestre d’un dialogue inédit. 

FIAC 2021 : invitation à Jean Claracq, du 13 octobre au 1er novembre au musée Eugène-Delacroix, Paris 6e. 


BISO, biennale rescapée d'Afrique 

Par Armelle Malvoisin - QDA - 17 octobre 2021  

Alors que ses homologues ont été victimes du Covid, la Biennale internationale de Sculpture de Ouagadougou tient une 2e édition riche et prometteuse, malgré un difficile contexte sécuritaire et sanitaire. 

En Afrique subsaharienne, la capitale burkinabé est au centre de toutes les attentions. Le procès de l’assassinat du chef d’État révolutionnaire Thomas Sankara (1949- 1987) doit s’ouvrir le 25 octobre. Initialement programmée fin février dernier et décalée en raison d’une deuxième vague de Covid, la 27e édition du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), le plus grand rendez- vous africain du genre, se tient depuis le 16 octobre pour une semaine. Avant cela, la Biennale internationale de Sculpture de Ouagadougou (BISO) a lancé sa 2e édition le 8 octobre pour une durée d’un mois, alors que la jeune Congo Biennale de Kinshasa, prévue en septembre 2021, a été reportée d’un an. BISO passe donc entre les gouttes, avec une sélection de 18 artistes du continent, dont cinq Burkinabés, tous venus en résidence sur place pour réaliser une œuvre sur le thème de « L'Aventure ambiguë », du nom de l’ouvrage de l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane (né en 1928). « À travers ce thème, il est proposé aux artistes de sonder la complexité des identités d’Afrique aujourd’hui, dans la période actuelle complexe marquée par la question de nos interdépendances, et où les notions de spiritualité, de genre et nos rapports avec la nature sont en phase de redéfinition », expliquent les fondateurs, le photographe ouagalais Nyaba Leon Ouedraogo, et Christophe Person, directeur du département d’art contemporain africain chez Artcurial

Grandes installations 

Le sculpteur mauritanien de 36 ans Oumar Ball, découvert à la Biennale de Dak’Art en 2018 après avoir fait le OFF de 2016, avoue avoir hésité à venir en cette période de Covid. Grand bien lui en a pris, car son œuvre forte, produite à partir de métal recyclé et représentant une hyène dévorant un aigle, inspirée des histoires animalières racontées par sa grand-mère, a impressionné tous les visiteurs. Cette Chimère a décroché le premier prix de BISO, à l’unanimité du jury, composé des artistes Barthélémy Toguo (Cameroun), Abdoulaye Konaté (Mali), Ky Siriki (Burkina-Faso) et Jean Servais Somian (Côte d’Ivoire). Ils se sont basés sur « le choix des matériaux, l’expression de la forme, le sujet traité et l’esthétique, soit la recherche du beau ». Repérée dès l’ouverture de la Biennale, la grande installation d’Oumar Ball a été immédiatement achetée par la Fondation française Blachère, à Apt, dans le Lubéron, avant même la connaissance des prix. « J’ai attendu la 2e édition de BISO pour constater l’énergie créatrice des organisateurs. BISO est un événement de belle facture où j’ai découvert des artistes de qualité, comme Yveline Tropéa et Ferdaws Chamekh, constate sa directrice, Christine Blachère. J’ai été stupéfaite par l’œuvre d’Oumar Ball et j’ai déjà hâte de revenir pour BISO 3. » Elle a aussi acquis l’installation de la Nigériane Ngozi-Omeje Ezema (lauréate du prix de la Fondation Blachère de BISO 2021), dont « le travail démontre à la fois une démarche cérébrale et une recherche esthétique », acheté deux tableaux dans l’atelier d’Yveline Tropéa, Française installée à Ouagadougou et lauréate du prix Jean-Claude Gandur de BISO 2021 pour sa grande installation perlée, et s’est promis de suivre les créations en céramique de la Tunisienne Ferdaws Chamekh, laquelle a été récompensée du prix de résidence Solidarité Laïque BISO 2021 pour une pièce produite en collaboration avec les potiers et artisans locaux, et mixant les matériaux de Tunisie et du Burkina. 

En attendant Dakar 

Les autres lauréats sont Indépendance Dougnon (Mali) pour le prix de la Collection Cupérior, représentée par Oliver Elst, rencontré à Art Basel et qui a été séduit par le projet de Biennale. Le collectionneur allemand accueillera par ailleurs en résidence à Berlin le Porto-Angolais Pedro Pires, pour un autre prix de résidence. Enfin, le prix de l’Encouragement a été décerné au Burkinabé Kader Kaboré pour un grand livre interactif illustré par des nattes traditionnelles. Avaient aussi fait le déplacement à BISO le collectionneur français d’art contemporain africain Rodolphe Blavy, la conservatrice du Centre Pompidou, spécialiste de l’Afrique, Alicia Knock, et le curateur de la Fondation Vuitton Ludovic Delalande. En outre, le parcours OFF de BISO, mis en place par des opérateurs locaux, assez disparate et parfois difficilement accessible dans la ville, a fédéré moins d’enthousiasme, hormis quelques ateliers d’artistes et les peintures de Christophe Sawadogo, qui a créé l’affiche du Fespaco cette année. BISO s’impose comme la biennale qui monte (la seule consacrée à la sculpture contemporaine sur le continent africain), en attendant de découvrir celle – à une autre échelle – de Dak’Art, qui devrait se tenir en mai 2022, après son annulation en 2020. 

Art Basel, c'est reparti !

Par Alison Moss - QDA - 22 septembre 2021 


Pour beaucoup, la tenue en présentiel de la foire du 24 au 26 septembre (journées VIP du 20 au 23) est le signe du retour à la normale très attendu. L'incertitude a toutefois plané jusqu'au dernier moment sur son maintien - et ses conditions - avec notamment la levée à la dernière minute des restrictions d'accès visant les visiteurs vaccinés avec AstraZeneca. 

« Nous avons fait le pari risqué il y a six mois de maintenir la foire et nous sommes très reconnaissants que les galeries nous aient suivis dans cette aventure », se réjouissait Marc Spiegler hier lors de l'inauguration de la foire bâloise, fédérant cette année 272 galeries de 33 pays. Les normes de vaccination imposées par les autorités suisses ont momentanément semé le doute chez certains exposants et entraîné la création d'un fonds de solidarité d'1,6 millions de dollars visant à soutenir les galeries n'ayant pas rentabilisé leur participation (voir QDA du 8 septembre 2021). Une autre mesure avait aussi permis d'apaiser les tensions : le report des frais de location du stand à l'édition 2022 pour tout exposant ne pouvant entrer en Suisse ou étant soumis à une quarantaine. Malgré tout, le profil des collectionneurs demeurait inévitablement moins international que d'habitude avec notamment une baisse attendue du public américain et asiatique. En ce sens, les Viewing Rooms, lancées peu avant le premier confinement et dont la sophistication a été accélérée par la pandémie, ont un rôle non négligeable à jouer puisqu'elles permettent à ce public de participer à distance (ainsi que par l'intermédiaire de conseillers d'art européens, dont plusieurs étaient présents sur la foire) : la galerie Applicat/Prazan (Paris) avait par exemple reçu hier une demande pour un Fautrier des États-Unis via le web, parallèlement aux requêtes de collectionneurs européens, intéressés pour leur part des toiles de Staël, Riopelle ou Soulages. 

Business as usual 

Malgré la volonté commune de revenir à la réalité, impossible d'oublier que le COVID est passé par là : lors du vernissage VIP, une performance de Monster Chetwynd met en scène des acrobates déambulant à l'intérieur de bulles géantes : un rappel instantané des gestes de distanciation sociale qui régissent encore notre quotidien. D'autres pièces abordent aussi l'expérience de la pandémie dont les rues désertes de Josh Smith, peintes pendant le confinement chez David Zwirner ou encore celle de Mario Garcia Torres, It Must Have Been a Tuesday (le titre fait allusion au premier jour du confinement au Mexique). Cependant, outre la présence de gel hydroalcoolique dans les allées et la présence de personnel veillant scrupuleusement au respect des gestes barrières - la dynamique n'a pas beaucoup changé : longues queues à l'entrée, foules dans les allées, et ventes dès le premier jour, dont plusieurs à six chiffres (un Philip Guston pour 6,5 millions de dollars chez Hauser & Wirth, une sculpture de Barbara Hepworth pour 1,2 millions de dollars chez Pace ou encore un Anthony Gormley pour 5,2 millions de dollars chez White Cube...) En une matinée, chez la galerie Ropac, une peinture de Miquel Barceló avait été acquise pour 380 000 dollars par un collectionneur américain, ainsi qu'un Lee Bul (200 000 dollars); trois Robert Longo (de 450 000 à 800 000 dollars), un Martha Jungwirth (245 000 euros) et un Daniel Richter (200 000 euros). De son côté, la galerie Lelong (Paris / New York) avait entre autres vendu plusieurs pièces dont un Tàpies de 2005, un grand format de Barthélemy Toguo, trois oeuvres d’Etel Adnan, un grand bronze de Jaume Plensa, un dessin d’Anna Mendieta, une photo de Jean-Baptiste Huynh, et une sculpture d’Ursula Von Rydingsvard : « Ces ventes ont été le résultat pour moitié de très intéressants nouveaux contacts et pour moitié de ventes avec des collectionneurs que nous connaissons bien. Essentiellement des Européens mais également une très grande institution américaine de dimension internationale », affirme la galerie. La galerie Rosemarie Schwarzwälder (Vienne) avait pour sa part cédé plusieurs pièces dont un Bernard Frize (132 000 euros), un Daniel Knorr (35 000 euros), un Sheila Hicks (40 000 euros) et une toile monumentale de Katharina Grosse (240 000 euros) qui a marqué les esprits avec son installation spectaculaire à la FIAC 2018, tandis que la majorité du stand de Perrotin s'était envolé en un après-midi : des œuvres importantes de Maurizio Cattelan, Claire Tabouret (environ 150 000 dollars), Hernan Bas, Tavares Strachan, Gregor Hildebrandt, Daniel Arsham (entre 100 000 et 200 000 dollars) Elmgreen et Dragset (280 000 dollars), Klara Kristalova, Izumi Kato, Otani Workshop, et Jean-Michel Othoniel, entre autres. 

Art Basel, prescripteur du marché 

Si la question de l'annulation des foires est souvent abordée par rapport à la santé économique des galeries, Marc Spiegler a rappelé pendant la conférence de presse inaugurale le rôle d'Art Basel en tant qu'institution culturelle. Car si de nombreux collectionneurs ont revu leur itinéraire de foire et comptent désormais sauter quelques étapes, Bâle demeure un arrêt incontournable pour la majorité d'entre eux. La foire accueillait à son habitude de nombreuses pépites, avec, à la galerie Vallois, une des premières œuvres performatives à la carabine de Niki de Saint Phalle, qui avait débuté la série en 1961 : « C'est une pièce rarissime - plus difficile à trouver qu'à vendre » explique Georges-Philippe Vallois, qui avait quelques touches dès le premier jour, notamment sur un De Andrea. De belles découvertes étaient aussi à faire du côté de la galerie coréenne Kujke, qui présentait notamment le travail de Kyungah Ham (110 000 dollars) dont les slogans empruntés d'Internet ou de magazines, camouflés dans des compositions complexes, sont brodées à main par des artisans en Corée du Nord. L'artiste, cherchant à tisser des liens entre les deux Corées, expédie clandestinement les œuvres en passant par la Chine ou Russie - une initiative risquée puisque celles-ci ont déjà été interceptées et perdues à jamais. Dans la section Unlimited, placée cette année sous le commissariat de Giovanni Carmine, la peinture figurative était au premier plan : bien moins fournie en sculptures et installations que d'habitude, la section proposait de découvrir des créations d'envergure monumentale au sein de petites pièces cloisonnées, par exemple une œuvre de 21 panneaux intitulée Bread, Butter, and Power et signée par l'artiste botswanais Meleko Mokgosi (galeries Jack Shainman et Gagosian), abordant l'expérience noire aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. L'œuvre est partie hier pour 750 000 dollars. A l'entrée, une peinture de David Hockney (vendue pour 3 millions de dollars) attirait également les regards : grâce à une mise en abîme habile, l'œuvre, dépeignant des visiteurs face à une exposition, proposait de dépasser la bidimensionnalité en prolongeant l'expérience dans la salle - où se trouvaient aussi des sièges identiques, placés devant la toile. 

« Le modèle de foire régionale est un atout essentiel » 

Par Stéphanie Pioda 

QDA - 08 septembre 2021 

Art Paris est la première foire à inaugurer le Grand Palais éphémère. Est-ce que la dimension plus réduite des lieux a été une contrainte pour la sélection des galeries ? 

Il est vrai que par rapport au Grand Palais historique, nous perdons 2000 m2, soit 25 % de la surface totale. L’espace est donc compté, mais il est spectaculaire avec cette grande baie vitrée qui donne à la fois sur la Tour Eiffel et sur le Champ de Mars, sur lequel nous allons créer une zone de restauration en extérieur. J’aime la simplicité presque cistercienne du bâtiment de Jean-Michel Wilmotte dont la hauteur sous plafond est d’une vingtaine de mètres, contre les 45 mètres de la verrière du Grand Palais historique. Nous écrivons une autre histoire et nous sommes contents d’être les premiers à y entrer. 

Malgré cette contrainte de place, 57 galeries participent pour la première fois ou reviennent et le taux de renouvellement est de 40 %. Il y a eu beaucoup de mouvements ! 

Là où nous comptions en moyenne auparavant 150 galeries, nous descendons à 140. Ensuite, plus que les chiffres, nous sommes attachés au renouvellement qualitatif comme l’attestent des galeries qui intègrent cette édition et qui n’avaient jamais participé à Art Paris : Thaddaeus Ropac, Almine Rech, Kamel Mennour, Continua, Massimo de Carlo, etc... 

Pourquoi ces galeries qui ne sont jamais venues ont  été conquises et ont franchi le pas ?

Plusieurs choses. Grâce au travail que nous faisons depuis 10 ans, je pense que tout le monde a compris qu’Art Paris est aujourd’hui un événement de qualité. Beaucoup de ces galeries ont admiré notre geste de résistance en 2020 puisque nous avons été la seule foire au monde à se tenir physiquement en septembre. Dans ce contexte si particulier, notre bilan affichait quand même 113 galeries et 56 000 visiteurs... Après, le modèle de foire régionale est un atout essentiel avec un cœur franco-français ouvert sur les périphéries européennes. Le circuit de proximité est ce qui marche aujourd'hui, tout particulièrement en ces temps de pandémie. J’avais développé dès mon arrivée à la tête de la foire en 2012 ce concept de régionalisme cosmopolite et c’était finalement visionnaire par rapport à ce qui se passe aujourd’hui. 

Est-ce qu’avec l’arrivée de ces galeries poids lourds, vous vous positionnez en concurrent de la Fiac malgré tout ?

Nous ne souhaitons pas être une Fiac bis. Ce qui m’intéresse est d’affirmer l’ADN Art Paris qui est différent, où les galeries prestigieuses côtoient des plus jeunes et des scènes émergentes comme l’Afrique ou la Corée. Essayons de sortir des autoroutes de l'art contemporain où on retrouve les 50 sempiternels noms que l’on voit partout et sortons du formatage des foires internationales. Et surtout, nous soutenons la scène française de façon officielle depuis 2018, en invitant un commissaire à porter son regard et produire un travail critique. 

Cette année, vous avez confié cette lecture à Hervé Mikaeloff. Que va-t-il mettre en lumière ?

Nous avons eu une rencontre décisive et son thème autour du portrait et de la figuration m'a paru évident. Il part de figures tutélaires comme Yan Pei Ming ou Marc Desgrandchamps, pour aborder de jeunes artistes à découvrir. Je pense à Rose Barberat, François Malingrëy, Alin Bozbiciu, Nazanin Pouyandeh, Alex Foxton ou encore Marcella Barceló pour ne citer que quelques noms. Le thème dépasse largement sa sélection car beaucoup de galeries l’ont intégré, dont Patrice Trigano qui présente des portraits magnifiques de Derain, et Hervé Mikaeloff fait le pont avec Poush Manifesto où sera présentée au 16e étage une extension de son thème portrait et figuration. Nous voulons être une foire de découvertes et un salon manifeste. 

En parallèle, la section moderne est très présente ?
De plus en plus de galeries jettent des ponts entre des artistes historiques et contemporains. Pauline Pavec ou Anne-Sarah Bénichou incarnent cette nouvelle génération de galeristes qui favorise ce dialogue transgénérationnel. D’autres renouvellent le regard sur certains artistes comme Vasarely, Alicia Penalba ou Simon Hantaï en présentant des pièces charnières. 

Cette édition 2021, par sa diversité et sa richesse, par les partenariats que nous avons pu monter avec les différents musées et nouveaux lieux dynamiques, illustre la renaissance culturelle de Paris, the place to be. Je suis certain qu’en septembre tous les regards seront tournés vers Paris et sa foire éponyme ! 


Art Paris, un début calme dans son nouvel écrin 

Par Marine Vazzoler  - QDA - 09 septembre 2021  

« D'une manière générale, ça vaut la peine », murmurait ce jeudi, premier jour d'ouverture au public d'Art Paris, une visiteuse se faufilant entre les stands du Grand Palais Éphémère. De fait, malgré l'inégalité des stands, l'édition 2021 de la foire livre son lot de belles propositions, même si « les collectionneurs prennent leur temps », remarque une galeriste. « Mercredi dès 11h (jour de vernissage, ndlr), c'était très dynamique, détaillait la galeriste Anne-Sarah Bénichou. Il y avait beaucoup de collectionneurs et nous avons fait quatre ventes. C'est bien plus calme aujourd'hui. » Ainsi, les toiles L'Amour de Mireille Blanc et Ether de Yann Lacroix ont été cédées à des prix oscillant entre 8 000 et 12 000 euros. Anne-Sarah Bénichou observe : « Il y a beaucoup d'achats de peintures en ce moment et je n'ai vendu qu'à des collectionneurs parisiens ! » 

À la galerie Double V, on admire les œuvres de Caroline Denervaud qui, allongée à même la toile, danse, ses mouvements traçant des lignes qu'elle remplit ensuite de couleurs vives. À côté, les dessins de l'artiste allemand B.D. Gra! ont déjà remporté un petit succès. « Nous avons dû faire un réaccrochage car nous avons vendu déjà pas mal d'œuvres ce matin », explique la galerie marseillaise, implantée depuis mai dans le Marais, et qui pour sa deuxième participation propose des œuvres dans une large gamme de prix, de 750 à 27 000 euros. 

À quelques mètres, les textiles colorés de la Zimbabwéenne Georgina Maxim présentés par 31 Project se vendent bien, avec « un fort intérêt des institutions et un bon démarrage », note la galerie parisienne. Chez Perrotin on rechigne à donner des détails : « C'est un bon début. On attend la suite. » Pauline Chiche, directrice de la galerie Nathalie Obadia, s'affirme quant à elle « très contente de participer à cette foire qui a un peu changé ces dernières années », mais aussi de « ce nouveau lieu ». « On n'a pas l'impression que cela change de d'habitude », poursuit Pauline Chiche. La galerie a cédé une pièce « iconique » de Guillaume Leblon (entre 60 000 et 75 000 euros), des œuvres de Benoît Maire (entre 8 000 et 10 000 euros), Nathalie Belin et Laure Prouvost. Comme Obadia, la galerie Ropac n'avait vendu ce jeudi « qu'à des collectionneurs francophones ou des étrangers qui ont un pied à terre à Paris » : un bronze de Tony Cragg à 260 000 euros, une toile de Mandy El-Sayegh à 35 000 euros, un Imi Knoebbel à 12 000 euros ou encore une pièce de Miquel Barceló à 55 000 euros. La galerie présente pour la première fois dans une foire le travail de Martha Jungwirth, actuellement exposé dans son espace du Marais. 

Même constat chez Frank Elbaz où la jeune artiste Madeleine Roger-Lacan remporte « un franc succès », avec une toile vendue 7 500 euros. Enfin sur le stand de la galerie la Suisse Ditesheim & Maffei – dont le prix oscille entre 5 000 et 300 000 euros –, on espérait que les ventes commencent, notamment pour trois très belles pièces de Geneviève Asse, tout récemment disparue. 

Le Brussels Gallery Weekend relance la scène contemporaine 

Par Alison Moss  -  QDA - 05 septembre 2021  

Le 14e opus de l'événement, programmé du 9 au 12 septembre et fédérant 46 galeries, mise surtout sur le public local et des pays limitrophes en raison de la pandémie. Mais il confirme l'attrait de la capitale pour les enseignes étrangères. 

De nombreux rendez-vous artistiques ont dû repenser leur formule afin de s'adapter aux nouveaux enjeux de la pandémie : le Paris Gallery Weekend organisait par exemple cette année une édition avec un nombre record de participants – 128, deux fois plus qu'en 2020. Pour Sybille du Roy, directrice de l'événement bruxellois, pas question de faire des changements trop drastiques, afin de ne pas compromettre son ADN. « Nous n'avons pas voulu revoir les critères de sélection, malgré les très nombreuses demandes de galeries, afin de préserver l’identité et la qualité de l'événement », explique-t-elle. Une réduction de 50 % sur les tarifs de participation (passés de 3000 euros à 1800 euros, hors TVA) a toutefois été mise en place afin d'accompagner les galeries pendant cette période difficile. Le rôle du numérique a également été renforcé, avec le placement, à l'entrée des galeries, de QR codes renvoyant à des podcasts sur les expositions, également accessibles sur le site web de l'événement. 

Bruxelles, nouvel Eldorado des galeries ? 

Si le Brussels Gallery Weekend connaît cette année une légère augmentation de ses participants (de 38 à 46), cela s'explique notamment par l'expansion de sa scène de galeries, plusieurs enseignes ayant choisi de s'implanter dans la capitale belge, telles que la Brésilienne Jaqueline Martins en septembre dernier (voir QDA du 21 septembre). Alexia van Eyll, directrice de la récente antenne belge de Nino Mier (présente à Los Angeles, Cologne et Marfa au Texas) depuis janvier dernier, tenait absolument à participer à la manifestation afin « d'accroître la visibilité de la galerie », l'inauguration s’étant déroulée à une période où les sorties culturelles étaient évidemment réduites. De même, la galerie luxembourgeoise Nosbaum Reding inaugure son espace à l'occasion du Gallery Weekend, citant à l'appui de cette décision la place croissante de la ville sur l'échiquier de l'art contemporain : « Dans certaines villes, comme Paris ou Bruxelles, le réseau artistique s’est densifié au cours de ces dernières années. Cette tendance s'inverse ailleurs, comme à Berlin ou Londres, qui ont perdu du poids sur le marché », explique son directeur, Alex Reding. Il salue le programme off et l'organisation du rendez-vous, auquel il avait déjà participé dans le cadre d'un pop- up, et qu'il visitait depuis plusieurs années afin de « prendre la température de l'événement ». 

L'offre institutionnelle, un avantage compétitif 

Consolidé sur le paysage artistique du territoire, le Gallery Weekend a vu le jour en 2007 – seulement deux ans après que celui de Berlin n'ouvre le bal en 2005. Son public s'est internationalisé dans les cinq dernières années avec l'arrivée de visiteurs chinois, américains ou issus du Moyen-Orient. Si la fermeture des frontières a temporairement freiné cette projection à l'étranger, les galeristes sont quand même parvenus à faire de bonnes affaires l'an dernier : « Beaucoup de participants nous ont dit que l’année 2020 était l'une de leurs meilleures éditions ! Nous avons la chance de rassembler de nombreux collectionneurs sur le sol belge », note Sybille du Roy. Même son de cloche chez Rodolphe Janssen : « On sentait l'an dernier qu’il y avait une véritable envie de revenir en galerie », se souvient-il, associant le flux de visiteurs à la qualité de la programmation générale. « Bruxelles possède de vrais atouts, notamment au niveau institutionnel. Il existe une véritable communauté de collectionneurs ayant la volonté
de promouvoir l’art contemporain, et dont les espaces proposent une offre diverse et originale – c'est très différent des grandes collections françaises dont les lieux, plus impersonnels, rivalisent avec les institutions », abonde Alex Reding. L'offre des musées et des centres d'art est aussi prometteuse cette année : parmi les temps forts figurent l'exposition de Marcel Broodthaers, monument de la scène artistique belge (WIELS, à partir du 10 septembre), celle de l'Américain Fred Sandback (Fondation CAB, à partir du 7 septembre), de l'Italienne Chiara Fumai (La Loge, à partir du 9 septembre) ou encore du photographe iconoclaste Martin Parr (Hangar, à partir du 17 septembre). 

Mêler moderne et contemporain 

« L'ambiance dans les galeries bruxelloises est accueillante, chaleureuse. Il y a un côté sympathique et détendu qui est à l’image de la ville », avance Sophie Roose, directrice de la galerie de la Béraudière, autrefois installée à Paris et à Genève (où elle a gardé des bureaux) et dont l'espace bruxellois a été inauguré en 2016. Spécialisée dans les maîtres du XXe siècle, elle est l'une des rares galeries d'art moderne intégrant le parcours : « Initialement, nous hésitions à participer, car le Gallery Weekend est plutôt axé sur la scène contemporaine. Cela reflète assez bien l'offre de galeries à Bruxelles, très riche sur ce plan. Finalement, nous nous sommes aperçus que notre participation était aussi une manière de s'ouvrir à un public différent, d'autant plus que la tendance est aujourd'hui au cross- collecting : les collectionneurs d’art moderne s'intéressent à l’art contemporain et vice versa, comme en témoigne l'évolution de foires telles que BRAFA ou TEFAF », explique-t-elle, misant sur le rendez-vous pour faire de nouvelles rencontres. « 2020 a été une bonne année en termes de chiffre d’affaires, mais mauvaise en termes d'échanges : la joie du métier nous manquait. Lorsque nous faisions des transactions en ligne, il a toujours fallu à un moment donné fixer un rendez-vous in visu afin que le client puisse voir l'œuvre. Il est beaucoup plus rare sur le second marché que l'on soit disposé à acheter une œuvre sans l'avoir vue en personne », poursuit-elle. La galerie présente l'exposition thématique « Figures », thème récurrent dans l'histoire de l'art depuis la Préhistoire, rassemblant des artistes clés du XXe tels que Picasso, Dubuffet, Dalí, Delvaux, et des dessins historiques de Masson, souvent prêtés à des institutions et donc très rarement montrés. 

Hommage aux artistes émergents 

Depuis quelques années déjà, l'événement met l'accent sur la jeune création, avec le lancement en 2016 de l'exposition « Generation Brussels », focalisée sur les artistes de la capitale belge non représentés par une galerie. Placée sous le commissariat de Dagmar Dirkx et Zeynep Kubat, elle rassemble entre autres cette année les tapisseries d’Estelle Saignes, les installations de Günbike Erdemir, inspirées de l'archéologie et des traditions mémorielles, ou encore des vases et lampes en céramique d'Éléonore Joulin. L'art émergent est également à l'honneur dans les galeries, dont plusieurs ont mis en place des propositions originales : Ballon Rouge, espace itinérant devenu sédentaire en 2019, met en avant Ana Čvorovic (née en 1981 en ancienne Yougoslavie et installée à Londres depuis 1987), tandis que Félix Frachon, attaché à la promotion des artistes d'Asie du Sud, d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Amérique latine, présente le plasticien indien B.Ajay Sharma, dont le travail est encore peu connu en Europe et dont les prix restent pour le moment accessibles (de 500 à 10 000 euros). « Bruxelles est un laboratoire de création et un tremplin pour la génération de jeunes galeries : cela se reflète dans le Brussels Gallery Weekend », note Sybille du Roy, avant de rappeler le principal atout de la manifestation : « L'ambiance a toujours été bon enfant, collégiale, détendue, généreuse. Même si on reste un événement local, les Belges jouent le jeu et sont ravis de venir et soutenir les galeries ». Un must dans cette période de fermeture des frontières. 

Art Paris 2022 se met au vert 

Par Rafael Pic - QDA - 05 juillet 2021  

Alors que la liste des galeries de la FIAC 2021 sera connue le 12 juillet, Art Paris annonce déjà la couleur pour 2022 : pour sa deuxième édition au Grand Palais éphémère, la foire conservera son quota de 140 galeries mais reprendra ses dates du printemps, du 6 au 10 avril (alors que cette année, le rendez-vous se tient du 9 au 12 septembre). Elle maintiendra sa section « Promesses » (où les jeunes galeries bénéficient d’une exemption de 45 % du coût du stand) et s'engage à mettre en avant dans sa communication les solo shows. La nouveauté vient de son souci de se donner une empreinte écologique : les organisateurs, et notamment le directeur de la foire, Guillaume Piens, insistant sur le caractère d'Art Paris comme « foire régionale » privilégiant « la proximité, le local, le circuit court », confieront à l’agence Karbone la mise en place d’une éco- conception, c’est-à-dire de recommandations permettant de réduire l’empreinte carbone. Alice Audouin, fondatrice de l’association Art of Change 21, présentera de son côté 20 artistes préoccupés par les thématiques environnementales. Par ailleurs, dans la série « Un regard sur la scène française », qui fait intervenir des commissaires extérieurs en collaboration avec les galeries, Alfred Pacquement, ancien directeur du musée national d’Art moderne, se penchera sur les « histoires naturelles » – ou comment les artistes envisagent le monde du vivant. Le dépôt des candidatures, ouvert depuis hier, sera clos le 1er octobre. Le comité de sélection est composé de 5 membres : Carina Andres Thalmann (galeriste, Zurich) ; Romain Degoul (galerie Paris-Beijing, Paris) ; Diane Lahumière (galeriste, Paris) ; Pauline Pavec (galeriste, Paris) ; et Marie-Ange Moulonguet (collectionneuse et consultante).

Franc succès pour Frieze à New York

Par Brook S. Mason - QDA - 11 mai 2021 


Organisée dans un nouveau lieu, avec une fréquentation limitée, de strictes mesures de précaution et un message de justice raciale, la foire a tenu tous ses espoirs. 

Un flux constant de transactions, lors de la dixième édition de Frieze New York, a prouvé que, malgré l’impact de la pandémie sur les voyages internationaux et la perspective de ne pas atteindre l'immunité collective aux États- Unis, le marché reste remarquablement dynamique.

Des collectionneurs avides de retrouvailles 

Même la pluie torrentielle le jour de l'inauguration n'a pas empêché les participants de se rendre au Shed, au bout du West Side. Les collectionneurs s’y sont précipités, parmi lesquels on remarquait Howard et Cindy Rachofsky de Dallas ainsi que Don et Mera Rubell, dont le musée de Miami compte plus de 7 000 œuvres. « Après 14 mois, l’excitation de pouvoir enfin nous retrouver et de voir de l’art en vrai a eu une importance capitale pour moi », a signalé Mera Rubell. Comme pour prouver que les personnalités du monde de l'art restent éternellement jeunes, on pouvait croiser, ce jour-là, le 5 mai, sur les trois étages de la foire, la présidente honoraire du MoMA, Aggie Gund, 83 ans, qui a récemment investi 100 millions de dollars pour lancer auprès de la Fondation Ford le fonds Art for Justice (contre le suprématisme blanc et le racisme), l’ancien maire Michael Bloomberg, 79 ans, ou encore la galeriste Marian Goodman, 93 ans. Cette dernière avait consacré tout son stand à Annette Messager dont l'installation massive, composée de dessins et de 42 personnages enveloppés de noir, y compris des animaux en peluche, a suscité un très fort intérêt.

Plus de 4 millions chez Hauser & Wirth 

Les 18 580 m2 du Shed n’accueillant que 67 exposants et un nombre de visiteurs plafonné à 850 personnes à un moment donné, l'expérience s’est révélée remarquablement agréable. « J'ai pu avoir des conversations plus poussées et plus riches sur l'art et j’ai aussi eu le temps de retrouver des amis que je n'avais pas vus depuis plus d'un an, explique David Maupin, qui codirige la galerie Lehmann Maupin à Chelsea, avec des antennes à Hong Kong et de Séoul. On avait l’impression de revivre une époque révolue ! » Il a signalé la vente à un collectionneur européen d’un polyptique en six panneaux d’Hernan Bas, The Suspect (2021), comportant des aquariums vides et un calmar géant, d’une autre œuvre du même artiste dans sa galerie – chacune pour environ 350 000 dollars –, ainsi que des tableaux de Dominic Chambers. Le président de Hauser & Wirth, Marc Payot, a supervisé des ventes supérieures à 4 millions de dollars, dont un Louise Bourgeois, Blind Man's Buff (1984), pour environ 1 million de dollars, un Ed Clark, Untitled (1954), pour 650 000 dollars, un George Condo, The Dri"er (2021), pour 800 000 dollars et un Rashid Johnson, Bruise Painting "Blue Bird" (2021), pour 750 000 dollars.

Une initiative contre le racisme 

Plus de 50 participants ont adhéré à l’initiative « Tribute to Vision & Justice » de Sarah Elizabeth Lewis en présentant des œuvres d'art traitant de l'injustice raciale, qui ont été très recherchées. Ainsi, la Goodman Gallery, basée à Johannesburg, au Cap et à Londres, a vendu Waiting for the Sibyl (Comrade Tree) de William Kentridge, une encre sur papier de trois mètres de long, cédée pour 700 000 dollars. Deux collectionneurs ont acheté des tapisseries en patchwork de Hank Willis Thomas : un client africain a choisi pour 120 000 dollars The only thing that one can do after having seen a canvas like ours is total revolution (2019), réalisée à partir d'uniformes de prison, tandis qu'un client asiatique a jeté son dévolu sur Hemp Leaves (2020), tirée de maillots de baseball américains, pour 84 000 dollars. Autre témoignage de l'appétit des collectionneurs pour les artistes qui s'attaquent aux injustices raciales et de genre, Mera Rubell a enrichi ses collections avec Karon Davis, artiste de Los Angeles qui avait cofondé l'Underground Museum avec son mari aujourd'hui décédé : elle s'est emparé d'un de ses derniers bustes en plâtre à la galerie Wilding Cran (également de Los Angeles), dans la section « Frame », pour environ 30 000 dollars. « Son travail est extraordinaire et elle reçoit enfin les éloges que son art – et le message qu'il transmet – méritent », a déclaré Mera Rubell.

Un grand Othoniel chez Perrotin 

Chez Sean Kelly, l'associée principale, Cecile Panzieri, a signalé la vente pour 15 000 dollars d'une photographie en noir et blanc de Dawoud Bey, actuellement exposé au Whitney Museum, d’un Idris Khan, Each Second and Second (2020), pour 106 000 dollars et d’un travail sur papier de Shahzia Sikander, Mirrored (2019), pour 125 000 dollars. « Les collectionneurs venaient de partout, notamment certains clients du Mexique et du Pérou qui ont des appartements ici ». Emmanuel Perrotin, le seul du siège parisien à avoir fait le voyage, a décroché des ventes auprès de clients nord-américains, latino-américains et européens. Ont notamment été emportés un tableau de Daniel Arsham pour environ 90 000 dollars, une sculpture en verre de Murano dorée à la feuille de Jean-Michel Othoniel, mesurant 274 cm de long, pour environ 180 000 dollars, ainsi que des œuvres de Barry McGee, Lee Bae, Nick Doyle et d'autres. Dans la section « Frame » composée de galeries plus jeunes, les ventes ont été également soutenues. La Milanaise Clima a vendu tout son stand de peintures de Dana Lok, une artiste de Brooklyn.

Plus jamais Randall’s Island 

L'ancienne galeriste de Paris et Chelsea, Valérie Cueto, qui conseille désormais des clients, a trouvé Frieze rafraîchissante. « Il n'y avait pas cette ambiance frénétique d’usine que l’on a connue autrefois. Voir de belles œuvres d’art et parler aux exposants, c’était comme revenir à nos racines civilisées ! », a-t-elle commenté, après avoir acheté pour le compte d’un client local une œuvre à 2,5 millions de dollars d’un artiste américain. Avec des ventes aussi animées, les foires-boutiques deviendront-elles la nouvelle norme ? Certains marchands, conseillers et collectionneurs ont fait un vœu, en référence au précédent siège de Frieze : « Nous ne prendrons plus jamais le ferry pour Randall’s Island ! » 



Frieze New York 2021 : un programme engagé 

Par Alison Moss - QDA - 18 avril 2021  

Du 5 au 9 mai, la foire Frieze New York rassemblera une soixantaine de galeries, dont la plupart sont américaines (PPOW, Kordansky...) et quelques-unes internationales (Perrotin, The Modern Institute...), dans le cadre d'une 10e édition à taille réduite. Suite à des éditions perturbées par des conditions climatiques extrêmes (fortes tempêtes en 2017 ou canicule en 2018), la foire se tiendra pour la première fois au centre culturel The Shed (Hudson Yards, ouest de Manhattan) et quitte ainsi les tentes blanches de Randall’s Island. Une Online Viewing Room se tiendra parallèlement jusqu'au 14 mai. 

La manifestation s’associe cette année au projet Vision & Justice Project, organisation fondée par Sarah Elizabeth Lewis, professeure à l'Université de Harvard et luttant pour la justice raciale par le biais des arts visuels. Deux plasticiens afro- américains ont conçu à cette occasion des œuvres en lien avec les objectifs de l'organisation : la photographe Carrie Mae Weems (née en 1953) et l'artiste conceptuel Hank Willis Thomas (né en 1976). Ce dernier montrera son travail aux côtés du plasticien sino-américain Mel Chin, dont le travail rend hommage aux communautés asiatiques et insulaires du Pacifique, également très ciblées par les violences racistes aux États-Unis (celles-ci auraient augmenté de 150 % pendant l’année 2020, selon une étude du Center for Study of Hate and Extremism de la California State University). 

Une cinquantaine d'exposants rendront également hommage à l'organisation, en abordant par leurs propositions la question suivante : « Dans quelle mesure l'art influe-t-il, transforme-t-il, complique-t-il les représentations visuelles dans l'espace public ? ». 

Finalement, deux documentaires aborderont des questions en lien avec la race : Aggie, documentaire explorant l'histoire de la collectionneuse et philanthrope Agnes Gund (dite Aggie), dirigé par Catherine Gund ; et Black Art: In the Absence of Light, inspiré par l'impact de l'exposition « Two Centuries of Black American Art », organisée au LACMA en 1976 par David Driskell et Sam Pollard.


Nouvelle vague de reports ou d’annulation de foires 

PAR CHARLES ROUMÉGOU · LEJOURNALDESARTS.FR LE 14 AVRIL 2021 -  

La pandémie continue d’affecter la tenue des foires dans le monde, poussant même certaines à être abandonnées. 

Reportée une première fois de février à juillet (26 au 31), l’édition 2021 de Frieze Los Angeles est purement et simplement annulée alors que pourtant la situation sanitaire s’améliore aux Etats-Unis. La foire d’art contemporain était, ceci expliquant peut-être cela, privée de son site des studios Paramount à Hollywood, lequel accueille l’antenne californienne de Frieze Art Fair depuis sa création en février 2019, en raison du retard pris par de nombreux tournages de films reportés du fait de la pandémie. Les organisateurs de la foire donnent désormais rendez-vous à leurs exposants et visiteurs en février 2022 (du 17 au 20). 

La 5e édition de TEFAF New York Fall n’aura quant à elle jamais lieu, ni les suivantes : la TEFAF - The European Fine Art Foundation - a en effet décidé d’abandonner définitivement son salon automnal new-yorkais, créé en octobre 2016, et qui présentait des œuvres allant de l’antiquité au XXe siècle. L’édition de printemps de la foire n’est pas abandonnée et TEFAF New York Spring se tiendra du 7 au 11 mai 2022 au Park Avenue Armory. Décalée une première fois de mars à juin, sa grande sœur hollandaise, la TEFAF Maastricht, maintient, elle, sa 34e édition du 11 au 19 septembre prochain. 

En France, la 49e édition d’Antibes Art Fair, salon dédié aux antiquités et à l’art moderne prévu à l’origine du 17 avril au 3 mai, est reprogrammée du 16 au 26 septembre. 

Initialement prévue du 30 avril au 2 mai, la foire monégasque artmonte-carlo, consacrée à l’art moderne et contemporain, reporte sa 5e édition ultérieurement en 2021 (dates non communiquées à l’heure actuelle). 

En 2021, Art Basel Hong Kong accueillera 57 % d'exposants en moins 

Par Marine Vazzoler - QDA - 08 avril 2021  

Du 21 au 23 mai prochain, l'édition hongkongaise de la foire Art Basel devrait ouvrir ses portes pour proposer à ses visiteurs une expérience in situ. Avec 104 galeries issues de 23 pays différents, elle comptera 57 % d'exposants de moins que lors de sa dernière édition « en présentiel », en 2019 (242 galeries venues de 36 pays). Par ailleurs, l'événement devrait être plus régional qu'à son habitude : 70 galeries participantes ont un espace en Asie dont 30 à Hong Kong et 32 seulement viendront de pays hors du continent asiatique.

Parmi elles, David Kordansky (Los Angeles) et High Art (Paris) seront les seules à envoyer leurs équipes sur place, les autres galeries préférant fonctionner à distance, remplacées par du personnel de la foire Art Basel (les équipes des galeries devraient malgré tout être joignables pendant toute la durée d'ouverture de la foire). Il est par ailleurs probable que le public de l'édition 2021 soit moins international que de coutume, le gouvernement de Hong Kong obligeant les voyageurs à observer une quarantaine de 21 jours dans un hôtel à leur arrivée. Les galeries françaises seront également peu nombreuses : on compte Balice Hartling, Ceysson & Bénétière, Kamel Mennour, Perrotin ou encore Almine Rech. La section « Discoveries » n'en comptera qu'une seule : High Art



Le festival 2021 d'Angoulême est annulé

Par Léa Amoros - QDA - 05 avril 2021


La 48e édition de la grand-messe de la bande dessinée, prévue du 24 au 27 juin, n'aura finalement pas lieu. « À quelques mois de la date fatidique, nous nous sommes retrouvés face à trop d'inconnues : les conditions de réception des exposants, les jauges, la programmation et l'implantation du festival... Nous arrivions à une déperdition en termes de m2 d'exposition, de capacité d'accueil, de qualité d'offre, y compris dans le champ international puisqu'il était devenu impossible d'envisager des expositions avec l'Asie et les États-Unis. L'événement n'était plus viable ni pour l'organisation ni pour ses contributeurs professionnels et encore moins pour les participants », se désole Franck Bondoux, délégué général du festival, estimant à 2 millions d'euros le manque à gagner dû à l'annulation. La plus grande librairie BD du monde a pu compter sur le « soutien sans faille » des collectivités et de l'État (finançant à eux deux 45 % de la manifestation) mais aussi de ses partenaires, la SNCF, le groupe Raja, la MGEN ou Cultura. Alors qu'en 2020, la BD profitait d'une reconnaissance institutionnelle inédite – le ministère de la Culture couronnait 2020 année de la BD, tandis que la ville d'Angoulême pouvait s'enorgueillir d'avoir été désignée capitale mondiale de la BD par l'UNESCO – Franck Bondoux regrette que « le ministère de la Culture n'ait pas été plus présent pour (les) aider à anticiper ce que pouvait être l'organisation d'un événement sur le livre, comme cela a été le cas pour la musique ». Les organisateurs, qui avaient scindé exceptionnellement la manifestation en deux – une version numérique du festival en janvier avec la remise des prix, une campagne d'affichage de 120 dessins dans les gares de France ou encore une journée spéciale de la bande dessinée avec France Inter –, ont finalement eu le nez creux puisque le format présentiel ne verra pas le jour. Seul le grand prix 2021 manque à l'appel : il sera annoncé en juin par communiqué de presse. En attendant, rendez-vous est déjà pris du 27 au 30 janvier 2022. 



MENART FAIR, le Moyen-Orient à Paris 

Par Rafael Pic - QDA - 23 mars 2021  

« Il y a à Paris des foires sur l'Afrique, sur l'Asie, mais rien sur le Moyen-Orient et le Maghreb », explique Laure d'Hauteville, fondatrice de MENART FAIR, nouvelle foire consacrée à la scène de cette région, qui se tiendra du 27 au 30 mai, dans l'hôtel particulier de la maison de ventes Cornette de Saint Cyr, avenue Hoche. « Cela fait des années que j'y travaille, mais je n'avais jamais eu le temps de concrétiser. » La conjonction des situations sanitaire et libanaise a accéléré les choses : créatrice de la Beirut Art Fair il y a dix ans, Laure d'Hauteville est contrainte de la mettre provisoirement en suspens, moins pour la crise locale – « Le dynamisme y reste incroyable » – que pour la difficulté d'y faire voyager des exposants européens. C'est donc à Paris qu'une vingtaine de galeries internationales se donneront rendez-vous, sur de petits stands (maximum de 25 m2) avec un coût annoncé comme inférieur à la concurrence (420 euros le mètre carré), logés dans un cadre classé, avec moulures, verrières et cheminées. Évidemment, bonne connaisseuse de la scène locale (elle a également été la cheville ouvrière d'Art Paris Abu Dhabi en 2007-2008), Laure d'Hauteville – avec sa complice Joanna Chevalier au commissariat (comme à la Beirut Art Fair) – annonce des exposants d'une dizaine de pays : du Liban évidemment (Saleh Barakat, Tanit, Chérif Tabet, Mark Hachem), des pays du Maghreb, mais également de Syrie, de Jordanie, d'Iran, des Émirats, du Qatar, et même du Yémen (« Le monde ne sait pas qu'il y a de l'art dans ce pays-là ! »). Sont également pressenties de puissantes galeries européennes, comme Nathalie Obadia ou Galleria Continua. Avec l'ambition d'inverser une tendance : malgré leurs liens historiques avec la France, malgré leur présence à côté des peintres de l'École de Paris, malgré l'existence de l'Institut du monde arabe ou de l'Institut des cultures d'Islam, les artistes du Moyen- Orient et du Maghreb continuent de souffrir d'un manque de visibilité. La foire sera gratuite, sur invitation, avec un programme de conférences et, en cas de déconfinement, une ouverture VIP dès le 26 mai. 


Une nouvelle foire d'art contemporain à Dijon en 2021. 

Dijon accueillera en juin une nouvelle foire d’art contemporain, baptisée Art Fair Dijon. 

ANNE-LYS THOMAS  -  27 janvier 2021 

Dijon accueillera en juin une nouvelle foire d’art contemporain, baptisée Art Fair Dijon. Initialement prévue en juin 2020 et décalée d’une année en raison de la pandémie, elle réunira une quarantaine de galeries au Parc des Expositions et des Congrès de Dijon, du 11 au 13 juin. Portée par le collectionneur Jean-Marc Bassand et Raphaël Charpentié, directeur artistique de la galerie Aedaen à Strasbourg, la foire défend le rapprochement entre les galeristes, les collectionneurs et les artistes et entend soutenir la jeune création, notamment locale. « Une partie intéressante des futurs de l’économie de l’art se joue chez les artistes et les galeristes qui défendent des formes pointues – sans être élitistes – et qui pensent l’art et la collection bien au-delà de la décoration ou du placement, mais plutôt sur un terrain entre poésie, recherche, spectaculaire ou politique », souligne Raphaël Charpentié, également directeur artistique d’Art Fair Dijon. Pour sa première édition, le salon mettra particulièrement à l’honneur les galeries et les artistes belges, ainsi que l’édition d’art. 

« EX.Paris », le nouveau salon qui remplace la Biennale 

PAR MARIE POTARD · LE JOURNAL DES ARTS LE 18 MARS 2021 -  

Après soixante ans d’existence, la foire parisienne historique des antiquaires est remplacée par une nouvelle manifestation qui se tiendra fin novembre, organisée par une société distincte du SNA. 

Paris. « EX.Paris » – « EX » comme « EXcellence », « EXigence », « EXceptionnel »... – est le nouveau salon consacré aux arts et à la haute facture, qui vient remplacer La Biennale Paris ; il se tiendra du 27 novembre au 5 décembre 2021 au Grand Palais éphémère

La cessation de La Biennale Paris annoncée le 8 mars a secoué le Landerneau des antiquaires, même si des signaux laissaient penser à une fin proche. La Biennale était organisée par le Syndicat national des antiquaires (SNA) depuis 1956. Son annualisation en 2017, les départs successifs de grands marchands internationaux, les querelles internes et les conséquences des déficits successifs sur la trésorerie du SNA lui ont porté un coup fatal. Aussi, le syndicat a préféré passer la main. « Ce n’est pas la mort de la Biennale. Elle reste dans le giron du syndicat. La présidente du SNA, Annisabelle Berès, et son conseil d’administration ont le droit, dans l’intérêt de la profession, de promouvoir un nouveau salon, dont le syndicat est partie prenante », souligne Mathias Ary Jan, vice-président du SNA. 

À l’origine du projet de ce nouvel événement, Alexis Cassin, fondateur de Procept, une agence d’événementiel. « Depuis que j’ai découvert la Biennale en 2008, j’ai toujours eu le rêve – quand je l’ai vu se paupériser – de faire quelque chose pour redynamiser ce secteur. Je réponds à une attente qui existe depuis longtemps. » Au terme d’une réflexion menée avec Patrick Bazanan, architecte scénographe et ancien directeur général de l’agence Décoral, les deux hommes se rapprochent de Fabienne Lupo, ancienne présidente et directrice générale de la Fondation de la haute horlogerie (FHH), à Genève, puis d’Henri Jobbé-Duval, qui a participé aux développements, entre autres, des foires d’art moderne et contemporain Fiac et Art Paris. « Nous nous sommes ensuite adossés au SNA, qui partage notre rêve et qui cherche avant tout à valoriser ses membres », raconte le jeune homme âgé de 35 ans, qui a précédemment collaboré avec Christian Deydier lorsque celui-ci envisageait de lancer le salon « Sublime ». Pour autant, le marchand d’art chinois n’a pas souhaité rejoindre la nouvelle équipe. 

Trois parties prenantes 

Une organisation bicéphale régira la nouvelle manifestation : d’une part, une structure à but commercial, « Manufactura » (créée par Alexis Cassin), sera chargée notamment de la construction des stands ; d’autre part, l’« Arts & Fine Crafts Foundation », créée pour l’occasion, apportera une vision philanthropique à l’ensemble. Quant au SNA, représenté par son vice-président Mathias Ary Jan, il est partenaire de l’événement – sans être ni actionnaire de Manufactura ni membre de la Fondation – et sera l’interlocuteur privilégié avec la RMN-GP (Réunion des musées nationaux-Grand Palais). 

À cette nouvelle formule,« nous souhaitons apporter de l’impartialité, de la légitimité et de la neutralité, afin de faire table rase de toutes les querelles passées », affirme Alexis Cassin. La partie « arts », pour laquelle Mathias Ary Jan et Henri Jobbé-Duval sont co- commissaires, rassemblera des antiquaires, des galeries d’art moderne (et d’art contemporain historique), d’arts décoratifs, de design historique, mais aussi des institutions. « Un musée ou une école, comme l’École du Louvre, pourra avoir un stand. Les valeurs que nous souhaitons défendre dans cet événement sont aussi celles de la transmission. Le nerf de la guerre, c’est l’économie du projet, mais aussi la formation de nouveaux collectionneurs », explique Henri Jobbé Duval. Le secteur « haute facture » (sous-entendu « haute manufacture »), supervisé par Fabienne Lupo, regroupera la haute joaillerie et la haute horlogerie, avec des exposants comme Cartier, Hermès (à l’exception de la maroquinerie), des entreprises d’arts décoratifs mais aussi liées à la haute gastronomie. Les surfaces du Grand Palais éphémère étant réduites de 33 % environ par rapport à celles du Grand Palais historique, la sélection, réalisée par un comité d’arbitrage, sera ardue. « Il faudra un juste équilibre dans la répartition de chacun des secteurs », souligne Henri Jobbé-Duval. Entre 90 et 115 stands devraient pouvoir être montés, dont moins d’une quarantaine dévolus aux antiquaires et marchands d’art. Quant à la scénographie, c’est Patrick Bazanan qui en est responsable. 

Ce nouveau rendez-vous dans le calendrier dispose de quelques atouts : son lieu prestigieux – le Grand Palais éphémère puis le Grand Palais – et le soutien des membres du SNA qui ont tout intérêt à voir la réussite de ce salon. Quelques inconnues subsistent cependant, dont l’évolution de la situation sanitaire n’est pas des moindres. « Effectivement, c’est gonflé de lancer un événement dans le contexte actuel ! Mais c’est dans ces moments de perdition qu’il faut aller de l’avant. Et s’il faut annuler en novembre, les exposants seront remboursés à 100 % », annonce Alexis Cassin. Autre inconnue dans l’équation : le salon Fine Arts Paris prévu du 17 au 21 novembre aux Invalides, soit une semaine avant Ex.Paris. « La Biennale et Fine Arts Paris ont déjà coexisté par le passé. La concomitance dans les dates est seulement liée à la crise du Covid. En temps normal, cela ne se produira pas. De surcroît, les marchands ont besoin d’exister à travers plusieurs salons », réplique Alexis Cassin. 

« Ce qui va compter, c’est la qualité du contenu. Pas de remplissage inutile. Mais on ne pourra réussir ce nouveau pari qu’avec les acteurs. S’ils ne se mobilisent pas pour défendre leur secteur, leur image, l’image de Paris, nous aurons beaucoup de difficultés », prophétise Henri Jobbé-Duval. 


La première FIAC en ligne s'installe dans le paysage 

Par Alison Moss
QDA - 10 mars 2021  

La première édition des Online Viewing Rooms de la FIAC s'est conclue dimanche avec des retours globalement bons, malgré quelques expériences moins concluantes dans le maniement de la plateforme en ligne. 

Attendue depuis des mois, la première édition online de la FIAC a rassemblé 212 exposants du 4 au 7 mars (preview VIP les 2 et 3 mars). Le changement du calendrier et la surabondance d'OVR ont-ils eu un impact sur les ventes ? La foire a fourni peu de données chiffrées dans son communiqué de fermeture (pas de nombre de transactions ni de visiteurs) permettant de confirmer ou d'infirmer ces hypothèses. Seul le succès des visites virtuelles programmées, ayant attiré 200 personnes, y est évoqué. Si l’on s’en remet à la galerie d’art brut Christian Berst (Paris), dont c’était la première participation, le public était au rendez-vous : « Je craignais un effet de fatigue, mais ça n'a pas été le cas. Nous avons noué de nombreux contacts avec des collectionneurs anglo-saxons, allemands, français. La FIAC a été pour nous un porte-voix sans égal afin d'étendre la connaissance et la découverte de l'art brut au-delà de nos frontières », explique le galeriste, qui a notamment vendu une œuvre de l'artiste américain George Widener le premier jour (entre 35 000 et 45 000 euros). La galerie Max Hetzler (Paris) a pour sa part apprécié le timing de cette première OVR : « Les dates étaient idéalement situées dans le calendrier, évitant ainsi les embouteillages. Beaucoup de demandes nous sont parvenues des États-Unis et ont abouti à d'autres ventes en galerie. » L’enseigne a notamment cédé un dessin de Glenn Brown (110 000 dollars), une sculpture de Karel Appel (225 000 euros), un tableau d’André Butzer (110 000 euros) et un de Jeremy Demester (20 000 euros).

Besoin de voir les œuvres « en vrai » 

L’expérience a été globalement positive chez Anne-Sarah Bénichou, présente à la FIAC pour la première fois : « Nous avons participé à peu d’OVR mais celle-ci a de loin été la meilleure. Les frais de participation n'étaient pas très élevés, ce qui nous a permis de rentabiliser notre participation. Nous avons noué de nouveaux contacts, même si l’interaction s’arrête souvent après quelques mails : on ne peut pas vraiment discuter avec les gens comme dans une foire physique », confie la galeriste, qui a vendu des œuvres entre 3 000 et 7 000 euros de Julien Discrit et des peintures de Yann Lacroix. Le face-à-face avec les œuvres demeure toutefois incontournable pour les collectionneurs, qui ont été nombreux à faire le déplacement en galerie avant leur achat : « Dès que c'était possible pour eux, les clients sont venus voir les œuvres. Cela témoigne des limites de l’online », note-t- elle. Même constat chez Cécile Fakhoury qui rappelle que le succès de ce type d'événement n'est évidemment « pas comparable » à celui d’une foire physique. Admise à la FIAC 2019, la galerie a vendu des œuvres d'Ibrahima Dieye et Roméo Mivekannin pour environ 10 000 euros chacune, mais n'a pas rencontré cette année des institutions comme elle l'avait fait lors de sa première participation. Un facteur qu’elle hésite encore à attribuer à l’online, faute de recul : « Peut-être que ce type de plateforme est moins fréquentée par les musées, mais je n’ai pas vécu assez éditions de la FIAC pour l'affirmer. » Elle constate toutefois un vrai sérieux de la part des collectionneurs, qu’elle associe au « gage de qualité conféré par une foire comme la FIAC ».

Des ventes dès les premières heures 

Le démarrage a été rapide pour plusieurs galeries, en particulier les plus grandes : chez le géant suisse Hauser & Wirth, un George Condo est tout de suite parti pour 2,2 millions de dollars, ainsi qu’une toile de Charles Gaines (350 000 dollars), un portrait de femme enceinte de Louise Bourgeois (110 000 dollars), une toile de Mark Bradford, une aquarelle de Günther Förg (75 000 euros), des pièces de Richard Jackson (50 000 dollars) et de Phyllida Barlow (25 000 livres sterling). Les affaires ont également été efficaces chez David Zwirner : cinq œuvres de l'artiste belge Luc Tuymans (entre 75 000 dollars et 150 000 dollars) ont été cédées dès les premières heures et plusieurs pièces de la même série ont par la suite été acquises via le site web de la galerie. De beaux résultats ont été atteints chez Thaddaeus Ropac le premier jour de la preview, avec une huile sur toile d'Alex Katz à 650 000 dollars et une sculpture d'Antony Gormley à 400 000 livres sterling. La galerie Xavier Hufkens a vendu toutes les œuvres de l'artiste américain Sayre Gomez (des peintures hyperréalistes et une sculpture dépeignant des éléments du décor hollywoodien) entre 15 000 et 40 000 dollars. « Nous avons adoré la première édition en ligne de la FIAC ! Le design de la plateforme est très beau et la navigation facile. Nous avons tout vendu en quelques heures et nous continuons à recevoir des demandes de la part d’importants collectionneurs du monde entier », jubilait Xavier Hufkens.

Une FIAC plus démocratique ? 

Le bilan est plus contrasté pour la galerie Mor Charpentier, dont c'est la 9e OVR : « Nous constatons un effet de fatigue accru concernant les OVR. Nous sentons clairement une moindre mobilisation des collectionneurs par rapport au printemps dernier et une vraie envie de retour aux foires physiques. Nous avons par ailleurs constaté des résultats significativement en deçà des autres OVR auxquelles nous avons participé et ce en dépit de la mobilisation d'un marché en majorité local », note Philippe Charpentier, qui a cédé plusieurs œuvres de Bianca Bondi et de Théo Mercier à des collections françaises. Certaines parties du design de la plateforme en ligne ont en outre été remises en cause par certains utilisateurs : les notices descriptives des œuvres n’étaient pas immédiatement visibles pour un certain nombre d'entre eux, qui les ont cru absentes jusqu'à échanger avec les galeristes. Le public amateur a en outre regretté qu'un espace ne soit pas spécifiquement réservé aux biographies d'artistes, uniquement accessibles sur demande ou brièvement mentionnées au sein des notices d'œuvres. Selon Jennifer Flay, qui espérait justement élargir le public de la FIAC grâce au numérique, plusieurs galeristes ont attiré de nouveaux collectionneurs : « Plusieurs exposants ont déclaré avoir vendu à des personnes qui effectuaient lors de la FIAC Online Viewing Rooms leur première acquisition », affirme- t-elle. Reste à voir si la prochaine édition online, prévue en parallèle de la l'édition physique dans le Grand Palais éphémère, pourra - avec les ajustements nécessaires - confirmer cet élan de démocratisation.


La Biennale des antiquaires (1956-2021) s’éteint 


PAR MARIE POTARD · LEJOURNALDESARTS.FR LE 9 MARS 2021 -   

La foire est remplacée par une nouvelle manifestation qui se tiendra en novembre, organisée par une société extérieure.

La rumeur enflait depuis plusieurs semaines. Et la démission de Georges de Jonckheere de son poste de président de la Biennale le 10 février dernier, n’avait fait que renforcer les interrogations. C'est désormais officiel : après 31 éditions et plus de 60 ans d’existence, la Biennale Paris, ex Biennale des Antiquaires, n’existe plus. Le Syndicat national des antiquaires (SNA) qui organisait jusqu’alors la foire en direct, passe également la main.

A la place, c’est un tout autre événement consacré « aux arts et à la haute facture », organisée par une société extérieure, qui prendra place au Grand Palais éphémère en novembre prochain.

A l’origine du projet, Alexis Cassin, fondateur et PDG de Procept, une agence d’événementiel, qui vient de créer Manufactura, une société spécialisée dans l’organisation et la réalisation d'évènements. C’est a priori cette entité et - la peu connue - Arts & Fine Crafts Foundation (dont Alexis Cassin est également co- fondateur) qui seront en charge de l’organisation de la nouvelle manifestation, en partenariat avec le SNA. 

L’initiateur de ce nouveau rendez-vous sera entouré par les trois autres membres fondateurs de la fondation : Henri Jobbe-Duval, qui a participé aux développements de la Fiac, du Salon du Livre ou encore d’Art Paris ; Fabienne Lupo, ancienne présidente et directrice générale de la Fondation de Haute Horlogerie (FHH) et ancienne directrice générale du Salon International de Haute horlogerie devenu Watches and Wonders et l’architecte-scénographe Patrick Bazanan, ancien directeur général de l’agence Décoral. Mathias Ary Jan, vice-président du SNA, fait également partie de l’équipe. 

La Biennale des antiquaires avait été créée en 1956, à l’initiative du président du SNA de l’époque, Pierre Vandermeersch, d’abord sous le nom de Foire des Antiquaires. Sous la houlette d’André Malraux, qui lui ouvrait les portes du Grand Palais, la foire devenait en 1962 la Biennale des Antiquaires. En juin 2015, sous l’impulsion du président du SNA de l’époque, Dominique Chevalier (2014-2017), l’annualisation de l’événement avait été votée.  Depuis, la manifestation n’avait cessé de perdre du terrain, fortement concurrencée par la Tefaf de Maastricht et la Brafa de Bruxelles. Sans compter que l’édition 2020, sous forme de vente aux enchères en ligne organisée chez Christie’s, s’était soldée par un échec cuisant.

Le nom et les dates précises de cette nouvelle manifestation seront bientôt dévoilés.


Les foires misent sur le printemps 

Par Marion Bellal
Quotidien de l’Art - 12 janvier 2021  


Les voyages internationaux n'étant pas encore à l'ordre du jour, les foires d'art qui se tiennent habituellement en début d'année préfèrent se décaler sur les mois d'avril ou de mai. Dans le flou le plus complet concernant l'évolution de la pandémie, les versions en ligne sont loin d'être abandonnées en 2021. 


Après une année parsemée d'annulations, de reports, de rassemblements à plus petite échelle, et surtout, d’évènements uniquement en ligne, les foires d’art ne sont pas près de retrouver leur rythme pré-2020, d'autant que la détection des variants sud- africain et britannique ne rendent pas optimistes pour cette nouvelle année. En l'absence de voyages internationaux, les foires d'art traditionnellement organisées en début d'année embrayent à nouveau pour une version numérique, développent d'autres modèles ou se déportent sur le printemps. C'est le cas d'artgenève, repoussée de janvier à mars ou avril ou d'Art Karlsruhe, prévue pour le 21 mai plutôt que pour fin février. Drawing Now, habituellement fin mars et annulée en 2020, espère revenir au Carreau du Temple du 25 au 28 mars, en même temps que DDESSIN, décalé en 2020 à septembre et prévu pour 2021 du 26 au 28 mars. Plus tardive, Art Basel à Bâle reste sur sa date traditionnelle de la mi-juin, quand ARCO Madrid annonce sa 40e édition du 7 au 11 juillet, et non fin février-début mars. 


Incertitudes, le maître-mot 


Art Basel Hong Kong devrait, en 2021, se tenir du 21 au 23 mai. En 2020, la foire avait été parmi les premières annulées en février et s'était finalement tenue virtuellement du 20 au 25 mars. « Je me demande quels marchands sont capables de dire aujourd'hui à quelles foires ils seront présents durant l'année », ironise Franck Prazan, directeur de la galerie parisienne Applicat-Prazan depuis 2004. « Nous sommes inscrits pour Art Basel Hong Kong bien sûr, mais les conditions de circulation du virus en Europe et celles des personnes vers Hong Kong sont bien imprévisibles », soupire le galeriste qui prévoit, pour le moment, de participer à artgenève, TEFAF à New York et à Maastricht, Art Basel à Bâle, et à la FIAC. La priorité est bien, malgré le manque de visibilité, de participer au plus de foires possible et d'éviter les versions en ligne : « Les succédanés que sont les foires numériques sont un axe important de la communication, qui permettent de continuer à vivre auprès des collectionneurs, mais qui ne peuvent en rien être une finalité », rappelle-t-il. La galerie Max Hetzler prévoit également de participer à Art Basel Hong Kong, ainsi qu'à Art Paris, TEFAF New York et Maastricht, et Art Basel à Bâle. Pour Elsa Paradol, responsable de la communication, leur présence à ces évènements doit justement pallier le fait que les collectionneurs sont contraints de moins voyager. 

« Nous ne sommes plus dans la sidération » 


La galerie Max Hetzler ne semble pas être la seule à adopter cette position. Nombre de galeries internationales rejoignent ainsi cette année Art Paris, même si la foire accueille toujours majoritairement (environ les 2/3) des exposants français. Quelque 140 galeries d'une vingtaine de pays ont pris leur ticket pour le 8 avril, au Grand Palais Éphémère. « Nous ne sommes plus dans la sidération, note Guillaume Piens, responsable d'Art Paris. Nous faisons notre maximum pour que la foire se tienne aux dates prévues mais nous avons cette fois surveillé nos arrières. » Il mise sur le renouveau cette année grâce, bien sûr, au nouveau lieu, mais aussi à son projet : « Nous voulions sortir de 2020 avec un programme ambitieux et optimiste. Nos rendez-vous seront donc axés sur la transformation institutionnelle parisienne, avec des évènements en collaboration avec la fondation Pernod Ricard, qui investit un nouveau bâtiment, le musée de la Chasse et de la Nature, qui devrait rouvrir sous peu, ou encore la Samaritaine, qui a été remise à neuf », énumère-t-il. La foire au Grand Palais Éphémère sera accompagnée de la plateforme numérique habituelle d'Art Paris, avec visite virtuelle de chaque galerie participante et visuels des œuvres présentées.


Palliatif numérique 


Devant les chiffres de l'épidémie, d'autres ont préféré passer leur tour une année supplémentaire. C'est le cas d'Artefiera Bologne, plus ancienne foire italienne, née comme la FIAC en 1974. Simone Menegoi, son directeur artistique, assure que la décision d'annuler plutôt que de décaler la foire à une date ultérieure a été prise à l'unanimité. Une initiative numérique sera par contre lancée du 21 au 24 janvier. Intitulée PLAYLIST, cette dernière n'est pas « une foire en ligne avec des viewing rooms ou des stands virtuels » mais « une présentation des expositions en cours ou prochaines dans les galeries qui auraient dû participer à Artefiera 2021 », explique Simone Menegoi. La London Artfair, elle, tiendra bien sa 33e édition uniquement en ligne, du 20 au 31 janvier. LAF EDIT présentera vingt œuvres par galerie participante. La FIAC, ainsi que Frieze Los Angeles ont, eux, choisi d'organiser deux événements en 2021 : l'un virtuel, l'autre en présentiel. Frieze Los Angeles proposera trois jours de programmation numérique pour fêter son 30e anniversaire en février, puis prendra place la semaine du 26 juillet, non dans les locaux des studios Paramount comme d'habitude, mais dans de plus petites salles, dispersées. Quant à la FIAC, elle a annoncé mener une édition en ligne du 2 au 7 mars, avant d'investir le Grand Palais Éphémère du 21 au 24 octobre. 

2021, le temps des expérimentations ? 


Ni format traditionnel au printemps, ni format numérique pour la BRAFA et 1-54. La première a choisi de se dérouler dans les galeries, et la deuxième chez Christie's. Du 27 au 31 janvier, 126 marchands de 13 pays et 37 villes s'engageront pour BRAFA dans les galeries. « Nous participons à cette foire depuis six ans et nous avons entièrement confiance en cet excellent salon », déclare Agnès Aittouarès, co-directrice des galeries AB-BA. « Tout au long de l'année, nous achetons des œuvres en prévision de cette foire. Cette année, nous en présentons de Henri Michaux, de Hans Hartung, de Christian Dotremont... Ce format permet aux collectionneurs régionaux de venir à la galerie et aux autres de nous retrouver sur le site de la BRAFA. Certains nous ont même déjà appelés ! », se réjouit-elle. La galerie parisienne Brame & Lorenceau a choisi pour cette occasion de se rapprocher de sa clientèle habituelle bruxelloise. Les œuvres, parmi lesquelles des travaux de Pierrette Bloch, Alexander Calder, Jean Dubuffet, Maurice Estève ou encore Picasso, seront donc présentées chez leur consœur Valérie Bach. Récemment annulée à Marrakech, la foire 1-54 se tiendra pour la première fois chez Christie's, à Paris, du 20 au 23 janvier. Vingt galeries de quinze pays prennent part à cet évènement à la fois en et hors ligne. Nouveaux formats, double édition ou report, l'objectif cette année pour les organisateurs de foires d'art semble être de prévoir tous les scénarios afin de ne pas revivre les annulations pures et dures de 2020.



Le calendrier des foires du premier trimestre toujours perturbé par le Covid 

PAR CHARLES ROUMÉGOU · LEJOURNALDESARTS.FR - LE 20 JANVIER 2021 -  


Drawing Now et le Salon du dessin sont reportés en juin. Art Paris (8 au 12 avril) maintient pour l’instant ses dates. 


La circulation toujours active du virus dans le monde continue à perturber le secteur événementiel en général et les foires et salons d’art en particulier. Ainsi, sur les dix-huit foires d’art programmées entre janvier et mars 2021, près des deux tiers ont d’ores et déjà été reportées voire annulées. 


Les reports des foires de janvier-février, Sitem, Museum Connections, Art Up ! en France et ArtGenève, Artco (Madrid), étaient actés depuis longtemps. La BRAFA de Bruxelles avait, elle, pris les devants en annulant purement et simplement son édition 2021. Puis est venu le tour des foires de mars. La Tefaf de Maastricht et Art Basel Hong Kong sont reprogrammées fin mai. Drawing Now et le Salon du dessin, qui se déroulent en général fin mars viennent aussi d’annoncer leur report en juin (du 9 au 13 juin).


Art Dubaï est encore la seule foire de mars, aujourd'hui, à maintenir sa 14e édition du 17 au 20 mars 2021, tandis que les organisateurs de St-Art (Strasbourg) qui avaient déplacé leur rendez-vous anniversaire de novembre 2020 à mars 2021 s’interrogent. 


Tous les yeux sont maintenant rivés sur les foires d’avril. Art Paris qui doit normalement se tenir du 2 au 5 avril, maintient pour l’instant son édition. Selon Guillaume Piens, son commissaire la liste des exposants est « archi complète » avec 140 galeries et une liste d’attente bien remplie. Et dans l’hypothèse où la foire devrait être annulée, il assure avoir pris toutes les dispositions de report et remboursement avec les galeries pour éviter le « cauchemar » de l’an dernier. 


Expo Chicago et Art Düsseldorf sont moins confiants et ont reporté sine die leur édition d’avril. 


A ce jour, Art Brussels (22 au 25 avril), Frieze New York (5 au 9 mai) et Art Basel (17 au 20 juin) restent sur leurs dates. 



La foire Art Basel reporte son édition 2021 à septembre 

Par Magali Lesauvage 

QUOTIDIEN DE L’ART - 21 janvier 2021


En raison de la pandémie de Covid-19 et des restrictions de voyage dans le monde entier, Art Basel a décidé de reporter son édition 2021 de juin aux 23-26 septembre, avec des previews les 21 et 22 septembre. Marc Spiegler, directeur d’Art Basel, a déclaré : « Alors que la première phase des programmes de vaccination contre le COVID-19 a débuté dans de nombreuses régions du monde le mois dernier, 2021 est une année au cours de laquelle la planification reste complexe en raison de nombreuses incertitudes. Après dix mois de programmes de vaccination dans de nombreux pays, nous prévoyons une large participation internationale à notre foire de Bâle en septembre, toutes nos conversations au sein du monde de l'art indiquent un fort désir de voir l'art en vrai et de s'engager pour la scène culturelle mondiale. » Par ailleurs, Art Basel présentera cette année trois viewing rooms, auxquelles toutes les galeries acceptées aux éditions de 2016 à 2021 sont invitées à postuler. « OVR: Pioneers », du 24 au 27 mars, sera dédiée aux artistes qui ont « innové sur les plans esthétique, conceptuel ou socio-politique ». La seconde aura lieu du 16 au 19 juin, et début novembre, « OVR: 2021 » présentera exclusivement des œuvres créées cette année. Selon un rapport d'Artsy, les foires « physiques » ne sont plus qu'à la sixième position dans le processus de vente d'œuvres, après le contact direct avec le client, le site internet d'une galerie ou les réseaux sociaux. 

Art Basel reportée de juin à septembre 

PAR CHARLES ROUMÉGOU  - 22 JANVIER 2021 - 


Comme l'an dernier, Art Basel prend les devants et reporte son édition suisse du 21 au 26 septembre. 

L’édition suisse d’Art Basel 2020 avait été décalée de juin à septembre 2020 avant d’être finalement annulée. Bis repetita en 2021, les organisateurs viennent d’annoncer le report de l’édition suisse de juin à septembre (21 au 26). 

« En déplaçant notre foire de Bâle au mois de septembre, nous espérons offrir à nos galeries une plus grande possibilité de préparer avec succès leur année », a expliqué Marc Spiegler, directeur général d’Art Basel


Photo Basel adopte une position identique et décale, à son tour, ses dates en septembre. 


Alors que l’Europe et les États-Unis, d’où viennent la majorité des exposants et visiteurs sont toujours plus ou moins confinés et que l’incertitude règne sur un retour à la normale, la décision de MCH, le propriétaire de la foire semble logique. 


Art Basel Hongkong qui devait se tenir en mars prochain avait déjà été reportée en mai. 


Mais ce déplacement de calendrier ne fait pas les affaires de Frieze et de la FIAC qui vont se retrouver en concurrence avec Art Basel à l’automne. 




Art Paris 2021 décalée à septembre 

Par Rafael Pic  - QUOTIDIEN DE L’ART - 11 février 2021 


Ce devait être la première foire d'art à intégrer le Grand Palais éphémère, actuellement en construction sur le Champ- de-Mars, sur les plans de Jean-Michel Wilmotte. Mais Art Paris, programmé du 8 au 11 avril, qui faisait figure de dernier événement d'art à se maintenir coûte que coûte au début du printemps (les différentes manifestations autour du dessin se sont récemment entendues pour la période du 9- 13 juin), a finalement décidé de décaler son édition 2021 de six mois. « Depuis le départ, dans nos discussions avec les galeries, explique Guillaume Piens, son directeur, nous avons toujours annoncé notre espoir de passer entre les gouttes mais nous avions déjà des dates de recours. On sait que l'état d'urgence est prolongé jusqu'à fin juin. Si la moitié du parcours VIP est inaccessible et que les restaurants sont fermés, le risque est trop grand : quel est l'intérêt de faire une foire au rabais ? » La foire se tiendra donc du 9 au 12 septembre, ce qui, dans le château de cartes complètement bouleversé de l'écosystème artistique, la rapproche d'un autre événement majeur, lui aussi décalé, Art Basel à Bâle (du 21 au 26), et accessoirement Miart à Milan (du 16 au 19). Que vont faire les galeries qui participent à plusieurs de ces foires, notamment les nouveaux poids lourds annoncés (dont Thaddaeus Ropac, Kamel Mennour, Chantal Crousel, Massimo De Carlo, Frank Elbaz) ? Selon Guillaume Piens, elles n'ont pour l'instant pas annoncé de changement de décision. « Je suis convaincu que 2021 ressemblera à 2020 : les gens bougeront peu, prendront peu l'avion. Art Paris, avec 70 % de galeries françaises, est parfaitement adaptée à ces circuits courts. » Outre les raisons sanitaires, la tenue de la foire en avril était aussi dépendante de la livraison du nouvel équipement, qui a pris un peu de retard, la date de finalisation du 1er février n'ayant pas été tenue (Chanel a dû reporter ses défilés au Grand Palais lui-même le 15 mars). 


Art Brussels envisage une édition estivale

Par Rafael Pic

Édition N°2108 16 février 2021


La foire d'art moderne et contemporain, qui se tient chaque année en avril, confirme l'annulation de son édition 2021 sous son format traditionnel et son report à 2022 – renonçant à trouver un nouveau créneau à l'automne en raison du calendrier très chargé. L'organisateur annonce cependant à la place une « Art Brussels Week » du 22 au 25 avril, dans les galeries participantes et les institutions culturelles partenaires, ainsi qu'une « Online Viewing Room » sur le site d'Artsy, du 14 au 28 avril. Une autre nouveauté adaptée à la situation est aussi prudemment annoncée : une « Summer Edition », qui se tiendrait du 24 au 27 juin sur le site habituel de Tour & Taxis. « Nous limitons le périmètre géographique à la Belgique et aux pays frontaliers (France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg), explique Anne Vierstraete, la directrice de la foire. Nous approchons prioritairement les galeries de ces cinq pays qui étaient inscrites pour Art Brussels 2020, afin de sonder leur intérêt. Toutes les galeries ne vont pas nécessairement s’engager pour ces dates, ce qui laissera la place à d’autres issues de la même zone géographique. Au total, nous tablons sur une foire comptant plus ou moins 80 galeries, soit la moitié d'une édition normale d’Art Brussels. » La concrétisation de ce projet sera décidée au début du mois de mai en fonction de l'évolution sanitaire. 

Art Brussels annule son édition 2021 

PAR CHARLES ROUMÉGOU · LEJOURNALDESARTS.FR LE 17 FÉVRIER 2021 -  


Les incertitudes liées à la crise du Covid-19 ont une nouvelle fois eu raison de la foire belge d’art contemporain. 


Initialement programmée du 22 au 25 avril prochain, la 38e édition d’Art Brussels est purement et simplement annulée, compte tenue de la circulation toujours active du Covid-19 et des restrictions sanitaires qui en découlent, portant ainsi à 10 le nombre de foires officiellement annulées depuis janvier. 


L’hypothèse d’un report de la foire d’art contemporain bruxelloise a donc été écartée cette année. Il est vrai que la pandémie actuelle avait déjà eu raison d’un premier report de la foire l’année dernière. Les organisateurs avaient alors été contraints de décaler l’édition 2020 d’avril à juin, laquelle avait été finalement annulée. 


Ce choix se veut aussi celui de la raison au regard du calendrier chargé des foires programmées ou reprogrammées à la rentrée prochaine, à l’image d’Art Basel, d’Art Paris ou de la FIAC, lesquelles vont se livrer à une rude concurrence entre septembre et octobre 2021. 


En effet, selon un comptage du JDA (cf tableau ci-dessous), 64 foires sont d’ores et déjà prévues dans ce court laps de temps. Un chiffre en passe d’ailleurs de dépasser celui de 2020 à la même période, où 65 foires avaient été programmées au total. 


Les organisateurs d’Art Brussels donnent désormais rendez-vous à leurs exposants et visiteurs au printemps 2022. 



Art Paris démarre en douceur

PAR ANNE-CÉCILE SANCHEZ   

LE 10 SEPTEMBRE 2020 - 

PARIS


Plusieurs galeries se disaient satisfaites de leur première journée, quand d’autres n’avaient pas encore fait de ventes.


Sur Art Paris, il était beaucoup question de la Fiac… dont on attendait toujours, en ce mercredi après-midi, de savoir si elle aurait lieu. Dans la perspective, qu’ils estimaient probable, de son annulation, de nombreux galiéristes se félicitaient d’être présents sur la première foire à se tenir en Europe depuis le début de la pandémie. 

Le grand diptyque d’Abdelkader Benchamma (Engramme, (Visions), 2019) avait été vendu dès les premières heures sur le stand de la galerie Templon au prix de 40 000 euros, de même que deux sculptures de Prune Nourry (40 000 euros pièce), une toile de Jean-Michel Alberolla (60 000 euros) et une œuvre d’Ivan Navarro. Chez Nathalie Obadia, quelques ventes également en ce premier jour, dont deux pièces de Guillaume Bresson et des photographies de Valérie Belin. 

Nouveau venu sur la foire, qu’il a ralliée dans les toutes dernières semaines, Emmanuel Perrotin se disait très satisfait suite à plusieurs ventes importantes : des sculptures et dessins de Klara Kristalova, une grande composition de Josh Sperling (Untitled, 2020) ; une sculpture de Daniel Arsham, une autre de Jean-Michel Othoniel, une peinture d’Izumi Kato, une photo de JR (vendue entre 40 000 et 50 000 euros) … et « plusieurs réservations ». Emmanuel Perrotin regrettait toutefois « l’absence d’un velum protecteur sur son stand, car nous ne pensions pas qu’il ferait aussi chaud ». On ne peut pas tout prévoir. 


Dans les travées plus éloignées, la galerie Géraldine Zberro, avec un solo show d’Atlas, « le Vasarely du XXIe siècle », se disait également agréablement surprise de ses bons résultats. Présente pour la première fois, la galerie de la rue Jean Mermoz rêvait d’être au Grand Palais et voyait dans cette occasion de dernière minute une opportunité aussi fortuite que providentielle. « Nous avons vendu plusieurs pièces, de 3 000 à 30 000 euros, aussi bien à des amateurs d’art cinétique qu’à des collectionneurs d’art contemporain et de street art ». Appréciation positive également à la galerie Pauline Pavec, jeune enseigne ayant bénéficié d’un tarif préférentiel pour la location de son stand, et qui avait vendu plusieurs dessins de Prévert, une toile de Mathilde Denize et une autre d’Adam Bogey. 


Plus réservées, des galeries comme Jeanne Bucher Jaegger ou Claire Gastaud, venue de Clermont-Ferrand, se disaient néanmoins « très contentes d’être là, de revoir des collectionneurs, des responsables d’institutions, de fondations ». « Art Paris est la seule foire où nous nous permettons des groups shows », précisait Claire Gastaud, qui présentait entre autres des peintures au rendu mat de Jean-Charles Eustache, bientôt exposé au Frac Auvergne. Un de ses petits formats venait tout juste d’intégrer « une jolie collection privée »


« Nous voyons un intérêt pour le travail de Sarah Trouche, mais pour l’instant nous n’avons concrétisé aucune vente », affirmait pour sa part la galerie Marguerite Milin tout en débouchant néanmoins une bouteille de champagne. Même expectative à la galerie Binôme, qui présentait plusieurs grandes tapisseries phosphorescentes de Laurence Aëgerter, artiste pourtant signalée par le parcours « Regard sur un scène française », et à laquelle le Petit Palais consacrera une exposition à partir du 6 octobre. 


On pensait Yvon Lambert fatigué du circuit des foires. Le marchand, qui a fermé sa galerie parisienne fin 2014 – mais organise ponctuellement des expositions dans l’espace de sa librairie – semblait au contraire ravi d’être là, après une expérience concluante sur le salon Galeristes l’an dernier. Sur son stand, plusieurs toiles récentes de Nathalie du Pasquier, des dessins d’Adel Abdessemed, et, placé au milieu, un de ses derniers coups de cœur, une sculpture de 2019 de Quentin Lefranc Au centre : rien ! (Le Journal des Arts)


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