FINANCIAL ART


Des galeries de premier plan rejoignent Art Paris 

Par Roxana Azimi 

12 novembre 2020 - Quotidien de l’Art 

D’après nos informations, plusieurs enseignes de haut vol participeront pour la première fois à la prochaine édition de la foire Art Paris, qui se tiendra – si tout va bien ! – du 8 au 11 avril 2021 dans le Grand Palais éphémère conçu par Jean-Michel Wilmotte au Champ-de-Mars. Chantal Crousel, Thaddaeus Ropac, Massimo De Carlo, Frank Elbaz et Kamel Mennour y feront ainsi leur entrée. Leurs confrères Lelong & Co, Jean Fournier, Magnin-A, Maruani Mercier et Suzanne Tarasiève comptent aussi revenir après plusieurs années d’absence. 

Les résultats encourageants de l’édition de septembre, la perspective d’un premier semestre 2021 sans grand raout international, l’échec pour l’heure des viewing rooms en ligne, ont dû peser dans la balance, tout comme le choix du curateur et conseiller Hervé Mikaeloff pour le nouveau focus sur la scène française.


Thierry Ehrmann: «Le nombre de musées dans le monde explose» 

A la tête depuis vingt ans de la société Artprice, Thierry Ehrmann s’est fixé comme objectif de rendre plus transparent le parfois complexe marché de l’art. En 1997, le Français fut un des premiers entrepreneurs à croire au formidable potentiel d'Internet 

Eric Pariant Publié lundi 11 décembre 2017 

«Le marché de l’art, c’est les marchés financiers en dix fois plus intelligent et cruel», se plaît à dire Thierry Ehrmann, le provocateur fondateur et PDG d’Artprice. Créée il y a vingt ans, sa société est aujourd’hui, avec un portefeuille de 4,5 millions de clients (chiffres du groupe Serveur), le leader mondial de l’information sur le marché de l’art. Un marché, alors très opaque, que ce trouble-fête s’est employé à rendre... beaucoup plus transparent. 

Quel était en 1997, lorsque vous avez créé Artprice, le paysage du marché de l’art?  

J’avais créé, auparavant, en 1985, le groupe Serveur, un éditeur de banques de données juridiques, qui a fait de moi un des pionniers historiques de l’internet en Europe. A l’époque, j’étais parti du principe qu’Internet permettrait aux marchés mondiaux de croître de manière exponentielle si nous impactions ces marchés par la diffusion permanente d’informations. Il existait alors trois marchés véritablement mondiaux: les marchés financiers, celui des matières premières et le marché de l’art. Les deux premiers étant déjà pris, c’est sur ce troisième terrain que nous avons construit notre place de leader mondial de l’information. «Nous avons une mauvaise et une bonne nouvelle: le marché de l’art est un marché de niche, bonne nouvelle, nous allons le dévorer.» Je me rappelle l’avoir dit, dans ces années-là lors d’un conseil d’administration, à Bernard Arnault, le PDG du groupe LVMH. Le marché de l’art disposait, alors, pour seule information, de quelques livres de cotes, dispersés de part le monde, qu’Artprice a, pour la plupart, rachetés (le guide Enrique Mayer, et l’Artprice Index USA notamment). Il n’existait aucun indice, aucune donnée macro- ou microéconomique. L’opacité était totale. 

Quelles sont, à vos yeux, les évolutions les plus marquantes qu’a connues le marché de l’art depuis vingt ans? 

L’arrivée d’Internet, indiscutablement. Celle-ci a permis un véritable changement de paradigme. Le marché de l’art a connu une mutation exceptionnelle grâce à lui. Nous sommes ainsi passés de 500 000 collectionneurs dans les années de l’après-guerre à 70 millions d’art consumers aujourd’hui. 

Les musées seraient devenus, entre-temps, des acteurs majeurs du marché de l’art? 

Nous avons observé, en e#et, une explosion du nombre de musées à travers le monde. Il s’est construit, comme le révèle une de nos études, plus de musées entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2014 que durant tout les XIXe et XXe siècles. Chaque année, 700 musées d’envergure internationale – conservant chacun un minimum de 4500 œuvres d’art – ouvrent leurs portes sur les cinq continents. Le soft power des grandes puissances comme la Chine – qui devance désormais les USA sur le marché de l’art – et les Etats-Unis, est un moteur géopolitique puissant pour le développement exponentiel de l’Industrie Muséale® que nous avons conceptualisée et enseignée. 

C’est le dynamisme de cette industrie, dévoreuse de pièces muséales, qui explique en grande partie la croissance spectaculaire du marché de l’art. Ce dernier est désormais mature, liquide et e!cient. Il o#re des rendements de 12 à 15% par an pour les œuvres d’une valeur supérieure à 100 000 dollars. De nombreux fonds et banques de gestion, qui ont pris acte des taux négatifs des grandes banques centrales, et de la résilience du marché de l’art au milieu de la crise économique et financière, ont levé des fonds colossaux pour devenir, en intervenant sur ce marché, des acteurs économiques de l’Industrie Muséale®. 

Vous soutenez que vous avez métamorphosé, de manière irrémédiable, le «vieux monde de l’art et son marché». Pourriez- vous étayer ce!e assertion? 

Artprice a développé et édité, en vingt ans, 120 banques de données sur le marché de l’art fortes de plus de 30 millions d’indices et résultats de ventes couvrant plus de 700 000 artistes. Nous avons bâti aussi Artprice Images®, qui permet un accès illimité au plus grand fonds du marché de l’art au monde, une bibliothèque constituée de 126 millions d’images ou gravures d’œuvres d’art de 1700 à nos jours. Artprice enrichit, chaque jour, ses banques de données qui sont alimentées par 6300 maisons de ventes. Nous publions en continu les tendances du marché de l’art à destination des agences de presse et de 7200 media dans le monde. 

Nous avions démarré avec l’objectif de disposer, à terme, de 100 000 clients. Nous étions en fait trop prudents. La transparence des transactions, que nous avons permise, en rendant publics les résultats de toutes les ventes, fait que nous détenons, aujourd’hui, un portefeuille de 4,5 millions de clients. C’est bien la preuve que le marché de l’art a vécu une mutation sans pareil. 

Quel est le poids, aujourd’hui, du marché de l’art contemporain devenu la locomotive du secteur? 

Le marché de l’art contemporain pesait à peine 103 millions de dollars en l’an 2000, contre1,58 milliard aujourd’hui. Il a connu une croissance de +1400% en dix- sept ans et un taux de rendement annuel de +7,6%, à une période où les taux sont négatifs. 

La meilleure preuve du dynamisme de ce segment est que Christie’s a choisi de vendre le tableau Salvator Mundi de Léonard de Vinci, le 15 novembre à New York, dans une vente d’art contemporain, et non dans une vacation de tableaux anciens. Nous avions annoncé, trois mois avant la vente, qu’il atteindrait le prix record de 450 millions de dollars, et mis à jour également le montage financier sophistiqué qui a précédé son acquisition. 

Quel est le lien entre la Demeure du Chaos, cet empilement d’œuvres à ciel ouvert créé à Saint-Romain-au-Mont-d’Or, siège social du groupe Serveur, et Artprice? 

La Demeure du Chaos – ou «Abode of Chaos», d’après la traduction en anglais due au rédacteur en chef du New York Times – est un musée d’art contemporain de 9000 m2 qui reçoit chaque année 120 000 visiteurs. Créée en 1999, puis ouverte au public en 2006, elle a accueilli plus de 1,6 million de visiteurs depuis lors. La Suisse se classe au premier rang de nos visiteurs étrangers, loin devant tous les autres pays. Ce musée d’art contemporain est la plus belle image de marque dont pouvait rêver Artprice qui, comme toute société numérique, a besoin d’un incarnat puissant pour son siège social.

Les 5500 œuvres de la Demeure du Chaos sont, pour la plupart, des sculptures et installations monumentales que j’ai moi-même créées depuis trente-cinq ans. Il y a une relation très forte et intime entre Artprice et les artistes, qui voient dans son fondateur l’un des leurs. (Le Temps)



Spoliation nazie : vers la donation d’un 

Pissarro au musée d’Orsay ? 


Quatre ans après un accord de garde partagée de La Bergère rentrant des moutons entre l'Université d'Oklahoma et les musées français, Léone-Noëlle Meyer, la propriétaire du tableau de Camille Pissarro, retourne au tribunal pour que l'œuvre reste en France. 

Cette année, trois tableaux de Camille Pissarro (1830-1903) sont au cœur de procès de spoliations nazies qui se sont déroulées en France durant la Seconde Guerre mondiale. Après la restitution de La Cueillette des petits pois (1887) à la famille de Simon Bauer, puis la non-restitution de Rue Saint-Honoré l’après-midi. Effet de pluie (1897) qui reste la propriété du musée Thyssen-Bornemisza à Madrid, c’est à présent le sort de La Bergère rentrant des moutons qui se joue au tribunal. Quatre ans après un accord de garde partagée du chef-d’œuvre entre l’Université d’Oklahoma et les musées français, la propriétaire octogénaire Léone-Noëlle Meyer tente une dernière action en justice pour que la toile reste en France. 

Une œuvre spoliée par les nazis en 1941 

Raoul Meyer, collectionneur juif, acquiert La Bergère rentrant des moutons dans les années 1930. Sous l’Occupation, il se réfugie avec sa femme dans une ferme du Cantal, avant d’entrer dans la résistance. Malgré la mise à l’abri de ses biens dans un coffre du Crédit foncier de France à Mont-de-Marsan, les Allemands le pillent et dispersent sa collection d’œuvres d’art. En 1957, l’huile sur toile de Pissarro est achetée par le couple de collectionneurs Aaron et Clara Weitzenhoffer au galeriste new yorkais David Finlay. Des années plus tard, en 2000, Aaron Weitzenhoffer lègue à la mort de sa femme 33 tableaux impressionnistes au Fred Jones Jr. Museum of Art de l’Université d’Oklahoma, dont La Bergère rentrant des moutons. Sans effectuer de recherche sur la provenance du tableau, l’institution l’accepte et l’expose alors qu’il apparaît depuis 1947 parmi les œuvres pillées par les nazis dans le répertoire des biens spoliés. 

On imagine la surprise de Léone-Noëlle Meyer, fille adoptive de Raoul Meyer, lorsqu’elle retrouve en 2012 la peinture de Pissarro sur Internet. L’année suivante, elle intente une action judiciaire contre l’Université d’Oklahoma par le biais de son ancien avocat, Me Pierre Ciric, pour récupérer le bien familial. Au terme d’un long bras de fer, l’établissement américain consent à un surprenant règlement amiable en 2016, premier accord de la sorte entre les États-Unis et la France. 

Une alternance de 3 ans d’exposition entre la France et les États-Unis 

L’accord entre l’université et l’héritière spoliée, reconnue comme propriétaire de l’œuvre, stipule que La Bergère rentrant des moutons sera exposée 5 ans dans un musée français. Puis, commencera une garde partagée qui consiste en une alternance de 3 ans d’exposition entre la France et les États-Unis. En France, le tableau sera exposé dans un musée, en l’occurrence le musée d’Orsay, et aux États-Unis au Fred Jones Jr. Museum of Art. De surcroît, une clause précise que, de son vivant, Léone- Noëlle Meyer doit léguer la toile à un musée français, qui devra respecter l’accord et maintenir les allers-retours intercontinentaux du tableau. Si aucune institution n’accepte l’œuvre, « le tableau sera transféré de façon permanente au programme US art dans les ambassades américaines », précise l’accord de 2016. Malheureusement, lorsque la propriétaire octogénaire a souhaité léguer son bien au musée d’Orsay, celui- ci a émis des réserves quant à l’ajout du tableau à sa collection permanente en raison des coûts élevés et des risques encourus par l’œuvre durant ses navettes sur l’Atlantique : « s’engager à procéder à des voyages transatlantiques répétés sur une durée illimitée n’est pas sans poser des questions de conservation », précise le musée. Le nouvel avocat de Léone-Noëlle Meyer, Me Ron Soffer, a déclaré au « New York Times » que si Orsay déclinait le legs pour ces raisons, ce serait également le cas pour d’autres musées français. 

L’espoir renaît en juillet dernier après le verdict du procès de la famille Bauer contre Toll où toutes les ventes de biens spoliés sous l’Occupation sont déclarées nulles par la cour de Cassation qui déclare que : « toute personne en possession d’œuvre d’art volée doit le restituer gratuitement ». En intentant une nouvelle action en justice en France pour empêcher le retour de l’œuvre aux États-Unis en 2021, Léone-Noëlle Meyer espère ainsi que les achats de La Bergère rentrant des moutons au sortir de la guerre et à New York soient de même considérés comme nul, y compris le don des Weitzenhoffer en 2000. 

Un musée plein de « bonnes intentions  

Dans un mois, le 8 décembre prochain, la propriétaire sera entendue dans les tribunaux français. Le musée d’Orsay n’a pas réagi à ce nouveau rebondissement, mais le Fred Jones Jr. Museum of Art a publié un communiqué le 29 octobre dernier. Si l’Université d’Oklahoma semble surprise face à la réaction de Léone-Noëlle Meyer, on peut tout de même douter des « bonnes intentions » du musée américain. En effet, celui-ci préfère reprocher à la propriétaire du Pissarro « d’empêcher les habitants de l’Oklahoma de connaître l’expérience de cette œuvre d’art par eux-mêmes et de découvrir son histoire » plutôt que de rendre cette œuvre dérobée par les nazis sous l’Occupation, qui n’aurait probablement pas atterri dans les collections du musée si un galeriste new yorkais ne l’avait pas achetée de façon douteuse après la guerre et que l’établissement avait réalisé son travail de recherche sur la provenance de l’œuvre. Est-ce vraiment l’histoire qu’a envie de raconter l’établissement à ses visiteurs ? Si les aficionados du musée sont si nostalgiques de la toile et trépignent d’impatience à l’idée de la retrouver, ils seront très certainement les bienvenus au musée d’Orsay pour contempler La Bergère rentrant des moutons, aux côtés des autres chefs-d’œuvre impressionnistes conservés par l’institution, si Léone-Noëlle Meyer parvient enfin à donner son Pissarro. (Connaissance des Arts)



Reconfinement : l’édition 2020 de Fine Arts Paris se déroulera en ligne 

Suite à l'annonce de reconfinement, le salon annule son édition au Palais Brongniart mais lance sa plateforme en ligne Fine Arts Paris Online, disponible du 24 au 29 novembre. 

Il était un des rares événements culturels restant à lutter contre vents et marées pour se dérouler malgré la crise sanitaire. Malgré la détermination de ses organisateurs, Fine Arts Paris annule son édition 2020, prévue du 26 au 29 novembre, ainsi que la Semaine des Beaux-Arts et le colloque scientifique, suite à l’annonce gouvernementale du reconfinement de 4 semaines minimum. Mais, que les collectionneurs et marchands amateurs de Beaux-Arts se réjouissent. Si l’événement ne peut se dérouler au Palais Brongniart, celui-ci aura tout de même lieu... en ligne ! Du 24 au 29 novembre, Fine Arts Paris lance son dispositif virtuel intitulé Fine Arts Paris Online. Une première pour le salon parisien. 

Une déambulation virtuelle parmi 500 œuvres 

Pour éviter l’année blanche, Fine Arts Paris propose une vitrine numérique de ce qu’aurait pu être son édition 2020. Ainsi, le visiteur connecté pourra déambuler virtuellement dans une viewing room pour découvrir les 10 plus belles pièces de chacune des cinquante galeries participantes. Les œuvres défileront aléatoirement sur la plateforme en ligne pour recréer « le plaisir de la découverte et de la déambulation dans la foire », précise le salon dans un communiqué. En quelques clics, les internautes les plus curieux pourront en apprendre plus sur les objets et les acheteurs rentrer directement en contact avec les marchands. 

Sculpture antique, dessins du XVIIIe siècle, arts décoratifs, peinture danoise, arts moderne et contemporain... Près de 500 œuvres diverses et variées seront accessibles aux visiteurs 2.0. L’occasion d’explorer les trésors des galeries parisiennes tels que la Scène de plage d’Eugène Boudin proposée par la galerie de la Présidence, le Masque mortuaire de Paul Verlaine par Trebosc & Van Lelyveld, une paire de candélabres d’époque Louis XIV ou Régence par Steinitz ou encore Peinture 92 x 65 cm, 15 janvier 1956 de Soulages par Applicat Prazan. L’événement gardera également sa portée internationale avec la présence de marchands comme Rosenberg & Co (New York), Grässle – Härb (Munich) et Stoppenbach & Delestre (Londres). 

« Participer malgré tout »

Certains participants montreront de récentes découvertes, à l’instar de la galerie De Bayser qui vendra un rare pastel néoclassique d’Élisabeth Vigée Le Brun provenant d’une collection particulière. Ce dessin inédit de tête de Junon (vers 1783) est une œuvre préparatoire à une toile ultérieure, Junon demandant à Vénus de lui prêter sa ceinture, commande du comte d’Artois exposée il y a quelques années au Grand Palais. « C’est à cette occasion que ce dessin, attribué jusque-là à Prud’hon, s’est révélé être l’œuvre de Vigée Le Brun. », raconte Louis de Bayser. 

Si cette version en ligne ne peut remplacer pleinement l’expérience physique du salon, elle permet de faire vivre l’événement, voire de démocratiser celui-ci pour révéler des potentiels collectionneurs. « Il faut participer malgré tout », affirme Laura Bosc de Ganay de la galerie londonienne Arteas. « Le contexte réserve aussi de belles rencontres, avec de nouveaux acheteurs qui se décident à franchir le pas, soucieux de profiter de la vie plus que jamais. » (Connaissance des Arts)

Des acheteurs prudents aux ventes d’automne 


PAR MARIE POTARD · LE JOURNAL DES ARTS LE 29 OCTOBRE 2020  

Les catalogues de Sotheby’s et Christie’s Paris étaient pourtant bien fournis, mais ils ont peu séduit les collectionneurs. 


Paris. Alors que la Fiac a été annulée, Sotheby’s et Christie’s Paris – qui se calent chaque année sur la manifestation – ont maintenu leurs vacations consacrées à l’art moderne. L’offre était même abondante, démontrant la confiance des vendeurs. Mais qu’en était-il des acheteurs ? « À la sortie du confinement, les collectionneurs ont acheté comme des fous car il y a eu un effet de rattrapage. Ils se sont précipités sur l’offre des maisons de ventes, qui, grâce à leurs bons résultats en juillet, ont obtenu quelques bons tableaux en consignation pour les ventes d’octobre. Mais entre-temps, l’appétit des acheteurs est un peu retombé », a constaté le marchand Christian Ogier (galerie Sepia). Les quatre vacations programmées ont atteint un total de 70,3 millions d’euros, dans la fourchette de l’estimation initiale (contre 81,2 M€ en 2019, dont une toile de Nicolas de Staël vendue 20 M€). Une bonne nouvelle au vu du contexte sanitaire, qui démontre également que même sans la Fiac, le marché répond présent. Mais à y regarder de plus près, il n’y a pas eu d’envolée spectaculaire. Les acheteurs ont joué la carte de la prudence. « C’est toute la limite du format Internet : si les acheteurs n’ont pas vu le tableau physiquement, avec tous ces déplacements restreints, ils ne sont pas sûrs de ce qu’ils achètent, et donc se retiennent un peu plus dans leurs enchères », a observé le marchand. 

Des ventes proches des estimations basses 

La vente « Modernités », concept lancé il y a quatre ans par Sotheby’s, bénéficiait de la plus haute estimation depuis sa création (21,4 à 30,4 M€). La session a finalement atteint 23,8 millions avec les frais (contre 22,6 M€ en 2019), soit environ 20 millions d’euros sans les frais, légèrement en deçà de son estimation basse. Sur les 47 lots proposés, 36 ont trouvé preneur, dont les lots phares, mais sans véritable étincelle. Tête d’homme de Pablo Picasso (1940), issu de l’ancienne collection du marchand d’art Jan Krugier, estimé 4 à 6 millions d’euros n’a pas dépassé les 4 millions, tandis qu’une transparence de Francis Picabia représentant le roi Minos a atteint 3,9 millions d’euros. 

Au contraire de sa consœur – qui n’avait qu’une seule vacation –, Christie’s en organisait trois à la suite. La première qui dispersait la collection de sculptures monumentales du marchand d’art Paul Haim, a vu 100 % des lots vendus (41), pour un total de 20,6 millions d’euros, au-dessus de son estimation haute. La Caresse d’un oiseau, de Joan Miró [voir ill.], un bronze monumental peint, a été adjugé 4,7 millions d’euros. La seconde vente, « Paris Avant-Garde », a récolté 18,9 millions d’euros frais compris. Sans les frais, elle est légèrement en dessous de son estimation basse et très en-deçà de l’an passé où Parc des Princes de la série « Les grands footballeurs », de Nicolas de Staël, s’était vendu 20 millions d’euros. Toutes les pièces aux estimations les plus hautes ont trouvé acquéreur, mais la plupart dans la fourchette basse de leur estimation. Peinture 162 x 130, 9 juillet 1961, de Pierre Soulage a atteint 5,3 millions d’euros sans dépasser son estimation basse (6 M€). Enfin, la vente « Art Moderne », menée par Violoniste dans le clair de lune orangé à Vitebsk, de Marc Chagall vendu 584 000 euros, a totalisé 7 millions d’euros, en dessous de son estimation basse. 

Toutes les estimations sont indiquées hors frais acheteur tandis que les résultats sont indiqués frais compris. 


Après avoir reporté l’inauguration de la Pinault Collection à la Bourse de commerce de juin 2020 au printemps 2021, François Pinault a finalement décidé d’en fixer l’ouverture au 23 janvier prochain. 

Considérant que les travaux étaient terminés et qu’il n’y avait aucune (bonne) raison de laisser les lieux fermés, le collectionneur souhaite participer « à la renaissance de la vie culturelle à Paris ». La Pinault Collection annonce d’ores et déjà qu’elle organisera plusieurs journées portes ouvertes pour permettre au public de découvrir le bâtiment réaménagé par l’architecte Tadao Ando, ses 10 500 m2 de surface dont 6 800 m2 dévolus à la programmation artistique. Trente-cinq artistes de la collection seront présentés dans l’exposition inaugurale. Dans le même temps, la Fondation d’entreprise Pernod Ricard a annoncé qu’elle ouvrira son nouvel espace d’exposition le 6 février. Située le long de la gare Saint-Lazare, rue d’Amsterdam, la fondation rejoint ainsi le siège monde du groupe Pernod Ricard. Elle disposera d’un espace d’exposition de 300 m2, d’un auditorium de 130 places, d’une librairie-bibliothèque et d’une cafétéria. Comme la Pinault Collection, la Fondation Pernod Ricard inaugurera ses espaces avec une exposition collective qui sera suivie, en avril, d’une exposition personnelle d’Isabelle Cornaro. (L’Œil)


Art Paris démarre en douceur

PAR ANNE-CÉCILE SANCHEZ   

LE 10 SEPTEMBRE 2020 - 

PARIS


Plusieurs galeries se disaient satisfaites de leur première journée, quand d’autres n’avaient pas encore fait de ventes.


Sur Art Paris, il était beaucoup question de la Fiac… dont on attendait toujours, en ce mercredi après-midi, de savoir si elle aurait lieu. Dans la perspective, qu’ils estimaient probable, de son annulation, de nombreux galiéristes se félicitaient d’être présents sur la première foire à se tenir en Europe depuis le début de la pandémie. 

Le grand diptyque d’Abdelkader Benchamma (Engramme, (Visions), 2019) avait été vendu dès les premières heures sur le stand de la galerie Templon au prix de 40 000 euros, de même que deux sculptures de Prune Nourry (40 000 euros pièce), une toile de Jean-Michel Alberolla (60 000 euros) et une œuvre d’Ivan Navarro. Chez Nathalie Obadia, quelques ventes également en ce premier jour, dont deux pièces de Guillaume Bresson et des photographies de Valérie Belin. 

Nouveau venu sur la foire, qu’il a ralliée dans les toutes dernières semaines, Emmanuel Perrotin se disait très satisfait suite à plusieurs ventes importantes : des sculptures et dessins de Klara Kristalova, une grande composition de Josh Sperling (Untitled, 2020) ; une sculpture de Daniel Arsham, une autre de Jean-Michel Othoniel, une peinture d’Izumi Kato, une photo de JR (vendue entre 40 000 et 50 000 euros) … et « plusieurs réservations ». Emmanuel Perrotin regrettait toutefois « l’absence d’un velum protecteur sur son stand, car nous ne pensions pas qu’il ferait aussi chaud ». On ne peut pas tout prévoir. 


Dans les travées plus éloignées, la galerie Géraldine Zberro, avec un solo show d’Atlas, « le Vasarely du XXIe siècle », se disait également agréablement surprise de ses bons résultats. Présente pour la première fois, la galerie de la rue Jean Mermoz rêvait d’être au Grand Palais et voyait dans cette occasion de dernière minute une opportunité aussi fortuite que providentielle. « Nous avons vendu plusieurs pièces, de 3 000 à 30 000 euros, aussi bien à des amateurs d’art cinétique qu’à des collectionneurs d’art contemporain et de street art ». Appréciation positive également à la galerie Pauline Pavec, jeune enseigne ayant bénéficié d’un tarif préférentiel pour la location de son stand, et qui avait vendu plusieurs dessins de Prévert, une toile de Mathilde Denize et une autre d’Adam Bogey. 


Plus réservées, des galeries comme Jeanne Bucher Jaegger ou Claire Gastaud, venue de Clermont-Ferrand, se disaient néanmoins « très contentes d’être là, de revoir des collectionneurs, des responsables d’institutions, de fondations ». « Art Paris est la seule foire où nous nous permettons des groups shows », précisait Claire Gastaud, qui présentait entre autres des peintures au rendu mat de Jean-Charles Eustache, bientôt exposé au Frac Auvergne. Un de ses petits formats venait tout juste d’intégrer « une jolie collection privée »


« Nous voyons un intérêt pour le travail de Sarah Trouche, mais pour l’instant nous n’avons concrétisé aucune vente », affirmait pour sa part la galerie Marguerite Milin tout en débouchant néanmoins une bouteille de champagne. Même expectative à la galerie Binôme, qui présentait plusieurs grandes tapisseries phosphorescentes de Laurence Aëgerter, artiste pourtant signalée par le parcours « Regard sur un scène française », et à laquelle le Petit Palais consacrera une exposition à partir du 6 octobre. 

On pensait Yvon Lambert fatigué du circuit des foires. Le marchand, qui a fermé sa galerie parisienne fin 2014 – mais organise ponctuellement des expositions dans l’espace de sa librairie – semblait au contraire ravi d’être là, après une expérience concluante sur le salon Galeristes l’an dernier. Sur son stand, plusieurs toiles récentes de Nathalie du Pasquier, des dessins d’Adel Abdessemed, et, placé au milieu, un de ses derniers coups de cœur, une sculpture de 2019 de Quentin Lefranc Au centre : rien ! (Le Journal des Arts)


SOURCES


https://www.lejournaldesarts.fr/marche/art-paris-demarre-en-douceur-150990


http://www.artparis.com/fr/edition



Jeff Koons

Koons est né à York, en Pennsylvanie, de Henry et Gloria Koons. Son père était marchand de meubles et décorateur d'intérieur. Sa mère était couturière. À l'âge de neuf ans, son père déposait de vieux tableaux copiés et signés par son fils dans la vitrine de son magasin afin d'attirer les visiteurs. Dans sa jeunesse, Jeff Koons travaille avec son père, fait du porte-à-porte pour vendre des rubans, des dentelles ou encore du papier cadeau, et vend du Coca-Cola sur un parcours de golf. Alors étudiant, il arrive à rencontrer Salvador Dalí, qu'il admire . 

Après des études au Maryland Institute College of Art de Baltimore, Jeff Koons s'installe en 1976 à New York. Il travaille jusqu'en 1979 comme responsable du guichet des abonnements au Museum of Modern Art. Vendant des fonds de placements pour financer son train de vie, il bricole des expériences artistiques, créant ainsi sa première œuvre, The New, des appareils électroménagers accrochés à des néons. Il ne tarde pas à être repéré par le milieu artistique new-yorkais. 

Ses débuts sont pourtant compliqués et, à court d'argent, il retourne chez ses parents, qui vivent désormais en Floride, et travaille un temps comme démarcheur politique. Il revient à New York et réalise la série Equilibrium, présentée dans sa première exposition en 1985, chez la galerie éphémère International with Monument . Il devient courtier en matières premières à Wall Street afin de financer sa production artistique. 

Jeff Koons se fait connaître au milieu des années 1980 au sein d'une génération d'artistes qui ont exploré le sens de l'art à une époque où les médias étaient saturés. Il a créé un studio ressemblant à une usine dans un loft à Soho à l'angle de Houston Street et de Broadway à New York composé de plus de 30 assistants. Chaque assistant était affecté à un aspect différent de la production de son travail, selon un mode similaire à celui de l'usine d'Andy Warhol (remarquable car tout son travail est produit à l'aide d'une méthode connue sous le nom de fabrication d'art). Aujourd'hui, il possède une usine de 1 500 m2 près d'anciennes gares de triage à Chelsea, travaillant avec 90 à 120 assistants réguliers. Koons a mis au point un système de couleurs par numéros, afin que chacun de ses assistants puisse exécuter ses toiles et sculptures comme si elles avaient été réalisées « d’une seule main ». 

Il a dit à propos de l'art : « Je pense que l'art vous emmène en dehors de vous-même, vous dépasse. Je crois que mon voyage a vraiment été de supprimer mon anxiété. C'est la clé. Plus vous pouvez supprimer l'anxiété, plus vous êtes libre de faire ce geste. Le dialogue est primordial avec l'artiste, mais ensuite il va vers l'extérieur et est partagé avec d'autres personnes. Et si l'angoisse disparaît, tout est si proche, tout est disponible, et c'est juste ce petit peu de confiance en soi, ou la confiance, que les gens doivent approfondir. » 

Le succès lui ayant souri, ses œuvres sont désormais réalisées dans un atelier, situé à Chelsea, près de New York, avec plus de 100 assistants . Il ne réalise aucune œuvre lui-même, mais impulse des idées qu'il fait exécuter par ses collaborateurs professionnels.
Son Inflatable Rabbit, lapin gonflable réalisé en inox en 1986, et ses Balloon Dogs sont aujourd'hui considérés par les plus grands collectionneurs, dont François Pinault, comme des œuvres emblématiques de la fin du XX e siècle.

L'art de Jeff Koons peut être considéré comme le point de rencontre entre plusieurs concepts : les ready-mades de Marcel Duchamp, les objets du quotidien démesurés de Claes Oldenburg, l'appropriation de l'objet plus qu'humain d'Arman et le pop art d'Andy Warhol ; l'artisanat d'art et l'imagerie populaire. L'iconographie qu'il utilise est un catalogue de la culture populaire, non seulement américaine, mais aussi mondiale. 

Sa démarche s'inscrivant dans l'héritage du pop art, il s'approprie des objets et essaie de comprendre « pourquoi et comment des produits de consommation peuvent être glorifiés ». Tout au long de sa carrière, il a utilisé toutes sortes d'articles populaires, des aspirateurs et des ustensiles électroménagers enfermés dans des caisses de plexiglas et éclairés de néons d'abord, puis des ballons de basket en suspension dans des aquariums, puis des bibelots rococo, des souvenirs de bazar (lapins gonflables, bergères ou petits cochons en sucre, Michael Jackson en porcelaine), enfin et surtout des jouets et des objets intimement liés à l'enfance. 

Ces appropriations l'ont amené à être poursuivi et condamné pour plagiat. (Wikipédia)

SOURCES

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeff_Koons

https://www.lepoint.fr/culture/jeff-koons-j-ai-donne-trois-ans-de-ma-vie-pour-cette-oeuvre-04-10-2019-2339397_3.php

https://www.vanityfair.fr/actualites/articles/jeff-koons-a-ete-condamne-pour-avoir-plagie-le-cochon-de-naf-naf/70343

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/12/23/jeff-koons-a-nouveau-condamne-pour-contrefacon_6023897_3234.html

https://www.huffingtonpost.fr/entry/jeff-koons-lapin-rabbit-record_fr_5cdcf473e4b0b4728ba30546?utm_hp_ref=fr-jeff-koons

https://www.huffingtonpost.fr/2017/04/11/jeff-koons-recouvre-les-sacs-louis-vuitton-doeuvres-dart_a_22035013/?utm_hp_ref=fr-jeff-koons

https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/jeff-koons-transforme-la-collection-d-armes-a-feu-de-sean-penn-en-oeuvre-d-art-20200312

https://www.vanityfair.fr/actualites/articles/loeuvre-polemique-de-j...s-pour-les-victimes-des-attentats-sera-exposee-au-petit-palais/69719

https://www.courrierinternational.com/article/inegalites-les-ultra-riches-ne-font-rien-ruisseler-la-preuve-par-lartiste-jeff-koons

https://www.admagazine.fr/art/portfolio/diaporama/pourquoi-jeff-koons-est-lartiste-le-plus-scandaleux-de-lhistoire-contemporaine-/58875


Pourquoi Jeff Koons est à l’image d’un certain monde de l’art devenu exaspérant 

CULTURE : Ce qui m’exaspère chez Koons, ce n’est pas sa réussite ou sa popularité - je n’en voudrais jamais à personne de briller par son talent - mais cette volonté qu’il a de vider l’art de son discours et ce, sans une once de culpabilité. (Pauline Weber Journaliste, Rédactrice, Auteur Culture et Société)

https://www.huffingtonpost.fr/pauline-weber/pourquoi-jeff-koons-est-a_b_6254490.html?utm_hp_ref=fr-jeff-koons

https://www.sudouest.fr/2019/05/17/art-contemporain-jeff-koons-icone-de-genie-ou-produit-cynique-et-speculatif-6089805-4608.php



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