CINÉMA - Tome 2

Sciotti, Enzo


Enzo Sciotti (24 septembre 1944 - 11 avril 2021) était un artiste et illustrateur italien. Sciotti était connu pour ses illustrations de plus de 3000 affiches de films, généralement pour des films d’horreur, notamment The Beyond, Demons, The Blood of Heroes  et plusieurs autres films de Lucio Fulci, Dario Argento et Lamberto Bava. Il a également peint des couvertures pour des bandes dessinées et des sorties vidéo à domicile. 


Enzo Sciotti est né à Rome, en Italie, le 24 septembre 1944. Son père, Emanuele Sciotti, était un décorateur d'église, et de nombreux membres de la famille Sciotti étaient des peintres. Adolescent, Enzo a dessiné un portrait du pape Jean XXIII ; sa famille l'a envoyé au Vatican, et a reçu une réponse du Pape, qui l'a félicité. 



À l'âge de 16 ans, grâce à son talent de dessinateur et sa passion pour le cinéma, Sciotti a trouvé un emploi en tant qu'artiste dans un studio graphique à Cinecittà, produisant des affiches de cinéma. Un autre employé du studio était Ezio Tarantelli, avec qui, après 15 ans au studio, Sciotti a ouvert son propre studio - E2 - à Rome. 



Dans les années 1980, Sciotti est devenu l'un des affichistes de cinéma les plus connus d'Europe. Alors qu'il a conçu l'art pour de nombreux films italiens et était un artiste populaire pour les affiches italiennes pour les films américains, il était particulièrement connu pour les affiches de films d’horreur. 



Au cours de sa longue carrière, Sciotti a travaillé sur de nombreux films réalisés par Lucio Fulci, comme The House by the Cemetery, Manhattan Baby et A Cat in the Brain, ainsi qu'avec d'autres réalisateurs comme Dario Argento, Lamberto Bava, David Lynch, George Romero, David Webb Peoples et les Frères Cohen. Il a illustré des bandes dessinées dans les années 1970 et 1980, et a réalisé des œuvres d'art exclusives pour des sorties vidéo à domicile. 



Il était le plus connu pour son travail sur les affiches de Sam Raimi de l’Armée des Ténèbres, de Fulci The Beyond, Lynch Blue Velvet et Argento Phenomenia. Une copie de son affiche Blue Velvet est conservée à la National Gallery de l’Australie. Pour l'Au - delà , Sciotti a été présenté dans le making-of des fonctionnalités. 




Lorsque l'art graphique numérique a remplacé l'illustration traditionnelle et que les DVD et les entreprises ont pris le relais, Sciotti s'est éloigné du graphisme et a commencé à peindre, généralement des portraits. 



Son style d'affiche de film "combinait superposition photographique et peinture allusive, expressive et goliardique", contribuant à créer une école de design esthétique étroitement liée aux comédies italiennes des années 1980. 



Un artiste prolifique, il a créé plus de 3000 affiches dans sa vie, et a travaillé avec son agence jusqu'à sa mort en avril 2021; il a créé les couvertures de sortie vidéo à domicile de la collection Midnight Classics de films d’horreur classiques cultes.  Le gardien l’a décrit comme l'un des trois "maîtres incontestés" de l'art de couverture VHS, qui était "aussi habile à produire des paysages pétroliers que des monstres et des mercenaires. 



Son Instagram personnel , qu'il a utilisé comme galerie, a annoncé sa mort le 11 avril 2021. Il est mort le même jour que Giannetto De Rossi, un maquilleur italien qui a travaillé sur plusieurs des mêmes films Fulci que Sciotti. (Wikipédia)








BERTRAND TAVERNIER


Fils de l'écrivain et résistant René Tavernier, le jeune Bertrand découvre le cinéma lors d'un séjour en sanatorium. Monté à Paris après-guerre, il y a pour camarade de lycée Volker Schlöndorff, qui lui fait connaître la Cinémathèque de la rue d'ULM. En cet âge d'or de la cinéphilie, il cofonde le ciné-club Nickel-Odeon, et collabore bientôt à différentes revues, notamment aux grandes rivales que sont les Cahiers et Positif. En 1961, il travaille comme attaché de presse auprès de Georges de Beauregard, le producteur de la Nouvelle vague, grâce auquel il réalise ses premiers courts métrages, Le Baiser de Judas et Une chance explosive, dans le cadre des films à sketchs Les Baisers et La Chance et l'amour, sortis en 1964. Après avoir poursuivi en indépendant son activité d'attaché de presse, il est co- scénariste pour Riccardo Freda - un cinéaste qu'il remplacera, 25 ans plus tard, sur le tournage de La Fille de d'Artagnan

C'est seulement en 1973 qu'il tourne, dans le Lyon de son enfance, son premier long- métrage, L' Horloger de Saint-Paul adapté de l’Œuvre de Simenon. Ce polar aux accents sociaux, récompensé par le Prix Louis-Delluc et l'Ours d'argent à Berlin, marque aussi sa rencontre avec Philippe Noiret, qui deviendra son acteur-fétiche. Dès ses débuts, l'éclectique Tavernier alterne films d'époque (Que la fête commence, pour lequel il décroche le César du Meilleur réalisateur et du Meilleur scénario en 1976) et œuvres contemporaines (Une semaine de vacances), en affichant une prédilection pour les sujets de société : il tourne en 1977 Le Juge et l'Assassin, réflexion sur les institutions et leurs excès répressifs avec un Galabru inattendu, puis en 1980 La Mort en direct, analyse prémonitoire des dérives de la télévision. 

Imprégné de culture américaine -il est le co-auteur d'un dictionnaire de référence sur le cinéma d'outre-Atlantique-, Bertrand Tavernier adapte en 1980 un roman grinçant de Jim Thompson en resituant l'action dans l'Afrique coloniale (Coup de torchon), puis signe Autour de minuit, lettre d'amour au jazz. Si La Passion Béatrice a pour cadre la Guerre de Cent ans, ce sont des conflits plus contemporains qui hantent bientôt l'oeuvre du cinéaste : la Première Guerre mondiale 

dans La Vie et rien d'autre (1989) puis Capitaine Conan (1996), la Guerre d'Algérie dans le documentaire La Guerre sans nom, et l'Occupation dans Laissez-passer (2003), qui le voit également s'interroger sur son métier de cinéaste. Dans une veine plus intimiste, il tourne Un dimanche à la campagne, Prix de la mise en scène à Cannes en 1984, et Daddy Nostalgie, deux films tendres et pudiques sur les rapports filiaux -un thème qui lui est cher depuis son premier opus. 

Dans les années 90, Bertrand Tavernier, qui déclara au critique Jean-Luc Douin que "les cinéastes sont des sismographes de leur époque", continue d'ausculter la société : dépeignant avec réalisme le quotidien de la Brigade des stups dans L 627 et celui d'un instituteur (Philippe Torreton) dans Ça commence aujourd'hui, il reçoit en 1995 l'Ours d'or à Berlin pour L'Appât, constat alarmant sur la violence d'une jeunesse désorientée. 

Très au fait des dossiers qui agitent sa profession (défense de l'exception culturelle, combat contre la censure), il s'engage sur bien d'autres fronts, comme vient encore en témoigner le documentaire sur la double peine qu'il signe avec son fils Nils. Avec sa fille Tiffany, il co-écrit Holy Lola (2004), exploration de l'univers de l'adoption au Cambodge, mais aussi -pour la première fois dans son oeuvre- portrait sensible d'un couple d'aujourd'hui. C'est dans une Louisiane dévastée par l'ouragan Katrina qu'il part ensuite tourner Dans la brume électrique (2009), adaptation d'un polar de James Lee Burke avec Tommy Lee Jones. De retour de son escale américaine, il présente à la Compétition officielle de Cannes, sa Princesse de Montpensier, une plongée au cœur d'intrigues faites d'amour et de pouvoir dans la France du XVIe siècle, portée entre autres par Mélanie Thierry, Lambert Wilson et Gaspard Ulliel.


Trois ans plus tard, il adapte une bande- dessinée d'Antonin Baudry et Christophe Blain, Quai d'Orsay, et plonge le spectateur dans les coulisses du pouvoir politique français. En 2017, il consacre une saga documentaire au cinéma français, un récit didactique et pédagogique partant des années 30 jusqu'aux années 60, et ponctué d'anecdotes personnelles.


Les deux premiers épisodes sortent en salles et sont acclamés par la critique. Huit autres sont ajoutés pour une version télévisée. (AlloCiné)

Bertrand Tavernier né le 25 avril 1941 à Lyon, mort le 25 mars 2021 à Sainte-Maxime (Réalisateur, scénariste, acteur, adaptateur, dialoguiste, producteur, conseiller technique)



https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Tavernier

https://www.franceculture.fr/personne/bertrand-tavernier

https://www.linternaute.fr/cinema/biographie/1775024-mort-de-bertrand-tavernier-le-cineaste-francais-souffrait-il-d-une-maladie/

https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2021/03/25/le-realisateur-bertrand-tavernier-est-mort_6074449_3382.html

https://www.premiere.fr/Star/Bertrand-Tavernier

https://www.la-croix.com/Culture/Mort-Bertrand-Tavernier-cineaste-passionne-lyrique-2021-03-25-1201147633

https://www.lepoint.fr/cinema/le-cineaste-bertrand-tavernier-est-decede-25-03-2021-2419436_35.php


SIMONE SIGNORET

Ses yeux de biches et sa voix grave sont gravés dans les coeurs de tous. On la connait à l'écran, mais Simone Signoret ne s'est pas contentée d'être l'une des plus grandes actrices de son temps, elle a eu également un investissement politique et culturel retentissant, avec à ses côtés son compagnon Yves Montand

Simone Signoret, née Kaminker, nait en 1921 en Allemagne. Son père, d'origine juive, est journaliste. Très impliqué dans la sphère politique, il s'exile pour la France Libre de Londres en 1940. De son côté, Simone Signoret passe les premières années de la Seconde Guerre Mondiale en Bretagne. Après l'exemple donné par son père, son esprit critique s'aiguise encore davantage lorsqu'elle suit les cours d'histoire de Lucie Aubrac, haute figure de la résistance française.

Elle fait ses premiers pas au cinéma à Paris, en 1941, et décide de conserver le nom de sa mère comme nom de scène. Elle fonde rapidement une famille avec le réalisateur Yves Allégret. Ayant fait grande impression dans les premiers films tournés, Simone Signoret est repérée par les grands réalisateurs du moment, et voit sa carrière décoller avec le film Macadam, pour lequel elle obtient le Prix Suzanne Bianchetti. C'est avec son mari que Simone Signoret aura affuté son jeu d'actrice, elle le quitte cependant de manière soudaine pour le jeune chanteur Yves Montand. Consacrée par la critique et le public, les réalisateurs de renom se la disputent, elle joue Casque d'Or de Jacques Becker, Thérèse Raquin de Carné, ou encore Les Diaboliques de Clouzot, pour ne citer qu'eux. 

Son époux et elle sont également des personnalités de référence en ce qui concerne la culture et la politique. Des artistes tels que Sartre, Beauvoir, Serge Reggiani ou Bunuel passent régulièrement dans leur maison de Normandie et sont militants pour le Parti Communiste.

Après avoir été oscarisée Meilleure Actrice pour son rôle dans Les Chemins de la haute ville, Simone Signoret incarne de nombreux personnages dans les années 70 et donne la réplique à Delon ou Gabin. Elle est à nouveau oscarisée Meilleure Actrice en 1978 pour son rôle dans La vie devant soi. Peu avant sa mort, Simone Signoret fera encore résonner sa voix en présentant le sigle Touche pas à mon pote, de SOS Racisme.

L’inoubliable interprète de Casque d'or, consacre la fin de sa vie à l'écriture, avec son autobiographie La nostalgie n'est plus ce qu'elle était (1976), et un roman intitulé Adieu Volodia, acclamé par la critique à sa sortie en 1985. 

https://www.gala.fr/stars_et_gotha/simone_signoret

https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Signoret

https://www.franceculture.fr/emissions/toute-une-vie/simone-signoret-1921-1985

https://www.programme-tv.net/biographie/658-signoret-simone/

https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-3291/biographie/

https://www.franceinter.fr/emissions/le-vif-de-l-histoire/le-vif-de-l-histoire-25-mars-2021

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Simone_Kaminker_dite_Simone_Signoret/144297


César 2021 : une cérémonie marquée par la colère des artistes 

La 46e cérémonie des César s’est tenue vendredi 12 mars, à l’Olympia de Paris. Elle a consacré Albert Dupontel et son film Adieu les Cons, mais a également été le théâtre des revendications d’un secteur en colère. 

E.Cornet, O.Pergament 

Publié le 13/03/2021 | France Info

"Pourquoi faire les César cette année, une année de cinéma sans salles et sans public, et un public sans films, pourquoi s'acharner ? Et bien on a réfléchi, on n’a pas trouvé, et c’est pour ça qu’on s’est dit que c’était essentiel", a tout d’abord déclaré la maitresse de cérémonie, Marina Foïs, dans son discours d’introduction. Essentiel, mais parfois étrange. Albert Dupontel, le grand vainqueur de la soirée avec sept César pour Adieu les cons, a brillé par son absence. Du côté des prix, la comédienne Laure Calamy a remporté le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Antoinette dans les Cévennes, tandis que le César du meilleur acteur a été remis à Sami Bouajila, salué pour sa prestation dans Un fils

Cérémonie politique 

Les hommages aux disparus ont été nombreux, l’occasion pour la comédienne Anne Duperey de tirer le signal d’alarme. "Roselyne [Bachelot, ndlr] je pense qu’il va falloir se battre plus fort pour nous, avant qu’ils se tirent tous", a déclaré l’actrice. La 46e cérémonie des César a été ponctuée par de nombreuses revendications d’un secteur en souffrance. La comédienne Corinne Masiero s’est déshabillée en direct en soutien aux intermittents. "Maintenant, on est comme ça, tout nus", a-t-elle commenté. Sur une note plus gaie, la troupe du Splendid, présente au complet, a reçu un César d’honneur pour l'ensemble de sa carrière. 



Mécontentement du monde de la Culture lors de la soirée des César : "Je ne sais pas si Roselyne Bachelot sert encore à quelque chose", s'interroge la CGT Spectacle 

Denis Gravouil, secrétaire générale de la CGT Spectacle, indique qu'il ne compte plus sur la ministre de la Culture pour répondre aux demandes du monde du spectacle. 

Publié le 13/03/2021 

"Je ne sais pas si Roselyne Bachelot sert encore à quelque chose", s'est interrogé samedi 13 mars sur franceinfo Denis Gravouil, secrétaire générale de la CGT Spectacle, après une soirée des César où le monde de la Culture a bruyamment manifesté son mécontentement. 

Les professionnels excédés désespèrent d'obtenir du concret sur une perspective de réouverture des salles de spectacle, même la ministre Roselyne Bachelot a fait passer "un message d'espoir" à son arrivée. 

Ces coups de gueule, sont "tout à fait justifiés, a renchéri Denis Gravouil. "C'est un sujet qui ne concerne pas que la culture, même si les gens du spectacle vivant sont dans une situation catastrophique, il y a un problème de droits sociaux, de prolongation des droits à l'assurance-chômage, dans un contexte qui concerne une casse de l'assurance-chômage au 1er juillet".

Une trentaine de lieux culturels occupés 

Selon lui, il se passe quelque chose notamment avec "le soutien aux occupations des lieux culturels". "C'est formidable, on en est déjà à trente occupations, je viens d'apprendre qu'il y avait une occupation à La Réunion". 

Tout cela "fait écho au fait que les gens trouvent insupportables, le manque de culture et le manque d'échanges et le fait qu'on ait préservé que les rapports marchands dans les décisions du gouvernement et ce qui est insupportable c'est l'augmentation de la précarité"

"Il y a des gens qui n'ont pas travaillé depuis un an, des salles qui ne peuvent pas rouvrir et auxquelles on ne donne aucune perspective. Il n'y aucun plan de reprise pour retrouver un niveau d'activités et ça va prendre des années à reprogrammer des spectacles. Les films, il y a 400 films sur les étagères et donc à un moment il va y avoir des conséquences". A tous ces problèmes "le gouvernement ne répond pas", fustige Denis Gravouil. 

https://www.francetvinfo.fr/politique/jean-castex/gouvernement-de-...t-encore-a-quelque-chose-s-interroge-la-cgt-spectacle_4331705.html


César 2021 : ce qu'il faut retenir de cette 46e cérémonie aux accents très politiques 

Publié le 13/03/2021 

Albert Dupontel a remporté pour la première fois de sa carrière le César du meilleur !lm pour "Adieu les Cons", à l'issue d'une cérémonie marquée par la colère du monde du cinéma contre le gouvernement. 

Les César avaient promis de rompre avec le passé. Ils ont poursuivi leur mue, vendredi 12 mars, à l'occasion de leur 46e cérémonie qui s'est tenue à l'Olympia à Paris. Cette édition 2021 a aussi pris une tournure très politique, alors qu'en pleine épidémie de Covid-19 les cinémas restent fermés depuis des mois, sans perspective de réouverture. Voici ce qu'il faut retenir de cette soirée animée. 

La fermeture des salles de cinéma dénoncée 

Combien de fois la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a-t- elle été apostrophée depuis la scène des César par des acteurs, réalisateurs ou producteurs lui demandant qu'elle agisse pour leur assurer un avenir en pleine pandémie ? Difficile d'en tenir le compte, tant les prises de position ont été nombreuses. 

Il y a eu d'abord le discours d'ouverture de la maîtresse de cérémonie, Marina Foïs, réclamant de retrouver le public des salles obscures et lançant : "Je veux rire avec des inconnus. Ça manque à crever. Même vos pop-corn, ça me manque." L'actrice a aussi moqué la "pharmacienne" en poste au ministère de la Culture, occupée à écrire un "livre de cuisine" avec ses "recettes
au gorgonzola" en pleine pandémie. "Je perds confiance en vous", a-t-elle asséné. 

Il y a également eu les remettants. A l'instar d'Anny Duperey, lançant dans une allusion aux gloires du cinéma français disparues ces derniers mois : "Roselyne, va falloir se battre plus fort pour nous, avant qu'ils ne se tirent tous." Ou Isabelle Huppert renchérissant : "Maintenant, il va falloir trouver une solution. Il faut les rouvrir ces salles de cinéma et le plus vite possible." 

Il y a encore eu Laure Calamy, César de la meilleure actrice pour son rôle de randonneuse amoureuse dans Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal. "Laissez-nous assouvir notre soif de sens ou de non-sens, laissez-nous nous exiler dans nos imaginaires, entendre ce qui fait de nous des êtres humains", a-t- elle déclaré en recevant sa récompense. Et de conclure, trophée en main dans une allusion aux lieux de culture fermés car jugés non- essentiels : "Ça, ce n'est pas essentiel, mais ça fait vachement plaisir." 

Il y a surtout eu l'actrice Corinne Masiero, entrée sur scène avec un costume sanguinolent de Peau d'âne et se mettant à nu, dans une figuration de la nudité de la culture abandonné par le gouvernement. Sur sa poitrine, le slogan : "No culture, no future". Sur son dos, l'inscription "Rend nous l'art Jean !" s'adressait cette fois au Premier ministre Jean Castex. "Maintenant, on est comme 

ça, tout nus", a conclu la comédienne, défendant les intermittents, fragilisés par des mois d'inactivité en raison de la fermeture des lieux culturels. 

A son arrivée, la ministre avait tenté de faire passer "un message d’espoir". "Nous sommes en train de bâtir avec la filière les conditions de réouverture de salles", avait assuré Roselyne Bachelot au micro de Canal+. La productrice d'Adieu les cons, Catherine Bozorgan, lui a répondu plus tard dans la soirée sur scène : "Nous ne comprenons pas la politique du gouvernement." 

Le sacre de deux acteurs noirs dans la catégorie meilleurs espoirs 

En 2020, les César avaient été accusés de cultiver leur entre-soi et de manquer de diversité. L'édition 2021 s'est ouverte sur la césarisation de deux acteurs noirs comme meilleurs espoirs : Jean- Pascal Zadi et Fathia Youssouf. En recevant son prix pour Tout simplement noir, Jean-Pascal Zadi a transformé la scène de l'Olympia en tribune. 

"Chaque génération doit trouver sa mission, l'accomplir ou la trahir", a déclaré l'acteur-réalisateur, citant l'essayiste Frantz Fanon. "Ma mission, c'est la mission de l'égalité", a-t-il ajouté, soulignant que son film parlait "avant tout d'humanité", et remerciant des acteurs et cinéastes noirs ou issus de la diversité qui ont "ouvert la brèche" avant lui, d'Omar Sy à Ladj Ly. 

Jean-Pascal Zadi s'est interrogé sur cette "humanité", en évoquant Adama Traoré, mort en 2016 après son arrestation par des gendarmes, Michel Zecler, le producteur de rap victime de violences policières en novembre 2020, ou encore l'esclavage et ses figures ayant encore des statues et des rues à leur nom, et le scandale sanitaire du chlordécone aux Antilles. 

Quant à Fathia Youssouf, récompensée à seulement 14 ans pour son rôle dans Mignonnes de Maïmouna Doucouré, elle est devenue l'une des plus jeunes lauréates du cinéma français. "J'aimerais dire à toutes les personnes de mon âge qui veulent faire du cinéma ou qui ont une passion de suivre leurs rêves, car c'est le plus important", a déclaré celle qui a répondu par hasard à un casting sur Facebook et qui fait désormais partie de la liste des 20 meilleures actrices en 2020 selon le New York Times

Le triomphe d'"Adieu les cons" d'Albert Dupontel 

Fidèle à son habitude, Albert Dupontel a été le grand absent des César. Mais aussi le grand vainqueur de cette 46e cérémonie. Son film Adieu les cons a remporté sept trophées dont les deux plus prestigieux : ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation – ce dernier trophée avait déjà échu au réalisateur en 2018 pour Au revoir là-haut. La comédie, qui a vu sa carrière en salle brisée par le deuxième confinement après avoir rassemblé 700 000 spectateurs en une semaine, a aussi eu les honneurs du nouveau César des lycéens. L'acteur Nicolas Marié, vieux complice d'Albert Dupontel, est reparti avec le César du meilleur second rôle masculin. 

Avec douze nominations, Adieu les cons faisait partie des trois grands favoris de cette 46e édition. Au fil de la cérémonie, le film d'Albert Dupontel a éclipsé la concurrence. Les Choses qu'ont dit, les choses qu'ont fait d'Emmanuel Mouret, sélectionné dans treize catégories, n'a été récompensé qu'avec le César du meilleur second rôle féminin pour Emilie Dequenne. Quant à François Ozon, éternel maudit des César, qui totalisait douze nominations pour Eté 85, il est reparti bredouille. 

Le César du meilleur acteur est lui revenu à Sami Bouajila pour Un fils de Mehdi Barsaoui, où il joue à 54 ans un père déchiré. "J'ai souvent l'impression que les rôles nous choisissent, plus qu'on les choisit", a déclaré l'acteur, expliquant en recevant son prix comment le tournage dans le désert tunisien lui avait rappelé les récits d'enfance de son propre père. 









JEAN-PIERRE MOCKY 

Franc-tireur du cinéma français, ardent défenseur du cinéma populaire, personnage fort en "gueule", Jean-Pierre Mocky débute en tant qu'acteur dans le film Vive la Liberté, en 1946, mais ne devient véritablement célèbre qu'en interprétant le poète (non-crédité) d'Orphée (1949) de Jean Cocteau. Suivent, entres autres, son rôle d'Albert de Morcerf dans Le Comte de Monte-Cristo (1955), et celui de François Gérane dans La Tête contre les murs de Georges Franju (1958), film dont il écrit le scénario et qu'il voulait à la base réaliser lui même. Au théâtre, on l'aperçoit également dans Le Roi Pêcheur, de Julien Gracq, en 1955. 


Sa carrière de réalisateur commence en 1954, où il est le second assistant réalisateur de Luchino Visconti sur le plateau de Senso ; puis en 1959 avec Les Dragueurs, comédie légère racontant les déboires de deux hommes lors d'une nuit parisienne. Très tôt, il s'affirme en marge de la production traditionnelle en signant des œuvres cyniques et pleines d'humour noir, passant au crible la télévision (La Grande Lessive, 1968), l'administration (Les Compagnons de la marguerite, 1967), la presse (Un linceul n'a pas de poches, 1975), la crédulité et la candeur des foules (Le Miraculé, 1987), ou la politique (Une nuit a l'Assemblée nationale, 1988, et surtout Snobs! en 1962). 


Scénariste de ses films, il donne tout au long de sa carrière la part belle à Jean Poiret, et à Michel Serrault, ses acteurs fétiches (Le Miraculé). Après un détour par le fantastique (Litan en 1982), il signe l'un de ses meilleurs long-métrages avec la comédie policière Y a- t-il un Francais dans la salle ? (1982), sorte de satire complexe sur la corruption des médias, de la politique, et de la police, par ailleurs basée sur l’œuvre éponyme de Frédéric Dard. Avec A mort l'arbitre ! l'année suivante, il reste dans le registre de la veine comique en dénonçant avec férocité le monde du football. Cette même décennie, il signe des films difficilement exploitables, comme Les Saisons du plaisir, dans lequel Jacqueline Maillan campe une vieille fille aux mœurs légères. 


Les années 1990-2000 sont marquées par de nombreuses vicissitudes pour le cinéaste. Alors que le public le suit de moins en moins, il a de plus en plus de mal à financer ses films. Il s'endette aussi lourdement en tentant de sauver son cinéma Le Brady, antre mythique du cinéma fantastique jadis fréquenté par François Truffaut. Si en 2001 il réalise, scénarise, et s'octroie le premier rôle dans Les Araignées de la nuit et La Bête de miséricorde, les films sont des échecs cuisants. Avec Le Furet (2003) puis Grabuge ! (2005), il se consacre exclusivement à la réalisation et retrouve son complice Michel Serrault, avec qui il scelle sa dixième collaboration. Après s'être consacré exclusivement à la réalisation jusqu'en 2011 avec des films comme Le Deal, Crédit pour tous ou encore Les Insomniaques, on le retrouve en tant qu'acteur dans l'Americano de Mathieu Demy puis dans le contre-emploi d'un bourgeois réactionnaire le temps d'une scène mémorable du Redoutable, portrait romancé du cinéaste Jean-Luc Godard par Michel Hazanavicius.
Dans les dernières années de sa vie, Jean- Pierre Mocky a publié plusieurs ouvrages biographiques, mélanges de mémoires, anecdotes et autres réflexions rédigées avec la verve et le franc-parler qu’on lui connaît. (AlloCiné)


RAIMU


Orson Welles le considérait comme "le plus grand acteur ayant jamais vécu", et il est bien difficile de remettre en cause les paroles du réalisateur de Citizen Kane. Gueule parmi les plus marquantes de l’Histoire du Cinéma, Jules Muraire naît avant le 7è Art, en 1883, mais se tourne très vite vers le milieu du spectacle. Il n’a en effet que 16 ans lorsqu’il fait ses premiers pas, naviguant entre cafés- concerts et guinguettes, mais sans succès. Une série de petits boulots plus tard, il monte sur les planches, à Marseille, prend le pseudonyme de Raimu, et se fait enfin remarquer. 

C’est le moment que choisit Félix Mayol, chansonnier et directeur de music-hall, pour le faire monter à Paris, où il repasse par la case "café-concert", jusqu’en 1914, alternant les représentations avec des petits rôles dans des films muets tels que "L’Agence Cacahuète", Godasse fumiste ou "L’Enlèvement de Vénus", dans lesquels il passe inaperçu. Il faut dire que l’un des forces de Raimu, c’est sa voix, tonitruante, avec un accent méridional très prononcé, qu’il travaille davantage sur les planches, grâce notamment à Sacha Guitry ou Marcel Pagnol

Deux hommes qui joueront également un rôle majeur dans le décollage de sa carrière cinématographique, au même titre que Marc Allégret. C’est en effet sous la direction de ce dernier qu’il s’essaie au cinéma parlant, le temps d’adaptations de pièces qu’il avait déjà jouées, à commencer par Le Blanc et le Noir ou Mam'zelle Nitouche, en 1931. Et si le courts muets de Raimu sont passés inaperçus, la donne change très vite grâce aux longs parlants, et ce dès cette même année 1931 : à l’affiche de Marius, premier volet de la trilogie tirée des écrits de Pagnol, il impose sa présence dans le rôle de César, père du héros de ce classique instantané. 

Suivront Fanny (1932) et César (1936), réalisé par Pagnol lui-même. Un réalisateur qu’il retrouve deux ans plus tard pour ce qui restera son plus grand rôle : celui du mari cocu de La Femme du boulanger, où il livre une de ses prestations les plus touchantes, avant de remettre ça, en 1940, dans La Fille du puisatier, signé du même auteur. Entre temps, Raimu aura enchaîné les tournages à un rythme aussi impressionnant que lui, apparaissant dans 4 films minimum par an, à la fin des années 30 : de Sacha Guitry (Faisons un rêve, Les Perles de la couronne) à Julien Duvivier (Un carnet de bal), en passant par André Berthomieu (« La Chaste Suzanne », Les Nouveaux riches) ou Jean Grémillon (L'Etrange Monsieur Victor), les réalisateurs du moment font de lui l’acteur majeur de l’avant-Guerre. 

Vu dans l’unique réalisation de Pierre Fresnay (Le Duel), son fils dans la trilogie de Pagnol, Raimu s’éloigne un peu des écrans au moment où la Seconde Guerre Mondiale éclate, par choix et malgré la cour de la société allemande Continental Films, pour laquelle il tourne néanmoins Les Inconnus dans la maison d’Henri Decoin, en 1942. L’année suivante, il revient sur les planches par le biais de la prestigieuse Comédie Française, dont il devient sociétaire en 1944. Mais l’expérience tourne court car, après des adaptations du « Bourgeois Gentilhomme » et du « Malade imaginaire », sa présence sur scène se voit réduite au strict minimum, beaucoup de projets tombant à l’eau par la même occasion. 


Soutenu par Marcel Pagnol, il revient au cinéma à partir de 1945, sous la direction de Julien Duvivier d’abord (Untel père et fils), puis celles de René Le Hénaff et Pierre Billon, pour lesquels il tourne Les Gueux au paradis et L'Homme au chapeau rond, qui sera son dernier film, puisqu’une crise cardiaque dûe à une allergie à l’anesthésiant utilisé pour une opération bénigne l’emporte le 20 septembre 1946, à quelques mois de ses 63 ans. Beaucoup trop tôt pour certains comme Orson Welles qui avait débarqué dans le bureau de Marcel Pagnol en demandant à voir Raimu, qui venait de mourir. Ce sur quoi le futur auteur de La Soif du mal a fondu en larmes, résumant au passage la pensée de beaucoup : "C’était le meilleur de nous tous !"
Auteur : Maximilien Pierrette (AlloCiné)

JOHN LANDIS

Né en 1950, John Landis passe son enfance en Californie. Très grand cinéphile, il souhaite intégrer le milieu du cinéma, arrête ses études et se fait embaucher comme coursier à la 20th Century-Fox. 

Après avoir enchaîné les jobs dans le milieu du cinéma (assistant de production, cascadeur notamment sur Il était une fois dans l'Ouest et Le Bon, la brute et le truand), il écrit en 1973 son premier scénario en un week-end et réussit à récolter auprès de son entourage assez de fonds (70 000$) pour réaliser Schlock. Cette parodie extravagante de King Kong obtient plusieurs récompenses. En 1977, Landis réalise la comédie à sketches Hamburger film sandwich. Attirés par le succès du film, des producteurs lui confient la réalisation d'American College, qui sera un véritable triomphe comique en 1978. Il s'attaque ensuite au blockbuster Blues Brothers. Fan de comédie musicale, Landis offre ici aux spectateurs un hommage, couronné de succès, à la musique et à la danse. 

Par la suite, il enchaîne les succès, notamment Le Loup-garou de Londres, qu'il avait écrit à 19 ans. Récompensé par un Oscar pour ses maquillages, ce film d'horreur frappe les esprits pour sa célèbre scène de transformation. Pour tous, c'est dans ce film qu'il affirme sa personnalité. Vient ensuite Un fauteuil pour deux en 1983 qui réunit deux de ses acteurs fétiches : Dan Aykroyd et Eddie Murphy. Cette excellente satire de l'affairisme sera aussi un grand succès. La même année, il réalise par ailleurs le célèbre clip de Michael Jackson, Thriller (le plus long de l'époque et la cassette du making of la plus vendue dans le monde) qui marque un tournant dans l'histoire du vidéo-clip. 

Dans les années 80, il enchaîne les projets et réalise en 1985, Série noire pour une nuit blanche avec Michelle Pfeiffer, Drôles d'espions avec Dan Aykroyd puis en 1986 3 amigos ! avec Steve Martin, Un prince à New York en 1988 et Le Flic de Beverly Hills 3 en 1993, tous les deux avec Eddie Murphy, alors au sommet de sa gloire. Entre temps, en 1991, il retrouve Michael Jackson pour le clip Black or White où il fait connaître la technique du morphing (méthode qui consiste à passer progressivement d'une image à une autre, de la façon la plus continue possible), reprise ensuite dans Terminator 2 : le jugement dernier

La majeure partie de sa carrière dans les années 90 se poursuit à la télévision. Producteur exécutif de nombreuses séries télé (Dream On, Code Lisa, Sliders, les mondes parallèles, Chérie, j'ai rétréci les gosses) dont il réalise parfois quelques épisodes, il tente de renouer, en vain, avec le succès de ses anciennes productions avec Blues Brothers 2000 et Le Loup-garou de Paris dont il est scénariste. Acteur à ses heures perdues depuis ses débuts (La Course à la mort de l'an 2000, 1941, Darkman), il apparaît dans des petits rôles dans Spider- Man 2 et Le Couperet par exemple. En 2005, il réalise deux épisodes de la série Les Maîtres de l'Horreur dont le but est de laisser carte blanche à de grands noms du cinéma d'horreur (John Carpenter, Tobe Hooper, Dario Argento) le temps d'un épisode. Il réitère l'expérience trois ans plus tard avec la série Fear Itself : les Maîtres de la peur, conçue sur le même principe. En 2011, il fait son grand retour au cinéma avec la comédie noire Cadavres à la Pelle, remake d'un film d'horreur des années 70 qui réunit Simon Pegg et Andy Serkis. (AlloCiné)


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