CINÉMA - Tome 2

JEAN-PIERRE MOCKY 

Franc-tireur du cinéma français, ardent défenseur du cinéma populaire, personnage fort en "gueule", Jean-Pierre Mocky débute en tant qu'acteur dans le film Vive la Liberté, en 1946, mais ne devient véritablement célèbre qu'en interprétant le poète (non-crédité) d'Orphée (1949) de Jean Cocteau. Suivent, entres autres, son rôle d'Albert de Morcerf dans Le Comte de Monte-Cristo (1955), et celui de François Gérane dans La Tête contre les murs de Georges Franju (1958), film dont il écrit le scénario et qu'il voulait à la base réaliser lui même. Au théâtre, on l'aperçoit également dans Le Roi Pêcheur, de Julien Gracq, en 1955. 


Sa carrière de réalisateur commence en 1954, où il est le second assistant réalisateur de Luchino Visconti sur le plateau de Senso ; puis en 1959 avec Les Dragueurs, comédie légère racontant les déboires de deux hommes lors d'une nuit parisienne. Très tôt, il s'affirme en marge de la production traditionnelle en signant des œuvres cyniques et pleines d'humour noir, passant au crible la télévision (La Grande Lessive, 1968), l'administration (Les Compagnons de la marguerite, 1967), la presse (Un linceul n'a pas de poches, 1975), la crédulité et la candeur des foules (Le Miraculé, 1987), ou la politique (Une nuit a l'Assemblée nationale, 1988, et surtout Snobs! en 1962). 


Scénariste de ses films, il donne tout au long de sa carrière la part belle à Jean Poiret, et à Michel Serrault, ses acteurs fétiches (Le Miraculé). Après un détour par le fantastique (Litan en 1982), il signe l'un de ses meilleurs long-métrages avec la comédie policière Y a- t-il un Francais dans la salle ? (1982), sorte de satire complexe sur la corruption des médias, de la politique, et de la police, par ailleurs basée sur l’œuvre éponyme de Frédéric Dard. Avec A mort l'arbitre ! l'année suivante, il reste dans le registre de la veine comique en dénonçant avec férocité le monde du football. Cette même décennie, il signe des films difficilement exploitables, comme Les Saisons du plaisir, dans lequel Jacqueline Maillan campe une vieille fille aux mœurs légères. 


Les années 1990-2000 sont marquées par de nombreuses vicissitudes pour le cinéaste. Alors que le public le suit de moins en moins, il a de plus en plus de mal à financer ses films. Il s'endette aussi lourdement en tentant de sauver son cinéma Le Brady, antre mythique du cinéma fantastique jadis fréquenté par François Truffaut. Si en 2001 il réalise, scénarise, et s'octroie le premier rôle dans Les Araignées de la nuit et La Bête de miséricorde, les films sont des échecs cuisants. Avec Le Furet (2003) puis Grabuge ! (2005), il se consacre exclusivement à la réalisation et retrouve son complice Michel Serrault, avec qui il scelle sa dixième collaboration. Après s'être consacré exclusivement à la réalisation jusqu'en 2011 avec des films comme Le Deal, Crédit pour tous ou encore Les Insomniaques, on le retrouve en tant qu'acteur dans l'Americano de Mathieu Demy puis dans le contre-emploi d'un bourgeois réactionnaire le temps d'une scène mémorable du Redoutable, portrait romancé du cinéaste Jean-Luc Godard par Michel Hazanavicius.
Dans les dernières années de sa vie, Jean- Pierre Mocky a publié plusieurs ouvrages biographiques, mélanges de mémoires, anecdotes et autres réflexions rédigées avec la verve et le franc-parler qu’on lui connaît. (AlloCiné)


RAIMU


Orson Welles le considérait comme "le plus grand acteur ayant jamais vécu", et il est bien difficile de remettre en cause les paroles du réalisateur de Citizen Kane. Gueule parmi les plus marquantes de l’Histoire du Cinéma, Jules Muraire naît avant le 7è Art, en 1883, mais se tourne très vite vers le milieu du spectacle. Il n’a en effet que 16 ans lorsqu’il fait ses premiers pas, naviguant entre cafés- concerts et guinguettes, mais sans succès. Une série de petits boulots plus tard, il monte sur les planches, à Marseille, prend le pseudonyme de Raimu, et se fait enfin remarquer. 

C’est le moment que choisit Félix Mayol, chansonnier et directeur de music-hall, pour le faire monter à Paris, où il repasse par la case "café-concert", jusqu’en 1914, alternant les représentations avec des petits rôles dans des films muets tels que "L’Agence Cacahuète", Godasse fumiste ou "L’Enlèvement de Vénus", dans lesquels il passe inaperçu. Il faut dire que l’un des forces de Raimu, c’est sa voix, tonitruante, avec un accent méridional très prononcé, qu’il travaille davantage sur les planches, grâce notamment à Sacha Guitry ou Marcel Pagnol

Deux hommes qui joueront également un rôle majeur dans le décollage de sa carrière cinématographique, au même titre que Marc Allégret. C’est en effet sous la direction de ce dernier qu’il s’essaie au cinéma parlant, le temps d’adaptations de pièces qu’il avait déjà jouées, à commencer par Le Blanc et le Noir ou Mam'zelle Nitouche, en 1931. Et si le courts muets de Raimu sont passés inaperçus, la donne change très vite grâce aux longs parlants, et ce dès cette même année 1931 : à l’affiche de Marius, premier volet de la trilogie tirée des écrits de Pagnol, il impose sa présence dans le rôle de César, père du héros de ce classique instantané. 

Suivront Fanny (1932) et César (1936), réalisé par Pagnol lui-même. Un réalisateur qu’il retrouve deux ans plus tard pour ce qui restera son plus grand rôle : celui du mari cocu de La Femme du boulanger, où il livre une de ses prestations les plus touchantes, avant de remettre ça, en 1940, dans La Fille du puisatier, signé du même auteur. Entre temps, Raimu aura enchaîné les tournages à un rythme aussi impressionnant que lui, apparaissant dans 4 films minimum par an, à la fin des années 30 : de Sacha Guitry (Faisons un rêve, Les Perles de la couronne) à Julien Duvivier (Un carnet de bal), en passant par André Berthomieu (« La Chaste Suzanne », Les Nouveaux riches) ou Jean Grémillon (L'Etrange Monsieur Victor), les réalisateurs du moment font de lui l’acteur majeur de l’avant-Guerre. 

Vu dans l’unique réalisation de Pierre Fresnay (Le Duel), son fils dans la trilogie de Pagnol, Raimu s’éloigne un peu des écrans au moment où la Seconde Guerre Mondiale éclate, par choix et malgré la cour de la société allemande Continental Films, pour laquelle il tourne néanmoins Les Inconnus dans la maison d’Henri Decoin, en 1942. L’année suivante, il revient sur les planches par le biais de la prestigieuse Comédie Française, dont il devient sociétaire en 1944. Mais l’expérience tourne court car, après des adaptations du « Bourgeois Gentilhomme » et du « Malade imaginaire », sa présence sur scène se voit réduite au strict minimum, beaucoup de projets tombant à l’eau par la même occasion. 


Soutenu par Marcel Pagnol, il revient au cinéma à partir de 1945, sous la direction de Julien Duvivier d’abord (Untel père et fils), puis celles de René Le Hénaff et Pierre Billon, pour lesquels il tourne Les Gueux au paradis et L'Homme au chapeau rond, qui sera son dernier film, puisqu’une crise cardiaque dûe à une allergie à l’anesthésiant utilisé pour une opération bénigne l’emporte le 20 septembre 1946, à quelques mois de ses 63 ans. Beaucoup trop tôt pour certains comme Orson Welles qui avait débarqué dans le bureau de Marcel Pagnol en demandant à voir Raimu, qui venait de mourir. Ce sur quoi le futur auteur de La Soif du mal a fondu en larmes, résumant au passage la pensée de beaucoup : "C’était le meilleur de nous tous !"
Auteur : Maximilien Pierrette (AlloCiné)

JOHN LANDIS

Né en 1950, John Landis passe son enfance en Californie. Très grand cinéphile, il souhaite intégrer le milieu du cinéma, arrête ses études et se fait embaucher comme coursier à la 20th Century-Fox. 

Après avoir enchaîné les jobs dans le milieu du cinéma (assistant de production, cascadeur notamment sur Il était une fois dans l'Ouest et Le Bon, la brute et le truand), il écrit en 1973 son premier scénario en un week-end et réussit à récolter auprès de son entourage assez de fonds (70 000$) pour réaliser Schlock. Cette parodie extravagante de King Kong obtient plusieurs récompenses. En 1977, Landis réalise la comédie à sketches Hamburger film sandwich. Attirés par le succès du film, des producteurs lui confient la réalisation d'American College, qui sera un véritable triomphe comique en 1978. Il s'attaque ensuite au blockbuster Blues Brothers. Fan de comédie musicale, Landis offre ici aux spectateurs un hommage, couronné de succès, à la musique et à la danse. 

Par la suite, il enchaîne les succès, notamment Le Loup-garou de Londres, qu'il avait écrit à 19 ans. Récompensé par un Oscar pour ses maquillages, ce film d'horreur frappe les esprits pour sa célèbre scène de transformation. Pour tous, c'est dans ce film qu'il affirme sa personnalité. Vient ensuite Un fauteuil pour deux en 1983 qui réunit deux de ses acteurs fétiches : Dan Aykroyd et Eddie Murphy. Cette excellente satire de l'affairisme sera aussi un grand succès. La même année, il réalise par ailleurs le célèbre clip de Michael Jackson, Thriller (le plus long de l'époque et la cassette du making of la plus vendue dans le monde) qui marque un tournant dans l'histoire du vidéo-clip. 

Dans les années 80, il enchaîne les projets et réalise en 1985, Série noire pour une nuit blanche avec Michelle Pfeiffer, Drôles d'espions avec Dan Aykroyd puis en 1986 3 amigos ! avec Steve Martin, Un prince à New York en 1988 et Le Flic de Beverly Hills 3 en 1993, tous les deux avec Eddie Murphy, alors au sommet de sa gloire. Entre temps, en 1991, il retrouve Michael Jackson pour le clip Black or White où il fait connaître la technique du morphing (méthode qui consiste à passer progressivement d'une image à une autre, de la façon la plus continue possible), reprise ensuite dans Terminator 2 : le jugement dernier

La majeure partie de sa carrière dans les années 90 se poursuit à la télévision. Producteur exécutif de nombreuses séries télé (Dream On, Code Lisa, Sliders, les mondes parallèles, Chérie, j'ai rétréci les gosses) dont il réalise parfois quelques épisodes, il tente de renouer, en vain, avec le succès de ses anciennes productions avec Blues Brothers 2000 et Le Loup-garou de Paris dont il est scénariste. Acteur à ses heures perdues depuis ses débuts (La Course à la mort de l'an 2000, 1941, Darkman), il apparaît dans des petits rôles dans Spider- Man 2 et Le Couperet par exemple. En 2005, il réalise deux épisodes de la série Les Maîtres de l'Horreur dont le but est de laisser carte blanche à de grands noms du cinéma d'horreur (John Carpenter, Tobe Hooper, Dario Argento) le temps d'un épisode. Il réitère l'expérience trois ans plus tard avec la série Fear Itself : les Maîtres de la peur, conçue sur le même principe. En 2011, il fait son grand retour au cinéma avec la comédie noire Cadavres à la Pelle, remake d'un film d'horreur des années 70 qui réunit Simon Pegg et Andy Serkis. (AlloCiné)












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